Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

20 Avril 2026 à 02:56:01
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les Derniers Anges.

Auteur Sujet: Les Derniers Anges.  (Lu 4327 fois)

Hors ligne GAYA TAMERON

  • Calliopéen
  • Messages: 427
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #15 le: 10 Avril 2015 à 12:53:03 »
Très sympa ton histoire, j'ai particulièrement aimé tes descriptions qui étaient vraiment parfaites pour imaginer chaque décor!  Bravo! Il y a encore quelques fautes,  mais rien de très  gênant. Je crois que j’ai préféré  la deuxième version de ton premier chapitre, sans doute pour la fin que tu  as rajoutée. 
En tout cas, merci pour ce texte et au plaisir de lire la suite!

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #16 le: 10 Avril 2015 à 13:07:17 »
Lily, je vais te faire une confidence honteuse (mais ça reste entre nous) : je n'ai aucune idée de ce que bien être un type de narration  :D

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #17 le: 10 Avril 2015 à 14:43:19 »
Alors en gros c'est la focalisation. Elle peut être interne, externe...
 ::)

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #18 le: 10 Avril 2015 à 16:00:33 »
Et voici le chapitre 4!! J'attends vos avis avec impatience!! :D ( c'est qui celle-là?) :-¬?





Chapitre 4.
Paris, le 9 Juin 2015.


   Le jeudi arriva plus vite que prévu. Zoé avait passé la semaine à hésiter sur le choix de ses toiles et n’était pas encore décidée, une heure avant son rendez-vous. Elle savait que la reconnaissance avait un prix: le tableau qui représentait sa mère. Celui qui avait été peint avec son cœur.
   La veille, elle avait eu une conversation avec George. Le directeur de la galerie était un de ses amis d’enfance. Il avait expliqué à Zoé ce que ce dernier attendait d’elle. Elle devait  ouvrir son âme, si elle souhaitait être exposé. Il lui avait parlé avec douceur, comme lorsqu’on raconte une histoire à un enfant. Zoé savait que l’homme la voyait toujours semblable, à la petite fille qu’elle avait été jadis. Il ne voulait pas la voir grandir.
« — Vous savez Mademoiselle Zoé, certaines de vos toiles parlent de vous, mais d’autres vous servent à parler, lesquelles des deux sont les plus importantes ?
—  Je peins toutes mes toiles de la même façon, j’utilise toujours la même peinture ! Plaisanta-t-elle. »
La jeune artiste avait fait mine de ne pas comprendre ce que voulait lui dire le vieil homme. Mais à vrai dire, elle savait que sa peur de se dévoiler aux autres, était la seule chose qui l’éloignait de son rêve.
   C’est pour cela, qu’elle prit la décision  d’amener les trois toiles qu’elle avait choisies. Une fois sa chemise lui servant de blouse enlevée, elle se hissa sur ses hauts talons. Toujours habillée avec goût, elle portait un tailleur noir qu’un chemiser vert faisait ressortir. Elle avait laissé ses cheveux soyeux libres, et avait serti ses oreilles d’une cascade de diamants.
   Elle attrapa les tableaux et les rangea dans une large pochette en tissus synthétique, qu’elle plaça sur son épaule à l’aide d’une anse noire. En ouvrant la porte de son antre, elle jeta un dernier coup d’œil pour s’assurer que tous était bien à sa place. Tapis dans leur coin sombre, les deux dernières toiles importantes à ses yeux étaient bien protégées.
   Ses escarpins Louboutin  dévalèrent les escaliers dans un bruit assourdissant. Une fois en bas, elle ouvrit rapidement la lourde porte en chêne de son immeuble. Dehors, il faisait une chaleur étouffante pour ce mois de Juin. Le ciel était bleu, aucune trace d’étoiles filantes ou d’autres choses aussi bizarres. Elle ne savait toujours pas ce qui lui était arrivé. Tous cela avait eu l’air si réel, tous comme ce jeune homme asiatique, aux allures de surfer.
   Les voitures défilaient trop vite dans la rue. Un piéton attendait patiemment de pouvoir traverser, dans son malheur, il adressa un sourire à Zoé. Elle lui renvoya poliment et se tourna face à la chaussée. La jeune femme attendue jusqu’à ce que son taxi, appelé quelques heures plus tôt, ne se gare devant elle. Le conducteur en sortit pour la débarrasser de son paquetage. Un homme grand, plutôt charmant. Il lui sourit. Ses dents blanches faisaient ressortir parfaitement son teint hâlé.
«  Je vous mets tout ça dans le coffre ? demanda-t-il.
— Je préférerais sur la banquette à côté de moi, si cela ne vous dérange pas.
— Pas du tout, Mademoiselle. On ne doit pas vous refuser grand-chose avec une beauté comme la vôtre. Il lui fit un clin d’œil.
— Merci, mais les compliments n’élèveront pas votre pourboire, coupa-t-elle. »
   Le sourire du chauffeur disparut de son visage. Il tendit la main pour faire signe à sa passagère de monter et claqua violemment la porte avant de retourner prendre sa place.
« — Où je vous emmène Miss Délicatesse ?
— A la galerie des Arts, s’il vous plaît. Elle se trouve entre….
— Je sais où elle se trouve, trancha-t-il, énervé par le comportement de sa passagère. »
   Il démarra sur les chapeaux de roues, ce qui arrangeait Zoé, elle n’était pas en avance.   
   Arrivée devant la bâtisse de Monsieur Durand, elle remit l’argent au conducteur et le regarda s’éloigner. Elle observa l’autre côté de la route, peut-être y reverrait-elle l’homme. Mais il n’y avait personne. Seuls quelques papiers roulaient sur le trottoir, traînés par le vent. Dans la vitrine se trouvait toujours le même tableau, elle pensait qu’elle serait bientôt à sa place.
   Elle pénétra dans la galerie, les murs y étaient toujours aussi blancs, il manquait quelques toiles de Mr Rodez, signe qu’il avait dû en vendre. Parfait, il commence à me faire de la place !  ironisa-t-elle.
   Le directeur eut un large sourire en voyant arriver Zoé. Il s’approcha d’elle en lui tendant la main pour la saluer. Il portait encore un de ses costumes trois pièces, mais cette fois-ci, il était de couleur noire et non gris. Ses petits yeux verts trahissaient son impatience.
« —Bonjour Mlle Morin, comment allez-vous ? demanda-t-il.
—Bien, je vous remercie et vous-même ?
—Egalement bien, mais cessons ces banalités. Je meurs d’impatience de voir vos bijoux, avoua-t-il en désignant le mange-debout. Je vous en prie, prenez place.
   Au fond de la pièce, se trouvait toujours la table haute et ses deux chaises. La jeune femme passa devant Mr Durand, sa grande pochette contenant les toiles sur l’épaule. Elle la posa aux pieds de la table. Elle n’avait pas remarqué lors de sa précédente visite la beauté du sol en marbre à cet endroit, le même que celui du hall de son immeuble.
—Voulez-vous que je déballe les toiles maintenant ? proposa-t-elle.
— Vous avez raison, passons aux choses sérieuses directement, acquiesça-t-il en remontant ses lunettes rondes. Il prit place sur l’un des tabourets, après avoir aidé la peintre à poser ses tableaux sur la table. On aurait dit un petit enfant à qui on montrait un trésor de bonbons.
   Zoé dévoila les deux premières, il regarda rapidement et s’exprima par adjectifs : parfait, splendide, extraordinaire,…
— Il m’en reste une à vous montrer, dit-elle en sortant la dernière.
   Elle vit le regard du directeur, on pouvait y lire: «  C’est ça que j’attendais». Il la prit avec tellement de délicatesse, qu’on aurait dit l’une des Sept Merveilles du Monde. Ses mains tremblaient. On aurait presque cru voir une larme dans ses yeux.
— Cette toile est magnifique…. Qui est-ce ? J’imagine que vous connaissait cette personne, vu tout l’amour que dégage cette toile.
— C’est ma mère. J’ai gardé sa robe, c’était celle qu’elle portait le jour de l’accident. Elle ne bougea pas d’un cil sur son tabouret. Il la regarda avec insistance, comme pour savoir ce qu’elle ressentait derrière cette carapace qu’elle s’était forgée. Mais elle le lui en laissa pas le loisir.
— J’en suis désolé… toutes mes condoléances, réussit-il à dire en ravalant sa salive.
—Ce n’est rien, ça s’est passé il y a bien longtemps. Je ne me souviens pas vraiment d’elle. J’ai même dû cacher son visage car je n’arrivais pas à m’en souvenir.
   N’importe quel humain aurait pleuré en expliquant cela, cependant aucune larme ne venait couler sur ses joues roses. Le galeriste fit mine de se concentrer sur le tableau.
—Techniquement parlant, c’est un chef d’œuvre. Mais ce que vous avez pu retranscrire sur ce morceau de tissu, peu d’artistes sont capables de le faire. Votre toile nous transporte indéniablement dans la nostalgie du passé. C’est pour cela que je vais vous exposer. Et j’espère sincèrement que vous aurez la reconnaissance que vous méritez. »
   Zoé sourit et le remercia poliment. Après quelques échanges, pour convenir des dates auxquelles elle pourrait exposer dans sa galerie, elle quitta le bâtiment, plus heureuse que jamais. Elle jeta un rapide coup d’œil sur la vitrine pour pouvoir, enfin, imaginer ses tableaux à l’intérieur. Un sentiment de joie l’envahit et elle ne pouvait effacer le large sourire qui s’attachait à ses lèvres.
   Comme à son habitude, elle attrapa son téléphone portable dans son sac et fit le numéro de son amie. La sonnerie retentit deux fois puis sa voix se fit entendre au loin.
« —Devine qui va être exposé ? lança Zoé.
— Oh mon dieu, Zoé c’est génial ! Où veux-tu aller ce soir ? C’est moi qui régale !
— Disons au bar « Des Artistes », ça ne nous dépaysera pas trop, rigola-t-elle.
— Ça marche, on dit vers 20h, ça te va ?
— Parfait ! A tout à l‘heure, dit-elle en raccrochant.
   La jeune femme décida de repasser par son atelier avant de rentrer se changer. Il lui fallait déposer ses tableaux qui commençaient à peser lourd sur son épaule délicate. Les rues défilaient sous ses pas. A vrai dire elle n’avait jamais fait attention à la beauté des bâtisses qui l’entouraient et aujourd’hui, tous lui paraissaient magnifiques. La moindre petite parcelle de verdure ou de pierre s’avérait être d’une beauté exquise. D’ailleurs, perdu dans la contemplation du paysage environnant, elle ne se rendit pas compte que le ciel se couvrait et que la pluie arrivait.
   Arrivée en bas de l’immeuble où se trouvait son atelier, elle voulut insérer la clé dans la vieille serrure cuivrée, mais la porte avança en même temps. Un grincement se fit entendre du fait de sa vétusté. Zoé s’étonna de ne pas la trouver fermée. Peut-être avait-elle eu la tête en l’air au moment du départ et ne l’avait-elle pas verrouillé. Ou bien, était-ce la voisine qu’y avait oublié de la clôturer en sortant de chez elle.
   Le ciel se mit à gronder au-dessus de sa tête, menaçant de déverser des trombes d’eau. La peintre leva les yeux pour scruter le ciel, elle posa sa main sur la poignée de l’entrée, mais elle lui échappa des doigts.
 Tout se passa très vite, Le pan de bois massif, orné de moulure, s’ouvrit violemment et laissa passer une ombre. Un homme la bouscula et la projeta sur le goudron. De toute évidence, elle était un obstacle pour cet inconnu qui avait décidé de sortir du bâtiment. Ses mains et ses coudes, dont elle s’était servie pour amortir sa chute, vinrent s’écraser sur le pavé rouge du trottoir. L’être passa au-dessus d’elle, elle ne put distinguer son visage, caché par l’ombre d’une casquette et d’une capuche trop grande.
   Un éclair siffla dans le ciel, suivi d’un grondement. Zoé eu juste le temps de lever le regard avant d’être recouverte d’eau. Elle mit quelques secondes à pouvoir se relever. Ses articulations la faisaient souffrir. Elle se mit à l’abri dans le couloir de son immeuble, puis réalisa enfin ce qu’il se passait. Elle marcha aussi vite qu’elle le put, en direction de son atelier. Un stress immense la saisit, quand elle réalisa que la porte était grande ouverte.   Elle pénétra à l’intérieur. Son pouls s’accéléra. Ses yeux se posèrent sur les morceaux de toiles qui recouvraient le sol et les tableaux éventrés. Les étagères, autrefois accrochées aux murs, gisaient parterre. A leurs places, on avait répandu des tubes de gouache et d’acrylique. Visiblement, on s’était donné un malin plaisir à tous saccager.  Elle avança maladroitement dans ce chaos. Au fond de la pièce, dans la partie sombre, elles étaient toujours là. Les toiles les plus importantes étaient toujours là. Quelques pas de plus et elle se trouva à leur hauteur.
   Elle s’effondra à cet endroit précis, ses genoux heurtèrent le parquet dur, ses mains douloureuses attrapèrent les bouts de bois recouverts du drap blanc et les tâcha de sang. Elle décida de mettre ses deux vestiges en lieux sûrs, dans son appartement.
   
*
* *

   Zoé n’avait eu que quelques rues à traverser pour se retrouver dans son logement. Par chance, elle avait pu récupérer une bâche en plastique dans l’atelier, afin de protéger ses précieux tableaux. Elle avait couru le plus vite possible mais ses habits étaient tout de même imbibés d’eau.
George, le concierge, lui avait ouvert les portes du hall d’entrée. Etonné de la voir rentrer sous la pluie battante, sans même un parapluie. Il lui avait appelé l’ascenseur sans qu’elle n’ait eu à lui demander. Il lui avait simplement dit de l’appeler si elle avait besoin de quoi que ce soit. Zoé avait acquiescé de la tête avant de rentrer dans la cage d’acier qui allait la mener à ses appartements. La structure s’éleva dans un mouvement de poulies métalliques. Une musique lounge était diffusée par des petits haut-parleurs. Le montée lui parut durer une éternité. C’était pour cela, qu’elle préférait emprunter les escaliers. Mais cette fois-ci elle était trop chargé et ses membres la faisaient trop souffrir.
Lorsque le passage fut libéré par les deux plaques d’acier, ses mains s’emmêlèrent entre la bâche, les tableaux et sa veste. Elle eut du mal à récupérer ses clefs. La bataille terminée, elle inséra le petit objet de cuivre dans la serrure et actionna la poignée. Les gonds grincèrent avec l’ouverture de l’entrée. Elle s’engouffra à l’intérieur.
Les gouttes d’eau tombèrent sur le sol de son entrée, elle déposa les toiles aux pieds de la console et descendit de ses talons aiguilles. Elle passa sa main droite dans ses cheveux mouillés. Le liquide rougeâtre sur sa main avait coagulé et laissa une traînée marron sur son visage. Zoé avança jusqu’à sa salle de bain et se tint face au miroir entouré d’un cadre en bambou.
La pièce avait tout d’un endroit dédié à la zénitude. Le sol en bambou était recouvert d’un petit tapis blanc, lui-même bordant une baignoire en verre transparent. Des plantes, disposées ça et là, apportaient une touche de verdure à ce décor exotique. La jeune femme posa ses mains douloureuses sur un meuble en bois massif clair qui trônait sous le miroir. Il était souligné par une vasque, fait du même matériau que la baignoire. Du maquillage était rangé avec soin dans de petits pots transparents. Un sèche-cheveux était suspendu au mur à l’aide d’un support en fer. Une seule brosse à dent se trouvait dans un gobelet en plastique nacré, signe de son célibat. A l’aide de petites accroches blanches, une serviette à main et une fleur de douche pendaient du mur en faïence blanc immaculé.
Lorsque la jeune femme vu son reflet dans le miroir, elle ne put s’empêcher d’avoir un frisson. Elle décida d’abandonner tous ses vêtements, avant de se réfugier dans la douche italienne qui se trouvait derrière la baignoire. Elle actionna le mitigeur chromé. L’eau chaude s’échappa de la large pomme de douche et  coula sur sa peau. Effaçant, petit à petit, ses malheurs de la journée. Ses muscles se détendaient doucement, le sang séché de ses mains disparaissait dans le tourbillon du siphon. Elle resta un long moment sous cette cascade de bienfait, le temps de reprendre des forces. Elle avait tout de même quelque chose à fêter...
« Modifié: 10 Avril 2015 à 21:04:43 par Lilye-Rose »

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #19 le: 10 Avril 2015 à 16:03:34 »
Merci beaucoup Gaya Tameron pour tes encouragements. ;D
Pour les décors je prends des photos réalistes et je les commente, c'est plus facile je trouve!!
Sinon, merci de suivre mon histoire à tous les deux!!
A bientôt!!! 8)

Hors ligne Dewen

  • Grand Encrier Cosmique
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  • Parrainage actif !
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #20 le: 10 Avril 2015 à 17:31:08 »
Salut !
Je viens juste de commencer, j'ai lu juste le prologue et ça promet, j'aime bien ton style :)
Je repasserai !

"Ce que j’aime par-dessus tout en Gwendalavir, outre la salade de champignons, c’est l’inutilité du mot impossible."
Merwyn Ril'Avalon
(La quête d'Ewilan, Tome 2 : Les frontières de glace de Pierre Bottero)

"Eeeeeet c'est Franklin !!"

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #21 le: 10 Avril 2015 à 20:27:34 »
merci beaucoup dewen pour ton commentaire ! j'espere que la suite va te plaire
a bientot

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #22 le: 12 Avril 2015 à 23:16:47 »
 :D Hello!!

Voici un nouveau chapitre!!
J'espère que ça vous plaira!! Désolé celui-là est plutôt long!!

 :meeting:

Chapitre 5.

   Rouge à lèvre carmin, robe moulante noire, talons aiguilles vernis. La panoplie parfaite de la parisienne de sortie.  Zoé marchait rapidement sur les pavés de la rue de l’Echaudé. Elle ne se sentait pas vraiment en sécurité avec ce qui lui était arrivé quelques heures auparavant. Elle fut soulagée lorsqu’elle aperçut, devant le bar, son amie.
   Katy agitait le bras gauche dans sa direction. Katherine de son vrai nom, mais elle lui préférait Katy ou Kate. Toujours aussi élégante, sa robe rouge  venait souligner parfaitement ses courbes généreuses. Ses longues jambes paraissaient interminables, surtout quand elle chaussait des escarpins, noirs, de vingt centimètres de haut. Une petite brise faisait danser ses cheveux blonds, coupés en un carré plongeant, autour de son visage. Les deux amies avaient coloré leurs lèvres du même rouge. Les dizaines de bracelets dorés chantaient comme des cloches, sous les gestes de la belle brune. Une pochette foncée en peau de reptile, était logée dans sa main restée immobile. Ses yeux verts, rieurs étaient soulignés par un trait d’eyeliner.
   Zoé observa son amie. Les deux copines s’étaient rencontrées à la maternelle et ne s’étaient jamais séparées, depuis ce jours-là. La jolie blonde pétillante l’avait accompagné dans tous les moments importants de sa vie. Joie, chagrin, peur, elles avaient tous partagé. Même le jour où, elle avait eu ce terrible accident de voiture et qu’elle fut la seule survivante. Elle avait dut quitter l’appartement familiale pour aller habiter chez ses parents adoptifs. Ce jour-là, la petite Kate lui avait offert sa poupée préférée. Par chance, sa tante était une femme très riche et une femme d’affaires occupée. Elle avait conservé l’habitation de sa sœur, la mère de Zoé et la laissa y vivre dès la fin de ses années lycée. Les deux enfants ne furent jamais séparés et leurs adolescences avaient été rythmées par les bêtises qu’elles inventaient ensemble. Elles devinrent rapidement deux canons de beauté. L’une blonde et sage, tel un ange et l’autre brune et espiègle, tel un démon.
« —Zozo, dépêche-toi!! J’ai affreusement soif, cria-t-elle dans un rire que Zoé chérissait, l’arrachant de ses doux souvenirs.
Elle avança dans sa direction, l’attrapa par le bras et plaqua un baiser rouge sur la joue de la jeune peintre.
—Kate !! Fais attention avec ton Saint-Laurent, il est waterproof, dit-elle en dégageant son visage. Je ne vais jamais pouvoir l’enlever.
   Zoé attrapa un petit miroir dans sa pochette noire. Elle frotta sa joue et grimaça sous la douleur que lui provoquait sa main. Son amie remarqua alors sa blessure.
— Tu as vu tes mains ? Que t’est-il arrivé ? demanda-t-elle, inquiète.
—Viens rentrons, je te raconterai tout ça à l’intérieur, avec un bon verre ! J’en ai absolument besoin, expliqua la brunette.
   Les deux jeunes femmes s’engouffrèrent dans l’ouverture de la porte du bar, restée ouverte. A l’intérieur, l’ambiance était plutôt festive. Un groupe de jeunes filles étaient déguisées et parlaient de façon excentrique. L’une d’entre elles était au centre de l’attention, elle portait une robe de mariée noir, un voile sombre couvrait son visage, mais on pouvait y deviner un maquillage négligé. Du khôl noir avait coulé sur ses joues et son rouge à lèvre avait débordé sur ses dents blanchies. Ses amies vêtues de déguisements de diablesses, l’ovationnaient suite à un cul sec d’un verre de vodka. Le groupe riait aux éclats. Non loin de cette table,  cinq étudiants les observaient, amusés. Il semblait que l’une d’elles enterrait sa vie de jeune fille.
   Deux chaises au bar étaient libres. Zoé proposa à Katy de s’y installer. Assise sur leur perchoir, les deux amies observèrent la barmaid. Une belle femme, la trentaine passée, essuyait minutieusement des verres à vin. Elle portait une tenue plutôt stricte, qui jurait avec son piercing dans le nez. Ses yeux noirs aperçurent le deux clientes et un sourire commercial souleva ses lèvres violettes.
« —Bonsoir les inséparables, je vous sers quoi ce soir ?
— Moi, je vais te prendre un cosmo, et toi Zozo ?
— La même, répliqua-t-elle, absorbée par son observation du groupe installé sur la scène. Trois musiciens étaient en train de préparer leurs instruments, l’un d’eux semblait être le chanteur. Les deux autres s’installaient à la batterie et à la guitare.
—Bon alors, tu vas me dire ce qu’il t’est arrivé ? demanda Katy perplexe. Pourquoi tes mains sont dans cet état ?
—On m’a cambriolée, répondit Zoé en se retournant sur son verre. L’atelier est sens dessus-dessous.
   Katy écarquilla les yeux, étonnée.
— Tu es sérieuse ?? Mais qu’est-ce qu’ils t’ont pris ? Il n’y a aucuns objets de valeurs dans cette grotte, à part tes toiles.
— Rien, expliqua Zoé en soulevant les épaules. On a l’impression qu’ils sont juste venus mettre le bazar. J’ai quand même récupéré les toiles de ma mère, pour les mettre à l’abri.
– Ils ne te les ont pas abîmé ? S’inquiéta la blonde. Elle connaissait l’importance de ces tableaux aux yeux de son amie.
– Non, répondit la jeune peintre, aucunes. Mais, je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça, je ne vois pas l’intérêt.
La barmaid leur déposa deux verres, remplies d’un liquide rose et décorés d’une petite ombrelle. Sur le côté, elle glissa discrètement l’addition.
— Et comment tu t’es fait ça aux mains ?
— Le type était encore dans l’immeuble quand je suis arrivée, j’ai dû le déranger et il m’a poussée pour pouvoir s’échapper.
   Les expressions qui s’affichaient sur le visage de Katy trahirent à quel point tous cela l’effrayait.
— Mon dieu, tu te rends compte ?! Il aurait pu t’arriver quelque chose de grave. Il ne faut pas que tu retournes là-bas. Tout ça me fait froid dans le dos !
—Allons, je suis sûre que ce n’est rien, peut-être même une mauvaise blague, rétorqua Zoé. L’important, c’est que je n’ai rien. Buvons un peu, et parles-moi de ton travail dans la nouvelle boutique qui t’a engagé.
   Son amie resta interdite un petit moment, un blanc s’installa entre elles. La musique du groupe commença à se diffuser dans les airs et détendit l’atmosphère. Les yeux de Katy retrouvèrent leurs éclats habituels.
   Puis Zoé réfléchit… hésita un instant et décida de parler de ses visions. Aux risques de passer pour une folle. Après tout, Katy la pensait déjà complétement tarée.
– Je voulais te parler d’autre chose, Kate, confie-t-elle, tout en passant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. La gêne lui donna un timbre de voix bizarre.
– Vas-y, je t’écoute, dit-t-elle, en approchant son verre de ses lèvres.
– Ne te moque pas, s’il te plait, c’est très sérieux. D’accord ?
   Kate hocha de la tête et prit son aire, le plus sérieux. Elle aimait lorsque son amie la regardait ainsi. Elle savait que peu importe ce qu’elle allait dire, elle ne la jugerait pas.
– Il m’arrive des choses étranges… ou plutôt, je vois des choses étranges…
   Elle fit un arrêt pour observer la réaction de la jeune femme face à elle. Mais, rien ne ressemblant à un rire ne sortit de ses lèvres. Au contraire, ses yeux trahissaient son impatience et son inquiétude.
– Et que vois-tu ? interrogea-t-elle, en posant son verre sur le bar. Elle fit glisser son index le long du pied de cristal.
– Et bien, il y a eu d’abord la pluie d’étoiles, en plein milieu de la journée. Les gens ont dû me prendre pour une folle…
– Les gens ? Tu étais où ? Coupa-t-elle.
– Dans la rue, chuchota-t-elle. J’étais comme… hypnotisée. Quand je suis revenue à moi, j’étais sur la route.
– Bon sang Zoé ! Ça aurait pu être grave! Imagine, si une voiture t’avait fauché ! S’exclama-t-elle.
– Ne m’engueule pas ! J’ai eu la trouille de ma vie… Et puis… Il y a aussi ce type… Un asiatique. Je l’ai vu et en l’espace d’un instant, il avait disparu.
– Ah ça, ce n’est pas une hallucination, c’est juste que tu es en manque d’amour ma grande, plaisanta Katy.
   Elle replaça sa frange en passant sa main dedans, et repris une gorgée de son cocktail rose. Zoé n’avait pas envie de rigoler et elle lui fit comprendre par un regard noir.
– Pardon, vas-y continue…
– Je ne l’ai pas vu que dans cette rue, j’ai fait un rêve bizarre et je te jure qu’il me paraissait bien réel, reprit-elle se délectant à son tour de son breuvage.
   Zoé expliqua à son amie le moindre détail de son rêve. Katy était très concentrée à l’écoute de son récit, elle n’en perdait pas une miette.
– Tu fais vraiment des rêves bizarres, toi ! Remarqua cette dernière.
– Le pire, c’est que j’ai l’impression que tout est vrai. C’est comme-ci, j’allais le voir, en vrai, au coin de la rue.
– Tu es vraiment étrange des fois ma Zozo !! Comme-ci ce mec allait venir te voir, te dire bonjour ! Et te poignarder…Allez trinquons à ta douce folie, et en espérant que ce bel inconnu soit bien une hallucination !!
Zoé trinqua avec son amie, le groupe avait commençait à jouer un morceau pop. La soirée s’annonçait comme elle les aimait. De l’alcool, une ambiance sympa et Katy pour seule compagnie. Elle finit par lui raconter ses deux entretiens avec Monsieur Durand. Elles éclatèrent de rire lorsque la jeune peintre fit la description du directeur, en le comparant à une fouine.
   Quelques heures plus tard, le groupe qui fêtait l’enterrement de vie de jeune fille quitta la salle. La musique s’arrêta et la responsable du bar comptait la caisse. Les musiciens descendirent de scène, puis le chanteur vint accoster les deux femmes au bar. C’était un parfait sosie de Justin Bieber, avec quelques années de plus. Une chemise à carreaux rouge et un jean bleu déchiré aux genoux, lui servait de tenue de scène. Ses yeux marrons noisettes criaient :  « Regardez comme je suis beau ! ».
   La Barmaid félicita le groupe pour le concert de ce soir, et leur proposa un verre.
« —Peux-tu mettre sur mon compte les boissons de ces deux ravissantes créatures et leurs remettre une tournée, dit-il avec un sourire charmeur aux lèvres.
— Merci, jeune homme, répondit Zoé en portant son verre à la bouche, mais les créatures que tu vois ici, n’ont pas envie de faire du baby-sitting ce soir.
   Katy pouffa de rire dans sa main. Elle se retourna vers le chanteur qui avait du mal à digérer les paroles de la brune.
— Quel est ton nom ? demanda la grande blonde à la robe rouge.
—James, madame, grogna-t-il, vexé de la réaction de Zoé.
—Et bien, James, il semblerait que mon amie essaie de te dire, qu’elle n’est pas intéressée. Je te remercie pour ton geste, mais nous devons partir. Zoé remercie le jeune homme, s’il te plaît.
   Zoé descendit de son tabouret et vint se figer devant James. Il se sentit mal à l’aise de cette proximité soudaine. Elle ne cligna pas des paupières et le regarda droit dans les yeux.
—Bonne soirée… James, dit-elle en se retournant et en faisant signe à Katy de la suivre.
   Les deux comparses avancèrent vers la porte de sortie, après avoir réglé la barmaid. En mettant le pied sur les pavés de la rue, Katy entreprit de marcher en arrière, portée par l’ivresse de la soirée. Son rire résonna dans la ruelle déserte, en même temps que ses talons claquaient sur les pavés.
– Bon sang, tu aurais pu être un peu plus aimable avec ce type, Zoé !! En tout cas, tu m’as bien fait rire !
   Virevoltant, elle passa son bras sous celui de son amie et regarda sa montre Dolce Gabanna, noire et argent. Il n’était pas loin de deux heures du matin.
— Viens, marchons un petit peu, après on rentre, supplia Katy en posant son visage angélique sur l’épaule de son amie.
—D’accord, mais pas longtemps, tu as beaucoup trop bu, acquiesça Zoé.
   Elle lui pinça le bras pour protester et gonfla ses deux joues roses d’air, pour l’expulser aussitôt.
—Ne Fais pas ta rabat-joie!! Tiens regarde, si on allait sur notre balançoire, pour décuver un peu!!! »
   Katy tira sur la main de son amie, comme une petite fille de cinq ans. Elle lui montrait du doigt un petit parc pour enfant Dans la pénombre de la nuit, la légèreté de ce petit univers enfantin s’était échappée. Une petite brise souffla sur les balançoires, abandonnées par les rires d’enfants, et les fit bouger. Un grincement presque inaudible s’en éleva. L’espace de jeu était entouré par un haut mur de briques rouges d’un côté, et de l’autre une lignée d’églantiers. La jeune femme retira ses escarpins et courut vers le sable. Zoé l’observa et se résigna à la rejoindre.
   Les pieds enfoncés dans le sable, les petits grains venaient chatouiller ses orteils vernis de rouge. Une sensation de bien-être l’envahit. La peintre s’accroupit pour toucher de ses mains la texture, à la fois granuleuse et douce. La petite brise se fit plus forte, la poussière jaune filait entre ses doigts avant de retomber sur le sol. Elle entendait Katy rigoler, son rire se faisait de plus en plus lointain. D’autres sons venaient se mêler au sien. La brise devint du vent. En se levant, Zoé chercha son amie du regard. Mais aucuns êtres vivants ne se trouvaient dans le parc. Seule sa voix se détachait dans le décor. Un manège minuscule et bleu tournait violemment sur sa poulie centrale. Les perchoirs de bois se soulevaient si haut, qu’ils passaient au-dessus des barres de métal vert.
   — Katy !! Hurlait Zoé contre les rafales.
   Soudain, le sable se leva du sol comme une tornade, encerclant Zoé. Le décor changea autour d’elle. Le paysage parisien se flouta comme une aquarelle, encore humide, qu’une main venait de brouiller en tentant de l’effacer. Ses cheveux flottaient dans le vent et venaient fouetter son visage. Bientôt, elle n’entendit plus rien, juste le bruit de la tornade qui grondait dans ses oreilles… Puis elle perçut un murmure. Le son se rapprocha d’elle et devint un cri. Celui de plusieurs chérubins. Il se mêla à des rires.   Elle ne pouvait rien voir, le sable l’en empêchait. Elle leva ses mains pour se protéger, cependant, au lieu de voir celles d’une femme, elle reconnue les doigts d’une enfant.
   Le souffle cessa de faire tourner le sable, qui retomba sur le sol, aussi vite qu’il n’était apparu. La jeune femme repoussa les mèches de son visage et scruta le décor. Autour d’elle, des enfants s’amusaient. Ils braillaient, riaient et jouaient bruyamment, sous un soleil radieux. A ses pieds se trouvait un château de sable sur lequel, une petite poupée se reposait. Sur la balançoire, vide il y a quelques minutes, une petite fille, à lunettes, se balançait joyeusement. Où était-elle ? Zoé se recroquevilla sur elle-même. Elle ne portait plus sa belle robe noire moulante, mais  à sa place, une petite robe violette et des collants de laine blancs, l’habillaient. Des bottines de cuirs roses, qu’elle chaussait, ne devaient pas mesurer plus de trente centimètres.
   Zoé se mit à paniquer. Les larmes lui montèrent aux yeux, elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Encore une hallucination….  La petite fille qu’elle était, attrapa sa poupée par le bras et la plaqua contre elle. Des pas écrasèrent le sol, non loin d’elle. Un petit garçon brun s’approchait. Il lui tendit la main et elle vit une petite breloque en forme d’ailes d’anges, sortir de son pull vert. Elle eut un instant d’hésitation, puis attrapa la main du petit homme. Tout tourna autour d’eux, le sable, la balançoire, les enfants disparaissant petit à petit.
 Zoé se retrouva projetée sur le goudron. Son corps lui sembla être écrasé sur le sol, comme-ci quelque chose l’obligé à y rester. Elle essaya de se relever, utilisant toute la force qu’elle possédait. Ses mains se plaquèrent sur le bitume. Ses coudes se déplièrent. Son ventre se souleva. Puis un genou, un pied et la jeune femme se redressa. Elle frotta ses mains pleines de sang sur ses jambes, qui avait retrouvaient leur taille d’adulte. Un bruit sourd, comme une explosion, la fit sursauter. Elle releva la tête et réalisa qu’elle se trouvait en plein milieu d’un champ de bataille. 
   Malgré la poussière et les débris, elle reconnut les bâtiments à moitié effondrés autour d’elle. Une scène de désolation s’offrait à elle, Paris sombrait dans le chaos. La tour Eiffel, monument historique de la ville, était allongée par terre, comme si elle avait renoncé au combat. La couche épaisse de graviers recouvrait tous, des morceaux de verre craquaient sur le sol, sous le poids des corps. Les arbres calcinés par les flammes, fumaient encore. Les édifices brulés s’étaient teintés de noir, aunes nature n’avaient résisté à ce carnage.  Des hommes, vêtus comme des militaires, couraient et se réfugiaient derrière des gravats, ressemblant à des pans de murs tombés au sol. Certains d’entre eux, portaient des ceintures chargées de munitions et d’explosifs. Le combat faisait rage. Des armes automatiques crachaient leurs munitions dans un vacarme assourdissant. Les corps s’effondraient de tous leurs poids, touchés par ces petits projectiles assassins.
Au loin, les structures de béton et d’acier succombaient à des missiles de guerre. A chaque fois que l’un d’entre eux était touché, une onde de choc se propageait et terminait le travail des bombes. Ceux qui avaient réussi à rester debout, s’affaissaient sous le tremblement. Des énormes nuages gris et blancs s’en échappaient.  Le ciel avait perdu sa jolie teinte bleu azur, il était à présent orange, comme si lui aussi, était en feu.
Accroupie sur le sol, Zoé se protégeait de ses mains à chaque fois qu’elle entendait des détonations. Ses mains et ses genoux étaient recouverts de sang et de bleus. Signe qu’ils venaient de mener un dur combat.
C’est impossible… C’est un cauchemar…
 Elle se mit à trembler de peur, ce rêve avait l’air tellement réel. Un tir de mitraillette la fit sursauter, mais elle n’eut pas le temps de cacher son visage dans ses mains. Deux pieds, chaussés de rangers noires pleines de sang et de cheveux apparurent dans son champ de vision. La jeune femme leva le visage et se retrouva nez à nez avec une arme. Le bout du pistolet dégageait une petite chaleur, il venait de servir. Elle n’eut pas le temps de voir le visage de son agresseur, le bruit d’un tir déchira l’atmosphère. Zoé ferma les yeux, attendant qu’une douleur ne vienne l’envahir. Mais rien ne vint. Elle était toujours là, au milieu de cette bataille. Puis, elle entendit un corps tomber au sol.
«  Dépêche-toi Zoé, dit une voix essoufflée. ». Elle sentit quelqu’un l’attraper par le bras pour l’aider à se relever. Avant de se retrouver sur ses deux pieds, elle ouvrit les yeux. Et là, à cet instant précis, tout se figea. Plus aucunes bombes, plus aucuns coups de feu. Les hommes se paralysèrent et le vent s’arrêta.
   Il était là… Ses cheveux bruns, son regard profond, il la regardait avec insistance. L’homme, celui-là même de ses hallucinations. Leurs visages se trouvaient à quelques centimètres l’un de l’autre, elle pouvait sentir son souffle chaud. Il avait les traits asiatiques, une arme à la main. Sa mâchoire crispée, s’articula pour parler mais Zoé n’entendait rien, elle le regardait, fascinée. Face à elle, il paraissait terriblement réel. Ses pupilles sombres avaient des petits reflets dorées et des cils soulignaient ses yeux en forme d’amandes. Il devait être ou avoir, des origines Chinoise ou Japonaise. Sa peau mate et bronzée ne possédait pas une imperfection. Ses lèvres charnues bougeaient et le son de sa voix semblait agréable. Elle oublia doucement la scéne d’horreur qui venait de se dérouler devant elle.
Brusquement, tout se remit à tourner autour d’eux. Le sable réapparut. Le vent se remit à le soulever, mais cette fois-ci, il ressemblait plus à une légère brise. Les cheveux de Zoé venaient frôler les joues de l’inconnu. Le visage du jeune homme commença à se détendre, il lâcha son arme, attachée en bandoulière sur une de ses épaules, et  lui tendit la main. Zoé la lui prit, sa peau était douce. Elle sentit comme un cocon se former autour d’eux, elle avait l’impression d’être protégée avec lui, rien ne pouvait l’atteindre. Il l’attira doucement contre lui. Son torse musclé reflétait toute la force et le courage qu’il avait.
   Pour la première fois, elle entendit sa voix.
« N’aies pas peur, tout se passera bien. Je ne serai jamais loin de toi. » Le vent accéléra autour d’eux, Zoé ferma les yeux pour se protéger des petits grains. Lorsqu’elle les ouvrit, elle était seule dans cette tempête de sable. Elle leva les bras, et d’un coup, tous s’arrêta, elle était revenue dans le parc.
   Katy se balançait sur une des balançoires et observait son amie.
« —Tu aurais vu ta tête !!! T’étais carrément ailleurs !!, dit-elle en descendant de son perchoir.
— Ça a recommencé, Kate…. Chuchota la peintre. Je l’ai encore vu. Un frisson la parcourra.
La belle blonde s’approcha doucement de Zoé, et lui posa la main sur l’épaule. Elle baissa la tête, de façon à pouvoir jeter son regard dans le sien et pouffa de rire.
— Toi, tu as vraiment trop bu ! De quoi tu parles ? Et puis, on dirait que tu as vu un fantôme!
   Le visage de Zoé devint livide. Tout aller bien, elle était là, avec sa meilleure amie. Il n’y avait ni bombe, ni tueur. Juste elles, les balançoires, l’herbe vertes et le bac à sable.
— Laisse tomber…. se désola-t-elle. » Elle pensa, l’espace d’un instant, être complètement folle. Se ressaisissant, elle entreprit de remettre ses chaussures, lorsqu’elle entendit un son similaire à ceux de ses hallucinations. Surprise, cette dernière observa la voûte céleste. Un trait de fumée se dessina dans le bleu obscur de la nuit. Une seconde fois, le bruit résonna. Elle jeta un coup d’œil à Katy. Celle-ci regardait dans la même direction, mais à quelques mètres d’elle. Elle avait eu l’intention de retourner se percher sur les balançoires.
   Zoé avança rapidement  en direction de son amie. Un de ses talons se cassa, la jeune femme tomba au sol. Le visage collé à l’herbe fraîche, elle vit un nouveau trait de lumière fendre le ciel étoilé. Elle se releva et se mit à courir vers Katy, celle-ci était pétrifiée par les bruits assourdissants qui venaient troubler la paix  parisienne. La jeune peintre se jeta sur son amie, avant même qu’elles n’aient pu retomber sur le sol, une onde de choc les projeta contre le mur de pierres écarlates du jardin d’enfant. Son corps retomba lourdement.
   Ses poignets étaient tordus sous elle, une de ses chevilles la faisait souffrir . Elle sentait des larmes chaudes couler le long de ses joues. Elle se dégagea un bras et tendit la main avec difficulté vers son amie terrorisée. Elle était allongée non loin de Zoé, tous ses membres se secouaient dans des sanglots terrifiés. Leurs doigts se mêlèrent. Derrière Katy, la jeune femme pouvait voir la Tour Eiffel assaillie par des boules de feux. Puis,  un liquide chaud se déversa dans ses cheveux pour s’écouler sur son front et tout devint noir. 


Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #23 le: 13 Avril 2015 à 03:57:09 »
Intéressant, on dirait que ça commence à bouger et j'attends de voir la suite  :)
Par contre, il y a toujours des expressions qui m'étonnent un peu. Je ne vais pas faire l'inventaire (t'as vu l'heure!), mais par exemple quand tu écris: "son torse musclé reflétait toute la force et le courage qu'il avait". La force, je veux bien, mais un torse musclé qui reflète le courage?!
Pas compris :D

Hors ligne GAYA TAMERON

  • Calliopéen
  • Messages: 427
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #24 le: 13 Avril 2015 à 19:20:54 »
Encore quelques fautes, quelques expressions un peu maladroites mais pour le reste bravo, j'adore. Vivement la suite! Ces rêveries sont vraiment intrigantes!

Hors ligne Lilye-Rose

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Les Derniers Anges.
« Réponse #25 le: 13 Avril 2015 à 21:30:44 »
salut tout le monde!!

Sans vouloir être embêtante, pourriez-vous me dire qu'elles sont les expressions maladroite?
Merci et à plus!! ;D

 


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