Encore une fois ce même rêve.
Il fait nuit noire, et je nage aux larges des cotes. Tellement noire la nuit, et tellement loin des côtes, qu’il m’est impossible d’en voir le sable fin de la plage. Je sais que l’eau est gelée, je le ressens, mais pourtant je n’ai pas froid. J’y suis même à l’aise, presque rassuré. Mes pieds battent dans un rythme irrégulier, à une profondeur bien trop sous la surface pour un tel environnement. Je n’ose à peine imaginer ce qu’il se passera, si par inadvertance mon pied touche une chose. Une de ces choses de l’océan, aussi visqueuse qu’inoffensive, mais tellement décalé dans mon univers si rationnel. Mais une autre présence m’épaule, et me permet de repousser mes peurs. Ne pas être seul dans un endroit comme celui là est aussi plaisant que de déballer le dernier jouet à la mode en étant gosse. Même celui qui tire de vrai projectile en plastique je ne l’échangerais pas contre la solitude. Le ciel si lointain, si noir, dont je me souciais bien peu jusqu’à la décide brusquement de changer. Pas pour devenir plus agressif, ni même plus effrayant. Soit dit en passant, il ne pourrait pas être plus effrayant, car le plus effrayant reste l’inconnue. Enfin, il me semble. C’est ce que disent tous les médecins de la tête, psychiatre, psychologue, psychopathe ? Peut être, j’ai jamais vraiment fait la différence, et je n’ai toujours pas envie de la faire. De toute manière, inconnue ou pas inconnue, lorsque j’ai peur, la dernière chose à laquelle je pense, c’est classé celle-ci suivant un tableau connu/inconnu. Enfin, là n’est pas le problème, je m’embrouille. C’est dans cet environnement, ou j’y suis, bizarrement, pas si mal que ça. Oui, l’eau n’a jamais était ma tasse thé, comme on pourrait dire. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, ni comment, tout change. Je le ressens, et je ne saurais pas dire pourquoi. Peut être à cause la présence, qui change subitement pour succomber à sa propre peur. Si elle est censée me rassurer, et qu’elle aussi panique, comment voulez vous que ça aille bien. Je n’ai jamais était un courageux, mais je veux bien suivre n’importe quoi lorsque la confiance est de mise. Quoi qu’il en soit, plus aucune confiance ne semble de mise dans notre petit bain. Et puis tout ce passe vite. Trop vite pour ma petite tête. Il faut fuir, et rapidement. Imaginer vous à ma place, entrain de céder à la panique, devoir fuir, sans être dans mon élément. Poursuivit par l’inconnu. Tiens, l’inconnu ! Ils avaient peut être pas tout dans le faux ces cons. Je nage alors à grand mouvement vers la cote. Oui, effectivement, même sans la voir, je savais ou elle était. Question de repaire, tout ça. Même si je n’ai jamais été un prodige de l’orientation, je sais reconnaître d’où je venais. Ce n’est pas faux ça, comment est ce que j’étais venu ? En tout cas, c’est à ce moment précis qu’elle s’est fait avoir. Elle, il, ça n’a pas trop d’importance, la présence rassurante quoi. Sans l’avoir vu, je le sais. Je lui donne même plusieurs coup de pied en continuant ma course… nage, pardon. Il me semble même sentir la pression de ses mains. Essayant tout d’abord de me retenir, aussi suppliante que possible. Je n’ai évidemment pas fait demi-tour. Sous l’influence de la peur, on agit a l’instinct. Mais même dans un état de totale lucidité, je ne sais pas si j’aurais fait demi-tour. Puis au dernier moment, les mains se crispent, et les bras accrochés se détendent brusquement. Comme, dans un ultime effort, me donnait une chance supplémentaire de finir dans le même état que lui/elle. Rayez la mention inutile. La course continue. Tout est redevenu calme autour de moi. Pourtant je ne m’arrête pas. Et je ne vois toujours pas la plage non plus. Mais je sais, qu’à mes trousses, le danger, l’inconnue me poursuit. Et est, d’ailleurs, bien plus rapide que moi. Je ne pourrais m’échapper, je le sais, mais je continu de me débattre inutilement. Instinct de survie ? La tension augmente progressivement. Et lorsque les remous de l’eau derrière moi m’indique que tout est finit pour moi, je me réveille.
Encore une fois ce fichu rêve. Je suis en caleçon, et complètement recouvert de sueur. C’est sûrement ça qui donnait l’eau aussi réaliste. Je m’assoit sur le bord de mon lit, et laisse l’eau dégouliner. Cette nuit a été tellement palpitante, j’en inonde presque le sol. Une autre impression, l’odeur de renfermé, ou de quelque chose de pire que je ne saurais pas décrire. Mais je m’en accommode. Je me dirige vers la salle de bain, légèrement chancelant, encore la tête ailleurs. J’essaye de me fixer dans le miroir, mes yeux fatigués ont du mal à faire le point. Oui, l’expression est exacte, faire le point, exactement comme ces fichus appareils photos numériques. Je ne sais pas pourquoi j’ai utilisé le mot « fichu », ils ne m’ont absolument rien fait. Juste j’en ai rien à faire d’eux, si ils n’étaient, je n’aurais pas été plus mal. Je peux maintenant apercevoir mes cheveux retombés sur mon front. Un peu plus long, et j’aurais dut me regarder à travers un léger voile noir. Décidément, il me manque quelque chose. Certaines côtes sont discernables dans le reflet du miroir, on dirait même que j’ai perdu du poids. J’ouvre le robinet, en deux légers mouvements du poignet qui l’oblige à grincer. Il crache son eau froide avec difficulté. Quelle importance, tant qu’il la crache. Mes deux mains en récipient portent quelques millilitres à mon visage. Pour lui permettre de dégouliner de fraîcheur au dessus de mon évier blanc, atteint par plusieurs taches de temps rougeâtre. Une autre rasade d’eau vient directement sur mon front, et lisse mes cheveux en arrière. Comme le froid fait du bien après un réveil comme celui là. Je passe mes mains dans les cheveux, mais elles se trouvent rapidement bloqué. Je tire un peu, mais devant la douleur, je me résigne. Comment peut on avoir des nœuds avec des cheveux aussi courts ? Décidément il me manque vraiment quelque chose. Un paquet de clope froissé repose sur l’évier en partie blanc. J’ai trouvé. Je le secoue, et entend un fameux « tchak-tchak » plein d’espoir. A l’intérieur deux clopes de battent en duel. O joie du matin. Leurs papiers forment de jolie ondulation, indiquant le mauvais traitement subit. Aucune importance, ça reste fumable. Je prend une clope, et la retient légèrement du bout des lèvres. Le paquet retourne à sa place ou je l’ai trouvé. Enfin, le reflet à l’air vraiment lui-même. Je retourne dans ma chambre-salon-cuisine et appui sur le bouton de l’ordinateur. Il démarre avec son habituel « tit » suivit de près par le ventilo. Je m’assoit face à lui, et cherche sur le bureau totalement désordonné. Gagné ! C’est sous une lettre de loyer en retard, pas encore ouverte, que je trouve un bic jetable. Ma clope s’allume. La première latte me renvoi momentanément dans les nuages. J’ai même perdu le plaisir de les fumer, mais pourtant il faut que je les fume. Je sais qu’il ne doit pas en être autrement. L’écran s’allume. Mes pupilles se contractent dans un mouvement fort désagréable, que je combine avec un plissement des yeux et en reculant la tête par réflexe. C’est vrai qu’il fait sombre ici. Mais le problème est réglé, l’ordinateur est là. D’ailleurs il est long, bien trop long, à démarrer. Peut être dut à l’accumulation de poussière ? La prochaine fois que je fais le ménage j’y jetterais un coup d’œil à l’intérieur. Pour le moment on va faire avec. Ma clope se consume entièrement dans mes poumons alors que Windows charge encore. Mon cendrier est totalement plein. Tel une rose, aux pétales en mégots, qui s’ouvre dans tout son volume. Je me permets de désorienter sa fragile stabilité, à la recherche d’un demi centimètre carré, pour lui greffer un nouveau pétale de goudron. Et j’attends. J’attends que l’ordinateur arrête son monstrueux ronronnement, et me laisse y accéder sans latence. L’horloge dans la barre des tâches indique « 18 : 13 ». Il est bien tard pour une matinée. Double clic sur le raccourci « Poker », et la journée peut enfin débuter.
Puis les parties, jonché de la malchance et de maladresse, se succédèrent. Si je ne jouais pas sur l’argent de mes précédents gains, j’en aurais sûrement perdu aujourd’hui. Le dos de ma main, qui tenait la souris constamment, me démangeait atrocement. Une fine boite de médicament, se trouvant à l’extrémité de mon tapis de souris, m’avait agressé tout au long de ma partie. Elle est blanche avec un trait vert et un autre jaune. Elle m’indique Seropram® 40mg. Un médicament à la Citalopram, censé soigné ma maladie en « ose ». Psychose ou névrose, je ne sais plus exactement. Peut être même une dépression. La réaction fut immédiate. Je met mon jeu online de poker en mode fold/check, et pris la boite qui cherchait à attirer mon attention depuis toute à l’heure. J’en sors une seule et unique plaquette en aluminium. Il reste moins de la moitié des médicaments. Un effort, presque surréaliste, comparé à mon automatisme à calculer les probabilités du poker, m’indique qu’il en reste neuf pour être précis. Je ne crois pas que mon psy-truc est prévu que j’en bouffe autant. D’ailleurs j’ai complètement oublié de retourner chez lui. Va falloir que j’arrange ça demain, sinon il va encore chercher à prévenir je-ne-sais-quelle-organisation pour « me prendre en charge ». Quel jour on est déjà ? Un rapide mouvement de souris sur l’horloge m’indique qu’on est lundi. Il me semble que mon rendez vous hebdomadaire est le lundi. Je n’aurais pas plus d’un jour de retard. Ou deux. Il me semble que j’ai oublié d’en prendre hier. Ce qui peut expliqué mon rêve perturbé. Doublons la dose pour rattraper le retard. Je libère deux petites pilules pelliculées de leurs prisons alumineuses, et les places sur ma langue. Le paquet retourne sur la table, ou il tombe en équilibre entre la souris et son tapis. Puis je reste là, presque éblouit par ma bêtise, sans rien pour les avaler. Je me dirige vers mon lit, pour récupérer le verre de la veille sur ma table de chevet. Mais je retrouve mon verre à l’horizontale, avec un fond d’eau dans une dépression. Je comprends maintenant mieux cette impression de dégouliner sur le sol au réveil. Il s’agissait seulement de mon verre d’eau renversé pendant ma nuit mouvementée. Je me retourne vers mon bureau, et aperçoit un verre caché derrière l’enceinte droit de mon PC. A travers sa transparence, on peut apercevoir les petites bulles d’air, indénombrables, qui se sont accumulées dans l’eau avec le temps. Peu importe, ça fera l’affaire. J’avale les cachets d’une traite, pose le verre, et m’installe à nouveau à ma place. Le Seropram® vole sur le coté d’un coup de souris. Sur la tranche je peux maintenant apercevoir, des inscriptions tracé au bic bleu dans une belle et ronde écriture. Sûrement la pharmacienne, un médecin qui écrit comme ça, ça n’existe pas. L’inscription « 3/jr pdt 4jrs » m’envoute l’espace d’un instant. Si seulement le visage de celle qui a écrit cela me revenait en mémoire, j’aurais put décrocher un sourire aujourd’hui. Je désactive le mode fold/check. Je désactive le peu de pensée qui me reste.
En pleine partie, alors que je parviens à forcer un débutant, dont le deuxième As est sur la river, à relancer mon brelan de trois, une certaine crispation me prend. Comme pour me prévenir d’un danger inconscient, mes muscles se contractent. Par réflexe, la souris passe la main en mode « call auto » alors que j’éteins l’écran de l’autre main. C’est à ce moment là que je m’aperçois que la seule lumière filtrant des volets n’a rien de naturel. La nuit est déjà tombée depuis quelques heures. De petits tremblements non-amples parcourent mes avants bras. Il n’y a pas de doute, « les autres » reviennent. Ils l’ont déjà tué à elle, et maintenant c’est pour moi. Je le savais déjà depuis le début. C’étaient moi qu’ils cherchaient. Son sacrifice n’a put me donner qu’un peu de répit. Et quel répit. Celui de ne plus pouvoir vivre, juste survivre dans mon taudis. Un grand bruit, un claquement, se fait entendre dans le hall de mon bâtiment. La porte vient de se refermer derrière quelqu’un. Ou quelques uns. Je sais aussi bien qu’eux ce qui va arriver. Dans un affrontement direct, je n’ai aucune opportunité de survie. Je n’ai pas le choix, il faut que je demande de l’aide. Mais à qui faire confiance ? La lumière de l’escalier central du bâtiment central vient de s’allumer. Je vois sa lumière filtrer sous la porte. Plus le temps d’appeler un voisin, de toute manière, qu’aurait t’il put bien faire. Un coup de fil ne servirait à rien. Les flics serraient tout aussi lent et inutile. Quand on ne peut pas lutter, il faut le reconnaître, puis fuir ou se cacher. De lourd pas se font entendre dans l’escalier, ils montent vers chez moi. Je me dirige vers la salle de bain, seule pièce ou je n’ai pas fermé les volets. J’essaye de distinguer l’extérieur à travers la vitre opaque, prévu à cet effet. Mais rien ne ressort de sa brume. J’entrouvre la fenêtre avec le plus de légèreté, le temps d’observer si la fuite est envisageable, sans pour autant compromettre mes chances de cachette. La rue en bas est complètement vide. Et tout autant silencieuse. Jamais rien de bon. Je retourne dans ma pièce principale, ou je peux apercevoir une ombre se faufilait dans les entrailles de lumières. Elle s’approche, s’approche, et s’arrête face à moi. De l’autre coté d’un simple pan de bois. J’entend mon cœur martelait ma cage thoracique avec tant de ferveur que le bruit se met à résonner. Je plaque mes deux mains contre mon sternum pour calmer cet organe qui se déchaîne. Le bruit en devient presque audible pour l’extérieur. Je cède à la panique. Mon souffle, aussi bruyant que raccourcis devient un sérieux handicap. Je ne sais pas combien de temps je vais résister à cette tension. Un nouveau martèlement, beaucoup plus bruyant que le mien, résonne contre les parois de mon appartement. Chacun des bruits, espacés, hurlent comme un râle de démence. Ils me connaissent, et me poussent à bout. Ils tapent à nouveau. Je me retrouve piégé dans mon propre antre. A attendre la douleur et la mort, où peut être pire, dans le noir de cet endroit clos. La tension palpable me saisit à la gorge. Je ne sais pas ce qui va sortir de cette porte. Et il vaudrait peut être mieux pour ma stabilité mentale que je ne le sache jamais. Un énorme coup frappe la porte. La raideur et les tremblements de mes membres se sont propagés à tout le haut de mon corps. Un second coup se fait entendre. Je mort ma main gauche jusqu’au sang pour ne pas succomber à l’envie de hurler mon désarroi. De me livrer pour que toute cette mascarade se finisse au plus vite. Mais le problème, c’est que rien ne se finira vite. Les hurlements d’Elizabeth n’ont pas finit rapidement. J’entends encore ces râles de douleur me briser les tympans tandis que je fuyais. Ces cris déchirants qui traversèrent la nuit entière. Sa lente agonie. Et aujourd’hui c’était pour moi. Pourquoi l’ai-je écouté ? Je l’aime de tout mon cœur, et pourtant il m’a été possible de l’abandonnée. Est-ce que je déteste ces longs cris de terreur, m’entraînant dans ce nouvel enfer, autant que ce que je peux l’adorer ? Une troisième estocade à ma porte, comme les battements précis et mortel d’un métronome. Dont le bouton serait bloqué sur la plus horrible de ses danses macabres. Je ne vais pas ouvrir. Il ne faut surtout pas que j’ouvre. C’est ce qu’ils attendent. Je préfèreraient encore m’arracher le visage avec le couteau couvert de nourriture dans mon évier que de leur ouvrir la porte. Dernière nourriture, qui pourrit maintenant depuis deux jours dans sa prison de céramique. Un autre coup. La tension en devient énorme. Je sens la délectation qui anime la chose de l’autre coté de la porte. Ils savent comment je réagis. La torture mentale, c’est ce qui les fait jouir, et ils en usent et abusent avec moi. Pourtant je suis sur que je vais devoir subir encore pire. Je suis que dans la partie la plus facile de la nuit. Et puis d’un coup, la lumière s’éteint. Je ne vois plus rien filtrer sous la porte. Mais je sais qu’il est là. Plus aucun bruit. Il ne tape plus. Il ne bouge pas non plus. L’obscurité ne semble pas un gène pour lui. Moi je n’ose plus bouger, de peur de signaler ma présence en raclant je ne sais quel objet ou meuble. Le piège se resserre encore plus. Je suis tel un rat. Sauf qu’ici, l’hypothétique morceau de fromage a été remplacé pour une mort lente et douloureuse. Dans le quasi-silence de mon appartement, gêné par un ventilateur, peut être déjà trop bruyant, un léger grincement commence à se faire entendre. Et je sais exactement d’où il provient. Le raclement vient du dessous de ma porte, quelque chose s’immisce. Je ne saurais dire si j’ai poussé un cri audible ou pas. En tout cas, c’est à ce moment là que ma mâchoire a arraché un morceau de chair de ma main. Une horrible douleur me permettant cependant de ne pas péter totalement les plombs. Ca continu de ramper. Doucement. Sur une dizaine de centimètre. La peur distillée avec la bonne dose, peut être l’arme la plus mortelle qui existe. Puis tout s’arrête d’un coup. Et les pas repartirent me laissant seul dans mon stress infernal. Il a mit quelque chose dans mon appartement. Je ne sais combien de temps je suis resté ainsi. Immobile. Dans le piège du moindre bruit. A l’affut du moindre danger. Sursautant de temps en temps pour un grincement de vieux mobilier. Au bout d’un certain temps, je ne saurais dire combien, j’ai rallumé mon écran. Nouvelle lumière, trop vive pour mes yeux nocturnes. J’aperçois une lettre sous ma porte. Ils m’envoient un horrible message. Ou peut être même un nouveau piège, pour vérifier ma présence, il ne faut surtout pas céder. Les tremblements sont de plus en plus violent. Le stress n’est pas redescendu, et même si je ne ressens pas vraiment la douleur, je suis très loin d’être serein. « Pour contrôler vos crises délirantes » se répétait dans ma tête, en voyant le docteur marquer Seropram® 40mg sur mon ordonnance. Sans même prendre la peine de vérifier mon jeu de poker, je repris la boite. Deux cachets supplémentaires atterrirent dans ma bouche. Même pas besoin d’eau, je les gobe d’une seule traite sans perdre plus de temps. J’étais littéralement paralysé par la terreur qui venait d’avoir lieux. Je me mis au lit, bien tôt pour l’heure à laquelle je m’étais levé. Mais j’avais juste envie de me reposer. Juste envie de me sentir en sécurité.
On me retrouva trois jours plus tard. C’est le propriétaire qui se permit d’entrer avec les clefs. Il a dit à la police que trois jours avant, il avait déposé une lettre de loyer impayé, et que je n’avais pas répondu à ses tambourinades. Comme je devais témoigner contre trois jeunes hommes dans quelques jours, la piste criminelle ne fut pas écartée. Les trois écopèrent pour de 4 à 16 ans de prison ferme pour le viol et le meurtre d’Elisabeth Batori, jeune fille de 18 ans, et ma copine juste avant sa mort. Mais tout ça bien sur, je n’en ai pas conscience. Je n’en aurais jamais conscience. Et je n’aurais plus conscience de quoi que ce soit, pasque je suis mort. Suicidé selon les autorités. Non-choix rectifia mon psy-machin.