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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » LE SOUVENIR DE RAYAN

Auteur Sujet: LE SOUVENIR DE RAYAN  (Lu 948 fois)

DA Lavoie

  • Invité
LE SOUVENIR DE RAYAN
« le: 14 Décembre 2014 à 02:06:08 »
Ceci est mon premier texte que je publie dans Le Monde de l'Écriture. Il s'agit de la Nouvelle Inédite publiée dans mon livre de Chroniques, ''Je vous écris''. J'espère que ce court texte saura vous plaire!

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''Je suis assis seul sur cette plage, face à une mer qui suit le mouvement des vagues que soulève un vent chaud. Un homme...une simple expression d'un anonyme morceau de cette humanité. Je lève la tête vers le ciel bleu et j’aperçois un oiseau qui semble se diriger vers le soleil. Qui sait si cela est bien sa destination ou si ce n'est que moi qui le voit ainsi.

Je suis seul, dehors comme dedans, en compagnie de ce souvenir qui ne peut s'effacer. Seul avec cet univers merveilleux qui dort en moi, se promenant quelque part dans ma mémoire d’homme.

Toute ma vie, ou presque, je me suis battu afin de dénoncer un système corrompu qui laissa mon coin de pays de plus en plus blessé, ignoré et même bafoué. Pourtant, nombreux sont les gens de ce peuple qui brandissent eux aussi l'épée. J'ai parlé, crié, je me suis caché au fond de la montagne, j’ai été emprisonné et j'ai fait partie de cette petite population des révoltés du maquis. Je demeure encore debout et je ne cesserai ces combats que lorsque mon dernier souffle s'échappera.

Je suis seul oui; quelques fois perdu, ne sachant ce qui rime à quoi. Seul sans elle, ma douce colombe. Nous étions tellement heureux ensemble. Puis, il vint ces jours sombres où je dus partir, ne lui laissant pas le moindre mot des raisons de ce départ; alors, elle s'est envolée, loin de moi et loin de notre nid. Vous savez, je la comprends; elle s'est sans doute sentie abandonnée et peut-être même trahie. Pourtant, j'avais tellement besoin d'elle, de son sourire, de sa présence, de son amour et de son abandon. Elle s'est donnée de toutes les façons, je sais; comme je me suis donné aussi.

Un bout de l'histoire d'un homme - celle de celui que je suis, Rayan Mourad Farah. Né, grandi et vivant toujours sur cette terre de mes ancêtres, celle d’un peuple aux racines fières et indomptées. Un homme qui ne fait pas de compromis avec les bourreaux, les menteurs et les pilleurs de vie. Celui dont la première maîtresse fut, et demeure, sa terre. Maîtresse très exigeante d’ailleurs, car elle ne me laisse que pour si peu de temps la joie et le bonheur de demeurer près de toutes celles qui furent mises sur ma route.

Comment est-ce que je fais afin de toujours renoncer à mes amoureuses pour tous ces autres qui me ressemblent? J'avoue que je l'ignore moi-même et que le poids devient parfois lourd à porter. J'ai quelques fois choisi avec tristesse et à contrecœur. Pourtant, cet idéal qui vit en moi est plus fort que tout; je dois le défendre avec ma sueur et mon sang. Vous parler de toutes ces femmes qui pour quelques jours ont fait partie de mes moments de répits et de rêves? Ce serait beaucoup trop long! De mon village natal, en passant par la France, puis de retour à ma contrée chérie, maintes d'entre elles ont partagé mon lit, mes jours, mes nuits et parfois aussi mon cœur. Toutefois, peu d'entre elle ont connu le vrai Rayan, cet ours solitaire qui se promène dans cette forêt détenant le secret de moi. Ce moi, qui est également cet aigle royal qui survole ces montagnes qui me protègent et me servent de refuge.

Daphné avait vu ce côté de mon être qui jamais n'avait pu être complètement cerné avant. Elle savait lire à travers moi, me donnait l'envie de me laisser fondre en elle, me laissant ce goût de jaune avec l'éclat d'un soleil nouveau et une envie folle de danser sous les étoiles, moi qui ne danse jamais. Non, je ne sais plus danser ni comment me réchauffer sans elle. Car lorsque je suis parti, elle m'a attendu je le sais. Cependant, comme je ne revenais pas et ne lui donnais aucun signe de vie, elle s’est envolée. Daphné : le plus doux prénom que mes oreilles ont entendu et la plus gracieuse des princesses de tous les royaumes.

La première fois où je l'ai vu, j'ai tout de suite su que c'était elle la Femme. Ses yeux et son sourire m'ont tout de suite attirés vers sa source d'eau pure. J'ai vu à travers eux une lumière que je n'avais jamais vu auparavant. Une lumière qui illuminait toute sa personne et créait même presqu’une auréole autour de sa tête. Ses cheveux ressemblaient à un champ de blés mûrs laissant échapper un doux parfum que le vent daignait souffler vers moi.

J'avais osé l'aborder et pour ma plus grande joie, elle avait pris cette main que je lui tendais. Ainsi, tous les deux nous sommes partis vers une galaxie que personne ne connaissait. Cet univers, il n'a appartenu qu'à nous. Comme elle me manque; certains jours j'ai le souffle coupé, non plus par ses rires et ses manières d'être à moi, mais plutôt parce qu'elle n'est plus là. Ai-je un jour connu un chagrin aussi grand? Non, je ne crois pas; du moins pas pour une femme!

C'était pourtant un jour comme les autres, en apparences; rien ne semblait indiquer que la suite de nous deux seraient si fulgurante, douce, passionnée et unique. Car des bénédictions comme celles-là, on ne les reçoit que si peu. Si on a de la chance, alors on peut les vivre au moins une fois dans notre vie. Une fois encore, pouvoir la serrer dans mes bras. Une fois encore, pouvoir voir danser dans ses yeux l'océan de passion qui m'habitait. Une fois encore, pouvoir l'entendre me dire je t'aime et embrasser ses lèvres à saveur de miel sauvage. Une fois encore, pouvoir boire le suc de sa fontaine aux eaux enchantées qui me donnaient toujours plus envie d'elle à chaque fois.

Je lui avais dit : ‘’Viens et tu connaîtras avec moi toutes les extases d'une saine et forte union. Tu découvriras même ces trésors charnels que tu caches si loin en toi et dont tu ignores même qu'ils y sont. Toi, tu m’offriras cet immense pré dans lequel je pourrai marcher au rythme de tes pas, j'accorderai mon violon à ta musique et ensemble nous jouerons une symphonie magique.’’. Elle avait grimpé sur la monture que je lui offrais. Ensemble nous avons parcouru de longues distances et avons connu d'incroyables chevauchées.

**********

Que vous dire de la première fois où j'ai humé le parfum délicat de sa peau, où j'ai goûté ces lèvres sucrées et où je suis tombé sans pouvoir me relever? Ce fut à ce moment que mon cœur s'était un peu arrêté de battre parce qu'enfin je tenais dans mes bras l'objet de tant de tendresse. Ce jour restera à jamais ancré dans ma mémoire et soudé dans ma chair. C'était un jour du mois d'août et même si l'été était presque terminé, il y avait cette gaieté dans l'air. Il flottait un air de vacances duquel semblait s'élever une musique douce rien que pour nous.

Après plusieurs échanges téléphoniques et écrits, Daphné avait accepté de me rencontrer. J'étais nerveux et excité comme un gosse, rien qu'à la pensée de me retrouver enfin avec elle. Je me souviens lorsqu'elle était descendue du taxi. Ce furent d'abord ses jambes que je vis...longues, fines, bronzées...très belles...et déjà, je sentais un petit fourmillement dans le bas ventre. Car lors de nos conversations écrites, Dieu que c'était torride! Combien tout n'avait-il pas la promesse de ces mots tendres et de ces rêveries érotiques!

Je m'étais lentement approché de la voiture et payé le chauffeur. Daphné était descendue. Grande, assez mince, la chevelure d'une blondeur un peu cendrée que le vent léger soulevait telle une chape dorée. Ses épaules nues ne semblaient attendre mes caresses. Cachée derrière des verres fumés, elle m'avait souri en me tendant la main. J'avais prise celle-ci pour y déposer un chaste baiser, puis nous nous étions fait la bise amicale sous les yeux du chauffeur qui sortait les bagages du coffre.

Ce dernier parti, nous étions entrés à l'intérieur de cet hôtel où elle avait réservé une chambre. Avant de monter ses bagages, nous avions bu un verre de vin rouge au bar en discutant de tout et de rien. Maintenant qu'elle avait enlevé ses lunettes de soleil, je me perdais dans ses yeux couleur noisette qui semblaient brûler d'un feu qui me demandait de l'éteindre. ‘’Quel charme’’ me disais-je, ‘’Elle est tout simplement splendide et mieux encore que je n'avais osé l'imaginer.’’.

Puis finalement, nous étions montés à sa chambre. Chambre spacieuse et accueillante. Un lit gigantesque à l'extrémité de la pièce nous invitait à nous y reposer sur le champ. Elle avait dit : ‘’Je vais à la salle de bain me rafraîchir. Regarde ce qu'ils offrent à boire dans le mini bar et verse-moi un verre, tu veux? Je reviens dans peu de temps.’’. J'ouvris le bar...bières, sodas, eau minérale. Non, me dis-je, il faut plus. Alors, j'avais fait monter une bouteille de champagne pendant que je l'attendais. Le bruit de l'eau qui coulait sous la douche semblait m'envoyer un message : viens nous rejoindre! Néanmoins, je ne bougeais pas. Après tout, je ne voulais certes pas qu'elle croit que j’étais trop impatient et risquer de tout gâcher avant le bon moment!

Après un bon bout de temps, l'eau s'était arrêtée de couler. Daphné était sortie de la salle de bain quelques minutes plus tard, vêtue d'un peignoir de soie – car nous étions le soir déjà -  pieds nus, cheveux mouillés; et elle n'aurait pu être plus désirable. Féline, elle semblait flotter plutôt que marcher. Elle s’était dirigée vers le fauteuil face à moi. Je lui avais tendu un verre de champagne frais. Plus tôt, j'avais mis la radio sur une station de musique plutôt lente et romantique. Il faisait nuit dehors et seul le reflet des lumières extérieures et de la lune éclairait la pièce. Nous avions bu une gorgée de champagne, nos verres, puis toute la bouteille, en parlant de nous, de notre travail, de la température, du voyage, bref de tout et de rien afin de maintenir la conversation vivante.

C'est alors qu'elle s'était levée et était venue vers moi. Elle m’avait dit : ‘’On danse?’’, tout en me tendant sa main douce. Comment refuser même si je ne suis pas bon danseur? Je me souviens, la balade romantique de Claude Barzotti, ‘’Aime-moi’’, jouait. Idéal pour nous quoi. Son corps se collait au mien et sa voix murmurait à mon oreille les mots de cette chanson. Moi, je tremblais presque, ému et rempli de ce désir intense qui me consumait tel un feu de joie. Je posai doucement mes lèvres sur les siennes, je gardai les yeux ouverts afin d'immortaliser cet instant magique et elle garda les siens ouverts également. Elle se recula un peu et dit : ‘’Pourquoi fermer les yeux et risquer de rater le plus beau et cette lumière dans les tiens? Viens, suis-moi.’’, avait-elle dit en me tendant la main. J'avais mis ma main dans la sienne et l'avais suivi jusqu'au lit, docile comme un écolier qui suit sa maîtresse préférée.

Son peignoir avait glissé jusqu'à terre; elle portait une de ces chemisettes transparentes...je ne pouvais détacher les yeux de cette délicate, mais bien accordée sensualité qui émanait d'elle. Bon, pour tout vous dire, elle n'était peut-être pas une actrice populaire, mais ce qui se dégageait de sa personne était tellement plus fort encore. J'étais tellement attiré par cette femme qui se tenait devant moi. Je lui avais dit un peu en balbutiant : ‘’Tu es magnifique; mieux encore que dans mes rêves les plus fous. J'ai attendu ce jour depuis si longtemps; je te désire tant tu sais. Je ne crois pas en ce moment que même un tremblement de terre ne serait assez fort pour que je me sépare de toi!’’. Elle avait un peu penché la tête sur le côté  gauche et sourit. Ensuite, elle s'était approchée de moi et m'avait embrassée doucement puis passionnément. Ses lèvres avaient ce goût bien particulier, tout comme son un parfum subtil m’enivrait. Elle avait enlevé ma chemise puis défait la ceinture de mon pantalon. Sa bouche se promenait sur mon corps prenant de plus en plus feu. Très rapidement, elle termina d’enlever le reste de mes vêtements.

J'étais nu, debout devant elle et je n'avais qu'une seule envie : me laisser emporter par sa vague majestueuse. Nous avons rapidement défait le lit pour nous retrouver étendus sur ses draps de coton blancs. Le reste fut...fantastique et sublime. Je n'avais jamais auparavant vécu une telle extase, même si je nous l'avais promise! Je ne vous donnerai pas tous les détails, je laisse votre imagination bouillonnante voir le scénario, mais ce fut si enlevant et magique que cette nuit-là, je me sentis vraiment avoir atteint le paradis sans même être mort! Ou bien alors je l'étais? Elle m'avait pris toute ma force et bu tout mon sang, comme j'avais bu le sien. Peu importe ce qui nous attendait, le doux souvenir de cette première nuit ne nous quitterait jamais. Nous avions atteint le septième ciel…et même inventé le huitième!

**********

Daphné ne devait rester avec moi que deux semaines, mais elle était demeurée pendant six semaines. Six semaines incomparables, où le bonheur de simplement être ensemble nous remplissait d’amour et de joie. Une symbiose totale s’était depuis longtemps installée, par nos partages écrits, mais à présent, ce merveilleux voyage était devenu réalité.

Nous avions fait de tout. J’ai joué le guide touristique, assez fatiguant, mais pour l’avoir près de moi constamment j’aurais fait le tour de la terre à pied, je crois! Tout l’émerveillait; la ville et ses lumières, les sorties au restaurant ou au cinéma. Bien évidemment, j’avais dû l’emmener danser plusieurs fois, mais cela était un sacrifice des plus agréables. Nous passions aussi des jours entiers à la plage. Elle adorait et moi je ne me lassais pas de la voir sortir de l’eau, toute mouillée avec un très mince maillot de bain qui lui servait de seconde peau, qui laissait voir ses seins à peine cachés par le tissu et montrait ses longues cuisses bronzées. Les hommes ne pouvaient empêcher leurs yeux pleins de désir de regarder cette femme presque nue qui passait devant eux. Cependant, j’étais plutôt fier et même flatté de voir que cette beauté se dirigeait vers moi et venait m’embrasser longuement sous leurs regards jaloux. De cela, nous nous en foutions comme de l’an quarante, puisqu’elle ne connaissait personne et que moi je ne pouvais que lui être reconnaissant de tant de chaleur! Lorsque nous retournions à mon chalet en montagne, ce n’était encore que plus extraordinaire!

À l’abri de tous les regards et des intrus, ayant comme seul témoins le bleu du ciel, la majesté des montagnes et le vert des arbres, nous pouvions laisser libre court à nos ébats en pleine nature ou à l’intérieur de ce qu’elle appelait désormais notre refuge. Chaque jour qui se levait était si précieux pour moi. J’aurais aimé la garder, encore et encore et je profitais à pleine mesure de sa présence. Je ne voulais rien perdre de tous ces fabuleux moments que la vie m’offrait et je goûtais chaque minute comme le plus savoureux des mets jamais servi.

Les jours fuyaient, mais nous avions l’impression que le temps s’arrêtait parfois lorsque nous échangions passionnément nos rêves amoureux. Nous explorions nos corps de toutes les façons possibles, je crois bien. Je lui avais promis de lui faire découvrir des ivresses et des envies enfouies en elle et en retour elle me fit voir que je pouvais encore tout donné. Que ce soit au lit ou sur l’herbe fraîche, nous rejoignions chaque fois notre paradis à nous. Que dire des nuits à présent; paradisiaques, tout simplement. Son sourire enjôleur, ses yeux profonds pleins de promesses, ses lèvres douces et invitantes, sa peau soyeuse, ses mains magiques, bref tout son corps m’invitait à la prendre toujours. Elle savait s’enrouler autour de moi et me faire prisonnier de ses caresses lentes et chaudes. Je demeurais son captif oui, mais c’était avec joie et de plein gré!

Ayant toujours été un amant à l’écoute des besoins et des désirs de mes partenaires, je lui donnais tout ce que j’avais de fort et de beau en moi. Ses fantasmes rejoignaient les miens afin de créer la plus mélodieuse symphonie charnelle. Bref, c’était constamment l’harmonie corps et esprit quoi! La passion et la jouissance des sens à l’état pur renforcies par une entente consciente de nos cœurs et de nos têtes qui n’avaient pu que se soumettre à cette fulgurante ascension.

Que vous raconter de nous deux encore? Peut-être bien cette fois où nous étions allés dansés. La musique forte nous retrouvait sur le plancher de danse et Daphné bougeait si bien. Son pantalon serré faisait ressortir un peu ses fesses et montrait sans façon le triangle de son intimité. Elle se balançait, se déhanchait et se collait à moi pour s’éloigner si je la touchais. Belle manière de me faire la désirer encore plus! Les hommes la regardaient d’envies, ils en bavaient presque, alors que les femmes lui lançaient des regards meurtriers; heureusement que leurs yeux n’étaient pas des couteaux! Moi, je souriais et me moquais intérieurement de tous ces gens, j’avais Daphné. Elle était là pour moi et ne se souciait pas des autres, hommes ou femmes. Lors des slows, elle se collait tellement que parfois nous ne faisions qu’un seul corps. Elle m’embrassait passionnément, me caressait le dos ou les fesses et je faisais de même. Nous faisions comme si nous étions seuls sous les lumières tamisées.

Lorsque ce soir-là la musique s’était arrêtée pour un instant, elle m’avait entraînée dans un coin sombre et peu fréquenté de la Boîte de nuit. Elle avait simplement dit : ‘’J’ai envie de toi.’’, sans plus. Elle avait ouvert ma braguette avec justesse et rapidité, baisser son jeans et son string et sans plus elle s’était glissée en moi. Une fille se tenait pas loin et nous regardait les yeux fiévreux. Daphné lui avait simplement souri et avait continué de m’accueillir en elle. Quelle joie; j’aimais lorsqu’elle se montrait aussi entreprenante et sans timidité aucune. Cela ajoutait du piquant dans notre relation et ces manifestations ouvertes me séduisaient encore plus. Lorsque nous furent tous les deux comblés, Daphné me dit à l’oreille : ‘’C’était très bon…viens rentrons tu veux? Tout cela m’a donné faim de toi; on emmène cette fille qui nous regarde?’’. J’avoue que celle-là, je ne l’attendais pas! Comment refuser quelque chose à ma colombe adorée? Alors, nous sommes partis tous les trois à l’hôtel. Je ne vous donne pas de détails; je vous dirai simplement que ce fut merveilleux, pour Daphné et pour moi.

En fait durant tout son séjour, elle ma laissa lui faire tout ce que j’avais imaginé lui faire. Puis, il y eut cette fois au restaurant. Je caressais ses cuisses et son entrejambe sous la table tandis qu’elle me souriait, aguichante et superbe dans ce nouvel abandon. La serveuse semblait même jalouse, ou du moins agacée, de voir nos baisers torrides entre deux services! Le décolleté de sa courte robe couleur émeraude laissait voir presque la moitié de ses seins et comme elle ne portait pas de soutien-gorge, ces derniers pointaient fièrement. Je comprenais ces hommes qui la regardaient la bouche ouverte et ces femmes d’en être jalouses. Lorsqu’elle s’était levée pour aller aux toilettes, je n’avais pu me retenir de la rejoindre. Que de beaux moments d’excitation avons-nous connus!

Chaque instant fut étourdissant, couronné de plaisir et rempli d’amour. Oui, je le savais plus que jamais; j’étais amoureux fou d’elle. J’avais réussi à obtenir quelques semaines de répit tant qu’à mes occupations professionnelles et politiques secrètes. Certes, je devrais bientôt y retourner, mais pour la première fois, je n’en avais pas du tout envie. La seule chose que je désirais plus que tout était de combler Daphné et de lui offrir tous les trésors dont je me savais capable.

La seule joie de me retrouver avec elle me prenait tout mon temps. Bien plus que toutes nos passions charnelles, ce fut également tout un éden de jardins ensoleillés qui nous soudaient l’un à l’autre. C’était le grand amour, l’unique, le seul pour qui j’aurais pu survivre même sans rien d’autre. Elle était ma nourriture, la source à laquelle je me désaltérais, ma vie et mon oasis de repos. Pour elle, je serais parvenu à vivre et à gérer tout le reste de mes occupations, mais sans y renoncer. C’était mon seul désir à présent et je ne voulais pas la quitter pour rien au monde.

Bien entendu, vint le jour où elle dut partir. J’étais déchiré et elle aussi. Nous firent cependant le serment de nous retrouver bientôt. Son départ fut une agonie. Dès mon lever au matin, je traînais déjà avec moi le parfum amer du départ. Daphné était descendue, toute pâle, et s’était jetée dans mes bras en pleurant. ‘’Je ne veux pas partir’’, m’avait-elle dit, ‘’mais il le faut bien.’’. Je sentais son cœur battre contre ma poitrine et le mien avait si mal, que pour quelques instants je crus que j’allais crever dans ses bras. Nous nous étions embrassés avec la tristesse de cette fin venue trop tôt. Bien sûr, nous voulions nous revoir et j’en faisais déjà le projet dans ma tête. Daphné comptait également les jours où elle pourrait se libérer à nouveau pour venir me rejoindre.

Je suis allé la reconduire à l’aéroport le cœur serré. Durant tout le trajet, elle avait tenu ma main si fort que mes doigts étaient devenus blancs et froids! Nous avions même eu le temps de nous arrêter pendant quelques minutes, qui se prolongèrent, car nos deux corps avaient déjà trop faim de l’autre. Étant partis de chez-moi plus tôt que nécessaire, nous avions donc pu jouir une dernière fois de nos baisers brûlants, de nos caresses osées et d’une autre extase. Puis, nous étions repartis à contrecœur, mais bien déterminés à nous revoir le plus tôt possible.

À l’aéroport, ce fut le bruit de la foule, les soucis au comptoir des billets, les bagages à enregistrer et voir à ce que tout se passe bien. Puis, ce fut l’attente de l’annonce de son vol. Ce qui ne fut pas très long car l’avion était à l’heure. Debout l’un contre l’autre, le baiser qui nous unit fut si long, douloureux et passionné, que mes lèvres ont encore le goût des larmes de Daphné sur elles. Fatalement, le moment de la séparation était arrivé. Pourrions-nous nous quitter? Puis, il y avait eu nos lèvres qui se dessoudaient, nos mains qui se séparaient, nos regards plein de chagrin qui s’éloignaient…et déjà le temps de dire au revoir qui était venu. Ensuite, elle s’était évanouie, avalée par le couloir qui la conduisait à son avion.

J’étais demeuré un long moment à regarder le ciel qui me la prenait. L’avion laissait dans son sillage une traînée blanche qui se confondait avec quelques nuages. Je remis mes lunettes de soleil afin que personne ne voit mes yeux rougis. Dehors le soleil brillait, mais je ne sentais même pas sa chaleur sur ma peau. J’avais plutôt froid soudainement; j’avais regagné ma voiture en zigzaguant tel un funambule cherchant son équilibre sur un fil. Assis à l’intérieur, j’avais enlevé mes lunettes noires afin d’essuyer mes yeux remplis d’une fine brume de tristesse, puis j’avais mis la radio afin de remplir ce silence douloureux.

J’avais roulé jusqu’à mon chalet en montagne; comme la maison était vide et froide à présent. Le parfum de Daphné flottait encore dans l’air. J’étais monté à ma chambre; sur l’oreiller, j’avais trouvé un petit mot d’elle qui disait : ‘’Rayan mon chéri; quelques mots seulement pour te dire merci de m’avoir fait découvrir ton paradis. Tu me manques déjà tellement, c’est presqu’insupportable. Je te laisse une de mes tenues de nuit et je prends un de tes maillots. Nous aurons ainsi le parfum de l’autre qui nous aidera lorsque les nuits seront trop longues. Je sais que tu dois partir bientôt pour ton boulot. Pense à moi, ne m’oublie. Moi, je ne le pourrai jamais. Je t’aime Rayan, encore plus fort qu’hier, mais moins que demain. Au revoir et n’aie aucune crainte, car tu as marqué mon cœur et ma peau. Tu seras toujours en moi, comme je serai en toi.’’. J’avais serré cette lettre contre mon cœur en ressentant cette grande chaleur m’envahir lorsque je pense à elle. La nuit venue, j’avais dormi avec sa tenue contre moi, ayant ainsi encore l’odeur de son corps de femme.

Durant les semaines qui suivirent, nous nous écrivîmes tous les jours et même plusieurs fois par jour. Nos messages étaient remplis d’amour et de passion. Daphné me disait combien je lui manquais et que chaque nuit elle me faisait l’amour en rêve. Moi, je lui disais la même chose, de telle sorte que rien n’annonçait que la fin était proche, mais qu’au contraire, tout ne faisait que commencer pour nous.

J’avais retrouvé nos échanges écrits et cela n’était pas pour me déplaire non plus, même si la réalité avait été encore plus magique. Nous savions ainsi alimenter nos feux et abattre tous les murs que la distance physique nous imposait. Cependant, l’éloignement ne comptait pour rien, puisque nous nous retrouvions chaque jour et chaque nuit à nous bercer de cet amour complet dans tous les sens du mot. Elle me manquait tellement que le reste de ces quelques jours de congé qui me restaient furent quasi infernaux! Tellement, que retourner au combat me fut une bénédiction afin de ne plus me torturer le corps et le cœur de son absence.

Eh oui, je suis Rayan Mourad Farah. Alors, impossible pour les miens que je ne puisse un jour reprendre mes activités, tout comme il m’était difficile de concevoir ma vie sans poursuivre mon idéal, ainsi que ma lutte pour la justice et la réussite de mon peuple à sortir de son ombre. Je repris donc ce pour quoi j’étais formé et grandement attendu. Retrouver mon univers, qui devenait étourdissant rien qu’à le regarder tourner, m’aspira très vite dans son tourbillon. Je continuais autant que possible de maintenir une continuelle correspondance avec Daphné, bien que cela devienne parfois très difficile. Heureusement pour moi, elle comprenait, et approuvait même, la teneur et l’étendue de mon travail de guerrier.

Nous continuions de nous écrire régulièrement et nos messages mails demeuraient toujours aussi enchanteurs. Ceci nourrissait nos attentes qui n’étaient qu’espoir, amour et certitude que l’autre demeurait habité de cette belle histoire. Jusqu’à ce jour fatal où je dus partir précipitamment sans même avoir eu le temps de d’écrire un mot à Daphné pour l’en avertir. Cette mission devait me conduire loin de chez-moi. C’était très risqué et me demandait de couper tout contact avec quiconque afin de ne mettre personne en danger.

Je vécus une véritable agonie, mourant à petit feu de ne plus pouvoir la lire, lui dire où j’étais, ni que j’étais bien. Alors, il ne me restait plus qu’à espérer que Daphné tienne bon et qu’elle m’attende. Cependant, les choses s’étaient dégradées et devinrent très vite hors de mon contrôle. Des pantins de l’autre camp trouvèrent où j’étais et le but de ma présence là-bas. Alors, des policiers vendus m’avaient  arrêtés. Je fus jeté en prison et même battu. Ils voulaient que je leur dise des choses qui auraient complètement détruites notre mouvement politique et nos buts louables. Comme je ne disais rien, les policiers m’avaient isolés dans l’attente de mon procès. Ma cellule n’avait pas de fenêtre et je ne prenais jamais l’air; le peu de nourriture était infecte et l’eau contaminée. Je ne buvais donc pas du tout et ne mangeais presque rien. Ce fut une vraie torture. L’homme peut survivre un bon moment sans manger, mais ne pas boire est carrément marcher vers la mort! J’avais évidemment perdu beaucoup de poids.

Lorsqu’enfin on me présenta devant le juge, ce fut pour me dénigrer, me faire passer pour un traître à ma patrie. Leur dossier était solide, mais rempli de fausses preuves, contenant ainsi une foule de documents falsifiés qui me condamnaient et ne me laissaient aucune chance d’affirmer quoi que ce soit de contraire à cette foutue machination diabolique! Je fus condamné à un an de prison, sans plus. Enchaîné tel un assassin, on me mit dans une cellule avec un autre détenu qui était là pour meurtre et vol. Au fil des mois, je dus plusieurs fois défendre ma vie. J’étais traité comme un vrai criminel par les autres détenus et battu pour un rien par les gardes. Des hommes venaient souvent m’interroger en m’accusant de complot contre le système politique en place et ses dirigeants. Mes ennemis avaient montés un dossier de béton contre moi et je me retrouvais seul à défendre mes positions et mes droits.

Seules deux choses me firent tenir bon : l’une fut l’espoir que mes amis et associés viendraient me délivrer et tout remettre à l’ordre pour que je puisse sortir de là. L’autre chose fut le doux souvenir de Daphné. Elle devait sûrement se faire beaucoup de soucis pour moi. Le simple fait de penser qu’elle puisse m’abandonner m’était intenable et cruel. Seulement penser à ne plus la revoir ni la toucher, à ne plus lire ces mots d’amour et ses fiévreux messages me rendait complètement malade. Non, je ne pouvais tout juste pas l’imaginer. Ce serait terrible, me disais-je.

Mes collègues firent tout ce qui était en leur pouvoir afin de me sortir de cette prison qui cachait les mensonges dans ses murs. Hélas, leurs efforts furent vains ainsi que toutes leurs bonnes volontés. Les gens qui m’avaient si bien piégé voulaient me faire payer mes audaces, mon pouvoir à les dénoncer et à lutter contre eux. Je ne fus donc pas libérer avant l’année complète de cet emprisonnement. Je ne pouvais pas écrire à Daphné, car toute correspondance m’était interdite. Je n’avais pas droit aux visites de mes confrères militants non plus. Comment alors lui faire parvenir un simple message pour lui dire que je l’aimais, que je reviendrais et que j’espérais la retrouver dès mon retour? Cela ne me fut pas possible et j’en mourais un peu plus chaque jour.

Daphné…son rire, son éclat, sa façon tendre et sûre d’elle de se donner à moi. Cette manière bien à elle de me regarder droit dans les yeux en penchant la tête sur le côté. Sa folie et son audace qui chaque fois me surprenaient et m’éblouissaient. Son odeur, sa peau, ses cheveux et tout son corps. J’en devenais presque fou; mais je devais tenir bon, pour elle, pour moi et pour mon peuple. Comment vit-on loin de son oxygène, loin de ses racines, loin de son ciel et loin de son paradis? Je n’ai pas lâché non. Même en prison, je demeurais le dos droit et fier de ne pas m’être vendu à des animaux à figure d’hommes. Je suis demeuré debout, tout en sachant que même si elle avait mal de moi, elle m’aimait toujours. Je ne pouvais qu’espérer qu’elle n’aie pas bougée durant ces longs mois de silence et de froid.

Enfin, les douze mois d’emprisonnement se terminèrent. On me laissa partir chez-moi, mais chaque sortie et chaque mouvement de ma part étaient épiés. On me surveillait, quoi que je fasse ou quoi que je dise. Je dus pendant quelque temps me cacher au fond de ma forêt sans téléphone ni Internet, donc avec aucun moyen de communiquer de quelque façon avec Daphné.

Lorsqu’enfin je pus trouver un instant de répit et me permettre de tenter une communication avec ma colombe, celle-ci n’était plus là. Le jardin secret de nos amours et de nos passions était fermé, de même que son abonnement à ce site où nous nous étions connus. Ce fut comme si un couteau m’avait transpercé le cœur. Je crois que même en prison, sous les coups des gardiens et avec les menaces des autres détenus, rien ne m’avait fait plus de mal. Je répétais son prénom telle une complainte funeste. Je ne pouvais plus respirer, blessé et meurtri. Je serrais contre moi son vêtement laissé par elle et je me noyais dans des larmes amères, moi qui n’avais jamais pleuré, sauf au décès de ma mère.

Vous savez, maintenant je la comprends. Plus d’un an sans aucune nouvelle, c’est long lorsqu’on aime et qu’on ne peut plus parler ni toucher à l’être chéri. Oui, je sais qu’elle m’a longuement attendu; comment je le sais? Parce qu’elle était aussi cette partie de moi qui ne pouvait lâcher. Elle fut mon tout, mon rêve, mon désir le plus fou, l’extase incomparable de mes nuits et la plénitude de mes jours. Elle m’appelait souvent son aigle royal et moi je l’appelais ma colombe. Une colombe, c’est fragile parfois, doux et paisible. Alors qu’un aigle, c’est fort et ça vole haut. Je suis un aigle royal, alors j’aurais dû pouvoir la protéger de tout, même de moi. Cependant, Daphné savait qui j’étais, mais elle approuvait tout de moi, me soutenant et m’encourageant toujours. Alors, je sais qu’elle n’est pas partie tout de  suite, qu’elle m’a attendue longtemps. Elle a peut-être fini par croire que j’étais mort, cela aurait été très possible et elle le savait.

Désormais, je vis avec ce mal, puisqu’elle n’est plus là par ma faute et aussi parce que cela fut hors de mon contrôle. Qui sait où elle est maintenant? Peut-être plane-t-elle sous un autre ciel? Peut-être est-elle heureuse avec un autre? Je le lui souhaite ce bonheur; je suis seulement reconnaissant d’avoir eu la chance de vivre notre histoire d’amour pour un temps.

Cette vie, ou plutôt cette existence, que je mène, est faite ainsi. Je pars et je reviens, même si mes départs me laissent à chaque fois un peu plus vide d’elle. Je n’oublie rien de nous deux, je porte en moi le doux passage de cet oiseau blanc qui chaque nuit vole jusqu’à moi et m’accompagne. Je ne sais plus me réchauffer ni comment danser, je vous l’ai dit, mais une chose est certaine pour moi : je l’aimais, je l’aime et je l’aimerai, comme chantait Cabrel. Même si peut-être je ne la reverrai jamais. Toutefois, qui sait ce que cache ce nuage blanc? Un jour ou l’autre, tout peut également arriver.

Je suis assis seul sur cette plage; lentement, je me lève pour reprendre le sentier qui mène à la route. Demain, je commence un autre volet de mon combat. À l’aube, je serai déjà loin, n’emportant avec moi que mes valises et mes souvenirs. Je suis Rayan Mourad Farah, un aigle royal qui aime plus que jamais sa colombe et qui prie le ciel afin qu’il puisse la revoir un jour.

‘’Le souvenir a des phrases muettes et quelques fois le soir elles se taisent pour moi...pareils à des mouchoirs palpitent dans ma tête les morceaux d'un rêve d'autrefois. Mon avenir au cadran de ma montre écrit ses lettres d'or qui me volent mes joies...je ne vis plus dehors et ceux que je rencontre me demandent un peu plus chaque fois.’’.

DA Lavoie. :)

Donaldo75

  • Invité
Re : LE SOUVENIR DE RAYAN
« Réponse #1 le: 16 Décembre 2014 à 13:13:11 »
Salut DA Lavoie,

Pour un premier texte au Monde de l'Écriture tu as envoyé un long récit.

Je ne suis pas un fan des relevés de fautes mais je pense que d'autres le feront car il y en a quelques unes faciles à corriger.

Concernant la narration, c'est certaines fois très érotique, laissant à penser que leur amour est charnel, d'autres fois plus romantique presque poétique. Cependant, les scènes sexuelles sont plus nombreuses et plus exposées ce qui oriente l'histoire entre les deux amants.

La fin est prévisible car tu l'annonces au début. Toutefois, je pense qu'ici certains lecteurs vont te reprocher de ne pas avoir assez présenté Rayan. Il est vrai que vue la longueur du récit, tu aurais pu expliquer pourquoi il se fait embastiller, de façon à mieux comprendre ses activités même si elles sont secrètes.

Mon sentiment à la lecture de cette nouvelle c'est que tu rentres bien dans les sentiments extrêmes comme la passion. Du coup, c'est ce qui domine dans l'histoire, au détriment des personnages, même de Daphné.

Mais j'ai bien aimé, alors...

A  bientôt,

Donald

DA Lavoie

  • Invité
Re : LE SOUVENIR DE RAYAN
« Réponse #2 le: 16 Décembre 2014 à 23:49:00 »
Salut Donald...en effet, c'est un long texte pour le premier...je l'ai réaliser après coup...mais bon, je publierai moins long la prochaine fois!

Je te remercie pour tes critiques honnêtes et constructives. En fait, si je n'ai pas parlé plus en détail de Rayan en tant qu'homme, je le présente ici sous un jour plus côté amoureux, lui qui ne se l'était jamais permis. Même chose pour Daphné. Le noeud de cette histoire se déroule autour de leur grande passion que le lecteur devine! Merci de ton commentaire, à la prochaine.

DA Lavoie. :)

 


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