Premier texte posté ici, il faut bien s'y mettre un jour...
Nous étions deux enfants. Deux adolescents. Deux innocents rêveurs persuadés de pouvoir affronter tous les obstacles du monde pourvu que nous soyons heureux. Nous n’avions que quinze ans lors de notre première « rencontre ». J’ajoute des guillemets à ce mot car ce terme me parait un peu exagéré. Tu étais chez toi, dans ce village où tout le monde connait tout le monde depuis la naissance. Tu poursuivais ta vie d’habitudes sans te soucier de grand-chose. Moi, j’étais là pour les deux plus beaux mois de l’année. L’été. J’étais chez toi, dans ce village où tout le monde me connaissait depuis ma naissance et où je retrouvais ma place chaque été. Je poursuivais ma vie d’habitudes vacancières sans me soucier de grand-chose. Nous vivions donc des moments similaires chacun de notre côté, à quelques maison l’un de l’autre. Et ce village si petit où tous les jeunes passent leur temps ensemble… J’avais mes amies et tu avais les tiens, mais bien entendu les adolescents sont faits pour vivre en communauté et nous en sommes venus à nous fréquenter. Encore une fois un terme bien ambigu, c’était une simple fréquentation amicale et pas une fréquentation qu’on peut imaginer amoureuse, palpitante… Alors pourquoi je garde ce souvenir en tête depuis maintenant cinq ans ?
Ce souvenir de toi, allongé sur une table dans un parc, les yeux clos, le soleil qui venait chauffer ta peau. Cette image gravée dans ma mémoire est un flash, une pulsion fantôme. J’avais tellement eu envie de tes lèvres à ce moment précis ; c’était un sentiment violent, une folie qui a bien failli me dévorer. Heureusement pour moi, j’avais reçu une éducation correcte et mes parents m’avaient transmis ce que l’usage appelle les bonnes manières. Et un peu de raison aussi. Alors je me suis détournée à contrecœur, presque jalouse de ce vent qui avait le droit d’effleurer tes boucles châtains sans même qu’il ait à se sentir coupable alors que de mon côté mes pensées me paraissaient criminelles tant on m’avait bien apprivoisée. Du moins c’est ce que je pensais. Ce que j’ignorais c’est mon cœur était d’ores et déjà pris dans un échéancier.