Salut tout le monde !
J'avais pas répondu désolé

. Du coup c'est parti !
@Loïca bataille s'approche, tel un cyclone rouge et tumultueux, telle une bête affamée qui n'attend que de se repaître des charognes qu'elle vient de sentir. Tout là-haut, les corbeaux tournent, déployant leurs ailes sinistres sur le bleu du ciel et leurs ombres noires sur la glace blanche. La mer est lisse et pâle, les seuls flots attendus sont ceux du sang qui s'apprête à couler. La bataille s'approche, et moi, je vais être au cœur de la tempête.
Ce qu'il y a après le premier "la bataile s'approche", je le trouve un peu artificiel, forcé. La reprise pour la dernière phrase par contre est top.
Quelqu'un d'autre (Ernya je crois ?) a fait la remarque, et je suis assez d'accord en fait. Je sais plus pourquoi je l'ai pas corrigé (probablement parce que je m'y suis pris au dernier moment et que depuis quelque temps, je fais tout comme un manche à balai

). Je pense que je vais tout simplement virer la partie après le cyclone rouge, ça allègera la phrase.
Je ne sens plus rien, ni le froid mordant du vent qui rugit entre les montagnes, ni la douleur aiguë des entailles que je collectionne. Tout ça se réveillera plus tard, quand la rage des combats se calmera, que la fureur qui m'anime s'envolera enfin, laissant le champ libre aux pensées noires, aux regrets éternels, à l'envie. A la jalousie. Jalousie pour mes sœurs, celles qui sont encore à la ferme à se balader sur les toits troués. Jalousie pour mes frères d'armes, ceux qui ne pensent qu'à la victoire et pas au sang qui coule entre leurs doigts. Jalousie pour mes ennemis qui brûlent dans leurs drakkars et que les valkyries viendront chercher tôt ou tard. Tous des ignorants, qui n'ont plus conscience du monde qui les entoure. Mais pour l'instant je suis encore l'un d'eux. Tailler, trancher, couper, frapper, tomber.
J'aime beaucoup, sauf peut-être la dernière phrase.
Ah ! c'est curieux j'ai eu d'autres échos sur cette dernière phrase justement, et moi je l'aime bien aussi. J'aime bien son rythme en fait, et comment "tomber" vient rappeler "tailler" mais pas dans le même registre... Enfin je sais pas si je suis clair. Si j'ai d'autres remarques dessus, je verrai si je peux corriger.
Très beau texte.
Je ne suis pas complètement fan parce que l'aspect très introspectif m'a gêné ; je pense que la narration est sur ce point encore très perfectible.
Mais cette fin !
Du coup, j'ai eu pas mal de remarques sur ce côté introspectif. En fait, je sais pas trop ce qui coince, si c'est que le texte est trop court pour que le personnage puisse vraiment se développer ou si je ne suis pas assez dans sa tête - dans le sens où ma narration essaye d'être introspective sans lui prêter suffisamment une voix qui lui serait propre... Je sais pas. J'essayerai d'autres choses, sur d'autres textes, et on verra bien si ça fonctionne !
Je suis très content qu'il t'ait plus en tout cas, et en particulier la fin !
@VivianeLa glace est l'écorce des rivières
et le toit des vagues
et la tombe des mourants.
~Poème runique~
C'est chouette 
C'est de toi ?
Nope ! C'est un poème runique ; c'est à dire que chacune des vingt quatre runes du futhark (et celles du futhorc aussi, l'alphabet runique anglo-saxon) possède un poème qui lui est associé (bon, en fait trois : un en norrois, un en vieux norvégien et un en vieil anglais) pour, heu, l'expliquer. Les runes sont des lettres, mais aussi des mots et des concepts à part entière. En l’occurrence, la rune Isa (utilisée pour noter le son I) signifie
la glace (on le retrouve dans le mot is en scandinave et ice en anglais). C'était, entre autre, un moyen mnémotechnique pour se souvenir des lettres du futhark : la rune est la première lettre du concept. C'est comme si on récitait l'alphabet en disant "Animal, Bétail, Cascade, Dorade, Epuisette, Fougère..." avec des concepts un peu plus primordiaux que ça quand même.
Et donc, pour en revenir à la question de base, c'est le poème runique vieux norrois (on pourrait dire islandais, puisque c'est à peu de choses près la même langue) traduit en français. J'ai seulement modifié le dernier ver par rapport à la "traduction officielle" en prenant une interprétation plus, heu, large

et mieux adaptée à mon texte (et qui sonne mieux, aussi). Pour information, voici le poème en norrois et sa traduction légitime :
"ᛁ Íss er árbörkr
ok unnar þak
ok feigra manna fár.
glacies jöfurr"
(Note : on a re-noté "Iss" derrière la rune, mais en réalité, elle se suffit à elle même dans ces poèmes normalement
Note 2 : dans les poèmes en norrois en particulier, on termine par un terme en latin et un terme en norrois qui ne sont pas répétés dans les traductions - bon, mes recherches sont limités, mais j'imagine que c'est une traduction latine du concept puis... je sais pas

J'ai essayer de trouver quelqu'un qui l'explique mais je suis tombé sur rien. Après, encore une fois, j'ai pas suffisamment poussé les recherches là dessus)
"La glace est l’écorce des rivières
et le toit des vagues
et la destruction des maudits."
Bref, pardon pour la longue digression

J'apprendrai à être sculpteur ou dresseur de dauphins,
y'a des dauphins chez les vikings
????
Ouaip

Les vikings sont des navigateurs, donc ils connaissent bien les dauphins. Et puis les dauphins (et les baleines) remontent la mer du Nord jusqu'aux côtes norvégiennes. Je crois pas qu'il y en ait dans la mer baltique, par contre. Mais les fjords sont presque tous en mer du Nord. Y'a même des scandales, régulièrement, sur les massacres de dauphins près des îles Féroé ou de la Norvège.
J'ai bien aimé, l'idée est sympa. C'est pas un texte mémorable, mais il fait son boulot 
Merci pour cette lecture... heuh... rafraîchissante ? 
Héhé, merci à toi et content que le texte t'ait plu !
2- J'avais vu passer un AT qui parlait de glace, du coup je voulais faire un texte dessus, ça m'a semblé la bonne occasion.
sur le coup, tu l'as présenté ou pas ? 
Oui, du coup je l'ai corrigé à l'arrache

et je l'ai envoyé à la dernière minute (littéralement, je crois même qu'il était l'heure pile de la deadline). J'attends toujours les retours (mais je me fais pas trop d'illusions).
@Lucie M.
La mer est lisse et pâle, les seuls flots attendus sont ceux du sang qui s'apprête à couler. La bataille s'approche, et moi, je vais être au cœur de la tempête.
Je n'ai pas demandé à être là. Je voulais rester à la ferme, avec ma mère et mes sœurs. M'occuper des animaux, semer le grain, couper le bois du feu et réparer la grange,
un saut de paragraphe et voilà que la peur me saisit...vais poursuivre...
Une remarque ici, parce qu'il me semble important de resituer le propos pour ne pas me faire accuser trop rapidement de sexisme

D'une part, mon texte s'ancre dans une réalité historique que je ne vais pas non plus m'amuser à modifier : à cette époque et dans la culture norroise, traditionnellement la femme s'occupe des terres tandis que l'homme part en mer. Ceci est une généralité, ça ne se passe pas systématiquement comme ça : il y a des femmes guerrières et des hommes (nombreux) qui restent à s'occuper des champs, c'est un choix (disons, plus ou moins, ça dépend aussi un peu de ta condition sociale, quand même). Sauf que dans le cas de mon personnage, fils de jarl, le choix ne lui est pas offert puisqu'il doit rapporter la gloire à sa famille : c'est de ça qu'il se lamente.
Autre chose, la position de la femme n'envie pas grand chose à celle des hommes : en tant que maîtresse de la terre, elle a tout pouvoir sur sa gestion et si elle ne peut pas jeter l'homme directement dehors (encore que), si jamais elle décide de divorcer ou simplement de partir, elle brise complètement la réputation de son (ancien) mari. Les femmes et leurs sont respectés autant que les hommes, voire plus suivant la situation.
Il y en a, des filles, avec nous. Elles ont choisi de venir, elles. Elles ont eu ce droit.
J'apprends qu'il y avait des femmes sur les Drakkars. (des guerrières? ou pour le réconfort des hommes après l'effort?)
Et donc, les femmes dont je parle ici sont des guerrières.
Ils auront leur part de morts et de butin, mais ce n'est rien en comparaison des cadavres qui s'amoncellent peu à peu autour de moi.
Je ne sens plus rien, ni le froid mordant du vent qui rugit entre les montagnes, ni la douleur aiguë des entailles que je collectionne.
J'aurais sauté une ligne entre ces deux paragraphes: cela aurait mis en exergue le 'je ne sens plus rien'
Tous des ignorants, qui n'ont plus conscience du monde qui les entoure. Mais pour l'instant je suis encore l'un d'eux. Tailler, trancher, couper, frapper, tomber.
Tomber ?
Ça c'est nouveau. Je me sens glisser, soudain.
Ah, bah, là, j'aurais éviter de sauter une ligne entre ces deux paragraphes
Hum, j'ai choisi ce découpage pour marquer trois parties dans mon texte : le calme avant la tempête, la bataille et la chute. En gros, je ne cherche pas vraiment à mettre en exergue qu'il ne sent plus rien : je veux plutôt le montrer comme un lent retrait en lui même - ce en quoi je ne réussis peut-être pas, et c'est ce qui te fait bloquer. Par contre, à l'inverse pour le "tomber", je veux vraiment qu'il marque cette réflexion, que ça le sorte de sa léthargie, que ça le choque ; et donc, je le trouve mieux mis en valeur en débutant une troisième partie. Mais bon, ça ne marche peut-être que pour moi : si j'ai d'autres remarques à ce sujet, je trouverai une autre manière de faire.
Ici je pourrai être une fille. Personne ne me dira non. Personne ne verra mes larmes dans l'eau. Je me sens déjà presque comme chez moi.
euh, un homme a aussi le droit de pleurer (et d'assumer sa part de féminité)
Bien sûr, et je suis le premier à l'affirmer - c'est d'ailleurs le propos de mon texte, un personnage qui ne veut pas être un homme tel que défini dans les critères de sa société, mais qui voudrait pouvoir faire des trucs réservés traditionnellement aux filles sans passer pour, ben, un "raté" aux yeux des autres. Parce qu'en vrai, les trucs de filles et les trucs de garçons, ça n'existe pas (la preuve, c'est que je peux porter une jupe

). Mais les gens pensent que si, et ça nous étouffe. Comme lui, sur son bateau, qui est obligé de se retirer au fond de lui-même à chaque fois qu'il doit agir comme un garçon (et qui est dans un milieu si rude qu'il ne s'en détache enfin qu'au moment de mourir, là où plus personne ne le juge).
(Ouh, je suis en forme ce soir, je parle beaucoup trop

)
Bon, je suis parvenue à la fin de ton texte qui se lit très bien. Ton style est posé et j'ai, quand même, entendu la rage des guerriers.
Merci
Merci à toi pour ta lecture et tes remarques !