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Auteur Sujet: Freddy Noël  (Lu 1482 fois)

Hors ligne vinksdarkso

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Freddy Noël
« le: 15 Octobre 2014 à 08:57:14 »
 
Freddy Noël


À tous ces Freddy, qui se caillent le cul pour pas un rond.




Je crois que je ne comprendrais jamais comment cette escroquerie de masse a pu devenir ce qu’elle est aujourd'hui, et être ainsi acceptée de tous. Ce n’est rien d’autre pour moi qu’une gigantesque mascarade, un simulacre de bons sentiments qui consiste à faire l’étalage des attentions les plus niaises et nauséabondes qui soient, le tout dans une ambiance d’hypocrisie généralisée. Un grand bal de faux culs, transposé à échelle planétaire. Et le pire dans tout ça, c’est que chaque année, ça recommence...

J'aurai pu en dire autant de la Saint-Valentin, des jeux de grattage ou tout autre entreprise ayant pour objectif de vendre un peu de rêve à la populace, en manipulant allègrement votre aspiration au bonheur. En échange d'une poignée de biftons fraternels, vous pourrez ainsi engraisser un peu plus le modèle glouton d'une economie devenue boulimique. J'aurai pu evoquer tout ça, en effet, mais comme vous l'avez sans doute deviné, c’est bien de Noël dont j'avais envie de parler presentemment, et pour cause, je dois dire que cette sauterie a toujours tenue une place toute particulière dans mon petit cœur aigri et étriqué.

J'ai entendu dire il y a peu, ce qui semble être une légende urbaine à ce sujet. Un type quelconque, dans un bar non moins quelconque du centre-ville, soutenait dur comme fer que c’était Coca-Cola qui était à l’origine de la représentation actuelle qu’on se fait du père noël. Selon ses dires, la firme avait totalement instrumentalisé le personnage de Saint Nicolas dans les années d’après-guerre, afin de relancer les ventes de la célèbre boisson petillante à la contenance douteuse. Pour ce faire, elle l'avait travestit afin de convenir au code couleur de la marque, qui, faut-il le rappeler, est le rouge et le blanc. D'après ce type, c'est comme ça qu'on aurait transformer cette icône du catholicisme en un espèce de papy bedonnant aux joues rougies par le pinard, drapé d’une robe de chambre rouge à froufrous blancs, le tout saucissonné par une large ceinture de cuir noir à faire pâlir n’importe quel adepte du sadomasochisme. Enfin, et pour ne rien arranger à un dossier déjà bien lourd, ce lubrique personnage était également un fervent adepte de marmaille, qu’il appâtait à grands coups de sucres d'orge turgescents et translucides, ou en leur tendant des cadeaux sous le nez, soigneusement emballés dans du papier kraft comme on emballerait le cadavre chétif d'un enfant un soir de pleine lune. Okay, il est possible que j’extrapole un petit peu sur ce coup là...

Il faut quand même avouer qu’en d’autres circonstances, ce serait exactement le genre d’as de la braguette qu’on pourrait voir placardé sur un mur de la brigade des mœurs, avec écrit en grosses lettres sous son portrait: « Interdiction formelle de résider à moins de trente kilomètres d’un établissement scolaire ou d’une crèche». Et pourtant, il se trouve que tout le monde l’adore ! On invite même nos gosses à aller faire dada sur son bidet. Allez comprendre…

En ce qui me concerne, que cette rumeur soit véridique ou non ne changerait pas d’un iota l’opinion que j’ai de lui, parce qu’en vérité, je n’ai jamais pu sentir ce gars-là ! Et je ne parle même pas de toute cette mythologie ridicule qu'on a façonné autour de lui.

Les fêtes sont une période un peu difficile à vivre pour moi. J'en suis même arrivé à un point où c’est presque devenu une obsession, un rituel. Chaque année à la veille des hostilités, je me lève aux aurores et je m’installe ici, devant le grand supermarché de Villefranche-de-Lauragais, petit bled minable perdu au fin fond de la campagne garonnaise, autant dire nulle part. Je me pose toujours au même endroit, prêt du lampadaire qui fait face à la devanture du magasin. D’ici, j’ai une vue imprenable sur les caisses, et il y a un banc vert pomme sur lequel je peux poser mon cul, et m’en griller une peinard en profitant du spectacle.

Pourquoi je fais ça ? Simplement pour écouter le son clinquant des caddies qui s’entrechoquent, savourer les couinements porcins de ses sales chiards capricieux pendus aux bras de leurs mères, qui s’époumonent et se trémoussent pour obtenir je ne sais quel Kinder surprise ou autre bonbon nique-dents. Ce sont exactement les mêmes pisseux qui chialeront dans la salle d’attente du dentiste quand il faudra leurs arracher une dent cariée. Si je suis là, c’est aussi pour admirer cette expression de désespoir si particulière, sublime béatitude se dessinant sur le visage de ces pauvres mères dépitées par une trop longue file d’attente, ou par l’attitude dédaigneuse de leurs progénitures ingrates. Je suis sûr que dans ces moments-là, certaines d’entre elles regrette sincèrement de ne pas avoir opté pour une stérilisation simple et efficace, visant à ligaturer leurs trompes de salopes. Pardon, ma plume a fourché, je voulais évidemment dire Fallope. Je sais bien que cela peut surprendre au premier abord,  mais oui,  j’aime réellement ça. Pour moi, c’est un peu comme assister à une pièce de théâtre à ciel ouvert, où se jouerait chaque jour une bien étrange comédie musicale, subtil mélange d’absurde et de tragédie à la grecque. Un foutoir total où le caddie aurait remplacé le rocher de Sisyphe* et où Lidl serait l’immense montagne du Tartare Charale ! Voilà là tout le drame de ce vingt et unième siècle mes amis.

Pour être totalement honnête, je dois avouer qu’il y a une autre raison qui me pousse à rester planter là. Une motivation somme toute assez courante, qui me rapproche un peu plus du commun des mortels. Comme tout le monde, en ce jour béni de pondaison divine, j’attends quelqu’un. Quelqu’un qui malheureusement, ne viendra pas.

Ce n'est pas très grave en vérité, car j'ai de quoi me divertir avec cette ribambelle de partouzeurs compulsifs aux bourses bien garnies,  qui attendent parfois des heures l'ouverture de ce grand bordel. Faut bien se vider les poches, cogner dans le P.E.L, cracher un peu de liquide ! Ils me font pitié...

On dirait ces zombies patibulaires que l’on voit dans les vieux films de Romero*, ou les morts-vivants continue malgré leurs conditions plus que précaire, à pousser leurs chariots dans des supermarchés vide. Je suppose que comme tous ces cadavres mal maquillés, ce sont toutes ces lumières qui les attirent, ou peut-être est-ce l’odeur du gras, du sucré, du sapin. Qui sait…

J’allais presque oublier l’essentiel: les jouets ! Tous ces jolis petits gadgets, aussi clinquants qu'inutiles, venus de contrées où les enfants ont la chance d’avoir du travail à durée très, très indéterminé, contrairement à une bonne partie des adultes d’occidents qui eux, ne sont plus vraiment déterminés à chercher du travail. Contrées merveilleuses, où il n’y a de place ni pour les rires, ni pour les pleurs, ni pour les caprices. Ça doit être apaisant une usine taïwanaise, un soir de réveillon…

Tiens, revoilà  l’autre qui martèle sa propagande habituelle dans ces haut-parleurs de merde. Impossible d’y échapper, il est partout ! Il affiche son affreuse gueule de con sur tous les panneaux publicitaires de la ville, imprime son sourire goguenard dans nos écrans télés, posant sa grosse voix jusque dans nos postes de radio : Oh, oh, oh ! Ah ça oui, tu peux te marrer vieil enfoiré ! Après tout, t’as réussi ton coup. T'es parvenu à t’ériger en petit père du peuple, imposer ta dictature du sourire et de l’allégresse. La lutte final a bien eu lieu, et c’est le régime de l’idiocratie participative qui à gagné ! Ouais, vive le monde libre, et vive le vent d’hiver. Tout les ans la même rengaine…

Suis-je vraiment le seul à ne pas avoir digéré la pilule ? C’est vrai quoi, après tout, on s’est tous plus ou moins fait entuber par ce papy cadeaux. Alors pourquoi on perpétue encore cette tradition stupide de haute trahison parentale? Certains diront que c’est « la magie de Noël », moi, j’appelle ça plus simplement de la folie collective ! Rien d’autre qu’un mensonge universel qui se perpétue de génération en génération, seulement légitimé par cette illusion qui consiste à croire qu’on vous donnera quelque chose dans la vie sans rien vous prendre en retour. Réveillez-vous les enfants, parce qu’on vous prend vraiment pour les dindons de la farce !

J’imagine qu’après tout ça, vous vous demanderez surement comment un jeune homme normalement constitué, sans problème financier particulier, manque affectif notable,  maladie mentale ou autres handicap socialement invalidant peut nourrir tant de haine envers Noël?

Et bien ouvrez grand vos n'oreilles les n’enfants, et laissez-moi donc vous conter la seule, l’unique et véritable histoire de Freddy Noël !

Tout débute un soir de décembre, 96. Je n'étais alors qu'un chérubin, et je ne le savais pas encore, mais j'allais faire une rencontre qui allait bouleverser le restant de mon existence (rien trouvé de plus cliché comme phrase d'accroche, si ça vous pose un problème vous pouvez vous barrer dès maintenant). J'avais sept ans, et déjà une petite tête blonde bien remplie, mais personne ne savait vraiment de quoi. La vérité, c’est que j’étais souvent à l’ouest, et même carrément égaré de manière générale, mais plus particulièrement ce jour-là, dans ce fameux supermarché hard discount de Villefranche de Lauragais. Non pas que je fusse totalement idiot ou dénué de tout sens de l’orientation, mais je dois précisé à ma décharge que sur ce coup-là, la faute revenait en grande partie à mes chers géniteurs.
 
Mon père, ma mère, étaient pris dans un choix draconien qui opposait à ma droite, cette magnifique cagette d’huitres calibre cinq en provenance du bassin d’Arcachon, et à ma gauche, un authentique bloc de foie gras du Gers de 250 gramme, labellisé A.O.C. Et le tout pour quelle somme Monique ?  8€99, vous êtes bien sûr ? C'est incroyable mesdames et messieurs, 8€99 seulement! A ce prix là, autant dire c'est donné !

Le choix du repas de réveillon était d'une importance capitale pour mes parents, car il était censé symboliser la pérennité de leurs relations sociales, amicales, et familiales durant l’année à venir. Par conséquent, ils en étaient arrivé à en oublier jusqu’à l’existence même de leur précieux rejeton.

Je me rappel qu'ils s’étaient lancé dans un vif débat, examinant les qualités nutritives que ce bout de canard baignant dans la graisse pouvait leur apporter, comparé au bénéfice gustatif que procuraient ces morceaux de morve informe servie dans leurs coquilles. Ma mère tenait fermement le caddy, mon père lui, s’occupait de la liste de courses, et tous deux marchaient dans la même direction, à vive allure. Moi, du haut de mes sept ans, je tentais au mieux de leur emboîter le pas. Mais le fait est que toute cette agitation me faisait tituber entre les rayons comme un vieil homme saoul qui tente de retrouver le chemin de chez lui après un Barathon d’anthologie.

Les gens couraient dans tous les sens, et j’étais réellement saoulé par toutes ces pancartes promotionnelles et ces cliquetis incessants de caddies en surrégimes, sans parler des slogans publicitaires hurlés par tous les hauts parleurs du magasin. Il y avait aussi toutes ces marques qui imprimaient sur ma rétine leurs lettres éblouissantes de couleurs. C'était un véritable spectacle son et lumière, je pense que les types qui ont inventé tout ça devaient surement être sacrément perché. C’était un peu comme si une multitudes de petites fées maléfiques voulaient me dévorer l’intérieur du crâne, en passant directement par mes globes oculaires. J’apprendrai plus tard que pour ne rien arranger, je souffrais d’hypermétropie, et que le port de lunettes m’était nécessaire pour éviter ce genre de migraines ophtalmiques.

Je décidais donc de m’arrêter un court instant, histoire de me reposer de toute cette agitation. C’est à cet instant précis qu’un paquet posé bien en évidence (étrangement à hauteur exacte d’un enfant d’âge moyen) absorba toute mon attention…

Il s’agissait d’une banale boite de corn flakes, sur laquelle étaient figuré un immense lapin marron grossièrement esquissé, un peu à la manière de ces dessins animés japonais au pouvoir épileptique que je regardais le mercredi après-midi après l’école, et qui me flinguait aussi pas mal les yeux, en passant. Tout chez ce lapin paraissait grotesque et caricatural : ces grands yeux vitreux, son sourire plein de dents, ses joues charnues et ses immenses oreilles. Ce foutu lapin était l’incarnation même du mauvais gout.
 
Il tendait vers moi un bol remplit à ras bord de corn flakes, et de ce bol jaillissait une espèce de geyser de lait, plus épais et brillant que de la semence masculine. Au milieu de cet écœurant breuvage, flottait une multitude de petites crottes en chocolat amoncelées les unes aux autres à la manière d'une pyramide d'excréments. Pourtant, malgré tout cela, le maléfique rongeur souriait de toutes ses grandes dents, et me faisait un signe du pouce comme pour me dire : « Hey, tu vois comme c’est génial ce que je mange !».

Bien entendu, ce n’est pas le genre métaphore qui m’aurait traversé l’esprit à l’époque, mes attributs  n’ayant pas encore atteint la maturité nécessaire à la production intellectuelle et séminale d’une métaphore aussi poisseuse que brillante… Cependant, je crois que pour le jouet qu’il mettait à l’intérieur du paquet, j’étais prêt à avaler à peu près n’importe quoi !

Pour en revenir au lapin, je dois dire qu’il a toujours éveillé en moi ces mêmes interrogations : pourquoi diable choisir un tel animal comme mascotte, alors que les petites boules de riz soufflées au chocolat ressemblent précisément à de la merde de rongeur? Même couleur, même forme, même calibrage, texture  semblable (pour peu qu’on les laisse un peu sécher au soleil). Étais-ce un choix délibéré pris par des hauts responsables, lors d’un brainstorming ? Un moyen d'un peu se pignoler à la machine à café, entres collègues , en imaginant la tronche des gosses qui allait devoir avaler ça. Ou peut-être était-ce un malencontreux hasard, un fait totalement inintentionnel ? Honnêtement, j’ai du mal à y croire…

J’avais remarqué autre chose d’étrange concernant tout ceci, c’est que l’aspect de la nourriture sur l’emballage était souvent moins « grandiloquente » une fois versé dans mon bol en plastique du matin. J'apprendrais plus tard que c'est ce qu'on appelle une "suggestion de présentation". Vous allez me dire que tout cela n’est pas vraiment la faute du père Noël, et vous avez probablement raison. Quoique, allez savoir tous les secrets qui se cachent dans la hotte de ce vieux vicelard...

C’est surement après avoir eu ce genre de considérations hautement métaphysiques, et après être enfin parvenu à détacher mon regard du captivant petit animal, que je pris conscience de m’être encore une fois perdue. Durant ce court laps de temps de réflexion intense, mes parents avaient totalement disparu de mon champ de vision, et je compris .rapidement qu’il me faudrait tenter quelque chose pour me sortir de ce faux pas.

Un peu paniqué par la situation dans laquelle je me trouvais, je me mis à chercher dans toutes les directions un quelconque indice de leur présence, en vain. Une sensation d'angoisse s'emparait lentement de moi, et tout commençait à se mouvoir autour de moi comme dans un manège désenchanté.

Je ne trouvai refuge que dans l’axe exact de ma position, vers le stand de charcuterie du supermarché. Il y avait là une bonne demi-douzaine de grands-mères qui piaillaient. Elles étaient toute agglutiné autour d’un étalage de morceaux de viande en promotion, des animaux qui eux, n’avait pas eu la chance d’avoir l’espérance de vie prolongée dont disposent les vieilles dindes de nos pays industrialisés, et qui étaient par conséquents emballés sous cellophane. Un homme se tenait face à elles, micro en main, et vantait les mérites des produits qu’il brandissait devant les visages subjugués des vieilles dames. Au milieu de cet amas de choucroute garnie et de tripaille rose, une tunique rouge vif attira plus particulièrement mon attention. Et même si je mis un petit moment avant de reconnaître formellement la personne qui se trouvait à l’intérieur, je compris rapidement à qui j'avais a faire. C'était bien lui, le seul, l’Unique et véritable Père Noël !

Visiblement agacé par toute cette agitation, le grand barbue vêtu de rouge faisait des signes en directions des octogénaires impotentes, afin qu’elles s’écartent de son passage et qu’il puisse ainsi s’extirper du petit attroupement moutonneux. La petite foule se dispersa, et le voilà qui marchait à présent dans ma direction. Totalement ébahit, je le regardais sans bouger. D’ailleurs, c’est comme si tout semblait  enfin s’être figé autour de moi.

Moi qui étais persuadé que maman m’avait menti, qui avait tant de fois remis sa parole en doute, le voilà  qui se tenait là, en chair et en os, à quelque mètres devant moi. Une preuve de plus s'il en fallait une, qu’il faut toujours écouter ce que disent nos parents, même quand cela parait totalement con.

Le grand barbu passa sous mon nez sans même poser un regard sur moi. Il avait fière allure dans son costume rouge, et seules ses vielles tennis bon marchées, souillées de boue et trouées par endroit, me semblèrent quelque peu suspectes. Malgré tout, je compris instantanément qu’il serait l’homme de la situation. Si ce type était capable (comme l’affirmait ma mère) de desservir six milliards d’individus en une seule nuit, à l’aide d’un char magique tiré par une ribambelle de rennes volants, alors retrouver mes parents dans un supermarché ne devait pas être une tâche bien  difficile pour lui.  Je me mis donc à le suivre discrètement, slalomant habilement entre les caddies et les grandes jambes des adultes, qui manquaient parfois de me balayer comme une vulgaire canette sur le trottoir.

Je crus perdre sa trace par moment, mais sa tunique rouge finissait toujours par percer la masse désordonnée et opaque des jambes, caddies et autres paniers en mouvement. Au bout d’un certain temps, l’homme passa devant un bandeau vert sur lequel était inscrit en lettre blanche : caisse fermée. Il le décrocha, sans prendre soin de le refermer derrière lui, et continua sa marche vers la sortie du magasin. Je passais la caisse sans trop de difficulté, et accélérais le pas afin de revenir à bonne distance de lui. Nous sortîmes finalement du supermarché, sans que quiconque ne remarque ma discrète filature. Une course poursuite qui m'avait parut digne d’un James Bond des grands soirs, le smoking en moins, mais la cagoule et la morve en plus (je suppose que c’est ce que les rosbifs appellent la "french touch")

Une fois arrivé au dehors, ou un vent glacial battait sadiquement les branches nues des quelques arbres posé ça et là sur le parking, l’homme posa son épaule contre le lampadaire situé en face de l’enseigne du magasin. Il retira ses gants blanc et se frotta les mains l'une contre l'autre. La buée lui jaillissait du visage en nuée blanche, avant de se dissiper dans l'air. De la neige sale agonisait dans le caniveau. Il sortit de sa hotte (qui était en fait un vulgaire sac à dos drapés de feutrine verte) un paquet de tabac à rouler. Il se racla la gorge, et cracha un énorme glaviot en direction du sol, puis grommela quelque chose d’inaudible à la distance à laquelle je me trouvais.

Bien décidé à mener mon projet à bien, j'approchais de l'homme à pas feutré, et toujours sans qu’il ne remarque ma présence. Une fois arrivé à sa hauteur, je pris un instant pour réfléchir à la meilleur façon de l’aborder, et décida que tirer fortement sur le tissu de son pantalon était une bonne stratégie. C’est donc ce que je fis, avec cette délicatesse typique des enfants qui veulent attirer l’attention d’un adulte peu consentant.

« Hey M’sieur, M’sieur ? » Dis-je en chuchotant du plus fort que je pouvais.

L’homme se retourna, l’air hagard. Il tourna sa tête à gauche, à droite, se gratta brièvement la tempe, avant d'enfin baisser son regard sur moi. Il avait des yeux d’un bleu profond, et quelques veinules rouges qui parcouraient les contours de son iris. Son visage paraissait beaucoup plus jeune que je ne l’aurais imaginé, et seuls les profondes cernes qui creusaient ses yeux paraissaient témoigner d’une certaine lassitude de vivre. Le pauvre pensais je il a dut passer une sacré nuit avec tous ces cadeaux à emballer !

- Qu’est-ce que tu m’veux le marmot ? Répliqua-t-il sèchement.
Tu vois pas que j'suis en pause là? Les vœux de Noël, c’est à l’intérieur du magasin, et uniquement à l’intérieur du magasin ! Il venait de sortir un petit sachet de sa poche, pris un peu de ce qui était à l’intérieur et se mit à rouler le cône d’herbe sèche coincé entre ses doigts tremblants. Son haleine dégageait une légère brise pestilentielle dont je ne pus identifier la provenance. Je suppose avec le recul que ce fut un savant mélange de tabac froid et d’alcool fort.

« Mais m’sieur, s’il vous plait, c’est vraiment très grave là ! Rétorquais-je en continuant de malmener le tissu de son pauvre futal.

- Comment ça grave ? Et qu’est-ce que tu fais là, toi, pour commencer ? Ou qui sont tes parents ?

- A l’intérieur, M’sieur ! Répondis-je tout en libérant enfin le pantalon de mon emprise, qui avait eu le temps de mémoriser la forme de mes petits doigts boudinés.

- Oh bordel… Dit-il en levant ses yeux au ciel. Et toi gamin, qu’est-ce que tu fais là dis-moi?

- Bah je me suis perdu, ça ne se voit pas ?  Et toi M’sieur noël, pourquoi t’es pas au pôle nord pour donner à manger à tes rennes, préparer les cadeaux et tout ça ? Noël, c’est déjà demain je te ferais dire, c’est vraiment pas le moment de faire tes petites courses !

L’homme eu l’air surpris par mes propos. Il écarquillât légèrement les yeux, et sa tête, qui paraissait immense vue d’en bas, eu un léger mouvement de recul. L’instant  d’après, un petit sourire narquois se dessinait à la commissure de ses lèvres.

- Je vais te dire petit bonhomme, t’as du cran de me causer comme ça à ton âge ! Mais t’as de la chance, car j’apprécie les petit gars dans ton genre qui en ont suffisamment dans la caboche pour se permettre de faire dans la rhétorique. Comment tu t’appelles petit bonhomme ?

- Thomas M’sieur, mais souvent on m’appel Tomate, parce qu’en fait je deviens tout rouge quand je cours très vite, ou alors c’est juste parce que ça ressemble à Thomas… Le fait est que je ne m’étais jamais vraiment posé la question.

- Ouai, ouai, ouai… T’as surtout une tête à ne pas trop savoir où tu vas. Par contre, t’as aussi la tête d’un gamin qui sait où il ne veut pas aller, et ça mon gars, c’est au moins tout aussi important ! Tu m’suis ?

- Je ne sais pas trop m’sieur. Dis-je sans vraiment saisir la petite contrepèterie philosophique qu’il venait de me lancer. Je voulais vous demander un autre truc en fait...

- Bah vas-y. Fais pas ton timide, au point où on en est !

- Bah voilà, vous savez, euh… Je pris une grande inspiration, et lâchait enfin le morceau. Vous savez, j’ai vraiment l’impression que vous n’êtes pas le vrai père noël ! Cet aveu me procura une profonde sensation de soulagement.

- Ah oui…Tiens, tiens ? Et pourquoi ça, dis-moi?

- Bah… Premièrement, vous avez les dents très jaunes, deuxièmement, des boucles sur les oreilles, et puis y’a vot’ barbe, elle ressemble pas du tout à celle de Papy Claude. Elle à l’air toute molle. En plus, vous n’avez même pas de lunettes ! J’aimerais aussi vous demander comment vous faites pour distribuer les cadeaux alors qu…
Je n’eus pas le temps de finir ma petite démonstration que l’homme pouffait déjà d’un rire narquois, dans sa fausse barbe de coton bon marché, ce qui eut pour effet de légèrement me vexer.

- Houlà, houla… Doucement mon garçon ! Dis donc, t’as une carrière qui t’attends dans la police toi ! Bon, si je te dis la vérité, tu jure de  rien dire à tes parents ?

- Promis m’sieur ! Croix d’bois croix d’fer, que si j’mens, bah j’vais en enfer !

- D’accord, d’accord, n’en fais pas trop hein ? Alors voilà, j’avoue tout m’sieur l’agent de la bac à sables ! T’avais raison depuis le début, je ne suis pas le vrai père Noël ! Seulement mon boulot tu vois, c’est de lui ressembler pour faire plaisir aux petits machins comme toi quand le père noël est en R.T.T. Tu comprends ?
Un silence suivit cet aveu, et l’homme pensa probablement que j’étais extrêmement déçu par ses révélations. En réalité, c’était exactement l’inverse.

- J’en étais sûr ! Criais-je finalement avec un brin de fierté dans la voix. Vous savez, beaucoup de grands disent qu’il n’existe pas, le père Noël, à l’école, et que c’est les parents qui inventent toute ces histoires. Mais moi je préfère faire semblant de croire papa et maman ! C’est vrai quoi, pourquoi papa et maman mentirait ?

- Je ne sais pas trop quoi te dires, qu’est-ce que t’en pense toi, bonhomme?

- Bof, moi j’essaye juste de les croire, sinon maman s’énerve avec toutes mes questions...

- Il faut dire que t’es surement pas le gosse le moins bavard de ta génération…
Je fis mine de ne pas entendre cette désagréable réflexion, avant de poursuivre l’interrogatoire

- Non mais c’est vrai non ? Si on est des millions de millions de milliard sur terre, ça fait vachement beaucoup ! Alors comment il peut nous déposer tous ces cadeaux en une nuit, alors qu’avec  maman je te signal qu’on a mis au moins deux heures pour aller voir papy et mamie à Paris, avec un super avion à réaction ! En plus, j’ai une carte du monde à la maison, et la France, c’est vraiment tout rikiki alors que la terre, elle, elle est vraiment giga gigantesque. Pas vrai ?   

L’homme qui n’était apparemment pas le père noël, parut pensif un moment, fronça un sourcille, puis deux, et prit soudainement un ton plus circonspect.

- Eh bien, malgré ton argumentaire un peu vacillant… Forcé d’admettre que t’as pas totalement tort. T’es sacrément perspicace pour ton âge, tu sais ? Ouais, ton exposé tient carrément la route ! T’es pas bien grand, mais tu causes bien petit, et plutôt juste d’ailleurs. Par contre c’est six milliards hein, pas des millions de millions de milliard de je ne sais quoi. Cela dit, t’as totalement raison, ça parait scientifiquement impossible mais… Crois-tu à la magie mon garçon?

- Bof, la magie c’est que du bidon, je l’ai vu à la télé ! Il faut juste cacher la boule rouge avec les mains et la glisser sous la manche, comme ça. C’est facile !  Tout en parlant,  je mimais la scène à mon interlocuteur médusé.

- Ouai, bon. Tu sais quoi ? C’est ma dernière heure de boulot, alors je crois que même si je me fais virer maintenant, ça n’aura pas plus d’incidence sur ma fiche de paye que sur ta vie futur, et puis de toute façon, ce ne sera pas la première fois. Alors on va la jouer franc jeu tu veux ? Mais tu dois me promettre une seule chose. Tu dois me promettre de toujours garder le secret et de ne pas pleurer, c’est bien d’accord ?

- Super d’accord M’sieur ! J’étais très enthousiaste à l’idée de partager quelque chose avec un inconnue, bien que maman m’interdisait tout contact avec cette espèce de gens
qu’elle qualifiait de « très, très méchants ».

- Bien ! Alors commençons par le commencement. Effectivement, le père noël n’existe pas, il n’a jamais existé et il n’existera jamais, et si t’avais un petit doute à son sujet, comme ça semble être le cas, c’est surement que t’es un peu moins débile que tes petits camarades.

- Ah… Vous êtes bien sûr monsieur ?

- Tout à fait sûr face de craie, alors il faut que tu te fasses confiance dans la vie petit, et que tu écoutes ce que te dis ton cœur, ton cerveau, et un peu tes tripes, parfois ! Les gens te dirons toute ta vie ce qui est bien ou mal, ce qu’il faut croire ou ne pas croire, mais c’est à toi de faire tes propre choix, à toi, et à personne d’autre ! Alors faut pas que t’hésite à leurs rentrer un peu dans le lard parfois, et à en faire qu’à ta tête si tu sens que c’est la bonne solution, compris gamin ? L’homme parlait de façon grandiloquente, et je sentais bien que son discours était le fruit d’une conviction profonde, pas juste des paroles en l’air.

- Oui m’sieur ! Répondis-je avec la ferveur d’un petit gradé prenant directement ces ordres auprès du commandant chef générale de mes deux. Mais alors pourquoi maman et papa m’auraient dit qu’il existe ? Je ne comprends pas. Pourquoi ils me mentiraient à moi ?

- Eh bien, tu  vois parfois… Même très souvent d’ailleurs… Non, tout le temps en fait ! Les gens mentent. Ils mentent parce qu’ils pensent que c’est une bonne chose pour toi, ou alors parce que tout le monde ment et qu’ils suivent un peu le mouvement, un peu comme les moutons dans un troupeau tu vois ?

- Oui, répondis-je, la voix tremblante. J’étais un peu déstabilisé par toutes ces révélations. Pas par le fait que le père noël n’existe pas, mais par le fait que mes parents m’ai menti, et le pire dans ton ça, c’est que c’était un étranger qui me révélait la vérité.

Fais pas cette tête gamin, tu sais, ce n’est pas si grave en vérité, tant que toi tu sais écouter ton cœur. Et puis, ce n’était pas pour être méchant, s’ils l’ont fait, c’était juste pour faire comme les autres, et puis peut être pour te faire un peu rêver. Tiens, je vais te faire une petite confidence sur ma vie. Ma mère à moi, elle m’avait toujours dis que mon père était mort peu après ma naissance, et bah moi, je l’ai jamais cru ! Il faut dire aussi qu’elle forçait un peu sur la bouteille ma vioc... Bref, toujours est-il que ce n’est que vingt-cinq ans plus tard que je me suis enfin décidé à chercher la vérité. Et bah devine quoi ?

- Oh, il était vivant ?

- Hum, non, il était bien mort, mais depuis trois mois à peine ! Je suis passé à ça de pouvoir lui parler. C’était un peu dommage certes, mais ça veut dire quoi tout ça ? Ça veut dire que ma folle de mère m’avait belle et bien mentit, et que c’est mon cœur qui avait eu raison! Et le pire, c’est que j’ai appris plus tard lui que c’est lui qui s’était fait blouser par ma vieille. Du coup elle m’a volé une partie de mon enfance, et tout ça pour quoi ? Tout ça pour quoi ?! Il me regarda avec insistance, comme si il attendant que je dise cette fameuse vérité sensé sortir de la bouche des enfants.

- Euh… J’en sais rien monsieur …

- Tout ça parce que les gens mentent bon sang ! Repris t’il en haussant le ton et les épaules. Le silence qui s’en suivit fut un peu lourd. Puis, il reprit, plus calmement :

- Bon, et toi alors dis-moi. Qu’est-ce que tu veux faire plus tard, je sais qu’on te la souvent posé cette question mais je c’est juste en attendant que je termine ma clope, et après je te ramène à tes parents…

- Je ne sais pas trop M’sieur… J’aime bien lire… J’aime regarder des vieux films en noir et blanc aussi, mais maman dit que ce n’est pas vraiment un métier tout ça, et que ce n’est pas de mon âge non plus. Moi, j’aime bien. Elle dit aussi que je devrais plutôt allez jouer dehors, avec les autres enfants.

- C’est marrant que tu me dises ça, parce que j’ai toujours aimé lire et regarder des vieux films moi aussi, même si j’étais pas aussi bavard que toi. Je sais que ça ne se voit pas forcément à première vue, mais il parait qu’il ne faut pas se fier aux apparences ! Tiens, ça me fait penser à un truc… Je crois que j’ai justement un livre dans mon sac, tu veux le voir ?!

- Oh oui !
Il fit glisser son sac de son dos à son ventre, souleva la feutrine et trifouilla dedans à pleine main.

- Je ne sais pas si c’est vraiment de ton âge, mais t’auras qu’à lire ça quand t’aura du temps devant toi, et quelques années de plus à ton compteur. Qu’est-ce que t’en dis, c’est noël non ?
Il souriait à présent, laissant entrevoir ces quelques dents abîmées par je ne sais quels substances illicites.
Il sortit un livre et me le tendit. La couverture semblait un peu ancienne, et les pages aussi jaunies que le bout de ses ongles. J’allais le saisir l’objet quand soudainement, il me l’arrachât des  mains. Il sortit rapidement un stylo de sa poche, et griffonna quelque chose à l’intérieur. Je savais lire depuis l’âge de 5 ans, et j’eu peu de mal décrypter ce qui était écrit sur la couverture. Il y’était inscrit en lettres dorées et stylisées : George Orwell, 1984.

- Tu vas voir c’est un livre vraiment sympa ! J’en suis qu’au milieu, mais je peux t’assurer que si je ne te l’avais pas donné ce soir, je l’aurais dévoré d’une seule traite ! Je te conseille de ne pas le lire tout de suite, et tu ferais mieux de le planquer en attendant d’avoir tes premiers poils aux mentons, mais si un jour il te plait, tu te rappelleras que c’est ce bon vieux Freddy qui te l’a refilé !

- Freddy… C’est qui ça, Freddy ? Demandais-je

- Ah oui, bah euh… J’ai pas vraiment eu le temps de me présenter. Freddy pour les intimes, c’est le vrai nom du père noël tu vois : Freddy Noël. Sympa non ? Enchanté de faire ta connaissance petit gars ! Il tendit sa main pour serrer la mienne. Après un court moment d’hésitation, j’acceptais sa piteuse offrande.

- Enchanté moi aussi, m’sieur Freddy Noel, et merci beaucoup pour le cadeau !

- De rien, je sens au fond de moi que tu le mérites plus qu’un autre. T’as vraiment l’air d’un bon gars tu sais ?   

Il y’avait désormais une certaine chaleur dans son regard, ou peut être étais ce de la nostalgie. Peut-être qu’il se remémorait sa propre enfance, ou peut-être avait-il perçu en moi cette infime part de lui, comme moi j’avais vu un peu de moi en lui. Il balança d’une pichenette son mégot, qui s'écrasât durement sur le sol verglacé.

- Bon allez mon pote, j’ai fini mon oinj’, je crois qu’il est temps pour moi de te raccompagner à la caisse du magasin ! Tu vas voir, on va envoyer une petite dédicace à tes parents via ces foutus hautparleurs, et tout le magasin vas entendre ton nom ! Ça risque d’être carrément super cool ça, pas vrai ?!

C’est ainsi que Freddy me raccompagna au poste sécurité du supermarché, et que mes parents me récupérèrent quelques minutes plus tard. Visiblement affolés, ils n’adressèrent pas même un regard ou un merci en direction de Freddy, qui n’avait, il faut le dire, pas vraiment l’apparence d’une personne convenable… Ils ne remarquèrent pas non plus le livre que je tenais entre mes mains, et j’eu à peine le temps faire un signe à Freddy pour lui dire en revoir, car adieu n’existe pas chez les enfants. Mes parents marchaient toujours aussi vite, mais ma mère me trainait nerveusement par la main, cette fois ci, et je ne sais pas trop pourquoi, mais je me mis à couiner comme un petit porcelet. Plus jamais je ne revu Freddy Noël, mais ce qu’il me légua au court de ce bref moment, resta pourtant gravé en moi pour toujours.

Je fis semblant de croire au père noël durant deux années encore, pour ne pas froisser ma pauvre mère, mais j’avais désormais décidé de croire uniquement ce dont j’avais envie de croire. Malgré les conseils avisés de Freddy Noël, je m’essayais tout de même à la lecture de l’ouvrage qu’il m’avait légué sous ce lampadaire, peu de temps après être rentré chez moi ; après tout il avait bien dit d’écouter mon cœur (et mes tripes).

Bien entendu, je ne compris pas un traître mot de ce qui était écrit dans ce bouquin, j’étais bien trop jeune, et il me sembla bien compliqué et ennuyant. Je finis par l’abandonner au fin fond d’un coffre à jouets. Les années passèrent, et trépassèrent un peu le souvenir de Freddy Noël. Ce n’est que huit ans plus tard, alors que je fouillais dans les cartons de la cave pour retrouver une vieille console de jeux que je voulais revendre sur internet, que je tombais sur l’antique ouvrage. Emu, je me décidais à le mettre dans mes affaires, à destination de l’internat catholique Jean XXIII, bien que je croyais désormais autant en Dieu qu’en la fée des dents.

J’étais désormais un adolescent pré-pubère, avec tout son lot de comédons et de rebellions que cela comporte. Mes parents avaient décidé de m’envoyer dans un internat reconnu comme très rigoriste, histoire de m’apprendre à accepter l’autorité avant pour d’aller au lycée. Piètre élève, les professeurs et les conseillères de désorientation m’avaient tous poussé à aller vers un métier qu’ils qualifiaient de « plutôt manuel », « intellectuellement reposant » était une définition qui aurait également pu convenir.

Selon eux, cela semblait être le choix qui correspondait le mieux à mes attentes et à mes capacités. Mon père, qui était un ancien ouvrier du BTP devenu patron d’une petite entreprise, était totalement d’accord avec eux. Ma mère, qui était quant à elle une femme aimante et docile, était totalement d’accord avec mon père. En fait, tout le monde était d’accord avec tout le monde me concernant, excepté moi.

Durant les interminables heures d’étude qui remplissaient mes soirées d’internat, j’eus le temps de me consacrer à la lecture de 1984, et je repensais à tout ce que m’avait dit Freddy Noël ce soir-là. J’étais certes encore imberbe, mais qu’importe, ce livre me plaisait beaucoup. Je le dévorais d’une traite, et j’imaginais que Freddy avait dû le dévorer de la même manière quelques années auparavant. L’odeur du vieux papier, parfumé au tabac froid qui se dégageait à chaque page tourné, évoquait en moi de fantasques et lointaines contrées. J’ouvrais ce livre, et je n’étais plus à l’internat, j’étais juste libre. Je tombais amoureux des lettres. Ce n’est qu’après avoir achevé la dernière page du roman que je remarquais la dédicace que Freddy m’avait discrètement adressé sur la face interne de la quatrième de couverture. Il y’était maladroitement inscrit ses quelques mots : « A mon petit Tom, tout petit môme qui deviendra probablement le plus brillant des grands hommes ! Chaleureusement, de la part du seul, de l’unique et véritable Freddy Noël. » J’avoue avoir un peu lutté pour retenir une petite larme à la lecture de ces quelques mots,  mais j’étais pas une gonzesse, et un camarade aurait pu me griller en flague. Moi qui avais si souvent été considéré comme un de ces jeunes sans avenir, voilà que je m’intéressais au monde des lettres. Ce livre en amenant d’autres, je me pris de passion pour la littérature, puis, par ricochet, je me mis moi-même à écrire un peu. Une fois sortie du lycée, ou j’obtins mon bac avec mention passable pour cette fois-ci, mais ne t’avise plus de remettre les pieds ici ou on te botte le cul je décidais de consacrer une partie de mon temps, en parallèle à mes études de droit, à l’écriture de nouvelles, dont voici un échantillon. A présent,  je suis un de ses jeunes cadres dynamiques, petits cons à peine dépucelé qui se promène dans des costards à cravate fine, les cheveux bien gominés sous une couche de cire à coiffer. Je m’ennuie toujours un peu dans la vie, c’est vrai, et je me sens toujours un peu différent, mais je commence à me faire de l’oseille, et comme disent les petites gens,  j’essaye de ne pas oublier  d’où je viens.

Voilà en somme comment est né ce pitoyable petit conte de Noël, ce n’est pas aussi jolie que ces conneries qu’on raconte aux enfants aux coins des cheminées, mais ça a le mérite d’être authentique.

J’allais presque oublier de préciser une chose importante à ce propos, si vous vous demandez toujours pourquoi je déteste autant Noël, c’est surement parce que je n’ai jamais reçu un cadeau aussi pur et sincère que celui que Freddy m’a offert ce soir-là. Il y a surement un peu de mélancolie aussi, dans tout ça, car malgré mes petites escapades du vingt-quatre décembre dans le supermarché de Villefranche-de-Lauragais, jamais plus je n'ai pu revoir ce vieux dégelasse déguisé en père noël. J’aurais simplement souhaité le remercier pour tout ce qu’il m’avait apporté ce jour-là. Je ne suis pas sûr que le clochard qu’il était surement ait souvent eut l’occasion de compter pour quelqu'un, mais je suis persuadé qu’il aurait été heureux de lire tout ça. Peut être que j'idéalise, peut être ce type là n'a pas vraiment existé, que ça ne s'est pas exactement passé comme ça, mais je pense qu'on à tous besoin de croire en quelque chose de temps en temps.

Alors même si je doute que tu lises cette petite histoire remplit de sentiments niaiseux et nauséabond, je m'en fout pas mal. Les bons sentiments, ça n'a jamais tué personne après tout. Sur ce, je m'en vais donner un peu d'argent au secours catholique, situé à deux pâté de maison de là, comme tout les ans, car je sais que cette neige si blanche et si pur avec laquelle les enfants aiment tant jouer, parrait bien froide et ingrate aux sales types comme Freddy Noël.









*Mythe de Sisyphe : Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement, dans le Tartare,  jusqu'en haut d'une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet, tel que raconté dans l’Odyssée.



*George A.Romero : Est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain.  À travers ses films d'horreur particulièrement gores et violents, mettant souvent en scène des morts-vivants, Romero critique la société américaine, sa consommation à outrance (Zombie, La Nuit des morts-vivants) ou encore son goût immodéré pour la médiatisation (Chronique des morts-vivants) .
« Modifié: 19 Octobre 2014 à 05:34:39 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne vinksdarkso

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Re : Le seul, l'unique et véritable Freddy Noël (v2.0)
« Réponse #1 le: 16 Octobre 2014 à 09:06:02 »
 :o Euh, ça m'inquiète un peu, je suis déjà recalé en deuxième page du site alors que j'ai pas un com sur cette nouvelle et 20 vues à mon compteur. Peut être que je devrais déplacer ça en "texte long"? Je met ce com pour le remonté et si ça marche pas tant pis... :-¬? J'irai me faire voir chez les grecques avec mon pauvre torchon, il y'a qu'eux qui peuvent me comprendre :(
« Modifié: 16 Octobre 2014 à 09:08:40 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Smicky

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Re : Une histoire de clodo dans la neige (v2.0)
« Réponse #2 le: 16 Octobre 2014 à 09:42:09 »
 :noange:
« Modifié: 03 Octobre 2017 à 13:10:47 par Smicky »

MillaNox

  • Invité
Re : Une histoire de clodo dans la neige (v2.0)
« Réponse #3 le: 16 Octobre 2014 à 11:36:08 »
Salut Vinksdarkso,

et bien c'est parti !

Citer
J’aurais pu en dire autant de la Saint-Valentin, d’Halloween, ou de je ne sais quelle autre  fêtes païenne ayant pour unique objectif de vendre un peu de rêve à la populace en échange d'une poignée de biftons fraternels, ou en manipulant allègrement nos aspirations au bonheur afin d’engraisser un peu plus le modèle glouton de l’économie capitaliste.
la phrase est un peu longue, à partir du deuxième "ou" on se perd un peu. Si tu fais une nouvelle phrase il me semble que le lecteur sera plus dedans et captera mieux la portée de la phrase.

Citer
Okay, j’extrapole peut être un petit peu...
:D :D (je ris mais la phrase est bienvenue, parce que c'est à la toute limite du trop ce paragraphe, et grâce à cette petite phrase, ça passe tout seul. ça prouve que le narrateur en a conscience et nous a fait une "petite entourloupe" en prévoyant la réaction du lecteur, et je trouve que ça crée une complicité sympa narrateur/lecteur.

Citer
En ce qui me concerne, que cette rumeur soit véridique ou totalement bidonné ne changerait pas d’un iota l’opinion que j’ai de lui,
pas sûre que la formulation soit juste

Citer
Sans parler de toute cette mythologie ridicule qu'on à construit autour de sa petite personne.
a

Citer
C'est une période un peu difficile à vivre pour moi, s’en est arrivé à un point où c’est presque devenu une obsession, un rituel.
c'en
+ lourdeur avec tous ces "c'est"

Citer
Simplement pour écouter le son clinquant des caddies qui s’entrechoquent, savourer les couinements porcins de ses sales chiards capricieux, pendu aux bras de leurs mères, qui s’époumonent et se trémousse pour obtenir je ne sais quel kinder surprise ou autre bonbons niques-dents, et c'est exactement les mêmes pisseux qui chialeront dans la salle d’attente du dentiste quand il faudra leurs arracher une chicot pourrie
pendus / trémoussent / bonbon / nique / leur
un peu longue cette phrase

Citer
Si je suis là, c’est aussi pour admirer cette expression de désespoir si particulière, sublime béatitude se dessinant sur le visage de ces pauvres mères dépitées par une trop longue file d’attente, ou par l’attitude dédaigneuse de leurs progénitures ingrates.
j'aurais bien vu " leur progéniture ingrate" au singulier, à voir ?

Citer
Un véritable petit moment plaisir.
manque "de" non ?

Citer
Je suis certains que dans ces moments-là, certaines d’entre elles doivent sérieusement regretter de ne pas avoir opté pour une stérilisation chirurgicale simple et efficace, visant à ligaturer leurs trompes de salopes  (je crois qu'on dit Fallope, dans la terminologie médicale).
certain
bon "trompes de salopes", je sais pas à quel point tu veux faire pas aimer ton perso, mais c'est pas d'une subtilité grandiose quoi...

Citer
Pour moi, c’est un peu comme assister à une pièce de théâtre à ciel ouvert, où se jouerais une bien étrange comédie musicale
jouerait

Citer
Le caddie aurait remplacé le rocher de Sisyphe* et ou le Lidl serait l’immense montagne du Tartare, du tartare, hum...Charale !
assez spécial la référence mythologique suivi d'une pub pour de la bouffe... ça rend le perso assez insaisissable au niveau de sa personnalité.

Citer
ou des hordes de morts-vivants, malgré leurs conditions plus que précaire, continue à pousser nonchalamment leurs chariots dans des supermarchés vide.
précaires / continuent

Citer
Tous ces jolis petits gadgets, aussi clinquants qu'inutiles, venus de contrées où les enfants ont la chance d’avoir du travail à durée très, très indéterminé
indéterminée

Citer
Cette petite sucrette d’édulcorant artificiel, qui redonne un peu de gout à nos cafés solubles dégueulasse du matin, ceux-là même qui ont l’arrière-gout et l’odeur du jus de ses chaussettes pourries que l’on fout sur nos cheminées le soir de Noël, comme un clin d’œil à nos durs labeurs quotidiens.
phrase un peu longue... / moi j'écris "goût" avec accent circonflexe mais je me demande si ça fait pas partie des fautes qui n'en sont plus depuis la réforme de chaipluquelleannée

Citer
Souriez camarade, la lutte final a bien eu lieu, et c’est le régime de l’idiocratie participative qui à gagner !
finale / a gagné

Citer
Ouai, vive le monde libre, et vive le vent d’hiver. Putain, c'est tout les ans la même rengaine…
ouais / tous

Citer
J’imagine qu’après tout ça, vous vous demanderez surement comment un jeune homme normalement constitué,
idem que tout à l'heure, j'écris sûrement mais je crois que la réforme accepte le sans accent, à vérifier

Citer
maladie mentale ou autres handicape socialement invalidant peut autant détester Noël?
autre handicap

Citer
Alors ouvrez bien grand vos oreilles les n’enfants, et laissez-moi vous conter la seule, l’unique et véritable histoire de Freddy Noël.
tu sembles annoncer ça comme si c'était le but du texte, si c'est vraiment ça, je trouves que toute l'intro qui précède est vraiment trop longue et tourne un peu en rond

Citer
J’avais sept ans, quand j’ai fait une rencontre qui allait bouleverser le restant de mon existence (plus cliché comme intro, tu meurs !).
e trouve que "a bouleversé" sonnerait mieux. bof bof la parenthèse, autant faire une intro qui claque alors, non ?

Citer
La vérité, c’est que j’étais souvent à l’ouest, et même carrément égaré en règle générale, mais tout particulièrement ce jour-là, dans ce fameux supermarché hard discount de Villefranche de Lauragais, petit village champêtre situé non loin de l’endroit où nous habitons à l’époque, mes parents et moi.
habitions

Citer
Je me rappel qu'ils s’étaient lancé dans un vif débat
rappelle

Citer
que procuraient des morceaux de morve informe servie dans leurs coquilles.
servis ?

Citer
Il s’agissait d’une banale boite de corn flakes, sur laquelle étaient figuré un immense lapin marron grossièrement esquissé, un peu à la manière de ces dessins animés japonais au pouvoir épileptique que je regardais le mercredi après-midi après l’école, et qui me flinguait aussi pas mal les yeux, en passant. Tout chez ce lapin paraissait grossier et caricatural :
tu te répètes...

Citer
Il tendait vers moi un bol remplit à ras bord de corn flakes
rempli

Citer
Cependant, je dois dire que pour le jouet qu’il mettait à l’intérieur du paquet, j’étais prêt à avaler à peu près n’importe quoi !

Pour en revenir au lapin, je dois dire qu’il a toujours éveillé en moi les mêmes interrogations
deux fois de suite c'est très lourd

Citer
Étais-ce un choix délibéré pris par des hauts responsables,
était

Citer
Ou peut-être était-ce un malencontreux hasard, un fait totalement inintentionnelle ?
inintentionnel pour l'accord, mais el mot a pas l'air d'exister. non intentionnel peut être ?

Citer
J’avais remarqué autre chose d’étrange concernant tout ceci, c’est que l’aspect de la nourriture sur l’emballage était souvent moins « grandiloquente » une fois versé dans mon bol en plastique du matin.
t'as jamais remarqué le "suggestion de présentation" écrit partout sur les paquets ?  :D :D

Citer
C’est surement après avoir eu ce genre de réflexions hautement métaphysiques, et après être parvenu à détacher mon regard du captivant animal, que je pris enfin conscience de m’être encore une fois perdue
perdu

Citer
C’est surement après avoir eu ce genre de réflexions hautement métaphysiques, et après être parvenu à détacher mon regard du captivant animal, que je pris enfin conscience de m’être encore une fois perdue. Durant ce court laps de temps de réflexion intense
répétition

Citer
et tout commença à se mouvoir autour de moins comme dans un manège désenchanté.
moi

Citer
Il y avait là une bonne demi-douzaine de grands-mères qui piaillaient, agglutiné autour d’un étalage de morceaux de viande en promotion, des animaux qui eux, n’avait pas eu la chance d’avoir l’espérance de vie prolongée dont disposent les vieilles dindes dans les pays industrialisés, et qui étaient par conséquents emballés sous cellophane.
agglutinées / n'avaient / répétition de avoir

Citer
le grand barbue vêtu de rouge faisait des grand signes en directions des octogénaire impotent,
barbu / octogénaires impotents

Citer
Totalement ébahit, je le regardais sans bouger
ébahi

Citer
Moi qui étais persuadé que maman m’avait menti, qui avait tant de fois douté de sa parole, et pourtant, il se tenait là, en chair et en os, à quelque mètres devant moi.
quelques

Citer
et seules ses vielles chaussures de sport bon marchés, souillé de boue et trouées par endroit, me semblèrent un peu suspectes.
vieilles / souillées

Citer
Je passais sous le bandeau sans trop de difficulté, et accélérais le pas afin de revenir à bonne distance de lui.
passé simple à mon avis

Citer
ou un vent glacial battait sadiquement les branches nues des quelques arbres posé ça et là sur parking, l’homme posa son épaule contre le lampadaire situé en face de l’enseigne du magasin
où / posés (des arbres posés ???) + répétition avec posa

Citer
Il retira ses gants blanc et se frotta les mains l'une contre l'autre.
gants

Citer
Bien décidé à mener mon projet à bien, j'approchais a pas feutré, et toujours sans qu’il ne remarque ma présence. Une fois arrivé à sa hauteur, je pris un instant pour réfléchir à la meilleur façon de l’aborder, et décida que tirer fortement sur le tissu de son pantalon était une bonne stratégie.
à / feutrés / décidai

Citer
L’homme se retourna, l’air hagard. Il tourna sa tête à gauche
répét'

Citer
Le pauvre pensais je il a dut passer une nuit difficile avec tous ces cadeaux à emballer !


Citer
- Qu’est-ce que tu m’veux le marmot ? Répliqua-t-il sèchement.
pas de majuscule aux incises

Citer
« Mais m’sieur, s’il vous plait, c’est vraiment très grave là ! Rétorquais-je en continuant de malmener le tissu de son pauvre futal.
idem

Citer
Ou qui sont tes parents ?
où qu'ils

Citer
L’homme eu l’air surpris par mes propos. Il écarquillât
eut / écarquilla

Citer
Ouai, ouai, ouai…
ouais

Citer
C’est vrai quoi, pourquoi papa et maman mentirait ?
mentiraient

Citer
- Je ne sais pas trop quoi te dires, qu’est-ce que t’en pense toi, bonhomme?
dire / penses

Citer
je te signal qu’on a mis au moins deux heures pour aller voir papy et mamie à Paris,
signale

Citer
L’homme qui n’était apparemment pas le père noël, parut pensif un moment, fronça un sourcille,
sourcil

Citer
- Super d’accord M’sieur ! J’étais très enthousiaste à l’idée de partager quelque chose avec un inconnue,
inconnu

Citer
Alors faut pas que t’hésite à leurs rentrer un peu dans le lard parfois
hésite / leur

Citer
- Oui m’sieur ! Répondis-je avec la ferveur d’un petit gradé prenant directement ces ordres auprès du commandant chef générale de mes deux.
ses / général

Citer
n’existe pas, mais par le fait que mes parents m’ai menti, et le pire dans ton ça, c’est
aient / tout

Citer
Ça veut dire que ma folle de mère m’avait belle et bien mentit
menti

Citer
Il me regarda avec insistance, comme si il attendant que je dise cette fameuse vérité sensé sortir de la bouche des enfants.
censé

Citer
Repris t’il en haussant le ton
reprit-il

Bon, j'ai lâché sur la fin, pour l'orthographe et les répétitions.
alors justement pour ça, un lien super vient d'être posté sur le forum pour corriger tes fautes avant de poster tes textes :
http://www.scribens.fr/
Pour le reste, je ne suis pas la bonne cliente. J'ai trouvé le texte trop long, ça tournait en rond, je n'ai pas accroché au style qui manque de fluidité à mon goût. Pas mal de remarques grasses qui tombaient un peu de nul part et qui manquaient vraiment de sens pour moi.
sur le fond, je comprend pas la justification de la mélancolie de ton perso.
je suis pas fan de noël, ça ne me viendrait pas à l'idée de faire croire à mes gosses que le père noël existe vraiment, mais je ne me suis pas du tout retrouvée dans ton texte pourtant...

une autre fois peut-être ! :)

Milla

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Re : Freddy Noël
« Réponse #4 le: 16 Octobre 2014 à 21:00:59 »
Bon, j'ai enlevé le plus gros, mais ça m'a bien saoulé d'autant que le texte est carrément long, j'ai enlevé des petits bout de l'incipit, qui est en effet un peu longuet par moment, avec des phases peut être pas essentiel. Faut que je me paye les services d'une correctrice sexy...

@ Smicky: Merci pour ta lecture, je ne te jugeais pas, je jugeais seulement ton texte quand je disais un peu trop romantique. Y'a pas de mal à ça, c'est juste pas trop mon truc.

@ Milla, merci pour tes remarques pertinentes, c'est relou de relire sans cesse et de se rendre comptes qu'on passe à côté d'erreurs un peu bateau. Le manque de recul, encore et toujours ! Concernant la fluidité du texte, j'ai fais au mieux mais peut être que la longueur à conforté cette impression, je ne sais pas. J'ai pris le temps de dire tout ce qui me passais par la tête, en m'égarant parfois un peu peut être, mais moi çà me va comme ça. Par contre si tu n'as pas compris pourquoi il hait noël, tout est expliqué dans le texte, mais c'est vrai que j'ai rajouté une phrase à la fin qui explicite encore plus cet état de fait, juste avant que tu poste ton com je crois, donc je considère ça comme un non problème.

Voilà après c'est sûr que ça peut pas plaire à tout le monde, c'est pas très gai donc ça fera pas "rêver" certains. J'éssaye tout de même d'alléger le tout avec des touches d'humour (moui, un peu grinçant) de temps à autre. C'est un peu ce que je voulais aussi...

« Modifié: 16 Octobre 2014 à 21:03:45 par vinksdarkso »
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Re : Freddy Noël
« Réponse #5 le: 18 Octobre 2014 à 02:07:08 »
Coucou vink  ;)
ah ben cool, ici je retrouve ta plume alerte sans ce que je trouve être la "fausse bonne idée" de ton texte "suicide"  :)

simulacre de bons sentiments ça fait un peu bizarre ; en général on dit simulacre à propos de faits (un simulacre de match, un simulacre d'enterrement), pas à propos de sentiments je crois ; mais bon faut voir.
faux-cul, ça prend pas un tiret normalement?
Quand tu dis transposé c'est un peu bizarre parce que si noel a été transposé, il faut d'abord qu'il ait été posé quelque part ; quelque chose qui est transposé, c'est quelque chose qui est transposé à partir d'autre chose. bref il faudrait soit remplacer transposé par un autre mot, soit dire d'où vient noel, où est-ce que c'était posé avant d'être transposé 8)

c'est pas plutôt "j'aurais pu" (et non pas j'aurai pu)?
c'est exprès le "caille" ? c'est pas plutôt "caillent" (au tout début).

le coup de la populace, je sais pas si c'est très adroit ; ça te pose (à moins que ce soit un personnage, mais on ne le sait pas encore au moment où onlit) un peu en surplomb, c'est un peu audacieux, ça fait un peu "si vous aimez noel, vous faites partie de la populace ; mais moi voyez-vous je ne tombe pas dans le panneau", bref, why not, mais bon, c'est une posture pas forcément facile à assumer, et dont il n'est pas sûr qu'elle aide le texte à décoller.
le clin d'oeil au lecteur "vous vous en doutez", je suis pas sûr que ça apporte grand-chose.

bon mais à part ça ça démarre sur un assez bon rythme je trouve. globalement le thème est un peu "risqué" (au sens où dire la société de consommation c'est caca, ça a un côté un peu convenu) mais tu t'en sors pas trop mal, ton texte ne démarre pas trop mal je trouve.

j'ai bien aimé le "niaiseux" (tu es Québécois ? ils disent ça à donf là bas je crois). ;)

merci pour ce texte qui méritait effectivement un petit up (en + noel commence à approcher  :mrgreen: ) je tâcherai de venir lire la suite à l'occasion  ;)
« Modifié: 18 Octobre 2014 à 02:12:54 par Meilhac »

 


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