Je sors un peu de la poésie… Pour lire ça, cette espèce d’O.L.N.I., lettre aux destinataires flous qui sont sans doute un peu les proches et un peu le monde entier…
Ça se veut sous les auspices du sexe, au début (et dans le titre) avec les « fantasmes » et la « bandaison »… Puis ça l’abandonne, comme pour « leur » dire : vous vouliez ça, vous l’avez eu, maintenant que vous êtes pris laissez-moi donc parler.
J’adore la première phrase, ou la première proposition plutôt. J’aime aussi l’idée oxymorique du « trou insurmontable ». J’aime globalement bien la ponctuation, les élans dissertatifs qui se heurtent aux cahots brefs de la pensée, avançant par à-coups (premier paragraphe) Je trouve ça dommage, en revanche, qu’ensuite la réflexion ne butte pas plus sur « l’instinct linguistique » (on va dire ça comme ça), que la brièveté chaotique des phrases simples voire nominales ne revienne pas, soit évacuée dès le deuxième paragraphe.
Il y a des petites choses qui m’ont enquiquinée, un peu…
« sévir violemment mon esprit » : quézako ? Il manque un mot ? Une lettre ?
« Appartenir au passé désormais, pour vous » / « mon trou inaccessible à vous » : je trouve les « pour vous » et « à vous » de trop, ils alourdissent les phrases sans réellement être nécessaires, je crois. Appartenir à votre passé ?
« vos gueules ébahies » / « l’enfermement progressif de vos gueules » : ces deux-là font répétition (pas le « Ces gueules » visiblement volontaire). Je ne sais pas si c’est voulu ou non, mais personnellement, j’ai l’impression que ça ne l’est pas, et ça me gêne.
J’ai bien aimé la fin, mais j’avoue que j’aurais aimé revoir l’idée du trou à cet endroit-là, car tout se présente comme un raisonnement cohérent, logique mais finit hors du trou, finalement (ou tellement dedans qu’on ne le voit plus). L’euthanasie de la conscience, en un sens, c’est aussi le trou noir, et c’est bien plus trou-blanc…
