Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

09 Juin 2026 à 08:07:09
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » L'Homme qui Rit (Victor Hugo)

Auteur Sujet: L'Homme qui Rit (Victor Hugo)  (Lu 13138 fois)

Aahraz

  • Invité
L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« le: 19 Août 2014 à 17:22:45 »
Bon, je vais essayer de rester synthétique. Commençons par le plus simple, le plus clair, le plus carré : surtout ne regardez pas le film. Attention, on demande ici un lecteur calme, pensif, qui prend son temps, qui s'arrête et qui médite. C'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur lui-même.

L'Homme qui Rit, Victor Hugo,


(Dessin de V.Hugo)


On parle ici de l'oeuvre d'Hugo qui trouva, à l'époque, un bien maigre succès, en raison de déboires avec un éditeur un peu maladroit (c'est peu de le dire).

Pour tout vous dire, je crois que c'est le seul livre qui m'ait fait chialer. Tout au long du livre, Hugo joue avec ce qu'il appelle le seul lecteur véritable et valeureux, à savoir : le lecteur pensif. Car, bien évidemment, si l'histoire en elle-même est formidable, si les personnages sont profonds à pouvoir vivre en eux, si les scènes s'imbriquent dans une forme de faux-suspens narratif qu'on prévoit à l'avance et qu'on jubile malgré tout de reconnaitre (et c'est un art hardcore), c'est surtout un livre d'inversion des signes, de cynisme et majoritairement, une esquisse romantique sous laquelle se déguise une profonde critique de l'Aristocratie et une profonde analyse de l'Angleterre (des  Tudors aux Hanovre, en gros, même si le bouquin s'ancre dans le 17ème.)

C'est un roman historique habile, malheureusement trop peu encensé et écrasé par les autres oeuvres du maitre, qu'il surpasse pourtant amplement à mes yeux. Hugo, d'ailleurs, en disait lui même ceci :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Résumé :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


C'est surtout cette superbe figure de style (dont j'ignore le nom, désolé) d'inversion des signes et d'ironie burlesque qui tient sur près 830 pages, et qui, si on en perd le fil, passe pour une simple réalité, là où il dénonce habilement et s'étonne de nombreux comportements, moeurs et autres histoires de lords (et populaires) avec une précision et une plume affutées. C'est, personnellement, un exercice de style et une oeuvre qui me foutent littéralement à genoux, devant la lucidité et l'habileté d'Hugo à déguiser son talent, sa clairvoyance et son génie dans des lignes grandioses qui mélangent drame et humour, Histoire et philosophie. Les personnages d'Ursus (un philosophe), et Homo (son chien-loup) et leurs noms, qui sont le point de départ du livre, en disent long sur l'ironie et la portée qu'auront les symboles constamment inversés dans la narration. (L'Homme qui Rit est un monstre à sourire, et tout partira dans cet espèce de second degré qui permet à Hugo de déguiser pas mal de superbes réflexions). La perfection de la forme (notamment dans l'extrait ci-dessous où l'accumulation des points-virgule à outrance, avec une clarté pourtant surprenante, permet presque de vivre l'accumulation de sacrifices qu'a fait Gwynplaine pour sauver Dea) au service des pensées d'un des plus grands penseur du siècle. C'est tellement bon, comme bouquin, que je pourrais presque le manger.
***

Extrait : (On parle de Gwynplaine et de Dea, qui se connurent enfant. L'une est aveugle, fragile et jeune. L'autre est défiguré, monstre qui rit, ayant sauvé Dea d'une mort certaine bien plus tôt avant de se réfugier chez un ermite philosophe en portant Dea, ayant lui-aussi, envers et contre tout, échappé à une mort certaine). C'est un peu long, mais, sur le style, sur le fond, et sur la chute, c'est du grand art.

"Une seule femme sur cette terre voyait Gwynplaine. C'était cette aveugle.
Ce que Gwynplaine avait été pour elle, elle le savait par Ursus, à qui Gwynplaine avait raconté sa rude marche de Portland à Weymouth, et les agonies mêlées à son abandon. Elle savait que, toute petite, expirante sur sa mère expirée, tétant un cadavre, un être, un peu moins petit qu'elle, l'avait ramassée ; que cet être éliminé et comme enseveli sous le refus universel, avait entendu son cri ; que, tous étant sourds pour lui, il n'avait pas été sourd pour elle ; que cet enfant, isolé, faible, rejeté, sans point d'appui ici-bas, se trainant dans le désert, épuisé de fatigue, brisé, avait accepté des mains de la nuit ce fardeau, un autre enfant ; que lui, qui n'avait point de part à attendre dans cette distribution obscure qu'on appelle le sort, il s'était chargé d'une destinée; que, dénûment, angoisse et détresse, il s'était fait providence ; que, le ciel se fermant, il avait ouvert son coeur ; que, perdu, il l'avait sauvé ; que, n'ayant pas de toi ni d'abri, il avait été asile ; qu'il s'était fait mère et nourrice ; que, lui qui était seul au monde, il avait répondu au délaissement par une adoption ; que, dans les ténèbres, il avait donné cet exemple ; que, ne se trouvant pas assez accablé, il avait bien voulu de la misère d'un autre par surcroit ; que sur cette terre où il semblait qu'il n'y eut rien pour lui, il avait découvert le devoir ; que là où tous eussent hésité, il avait avancé ; que là où tous eussent reculés, il avait consenti ; qu'il avait mis sa main dans l'ouverture du sépulcre et qu'il l'en avait retirée, elle, Dea ; que, demi-nu, il lui avait donné son haillon, parce qu'elle avait froid; qu'affamé, il avait songé à la faire boire et manger ; que pour cette petite, ce petit avait combattu la mort ; qu'il l'avait combattu sous toutes les formes, sous la forme hiver et neige, sous la forme froid, faim et soif, sous la forme ouragan ; que pour elle, Dea, ce titan de dix ans avait livré bataille à l'immensité nocturne. Elle savait qu'il avait fait cela, enfant, et que maintenant, homme, il était sa force à elle débile, sa richesse à elle indigente, sa guérison à elle malade, son regard à elle aveugle. A travers les épaisseurs inconnues par qui elle se sentait à distance, elle distinguait nettement ce dévouement, cette abnégation, ce courage. L'héroïsme, dans la région immatérielle, a un contour. Elle saisissait ce contour sublime, dans l'inexprimable abstraction où vit une pensée que n'éclaire pas le soleil, elle percevait ce mystérieux linéament de la vertu. Dans cet entourage de choses obscures mises en mouvement qui était la seule impression que lui fit la réalité, dans cette stagnation inquiète de la créature passive toujours au guet du péril possible, dans cette sensation d'être là sans défense qui est toute la vie d'un aveugle, elle constatait au dessus-d'elle Gwynplaine, Gwynplaine jamais refroidi, jamais absent, jamais éclipsé, Gwynplaine attendri, secourable et doux ; Dea tressaillait de certitude et de reconnaissance, son anxiété rassurée aboutissait à l'extase, et de ses yeux pleins de ténèbres elle contemplait au zénith de son abîme cette bonté, lumière profonde.
Dans l'idéal, la bonté, c'est le soleil ; et Gwynplaine éblouissait Dea.
Pour la foule, qui a trop de têtes pour avoir une pensée et trop d'yeux pour avoir un regard, pour la foule qui, surface elle-même, s'arrête aux surfaces, Gwynplaine était un clown, un bateleur, un saltimbanque, un grotesque, un peu plus et un peu moins qu'une bête. La foule ne connaissait que le visage.
Pour Dea, Gwynplaine était le sauveur qui l'avait ramassé dans la tombe et emportée dehors, le consolateur qui faisait la vie possible, le libérateur dont elle sentait la main dans la sienne en ce labyrinthe qui est la cécité, Gwynplaine était le frère, l'ami, le guide, le soutien, le semblable d'en haut, l'époux ailé et rayonnant, et là où la multitude voyait le monstre, elle voyait l'archange.
C'est que, Dea, aveugle, apercevait l'âme.



Ps : je vous conseille franchement l'édition "Les classiques de Poche", chez "Le livre de Poche", car bourrée de notes (de l'auteur ou non) et autres éclaircissements indispensables à la bonne compréhension de ce monstre de la littérature. (sans mauvais jeu de mots).
« Modifié: 20 Août 2014 à 00:30:12 par Aahraz »

Hors ligne pablom

  • Tabellion
  • Messages: 29
  • le pessimiste n°1 mondial :)
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #1 le: 05 Octobre 2014 à 14:15:41 »
C'est ce roman qui a inspiré le sourire-cicatrice  du joker dans batman The Dark Knight
meme dans la lumiere, il y a une part de tenebres

Mel

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #2 le: 04 Février 2015 à 23:19:06 »
J'ai adoré l'idée et j'ai détesté lire le livre. Pourtant, je m'étais farci les 2000 pages des Misérables sans problèmes. Mais j'ai ensuite découvert d'autres auteurs du XIXème qui ont éclipsé Hugo. Je trouve ses digressions inutiles et son ton pompeux. Contrairement aux Misérables, ce qui se dégage n'est pas la beauté de l'histoire mais l'arrogance de l'écriture.

Invité

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #3 le: 07 Février 2015 à 13:52:52 »
Citer
Je trouve ses digressions inutiles et son ton pompeux.
Bwhahahaha. Ouh ptin celle là elle est priceless. Merci pour le fou rire ;)

C'est là tout le piège : l'Homme qui rit n'est pas une "histoire". c'est la préquelle de 93, et il n'y a rien de comparable, que ce soit dans la démarche, dans l'accueil ou dans la facon de le publier, entre les Misérables - profondément contemplative (aux digressions bien plus épaisses et nombreuses, et à mon avis bien moins ciselées) - et L'Homme qui Rit - complétement sociopolitique et introduisant le témoignage historique dépeint dans 93 . L'inversion des signes et l'ironie habile qui amènent à lire l'inverse du discours réellement prononcé tient du génie pour l'époque (on commence cash avec le pendu qui est le premier homme qui Rit, avec Ursus qui se dit être la bête et son loup l'Homme, pour finir par filer la figure de style jusqu'à la confrontation finale entre Gwynplaine et les puissants).
Bref, comme le dit Hugo dans l'incipit (que la majorité des gens ne lisent pas alors que c'est un mode d'emploi de ouf : )
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

L'Homme qui Rit mérite d'être lu comme un whisky millénaire : lampée par lampée, en fixant le verre, puis en analysant le gout longuement. De nos jours, bien rares sont ces lecteurs là : l'époque, le temps, nos vies, nous amènent à toujours aller plus vite, à tout rentabiliser, à tout vouloir décrit, maché, expliqué, détaillé. Or Hugo, ici, ne dirige pas, il ne peint pas : il aiguille des raisonnements. Et c'est là à mon avis le grand atout de ce bouquin.

Rien que le terme "se farcir" me semble assez éloquent.
Citer
Mais j'ai ensuite découvert d'autres auteurs du XIXème qui ont éclipsé Hugo
Lesquels ?
« Modifié: 07 Février 2015 à 14:08:24 par Psykokwak »

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 000
Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #4 le: 07 Février 2015 à 16:46:47 »
Citer
Mais j'ai ensuite découvert d'autres auteurs du XIXème qui ont éclipsé Hugo
Lesquels ?
je peux répondre à la place de Mel ?

Lautréamont
Huysmans
Baudelaire

ces trois là je les trouve mille (dix mille ? cent mille?) fois mieux que hugo (bon moi hugo ça m'emmerde hein :--)).

Mel

  • Invité
Re : Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #5 le: 07 Février 2015 à 19:24:36 »
Citer
Mais j'ai ensuite découvert d'autres auteurs du XIXème qui ont éclipsé Hugo
Lesquels ?
je peux répondre à la place de Mel ?

Lautréamont
Huysmans
Baudelaire

ces trois là je les trouve mille (dix mille ? cent mille?) fois mieux que hugo (bon moi hugo ça m'emmerde hein :--)).

Merci de me montrer que je ne suis pas la seule à ne pas aimer Hugo ^^ surtout après le lynchage qui précède. Pour moi ce sera Gautier, Wilde, Baudelaire et Nerval.

A Psykokwak, je ne critique pas le contenu. Son projet est louable, ce qui ne l'empêche pas d'être difficilement lisible. Je ne vois pas en quoi la beauté d'un texte devrait reposer sur un style ampoulé et lourd, limite moralisateur.
Et même si j'ai utilisé le verber farcir, Les Misérables est un livre que j'aime beaucoup. Donc je n'ai pas d'a priori négatif sur Hugo et je ne casse pas du sucre sur son dos juste pour le plaisir. Ce qui ne m'empêche pas de penser qu'il a les chevilles très enflées et que son style est bien trop étudié. Mais que contrairement à celui de Flaubert, par exemple, cela se sent dans la lecture. On perçoit beaucoup trop le travail de la phrase qui doit persuader le lecteur de penser d'une certaine manière.
« Modifié: 07 Février 2015 à 19:28:20 par Mel »

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 000
Re : Re : Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #6 le: 08 Février 2015 à 16:28:55 »
On perçoit beaucoup trop le travail.
yep.
ça c'est clair que si y a bien un point commun entre tous les grands écrivains (et les grands joueurs de foot, les grands zikôsses, etc. etc.) c'est que ils travaillent beaucoup certes, mais c'est aussi que quand on les regarde (ou qu'on les lit, etc.) on ne sent pas ou très peu le travail. ça a l'air simple, ça a l'air évident (et évidemment ça ne l'est pas, mais c'est ça la classe : ne pas oublier de remballer l'échafaudage en repartant :--)).

Mel

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #7 le: 08 Février 2015 à 17:54:27 »
On sera d'accord sur un point alors!

Invité

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #8 le: 08 Février 2015 à 21:11:56 »
Baudelaire, vous êtes sérieux, là ? Fin faut le faire quand même pour pouvoir dire que Baudelaire "éclipse" Hugo. M'enfin.

Ce serait comme dire que Poe supplante Dick : je n'en vois pas l'intérêt. Pour ce qui est du "style ampoulé", je pense qu'on peut aussi raisonner en termes d'influences et de grandes avancées Humanistes, hein : le fond est tout aussi travaillé et poli que la forme, j'ai du mal à voir la même capacité chez Lautréamont. J'ai du mal à voir une oeuvre aussi ample et écrite en chassés-croisés, j'ai du mal à voir un tel combat face à son quotidien, à l'écriture, à l'exil. J'ai du mal de voir certaines mécaniques de l'époque se retrouver taxées de "pompeuses" où il n'est à mon avis que pur génie. Bien sûr, le lecteur pensif tendant à disparaitre, on y arrivera bien un jour.  Abusé de voir un écrivain se faire reprocher son "arrogance de l'écriture" dans un commentaire tout aussi arrogant. ^^

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Choisis ton camp, camarade ;p
« Modifié: 08 Février 2015 à 21:23:46 par Psykokwak »

Mel

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #9 le: 08 Février 2015 à 21:33:41 »
tu peux tout à fait avoir ton point de vue sur l'écriture de Victor Hugo sans pour autant être désagréable envers ceux qui te contredisent et insinuer qu'ils sont stupides et arrogants. Dans ce cas là, ils ne seront pas les seuls.
Je pensais qu'ici on pouvait s'exprimer tranquillement sans en prendre plein la face parce qu'on a le malheur de dire qu'un écrivain célèbre n'a pas un style accessible.
Donc bravo, tu as brillamment gagné la partie avec ta citation de Zola et ta supériorité intellectuelle.

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 000
Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #10 le: 08 Février 2015 à 21:39:03 »
Baudelaire, vous êtes sérieux, là ? Fin faut le faire quand même pour pouvoir dire que Baudelaire "éclipse" Hugo. M'enfin.

Ce serait comme dire que Poe supplante Dick : je n'en vois pas l'intérêt. Pour ce qui est du "style ampoulé", je pense qu'on peut aussi raisonner en termes d'influences et de grandes avancées Humanistes, hein : le fond est tout aussi travaillé et poli que la forme, j'ai du mal à voir la même capacité chez Lautréamont. J'ai du mal à voir une oeuvre aussi ample et écrite en chassés-croisés, j'ai du mal à voir un tel combat face à son quotidien, à l'écriture, à l'exil. J'ai du mal de voir certaines mécaniques de l'époque se retrouver taxées de "pompeuses" où il n'est à mon avis que pur génie. Bien sûr, le lecteur pensif tendant à disparaitre, on y arrivera bien un jour.  Abusé de voir un écrivain se faire reprocher son "arrogance de l'écriture" dans un commentaire tout aussi arrogant. ^^

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Choisis ton camp, camarade ;p
Chacun ses goûts Psyko, c'est normal  ;)

si tu as la chance de kiffer hugo (c'est évidemment une chance, et j'aimerais que ce soit mon cas), oublie nous, et entretiens ce goût  ;)

(quant à moi perso, ma critique de hugo est beaucoup plus "pauvre" que celle faite par Mel ; j'ai juste dit que hugo m'emmerde ; mais je ne trouve pas son style particulièrement ampoulé ou pompeux ; juste un peu fadasse :--) )

mais - et je le pense vraiment, je ne dis pas ça en l'air - : celui qui trippe a toujours raison ; continue de tripper et peut-être qu'un jour ce que tu dis me donnera envie de réessayer hugo  ;)

(et en passant : on a le droit d'être autonome dans ses goûts, hein.
zola kiffait hugo, moi zola m'emmerde, et hugo m'emmerde. et alors ? et alors, rien, ou pas grand-chose : chacun ses goûts.
y a des phrases laudatives de proust sur hugo, moi j'adore proust, et hugo m'emmerde, et alors ? et alors, rien, ou pas grand-chose : chacun ses goûts.
après évidemment c'est intéressant de savoir qui aimait qui ; instructif toujours, émouvant parfois (1) ; mais en aucun cas ça ne doit faire argument d'autorité; fort heureusement, nous sommes suffisamment autonomes dans nos goûts et nos impressions pour ne pas laisser l'opinion de zola (ou de proust ou de qui tu veux) s'interposer entre un auteur et nous  8) )

(1) d'ailleurs je me demande si y a pas des phrases laudatives de lautréamont sur hugo; à voir :--).
« Modifié: 08 Février 2015 à 21:45:37 par Meilhac »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #11 le: 08 Février 2015 à 22:01:23 »
Modération


S'il vous plait, pas d'emportement : chacun a le droit d'aimer ou de ne pas aimer un roman ou un auteur. Cela ne justifie pas d'attaquer l'auteur de la critique en le taxant d'arrogance.
Cette section est là pour que chacun puisse s'exprimer librement en commentant ses goûts littéraires, dans le respect et la bonne humeur !

Merci de ne pas l'oublier !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Invité

  • Invité
Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #12 le: 08 Février 2015 à 22:15:55 »
Hé mais ça va ow, y'a pas eu d'agressions ou de soucay, hein, j'ai dénigré ni insulté personne. Fin bon des fois y'a carrément plus de véhémences dans certains autres fils, hein. Bien sûr que je respecte vos gouts, après, encore une fois, selon moi (sauf pour Zemmour et compagnie), pour les personnes comme pour les oeuvres, y'a des "je pense que", des "il se trouve que", et des "l'auteur est d'une arrogance qui l'a perdu et c'est à chier."

Et donc, par la suite, il y a des avis et des formulations que je respecte, d'autres non.

Après, excusez moi, alors. Je ne vois pas en quoi ma réaction - qui se suffit à elle même et ne pousse personne à écouter zola plus que l'autre noname - est déplacée, irrespectueuse ou malvenue. Juste que "Baudelaire qui dépasse Hugo", ça me fait marrer, c'est tout, c'est dire que Van gogh poutre Picasso. J'capte pas, j'ai l'impression de voir du "contrecourant" pour la forme, par opposition. Sans jamais de rebond sur le lecteur pensif, sans jamais prendre en compte le contexte social, historique et le "style" de l'époque. Que ça vous emmerde, soit,
Bref, j'garderai mes avis pour moi, l'important c'est pas le mesure, le fond et la réflexion, l'important c'est la forme et le gout.
J'ai également du mal à voir l'intérêt d'une superposition de ressentis non argumentés. Des fois, l'emportement et le débat débridé sont bien plus fertiles et stimulants - quand, comme ici, les participants semlblent s'automodérer un minimum - que les juxtapositions de jugements de valeurs intouchables.

Allez o/
Citer
tu peux tout à fait avoir ton point de vue sur l'écriture de Victor Hugo sans pour autant être désagréable envers ceux qui te contredisent et insinuer qu'ils sont stupides et arrogants. Dans ce cas là, ils ne seront pas les seuls.
Je pensais qu'ici on pouvait s'exprimer tranquillement sans en prendre plein la face parce qu'on a le malheur de dire qu'un écrivain célèbre n'a pas un style accessible.
Donc bravo, tu as brillamment gagné la partie avec ta citation de Zola et ta supériorité intellectuelle.
Ce n'est pas tant le fait que tu n'aimes pas - il serait bien bête de ma part de juger cela - mais plutôt la forme de ta critique. Je suis véhément, certes, dans le sens où pour moi, c'est ici le travail de toute une vie - consacrée au recul des puissants et à la défense des opprimés ( à une époque toute décisive et compte tenu de la vie du type) - qui font que parler de l'écriture d'Hugo comme d'un "mec arrogant qui a les chevilles qui gonflent" ( - au point de s'exiler ?), c'est une aberration sans nom qui m'a fait bondir et j'en suis désolé. Le but n'était pas de te reprendre sur tes gouts et tes ressentis, mais bel et bien d'amener une sorte de nuance à ton rejet de cette oeuvre, car, liée à 93 et dans la logique de l'artiste, elle est justement tout l'inverse d'une arrogance, qu'elle soit littéraire ou personnelle : c'est mettre à la portée de la plupart les bases et les dérives - et donc les morales qui en découlent - de l'artistocratie, et de la monarchie.
Je ne tiens ni à prouver ma supériorité ni à te dénigrer plus que tu ne dénigres Hugo. Je défends un de mes maîtres.
C'est en cela qu'à mon avis, comparer Hugo (autrement qu'à travers ses petits poèmes contemplatifs dont il n'est pas question ici) à Baudelaire, qui lui est axé sur la poésie et la recherche d'esthétisme et de rythme, de souplesse ( la portée sociale et historique de l'oeuvre Baudelairienne doit être moindre), me semble assez maladroit. C'est un peu comme comparer deux courants de peinture différents pour parler d'une uniforme qualité.
Mes mots n'avaient pas pour but que tu ne les "prenne en pleine face" plus que les tiens n'étaient destinés à "dénigrer un auteur". Bref, désolé, alors. Je n'ai et n'insinuerai jamais que tu es stupide, navré si j'ai pu faire croire le contraire.
« Modifié: 09 Février 2015 à 00:21:50 par Psykokwak »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #13 le: 08 Février 2015 à 22:18:31 »
Modération

Cette section est là pour que chacun puisse s'exprimer librement en commentant ses goûts littéraires, dans le respect et la bonne humeur !


Aaahh, parce qu'il était juste question de goûts littéraires !!..

Excusez-moi, mais en passant ici par hasard, je me suis trouvé sur un champ de bataille ridicule et étrange où l'on en était à se jeter des noms d'écrivains au visage .

SURRÉALISTE !!!


"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 000
Re : Re : L'Homme qui Rit (Victor Hugo)
« Réponse #14 le: 08 Février 2015 à 23:47:22 »
Yo  ;)
Moi je la trouve de bonne tenue et intéressante cette discussion  ;)
psyko a dit "je kiffe hugo", et il a bien le droit ; mel et moi avons dit, chacun à notre manière et peut-être maladroitement et, il est vrai, sans trop argumenter (même si Mel l'a un peu fait), "bof, y a des auteurs du dix neuvième que je préfère", et on a bien le droit.

juste pour rebondir sur un ou deux points
"Baudelaire qui dépasse Hugo", ça me fait marrer, c'est tout, c'est dire que Van gogh poutre Picasso. J'capte pas
moi je trouve ça important et souhaitable qu'on puisse dire tranquillement "bidule me bouleverse, machin ne me fait rien", même (surtout !) quand machin c'est beethoven ou mozart ou van gogh ou picasso (ça tombe bien d'ailleurs tes exemples psyko, autant je kiffe monet, manet, matisse, cézanne, miro, autant van gogh, je boffe, et picasso je très boffe-boffe  :D ) ou hugo.

après évidemment l'idéal c'est d'argumenter (et d'ailleurs si vraiment ça vous branche de savoir pourquoi lautréamont ou baudelaire ou huysmans m'excitent, vous pouvez aller voir dans les fils ad hoc).

en tout cas je crois que l'idée, psyko, c'est pas de faire un concours, avec untel qui "poutre" untel ; c'est plutôt de parler de ce qu'on sent, d'une part, et de ce qu'on pense, d'autre part.

et c'est vrai que les deux diffèrent ; par exemple moi hugo ça m'emmerde, mais du peu que je connais en histoire de la littérature, je crois qu'il a joué un rôle intéressant, important peut-être même.

mais les deux questions sont distinctes ; pour dire les choses autrement : ce n'est pas parce que je sais que hugo a innové, ou occupé une place importante dans l'histoire de la littérature, que je vais faire semblant d'éprouver des émotions fortes en le lisant.

l'immense claveciniste et pianiste Gustav leonhardt disait franchement "beethoven, ça m'emmerde" ;

le génialissime pianiste glenn gould disait "mozart est mort quelques années trop tard" (il n'aimait pas le mozart de la fin de sa vie) ;

baudelaire et proust disaient franchement qu'ils trouvaient que george sand c'est nul ;

proust disait clairement "musset, vigny, c'est naze", "balzac n'a pas de style" ;

ce que leonhardt et gould et baudelaire et proust se permettaient, nous pouvons, nous devons même je pense, ici sur le fofo, nous l'autoriser ; c'est aussi comme ça que des discussions avancent, que des goûts se forment, que les fans et les groupies sont amenés à clarifier (pour eux mêmes et pour autrui) ce qu'ils aiment chez leur idole, etc.

après, y a un truc qui est clair : on est mille fois plus intéressant quand on parle d'un auteur qu'on aime que quand on parle d'un auteur qu'on n'aime pas (et c'est bien pour ça d'ailleurs que je pensais ne faire que passer sur ce fil ; et que c'est bien la première fois sur le forum que je donne mon avis sur hugo ; et que d'une manière générale j'interviens peu dans les fils sur les auteurs qui m'emmerdent).

bref j'arrête avec mes grandes généralités, mais perso je me permets très humblement psyko de t'encourager si tu en as envie à continuer à nous parler de hugo, puisque tu kiffes cet auteur.  8)

moi il vaut mieux que j'arrête : s'agissant d'un auteur qui ne me fait pas d'effet, je ne dirai plus grand chose d'intéressant. 8)

vive lautréamont, baudelaire et huysmans, puisque ma vie est plus belle que s'ils n'avaient pas existé ; et vive hugo aussi puisque la vie de psyko est plus belle que s'il n'avait pas existé  ;) !

« Modifié: 08 Février 2015 à 23:49:43 par Meilhac »

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.017 secondes avec 23 requêtes.