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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Sale prénom

Auteur Sujet: Sale prénom  (Lu 2145 fois)

Maxie

  • Invité
Sale prénom
« le: 11 Août 2014 à 11:01:13 »
VOICI LA VERSION 2 :)

Il s'agit d'une correspondance entre Mai Lan, jeune Vietnamienne de 12 ans et d'un ambassadeur retraité, Monsieur Charles.

      Monsieur Charles,

    J’espère que votre retour en terre natale n’a pas été trop éprouvant. J’imagine que vous recevrez ma lettre dans plusieurs semaines, mais qu’importe. Est-ce que vous avez le temps de boire du thé sous les tamariniers ? Il y a-t-il au moins ce genre d’arbres en Amérique ?
    J’ai refusé un caprice à ma sœur et cette peste a pleurniché dans les jupes de l’aïeule. A présent grand-mamie croit que j’ai insulté Phong en la traitant de négresse et m’a fait une révélation terrible : « Ton père n'est pas celui que tu crois ».
    Je ravale ma honte mais refuse de comprendre. Les mots s’entrechoquent et s’entortillent bêtement dans ma tête. Assommée, j’imagine Phong siroter un jus de mangue sous les feuilles édentées d’un papayer.
    J’aurai pu tomber des nues devant la perversité de ma petite sœur ou m’indigner. Jamais je n’avais tenu un tel discours. Quelles futilités, la seule question qui me taraude est « quel est le Blanc qui a engrossé ma mère ? ».
    Mes jambes tremblent, je ne distingue plus les éléphants qui courent sur la frise de marbre blanc. C’est qu’ils chargent à présent sous mon crâne ! Poussière, barrissements, ils piétinent le sol puis écrasent mon ombre dans un grondement surhumain.
    Mon premier réflexe a été de m’enfermer dans ma chambre.
    J’en voulais à ma mère. Je lui en voulais à mourir de m’avoir bercé dans l’ignorance et le mensonge. Le fait même qu’elle ait vu intimement d’autres hommes  est plutôt risible : l’épouse vertueuse du ministre des transports surprise en flagrant délit d’adultère.
    Et d’abord, qui est mon père ? Il a bien un nom, une nationalité.
    Au-dessus de ma coiffeuse, j’ai un polaroïd de mes parents en costume traditionnel. Main dans la main, ils se sourient béatement : un bonheur de pacotille. Ils n’étaient que des hypocrites et menteurs. Je vous envoie les confettis de cette photographie : j’ai peur que Phong ne les découvre.
    Nullement apaisée par ce sacrilège, j’entrepris alors de bourrer de coups de pieds le meuble en bambou en vidant un à un les tiroirs. Une lame de rasoir s’en est échappée. Je l’avais volé à mon grand-frère pour les jours où il me faudrait, comme les grandes, me raser les poils des aisselles. Je l’ai saisie et me suis regardée dans le miroir.
    Mon front, mes yeux, ma bouche trop petite. Je hais mon visage. Je suis une tare, un furoncle plein de pus. J’éclabousse la vertu de ma mère. Seule ma peau trop blanche de bâtarde, ma fierté, ce petit plus que je croyais tombé du ciel, me crie à la cantonade : « tu es le fruit du péché, la fille d’une traînée ».
    C’est peut-être l’histoire de mon prénom. Mai Lan signifie « la fleur d’abricot et orchidée ». L’abricot, famille des péchés. L’orchidée blanche. CQFD.
    J’ai approché la lame de ma joue, fascinée par le reflet dansant du métal. Il suffisait d’un geste, une seule estafilade pour rayer l’erreur.
    J’aurai pu me défigurer, mais je fus prise de vertiges. La lame dansait devant mes yeux. J’avais envie de vomir.
    Un craquement. Je sursautai. Comme pour me ridiculiser, un gros gecko me fixait tranquillement et faisait des pompes sur ses pattes avant.
    La lame glissa sur le parquet. Je l’avais échappé belle. Prise de tremblement, je m’effondrai sur le lit. Je voulais punir ma mère, mais pas au prix de mon corps. Après tout, c’est à moi qu’il appartient !
    Pendant que je vous écris, Monsieur Charles, mon père, rentré plus tôt que d’habitude, s’est assis au piano. Sans doute est-il de bonne humeur. Je l’entends tapoter quelques notes maladroites claires mais mélancoliques.
    J’en ai envie de pleurer.
    Je suis désolée de vous ennuyer avec tous mes problèmes. Mais voilà, vous êtes mon seul ami.
    Veuillez, cher Monsieur Charles, agréer mes considérations distinguées,
    Mai Lan.
« Modifié: 14 Août 2014 à 17:40:36 par Maxie »

Hors ligne Aventador

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Re : Sale prénom
« Réponse #1 le: 11 Août 2014 à 13:08:07 »
Hello Maxie.

Je ne connais pas vraiment les inter-relations entre tes personnages, mais je trouve l'entrée en matière de ta lettre un peu rapide. Il n'y a pas de transition entre "j'imagine que vous recevrez ma lettre (...) et "j'ai refusé un caprice à ma soeur (...)". Pour moi, c'est trop abrupte.

Bon je ne connais pas non plus le caractère de Mai Lan, mais la révolte/l'indignation que ressent toute personne à qui on a menti sur ses origines n'est pas assez perceptible dans cette phrase (répétée par la suite) : "Qui est donc mon père?" C'est trop neutre dans le ton je trouve.

Sinon, il y a de très très beaux passages dans cette lettre, en particulier celui avec la lame de rasoir, particulièrement fort. Cette révolte, cette rage, il faudrait qu'on la sente tout au long de la lettre, de façon plus intense il me semble.

Bon, mon avis est très subjectif, d'autant plus que je ne connais pas nombre d'éléments du contexte. Mais je pense que tu peux développer la charge émotionnelle de cette lettre.

Dernière chose, toujours dans le ton de la lettre : il est extrêmement familier par moment alors qu'elle vouvoie son interlocuteur, l'affuble d'un solennel "Monsieur", met une formule de politesse finale. Il faudrait à mon sens rendre le ton employé plus homogène.

Correction dans les détails, en gras :


      Monsieur Charles,

    J’ai refusé un caprice à ma sœur et cette peste
a pleurniché dans les jupes de l’aïeule. A présent grand-mamie croit que j’ai insulté Phong en la traitant de négresse et m’a fait une révélation terrible : « mon père n’est pas celui que je crois » (si tu mets la phrase entre guillemets, je te suggère de rapporter au style direct la phrase de l'aïeule, ça aura plus d'impact : "Ton père n'est pas celui que tu crois") .
Je ravale ma honte mais refuse de comprendre. Les mots s’entrechoquent et s’entortillent bêtement dans ma tête. Assommée, j’imagine Phong siroter un jus de mangue sous les feuilles édentées d’un papayer.
J’aurai pu tomber des nues devant la perversité de ma petite sœur ou m’indigner. Jamais je n’avais tenu un tel discours. Ais à côté de la question qui, à cet instant, me tourmente, peu m’importe (je n'ai rien compris à cette phrase!) : qui donc est mon père ?
Mes jambes tremblent, je ne distingue plus les éléphants qui courent sur la frise de marbre blanc. C’est qu’ils chargent à présent sous mon crâne ! Poussière, barrissements, ils piétinent le sol puis écrasent mon ombre dans un grondement surhumain.
Mon premier réflexe a été de m’enfermer dans ma chambre.
J’en voulais à ma mère. Je lui en voulais à mourir de m’avoir bercé dans l’ignorance et le mensonge. Le fait même qu’elle ait vu intimement d’autres hommes était  est (c'est une vérité générale) plutôt risible : l’épouse vertueuse du ministre des transports surprise en flagrant délit d’adultère.
Et d’abord, qui était mon père ?
Il avait bien un nom, une nationalité.
Au-dessus de ma coiffeuse, j’ai un polaroïd de mes parents en costume traditionnel. Main dans la main, ils se souriaient sourient (je crois que ce temps est préférable ici) béatement : un bonheur de pacotille. Ils n’étaient que des hypocrites et menteurs. Je vous envoie les confettis de cette photographie : j’ai peur que Phong ne les découvre.
Nullement apaisée par ce sacrilège, j’entrepris alors de bourrer de coups de pieds le meuble en bambou en vidant un à un les tiroirs. Une lame de rasoir s’en est échappée. Je l’avais volé à mon grand-frère pour les jours où il me faudrait, comme les grandes, me raser les poils des aisselles. Je l’ai saisie et me suis regardée dans le miroir.
Mon front, mes yeux, ma bouche trop petite. Je hais mon visage. Je suis une tare, un furoncle plein de pus. J’éclabousse la vertu de ma mère. Seule ma peau trop blanche de bâtarde, ma fierté, ce petit plus que je croyais tombé du ciel, me crie à la cantonade : « tu es le fruit du péché, la fille d’une traînée ».
C’est peut-être l’histoire de mon prénom. Mai Lan signifie « la fleur d’abricot et orchidée ». L’abricot, famille des péchés. L’orchidée blanche. CQFD.
J’ai approché la lame de ma joue, fascinée par le reflet dansant du métal. Il suffisait d’un geste, une seule estafilade pour rayer l’erreur.
J’aurai pu me défigurer, mais je fus prise de vertiges. La lame dansait devant mes yeux. J’avais envie de vomir.
Un craquement. Je sursautai. Comme pour me ridiculiser, un gros gecko me fixait tranquillement et faisait des pompes sur ses pattes avant.
La lame glissa sur le parquet. Je l’avais échappé belle. Prise de tremblement, je m’effondrai sur le lit. Je voulais punir ma mère, mais pas au prix de mon corps. Après tout, c’est à moi qu’il appartient !
Pendant que je vous écris, Monsieur Charles, mon père, rentré plus tôt que d’habitude, s’est assis au piano. Sans doute est-il de bonne humeur. Je l’entends tapoter quelques notes maladroites claires mais mélancoliques.
J’en ai envie de pleurer.
Je suis désolée de vous ennuyer avec tous mes problèmes. Mais voilà, vous êtes mon seul ami.
Veuillez, cher Monsieur Charles, agréer mes considérations distinguées,
Mai Lan.
[/list]


Voilà, en espérant avoir été d'une quelconque utilité dans la conduite de ton projet (un roman épistolaire, non?).

A très bientôt.

Avent'
« Modifié: 11 Août 2014 à 13:10:40 par Aventador »
"Nous ne disons rien, le silence parle pour nous deux. Le silence, et la pluie au-dehors peut-être."RN

Maxie

  • Invité
Re : Sale prénom
« Réponse #2 le: 12 Août 2014 à 08:03:47 »
Merci beaucoup d'avoir passé tant de temps à commenter ma lettre. Je vais reformuler certaines phrases pour retranscrire davantage l'impact émotionnel. Merci beaucoup de m'avoir montré certaines choses dont je n'avais absolument pas pensé !

VERSION 2 ;)

« Modifié: 14 Août 2014 à 17:39:12 par Maxie »

Maxie

  • Invité
Re : Sale prénom
« Réponse #3 le: 14 Août 2014 à 16:02:26 »
Bonjour à tous  ;D
y aurait-il une bonne âme pour me donner son avis sur la mise à jour ??

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Sale prénom
« Réponse #4 le: 14 Août 2014 à 16:20:48 »
Patience, ça fait que 2 jours que tu l'as posté !
Par ailleurs, tu pourrais dire dans ton premier message qu'il y a une version 2 plus bas ? Sinon, on risque de lire et commenter la mauvaise. ;)

Citer
J’aurai pu tomber des nues devant la perversité de ma petite sœur ou m’indigner. Jamais je n’avais tenu un tel discours.
Je trouve que ce passage n'est pas très clair. Quelle perversité ? J'ai pas non plus bien compris si le personnage a ou pas tenu ce discours au final (et je sais pas trop à quoi se réfère "un tel discours"). Bref, à mon sens, ces deux phrases ne sont pas bien claires...

Citer
Mes jambes tremblent, je ne distingue plus les éléphants qui courent sur la frise de marbre blanc. C’est qu’ils chargent à présent sous mon crâne ! Poussière, barrissements, ils piétinent le sol puis écrasent mon ombre dans un grondement surhumain.
J'aime bien ce passage ! Evocateur et concis :)

Citer
Au-dessus de ma coiffeuse, j’ai un polaroïd
Un truc me chiffonne depuis le début de ce texte : j'arrive pas à situer l'histoire. Jusque là j'aurais dit : époque coloniale. Mais un polaroid c'est très contemporain, du coup je nage un peu, c'est gênant, ça m'empêche d'entrer dans l'histoire :/

Citer
Je lui en voulais à mourir de m’avoir bercé dans l’ignorance et le mensonge.
bercée

Citer
Ils n’étaient que des hypocrites et menteurs.
"des" en fuite, avant menteurs ?

Citer
le meuble en bambou en vidant
ça fait deux fois "en" coup sur coup, ça alourdit

Citer
J’ai approché la lame de ma joue, fascinée par le reflet dansant du métal. Il suffisait d’un geste, une seule estafilade pour rayer l’erreur.
J’aurai pu me défigurer, mais je fus prise de vertiges.
Je comprends pas bien en quoi se défigurer effacerait sa différence physique  :/

Citer
et faisait des pompes sur ses pattes avant.
j'ai encore ce problème d'époque du texte. Je trouve que "faisait des pompes", c'est très moderne comme expression, du coup j'ai trouvé qu'il ne collait pas trop à l'ambiance du texte, mais ça dépend du cadre que tu voulais lui donner...

Citer
Je l’avais échappé belle.
Je trouve que cette expression ne colle pas trop : on dit ça quand on a réussi à échapper à un danger, alors que là c'était sa propre décision ; je trouve que ça ne colle pas trop avec son état d'esprit

Citer
Je l’entends tapoter quelques notes maladroites claires mais mélancoliques.
il faut des virgules pour que ce soit correct ^ ^



C'est un texte indépendant, à part entière, ou c'est un extrait ? Si c'est un extrait, j'ai du mal à en dire quelque chose, parce que je ne connais pas ses tenants et ses aboutissants... Le texte est agréable à lire, il y a de jolis passages, notamment, comme disait Avent', le moment de la lame de rasoir.
Quelque chose m'a chiffonnée quand même : pourquoi une réaction soudaine si extrême ? Je trouve qu'elle n'est peut-être pas suffisamment justifiée au niveau de la psychologie du personnage. On sent bien sa détresse - ça, c'est bien rendu :) - mais j'ai l'impression que la narratrice élude beaucoup de questions qui devraient se bousculer sous son crâne (pourquoi sa mère a-t-elle trompé son père ? Etait-ce le fruit d'un vrai amour ? Pourquoi le lui avoir caché ? Comment lui faire cracher le morceau ? Son père connait-il son existence ? etc etc). J'ai eu l'impression que le texte se focalisait sur l'indignation mais oubliait les autres pensées et sentiments qui doivent animer Mai Lan...

La suite de mes remarques, c'est uniquement s'il s'agit d'un texte entier et indépendant. Si c'est un extrait, forcément, ça ne s'applique pas. Mais si c'est une nouvelle en soi, plusieurs choses m'ont gênée :
- j'ai vraiment eu du mal à comprendre le cadre. C'est peut-être un manque de culture de ma part, mais le gecko et les noms m'évoquent plutôt l'Asie, alors que la question de la couleur de peau, plutôt l'Afrique par exemple...
- j'ai eu un peu de mal à situer le texte dans le temps : ça m'évoque plutôt un contexte colonial, mais le polaroid m'interpelle, du coup...
- enfin, je ne comprends pas du tout la relation entre la narratrice et ce monsieur Charles. Tout du long, on se dit qu'il doit être son père, ou quelque chose comme ça ; alors qu'à la fin, il semble ne rien avoir à faire avec l'intrigue. Je trouve ça un peu gênant, parce que si tu enlèves le premier paragraphe et la formule de politesse, le texte se suffit à lui-même, rien ne justifie la forme de la lettre, ce qui est un peu dommage  :/ Et du coup, ça laisse vraiment la question de savoir qui est ce Charles, d'autant que la narratrice semble jeune, donc ça reste en suspens, on a l'impression qu'il manque des fils pour saisir l'intrigue.


Reste que le texte est agréable à lire et a de jolis passages, hein ! Mais j'ai du mal à le comprendre, sans tous ces éléments...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Maxie

  • Invité
Re : Re : Sale prénom
« Réponse #5 le: 15 Août 2014 à 17:49:25 »
Cet extrait d'un récit épistolaire se déroule à Hanoï (Vietnam) en 1961. Soit pendant la guerre d'indépendance.
Merci beaucoup pour toutes tes remarques. Je les prends en considération et je réfléchis à l'amélioration de cette lettre. Merci de tous ces conseils que je considère comme précieux.
Par contre je suis un peu étonnée de ta remarque sur les couleurs de peau o.O Elle est habituellement brune ! Et très foncée en saison sèche. Sur ce point là, je suis sûre de ce que je te dis !

Hors ligne Rémi

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Re : Sale prénom
« Réponse #6 le: 19 Août 2014 à 01:13:11 »
Salut Thalie,
j'ai bien aimé cette lettre qui doit prendre tout son relief au sein des autres.

Mes commentaires :
Citer
Il y a-t-il au moins ce genre d’arbres en Amérique ?
J’ai refusé un caprice à ma sœur
Une petite transition non ?

Citer
Je ravale ma honte mais refuse de comprendre. Les mots s’entrechoquent et s’entortillent bêtement dans ma tête. Assommée, j’imagine Phong siroter un jus de mangue sous les feuilles édentées d’un papayer.
J’aurai pu tomber des nues devant la perversité de ma petite sœur ou m’indigner. Jamais je n’avais tenu un tel discours. Quelles futilités, la seule question qui me taraude est « quel est le Blanc qui a engrossé ma mère ? ».
Mes jambes tremblent, je ne distingue plus les éléphants qui courent sur la frise de marbre blanc. C’est qu’ils chargent à présent sous mon crâne ! Poussière, barrissements, ils piétinent le sol puis écrasent mon ombre dans un grondement surhumain.
sur cette partie, je trouve que l'on n'est plus dans le ton d'une lettre. ça fait plutôt extrait de roman (bien écrit par ailleurs).
J'aime pas trop le "bêtement" ; le "quelles futilités," (pourquoi, qui ?)
un grondement "surhumain" pour des éléphants c'est la moindre des choses  ;)

Citer
Et d’abord, qui est mon père ? Il a bien un nom, une nationalité.
Au-dessus de ma coiffeuse, j’ai un polaroïd de mes parents en costume traditionnel. Main dans la main, ils se sourient béatement : un bonheur de pacotille. Ils n’étaient que des hypocrites et menteurs.
et c'est tout sur "qui est mon père ? Si elle ne s'y intéresse pas, on aimerait savoir pourquoi, si elle s'y intéresse, c'es succinct ! ça peut rester non dit, taraudant, c'est peut-être le but, un évolution dans les lettres à venir...

Citer
Je vous envoie les confettis de cette photographie : j’ai peur que Phong ne les découvre.
Nullement apaisée par ce sacrilège, j’entrepris alors de bourrer de coups de pieds le meuble en bambou en vidant un à un les tiroirs. Une lame de rasoir s’en est échappée.
Bizarre le "entrepris" (un "j'ai entrepris serait compréhensible), en plus avec l'élusion "confetti/sacrilège" ça passe pas super.
et puis est-on encore dans une lettre ?

Sinon, j'aime bien le début malgré mes remarques et j'aime beaucoup le passage qui suit avec la lame de rasoir.

Citer
J’ai approché la lame de ma joue, fascinée par le reflet dansant du métal. Il suffisait d’un geste, une seule estafilade pour rayer l’erreur.
J’aurai pu me défigurer, mais je fus prise de vertiges. La lame dansait devant mes yeux
deux fois "danser", mais c'est une micro remarque, ça passe très bien.

J'ai le sentiment que la lettre part en "narration" par moment. Dans ce cas, peut-être faudrait-il replacer le destinataire au centre de l'échange. (je dois vous raconter...)
Sinon, mon avis perso est que je ne m'imagine plus que cela puisse être une lettre d'une jeune fille.

Merci pour ce texte (qui doit lever quelques unes de mes remarques lorsqu'il est accompagné des autres lettres).

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Maxie

  • Invité
Re : Sale prénom
« Réponse #7 le: 19 Août 2014 à 17:42:28 »
@Milora : le polaroïd date de 1937 ;)

@RemiDeLille : merci beaucoup pour ta lecture et tes remarques. Je vais en prendre compte pour l'améliorer. Tu m'as fait prendre conscience de certains points négatifs à revoir auxquels je n'avais pas pensé : merci beaucoup je progresse en corrigeant !

Hors ligne Milora

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Re : Re : Sale prénom
« Réponse #8 le: 19 Août 2014 à 17:49:04 »
@Milora : le polaroïd date de 1937 ;)
J'avoue que quand je pensais "époque coloniale", je pensais XIXe siècle ^^ Mais en gros l'idée c'est qu'on situait pas trop le contexte. Ceci dit, comme c'est un morceau de roman, ça se justifie !

J'ai vu que tu avais posté un autre extrait dans un autre message ; tu ne préfères pas faire un seul fil pour tous tes extraits ? En lire un seul, pris indépendamment des autres, n'est peut-être pas la meilleure façon d'arriver à rentrer dedans et donc à commenter utilement  :/

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Rémi

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Re : Sale prénom
« Réponse #9 le: 21 Août 2014 à 00:59:27 »
D'accord avec Milora pour regrouper tes textes pour des commentaires plus complets, et un peu moins de frustation à la lecture. On sent qu'on n'a pas tous les éléments, que des résonnances manquent.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Maxie

  • Invité
Re : Sale prénom
« Réponse #10 le: 09 Janvier 2015 à 18:10:11 »
Effectivement, je vais y réfléchir! Merci !

Donaldo75

  • Invité
Re : Sale prénom
« Réponse #11 le: 10 Janvier 2015 à 12:16:32 »
Salut Maxie,

Cette lettre fonctionne très bien même sans connaitre le reste de la correspondance entre cette jeune fille et le retraité. J'aime le ton qui monte en puissance, dès lors que Mai-Lan répète la phrase de sa grand-mère, celle qui met le feu aux poudres.
C'est réaliste, classique dans l'écriture, avec quelques excellentes trouvailles (le gecko qui fait des pompes, c'est grandiose) et surtout une réelle émotion pour le lecteur.

Bravo !
J'en redemande, pas forcément sous forme épistolaire d'ailleurs.

Bises

Donald

Maxie

  • Invité
Re : Re : Sale prénom
« Réponse #12 le: 10 Janvier 2015 à 13:28:32 »
Salut Maxie,

Cette lettre fonctionne très bien même sans connaitre le reste de la correspondance entre cette jeune fille et le retraité. J'aime le ton qui monte en puissance, dès lors que Mai-Lan répète la phrase de sa grand-mère, celle qui met le feu aux poudres.
C'est réaliste, classique dans l'écriture, avec quelques excellentes trouvailles (le gecko qui fait des pompes, c'est grandiose) et surtout une réelle émotion pour le lecteur.

Bravo !
J'en redemande, pas forcément sous forme épistolaire d'ailleurs.

Bises

Donald
Bonjour Donald. Merci énormément d'avoir lu et commenté ce petit texte. C'est toujours encourageant de recevoir des avis ! J'ai encore beaucoup à apprendre pour me perfectionner. C'est pourquoi je relève actuellement le Défi Bradbury.
Bonne journée !

 


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