Voici un texte, initialement posté ici pour faire écho au fil de discussion sur "comment écrire un texte sensuel sans être vulgaire".
A vrai dire, c'est toujours compliqué, je ne le trouve pas vulgaire, mais il est possible que je me trompe.
Pour la forme et le fond, vous pouvez commenter à votre bon vouloir

Quelques gouttes de plaisir
Elle avait tamisé la lumière …
Adieu le gros néon de la cuisine américaine qui renvoyait une ambiance vive et froide, exit aussi le lustre moderne qu'ils avaient acheté ensemble... Quelques bougies astucieusement placées baignaient de leur chaleur la pièce unique. Comme mille étoiles, les flammes se reflétaient dans les grands miroirs. J'aurais presque dit qu'elles dansaient au rythme d'Otis Redding qu'elle avait mis en fond... Dans l'air flottait un parfum, je ne saurais dire lequel, mais une touche de musc se mêlait à d'autres notes suaves et chaudes… Que manigance-t-elle encore ?
En tout cas, c'est le genre de piège dans lequel tout homme rêve de tomber... Après la journée que j'avais passé sur les routes, j'avais besoin de me détendre, et de retrouver celle qui occupait mes pensées depuis maintenant plusieurs mois. Où est-elle ?
Je pose mon cuir sur le dos du fauteuil, la chaleur ambiante et la promesse d'une soirée enivrante me réchauffe vite le corps. Sur la table basse, une bouteille de son vin préféré, un tire bouchon, et deux de nos plus beaux verres. Je m'assois discrètement, de peur de troubler l'ambiance si parfaitement créée, et débouche le nectar rouge...
Quelques gouttes rouge sang prennent leur liberté, et finissent sur la petite nappe blanche. Je n'ose y goutter, mais l'ennivreur est d'un rouge rubis absolument hypnotique, et je me laisse prendre au jeu des senteurs de fruits et de cannelle qu'il dégage. Je ne sais par quel miracle je suis passé chez le petit fleuriste au coin de notre rue, pour en rapporter une rose, une simple rose, tellement symbolique, tellement simple, tellement belle, comme elle.
Je la pose sur la table, entre les deux verres… puis me ravise, attrape la tige d'une main, les pétales de l'autre , et d'un coup sec arrache les petites coupoles rouges, et les dispose sur la table. C'est beaucoup mieux, j'espère qu'elle sera de mon avis… trop pressé de cacher la tige, je me pique, une forme de vengeance bien méritée de mon amie la fleur dès lors décapitée...
Quelques gouttes de sang perlent de mon doigt. Après les avoir regardé à la lueur des bougies, je les attrape du bout de la langue.
La porte de la salle de bain s'ouvre lentement. A l'intérieur il fait sombre, et je la devine à peine, une chose est sûr, c'est qu'elle n'est pas beaucoup habillée, et l'imagination s'emballant, je sens monter en moi un désir fou de connaître la suite.
Quelques gouttes de salive m'aident à m'humecter les lèvres, l'envie les rend sèches, et j'ai hâte de goûter au vin...
La silhouette affûtée avance lentement vers moi et je découvre à l'envie des bougies son corps gracieux… Elle porte un magnifique ensemble de lingerie noire, une sorte de corset mais je m'y connais mal, et un porte-jarretelles souligne la finesse de ses jambes parfaites. D'incroyables talons aiguilles et un masque de dentelle finissent de m'achever… je reste mué, bouche bée devant autant de grâce ….
Ses yeux de reine plantés dans les miens, elle s'approche de moi, et je ne saurais dire qui a le plus envie de nous deux tellement ses yeux brillent malicieusement. Face à moi, elle s'assoit sur mes genoux, ses jambes autour des miennes. Le spectacle doit être merveilleux, mais je ne veux que soutenir ce regard électrique encore un peu.
« Bonsoir chéri » me chuchote-t-elle à l'oreille avant de m'embrasser dans le cou, elle porte son parfum préféré.
Quelques gouttes délicatement posées dans son cou, un appel à l'abandon auquel je ne peux ni ne veux me soustraire. Je suis tout à elle, je le sais, elle le sait, et la symbiose totale de ce moment nous fait sourire. Elle attrape nos deux verres, nous trinquons et goûtons ce petit régal en robe de cristal. J'ai à peine le temps de boire une gorgée, qu'elle me reprend le verre, qui va rejoindre la table. Elle défait un à un tous les boutons de ma chemise, j'ai envie de la supplier d'accélérer mais me contente de lui passer la main dans les cheveux, tendrement, et sa joue vient se poser dans ma main. La chemise est ouverte, elle reprend son verre et laisse couler le précieux liquide sur mon torse...
Quelques gouttes fraîches coulent vers le bas de mon ventre. Sa langue, comme un berger ramène ses brebis, va chercher de sa pointe toutes les petites échappées... le contraste est saisissant entre la chaleur de sa langue et la fraîcheur du vin, mes nerfs commencent à avoir du mal à faire la différence pourtant...
Nouvelle gorgée, puis elle m'embrasse, enfin. Je me rend vite compte qu'elle a gardé le vin en bouche, et nous nous l'échangeons comme la promesse d'une nuit où l'on réécrira la définition du mot « Sensuel ».
Quelques gouttes de vin se mêlent à nos langues exploratrices. Mes mains caressent son corps, comme si elles voulaient l'apprendre par cœur. Elle passent sous la dentelle fine, remontent jusqu'à l'agrafe qui a tôt fait de ne plus être un obstacle à leur lente mais inexorable remontée vers sa nuque. Je l'attrape fermement, penche sa tête sur le côté afin de pouvoir goûter son cou de mes lèvres impatientes. Puis ses mains descendent lentement sur mon ventre, puis se jouent de la ceinture avec habileté. Sa main se faufile, elle est fraîche et experte, et le désir s'empare de tout mon être. Emporté par mes sens , mes mains caressent maintenant ses seins, ils sont fermes et se raidissent à mon contact, il me semble voir son front briller.
Quelques gouttes de rosée tiède coulent le long de ses tempes, elle plante ses yeux dans les miens.. son regard trahit une gourmandise et une impatience qu'elle ne cherche de toutes façons pas à me cacher.
Dans le silence assourdissant, nos respirations sont semblables aux tempêtes les plus folles. Elle passe mes mains dans mon dos, et, d'un regard amusé, m'enjoint de ne pas les y enlever. Sa bouche descends sur mon cou puis mon torse. La descente enchanteresse fait une pause au creux de l'aine... j'aime sentir sa langue parcourir mon corps. Puis vient le moment aussi redouté qu'attendu, ses lèvres chaudes embrassent l'objet de désir tendu comme l'arc d'un chasseur.
Quelques gouttes de sueur tentent d'évacuer la chaleur qui monte en moi, et parcourent mon torse comme si elles tentaient de rattraper leur retard sur les lèvres enflammée qui, il y a peu, faisaient le même chemin. Je ne peux m'empêcher d'enlever mes mains de leur prison imaginaire, et caresse sa nuque brune. Elle remonte, nos lèvres se frôlent, puis je me lève et la dépose délicatement sur le dos. Son regard, toujours caché par le masque me fixe avec envie. J'aime voir ses yeux brillants caresser les miens. Il est temps d'inviter le feu à ce moment suave.
Quelques gouttes de cire chaude s'échappent de la bougie que j'avais discrètement saisie, et viennent faire monter encore un peu la chaleur de son ventre. Ses petits gémissements de plaisir et son corps qui semble ne plus obéir qu'à lui-même, me mettent en transe. Je saisis mon verre de vin, et fais couler le liquide froid sur son pubis. Je le goutte avidement, et ma langue vient la fouiller passionnément. Mes mains pétrissent ses fesses, elle commence lentement à perdre tout contrôle.
Quelques gouttes au goût chaud et sucré coulent dans ma bouche. Je me délecte de son nectar tandis que ses mains attrapent mes cheveux avec vigueur .
Quelques gouttes sonores délicieuses parviennent à mes oreilles : viens ! Viens vite !
Je remonte vers elle, et en m'allongeant sur elle, pénètre en son corps autant qu'en son âme. Le temps n'est plus, la pièce autour n'est plus... seuls restent nos corps perdus l'un dans l'autre dans une danse parfaite. Puis notre jouissance parfaitement synchronisée fait tomber les barrières du possible...
Son corps rempli de moi et parcouru de spasmes. Sous mon poids, elle tente de reprendre sa respiration. Je la libère enfin, et m'étend à ses côtés.
Quelques gouttes nacrées ruissellent. De son doigt, elle les goutte en me regardant... Je suis épuisé, elle aussi, mais au delà de nos considérations humaines, mon ange me chuchote : Encore ….