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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]

Auteur Sujet: Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]  (Lu 1679 fois)

alexis17

  • Invité
Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« le: 25 Juillet 2014 à 14:20:08 »
Bonjour, voici mon "opéra" si je puis l'appeler ainsi, j'espère qu'il vous plaira, sinon, n'hésitez pas à me dire pourquoi. A bientôt  ;D

Acte I

« Putain, t’aurais vu les épaules, une vraie armoire à glace. Bref, J., super maigre, n’avait aucune chance. Mais genre, t’aurais vu l’autre quoi ! Des bras comme des cuisses, crâne rasé pour pas se faire tirer les cheveux, dents en or pour plus perdre les vraies, avait gagné le tournoi de boxe du pénitencier, fin, je veux dire, un monstre physique ! Alors, J. qui venait d’arriver, avait plutôt peur pour ce qui devait être son premier combat, donc J. a pris un sceau d’eau au nettoyage, l’a rempli et l’a lâché du haut du troisième. Bang ! La championne de boxe est morte sur le coup. Mais bon, tu vois, on a tous eu une première danse, maintenant c’est ton tour. Toi ou elle. Allez Juliette, je te couvre, tu l’égorges par derrière, point barre, cette connasse crève et personne te fait plus chier ! ».
Juliette essayait de se trouver des raisons valables, assez valables pour justifier un meurtre. Comment cela avait-il commencé si ce n’est dans la stupidité, la conquête de territoire et le désir de puissance ? Comment cela allait-il se terminer ; sang, trippes, sueur, cris ou gémissement, réalité et folie ? Michelle posa la lame au creux de sa paume. « Le ballet commence, petite, le ballet commence : c’est l’heure de danser ! ».

Sa gracieuse épaule eut un mouvement vif, rapide ; le poignet vrilla et le buste se projeta vers l’avant ; un, deux ; la lame glisse et la gorge s’ouvre. La finesse et l’habileté du bras laissèrent place à un flot sanglant et désordonné, véritable symphonie d’éclaboussures, mélodie de giclements, chaque note étant l’ascension de la précédente, plus rouge, plus épaisse. La « conasse » ne pouvait crier, étouffée par son propre sang, concert de gémissements : le grand final approche. Le corps s’écrase dans un bruit sourd, une note grave et la musique s’éteint tandis que s’enfuient le maestro et son valet. Tomber de rideau.

Acte II
   
« Il parait que le grand méchant loup a demandé à te voir, petit chaperon. Il a envoyé les trois petits cochons te déloger. Ouf, souviens-toi qu’on était dans ma cellule ; et Pouf, crache-lui dessus de ma part. Ouf et Pouf, dommage que cette maison ne puisse s’envoler ! Justement les voilà ! Groin ! Groin ! ». Trois paires de talons firent écho sur le bitume, marche nuptiale ? Les cochons avaient déjà la matraque raide, prêts à faire tomber leur courroux au moindre refus. « Alors mes bons gros porcs, qui a la plus grosse ? Allez, lâchez-moi maintenant ! ».
Les convulsions frénétiques de la belle firent grogner les porcins, vagues élancées des bras, suaves ondulations des jambes. Hurlements de la foule endiablée : le chœur adule toujours les combats. Féroce coup de matraque tombé du ciel, l’arcane explose. Le sang coule et l’arène en délire exulte, bientôt l’extase et dans un immense feu de joie les corps nus danseront !
Valse à trois maris et six mains devient vite salsa sulfureuse : grondements bestiaux, fureur de la belle esseulée, que fait le prince charmant ? Le couplet se fait grave : il ne viendra pas, l’allégresse est vaincue, menée jusqu’à la tour d’ivoire. Funestes tambours ; le duel avec le ténor se rapproche et notre petite soprano s’annonce vaincue.

Acte III

« Juliette O’Neill, vol de voitures, deux fois, coups et blessures, troisième peine. Bientôt meurtre. Peu de visites, famille fortement wiccan mais ne semble pas croyante, profil typique mais nuancé de petites touches inattendues : j’adore. Malheureusement, vous n’avez pas volé la sucette d’une petite fille ce matin, n’est-ce pas. Disons que vous êtes passé du vol à l’étalage au braquage de banque. Ou plutôt comment vous faire comprendre les choses clairement… Ce soir, quelqu’un d’autre va mourir. Est-ce clair ? ».
Ses membres supérieurs voltigeaient gracieusement dans de longues envolées célestes, silhouette astrale, plongée sous le projecteur, dominant l’obscurité. Voix forte et puissante, voix de poitrine indomptable, sauvage, terriblement rauque, écho d’elle-même.
« Retenez bien cette phrase : ce soir, quelqu’un va mourir. Serait-ce vous, votre complice, quelqu’un avide de vengeance ou qui sais-je… Vous vous agiterez dans une sorte de transe, une frénésie et, incapable de contrôler votre corps, de confiner vos peurs, vos folies, vous assisterez impuissante à la fin, au tomber de rideau, rouge, ensanglanté, fatal. Le destin est barbare et, tandis que je dormirai paisiblement auprès de ma femme, quelqu’un va mourir. ».
Son buste inspirait, expirait dans une cadence impassible, un rythme parfait et elle sentait ses jambes céder sous la violence, la violence de son calme impassible, visage de porcelaine si cruel, figé dans l’amer tendre, glacé dans une douce souffrance.
« Que dois-je vous répondre ? Que j’ai des regrets ? Que j’ai peur de mourir ? A vrai dire, je ne sais pas, je ne sais plus ce que je fais, ce que je suis. Le temps a détruit ma raison et, désormais, que me reste-il si ce n’est… un corps abîmé, une vingtaine tassée, des cheveux ternes, des formes aplaties, des yeux écarlates ? Mes yeux, c’est peut-être mon seul regret : ils ne voient plus que le sang, que le rouge, ils brûlent. Si je meurs ce soir, souvenez-vous de mon regard écarlate sur votre face blanchâtre. Sinon, si je respire encore à minuit, craignez que je ne recommence, que ça ne recommence car tout cela n’est qu’une valse sempiternelle sur un air de vengeance. Que trouverai-je dans la mort si ce n’est la délivrance ? Oui, j’ai peur de mourir, mais, j’ai également peur de vivre… ».

Acte IV

Las, son corps, s’étala sur le matelas. Membres éreintés, buste meurtri, visage disgracieux, vie éphémère. Elle prit sa gorge entre ses mains et se souvint de la lame sur la nuque, archet sur un violon, éraillement des cordes brisées, concerto de fausses notes. Les violons se casseront les uns après les autres, chaque voix s’éteindra l’une après l’autre dans une sanglante boucherie de gorges tranchées, de voix muettes, incapables de crier, de chanter ou de parler. Le sang obstruera les gorges cisaillées ; une corde se casse, un violon se brise, un bruit strident et… Silencio.
« Un soir, je sortais de boîte avec une amie. Nous avions beaucoup dansé et j’étais plutôt bourrée, assez pour ne plus me contrôler. Un homme, seul, m’a demandé une cigarette. Il n’arrêtait pas de mater les seins de mon amie et lorsqu’elle lui a demandé d’arrêter, il a ri. Un rire aigu, atroce, un rire insoutenable qui déformait son visage. J’ai brisé ma bouteille de bière sur le côté droit de sa face. L’oreille n’a pas aimé. Il hurlait et j’ai voulu le faire taire : je l’ai frappé encore et encore jusqu’à ce qu’il tombe, jusqu’à ce qu’il cesse de crier, de parler, de murmurer. Son visage était déchiré par la douleur puis, il a fini par s’apaiser, presque souriant, incapable de ressentir quoique ce soit, inconscient. J’ai appelé les secours, puis j'ai commencé à courir, seule. J’aurais pu prendre ma voiture mais je me suis juste mise pieds nus et j’ai couru dans une plaine, j’ai couru jusqu’à ce qu’ils m’arrêtent le lendemain matin. Je savais qu’ils m’auraient et j’avais besoin de… sentir ma liberté, juste une dernière fois. ».
Ses jambes flottaient au gré du vent, bercées dans de tendres mouvements aériens, célestes, souples et amples. L’herbe humide sous ses pieds, douce rosée matinale et amer soleil levant : la fin est proche. Les sirènes stridentes sur le chemin de terre, nuage de poussière virevoltant, cendre rugueuse annonciatrice de chaos, de cris et de menottes lacérant ses poignets encore enfantins, si fragiles et innocents. Elle essaye de crier toute sa peine mais ses cordes vocales restent muettes, crispées, tétanisées par la peur.
« La liberté, ça n’existe pas. Ils chantent cette ode pour nous faire languir de l’au-dehors, nous rendre fou, mais, Juliette, la liberté n’existe pas. ».

Acte V

« Hey, les filles, ils ont laissé Lux jouer de la guitare, ce soir ! ». Michelle et Juliette bondirent de leur lit dans un élan de grâce, animées par le désir soudain d’entendre cette voix angélique, cette triste mais si jolie fille. Elles traversèrent les escaliers et le long couloir principal jusqu’à la salle de spectacle. La scène était sombre et Lux s’était assise sur une maigre chaise, inconfortable, la guitare sur les cuisses, face au public silencieux.

Les notes furent suaves, tendres, douces déformations aériennes, sons voluptueux, arabesques musicales mais paroles sèches. « Je serais déjà morte si tu ne m’attendais pas, quelque part, derrière ces murs infranchissables, derrière cette prison de verre où le temps s’est arrêté et, lorsque je clos mes paupières, je nous revois, l’un contre l’autre, nourris par la chaleur de l’être aimé ; je revois ton regard si doux caresser ma joue meurtrie ; je revois tes iris bleutés et je me sens mourir. Je me sens mourir encore et encore, une violence inouïe, insurmontable.
Mon corps se plie sous la douleur et je me meurs à jamais. Mon âme n’est plus dans mon corps, plus dans ma tête, à peine accrochée à ma tignasse blonde. Mes tatouages se décollent de ma peau, mes ongles s’arrachent et mes dents tombent ; ma peau se déchire, mes membres se déracinent de leur tronc et, dans un éclair, ma tête éclate, repeint ces murs si froids, si ternes. Et je me sens mourir, encore et encore, une violence inouïe, insurmontable.
Tes yeux posés sur mon corps me brûlent, et je ne peux que t’aimer, me consumer, m’embraser pour toi et ces prunelles de feu. Depuis deux mille ans je suis là, enfermée pour l’éternité, prisonnière de ce monde, cet édifice, de moi-même. Mes veines explosent, mon cœur se pourrit, viscères prodiguées, chair avariée dont il ne reste plus qu’un funeste arôme, effluve ensanglanté. Et je me sens mourir, encore et encore, une violence inouïe, insurmontable. Je revois tes yeux et je me sens mourir tandis que tu m’attends… ».

Plus de danse ni de ballet, ce qui avait commencé dans la frénésie s’achève sur ce dernier plan : une foule statique, tétanisée par la tristesse. « Et maintenant, Michelle, qu’est-ce qui va nous arriver ? ». Elle hausse les épaules, muette, et Juliette jette un dernier regard vers la scène et cette silhouette, cette poupée de chiffon. La lumière se reflète sur son visage humide, éploré. « Je vois… Tu es aussi perdue que moi… ».
« Modifié: 28 Juillet 2014 à 17:53:34 par alexis17 »

Hors ligne Cocoa

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Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #1 le: 27 Juillet 2014 à 22:09:39 »
Quelques fautes :
Citer
dents en or pour plus perdre les vrais
vraies
Citer
donc J. a pris un saut d’eau au nettoyage
seau
Citer
« Il parait que le grand méchant loup à demander à te voir, petit chaperon
a demandé
Citer
Que trouverais-je dans la mort si ce n’est la délivrance ?
trouverai-je
Citer
Membres éreintés, buste meurtrie, visage disgracieux, vie éphémère
meurtri
Citer
Je savais qu’il m’aurait
Il me semble que tu parles des policiers, donc au pluriel, non ?
Citer
Mon âme n’est plus dans mon corps, plus dans ma tête, à peine accroché à ma tignasse blonde.
accrochée

Et juste parce que je suis chiante,  :noange: il y a une répétition de la forme "je me suis mis" qui m'a un peu gênée :
Citer
J’ai appelé les secours, puis je me suis mis à courir, seule. J’aurais pu prendre ma voiture mais je me suis juste mise pieds nus et j’ai couru dans une plaine, j’ai couru jusqu’à ce qu’ils m’arrêtent le lendemain matin.

M'enfin bon, passons à la partie intéressante !
J'ai beaucoup aimé le texte et le milieu pénitentiaire que tu décris. Certains pourraient le trouver caricatural ou cliché, mais comme je n'en ai aucune expérience (comme la majorité des lecteurs, il me semble), je m'attache surtout au fait que l'atmosphère est très bien dépeinte et qu'on ressent une réelle ambiance.
Je trouve également que le parallélisme que tu développes avec la musique et le concerto est très bien orchestré : ça suit et ça accompagne très bien le déroulement de l'histoire. En moi-même, je me demande même si tu ne t'es pas inspiré d'une musique ou si tu n'aurais pas créé une musique d'après cette histoire. C'est stupide, je sais, mais c'est perturbant comme harmonie  ><

Sur la forme, je dirais simplement que le passage continuel entre passé et présent est plutôt bien mené, même si certaines personnes n'aiment pas ça du tout. Simplement, à mon avis, tu devrais relire en faisant attention aux temps que tu as choisi car parfois on a l'impression que tu n'as pas vraiment fait attention au changement de temps et on se demande s'il n'y a pas une erreur... Par exemple :
Citer
Les violons se casseraient les uns après les autres, chaque voix s’éteindrait l’une après l’autre dans une sanglante boucherie de gorges tranchées, de voix muettes, incapables de crier, de chanter ou de parler. Le sang obstruera les gorges cisaillées ; une corde se casse, un violon se brise, un bruit strident et… Silencio.
Là tu mélanges du conditionnel présent, du futur simple, et du présent. Ce sont trois temps qui n'ont rien à faire ensemble : dans une narration, le futur simple appartient normalement aux temps présents alors que le conditionnel présent (ou futur dans le passé, mais c'est moche comme nom :ned: ) appartient aux temps passés.
Ou alors juste avant, il y a un mélange passé simple/présent :
Citer
Elle prit sa gorge entre ses mains et se souvient de la lame sur la nuque,

Enfin bref, j'ai trouvé ça vraiment bien, très prenant du début à la fin !
Au plaisir de te relire !
"La jeunesse ne peut savoir ce que pense et ressent le vieil âge. Mais les hommes âgés deviennent coupables s’ils oublient ce que signifiait être jeune." - Albus Dumbledore

alexis17

  • Invité
Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #2 le: 27 Juillet 2014 à 23:13:44 »
Salut à toi et merci pour toutes ces fautes relevées, je m'en occupe illico (d'ailleurs, le dernier passage que tu relèves est également une erreur, grossière qui plus est).
Sinon, non, je n'ai écouté aucune musique, ni inventé aucune, j'ai simplement... je ne sais pas, j'ai essayé de faire transparaitre la musique et la danse dans les descriptions.
Concernant "les clichés", je suis jamais allé en prison, encore moins pour femmes, donc, je ne peux garantir ni vérité ni mensonge.
En tout cas, merci encore et à bientôt !

Hors ligne Rémi

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Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #3 le: 28 Juillet 2014 à 00:16:19 »
Salut,
ça démarre bien (je n'ai pas fini).

Citer
un sceau d’eau au nettoyage,
seau (il n'y a aucune faute dans ton texte, mais celle là est marrante)

Le mélange présent/passé me perturbe :
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Sa gracieuse épaule eut un mouvement vif, rapide ; le poignet vrilla et le buste se projeta vers l’avant ; un, deux ; la lame glisse et la gorge s’ouvre. La finesse et l’habileté du bras laissèrent place à un flot sanglant et désordonné, véritable symphonie d’éclaboussures, mélodie de giclements, chaque note étant l’ascension de la précédente, plus rouge, plus épaisse. La « conasse » ne pouvait crier, étouffée par son propre sang, concert de gémissements : le grand final approche.
c'est peut être une volonté musicale ? allers-retours ?


rien compris à l'acte deux,  :'(

J'aime bien l'acte III, bien écrit. belles tournures.

Citer
Las, son corps, s’étala sur le matelas. Membres éreintés, buste meurtri, visage disgracieux, vie éphémère. Elle prit sa gorge entre ses mains et se souvint de la lame sur la nuque, archet sur un violon, éraillement des cordes brisées, concerto de fausses notes. Les violons se casseront les uns après les autres, chaque voix s’éteindra l’une après l’autre dans une sanglante boucherie de gorges tranchées, de voix muettes, incapables de crier, de chanter ou de parler. Le sang obstruera les gorges cisaillées ; une corde se casse, un violon se brise, un bruit strident et… Silencio.
C'est joli, très musical. Le répétitions sont bien placées, elles coulent sans choquer

j'aime bien le IV

j'aime bien aussi le V mais je ne comprends pas tout (par rapport au I)

C'est un chouette texte, si tu veux bien m'expliquer le II et le V...
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

alexis17

  • Invité
Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #4 le: 28 Juillet 2014 à 13:11:15 »
Salut et merci à toi pour ce commentaire et ces compliments,
Pour l'acte II, après le crime, Juliette et Michelle sont dans leur cellule lorsque les gardes viennent la chercher ; un combat débute entre "la belle" et les "cochons" (c'est une sorte de satire du conte qui débute par le monologue de Michelle), malheureusement, puisque ce n'est pas un "conte", il n'y a pas de sauveur et Juliette est donc emmené chez le directeur. Ici j'ai voulu faire un contraste entre "le conte" et la violence qui règne.
L'acte IV apparait plus comme une confession de l'héroïne. Elle a compris que tout était perdu et s'engage dans un monologue. Elle se souvient alors de la raison de son emprisonnement, la violence une fois de plus, et essaye de se rappeler la liberté (le paragraphe commençant par "ses jambes" est une sorte de réminiscence de son arrestation, le prolongement de son monologue). Mais tout est déjà perdu et Michelle lui rappelle que "la liberté" n'a peut-être jamais existé, une sorte de destin tragique, de fatalité. Ainsi, l'acte V fait figure de constat : pour la première fois je fais intervenir de la musique, une chanson de désespoir, de mort, pour signifier que la violence est constante inévitable. Puis cette dernière phrase "Je suis perdue" pour montrer qu'elles ne contrôlent rien finalement, que le destin ou je ne sais quoi les a poussé à la folie, une spirale dont elles ne peuvent sortir, une sorte de "Qu'est-ce qu'on fait maintenant mais sans réponse". Enfin, c'est ce que j'ai voulu dire...
Voilà, j'espère que cela pourra t'éclairer. Je comprends parfaitement que l'on ne puisse pas tout comprendre, j'ai avant tout essayer de donner à chaque acte son ambiance propre (ça fait un peu vaniteux dis comme ça) et donc d'y insuffler quelque chose d'unique tout en conservant "la musicalité" et la violence.
Merci encore et à bientôt.
« Modifié: 28 Juillet 2014 à 17:47:19 par alexis17 »

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 11 013
Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #5 le: 28 Juillet 2014 à 23:14:03 »
Salut Alexis,
Citer
Pour l'acte II, après le crime, Juliette et Michelle sont dans leur cellule lorsque les gardes viennent la chercher ; un combat débute entre "la belle" et les "cochons" (c'est une sorte de satire du conte qui débute par le monologue de Michelle), malheureusement, puisque ce n'est pas un "conte", il n'y a pas de sauveur et Juliette est donc emmené chez le directeur. Ici j'ai voulu faire un contraste entre "le conte" et la violence qui règne.
je pense que c'est incompréhensible en l'état (c'est plus la tournure des phrases que le remplacement des matons par des cochons qui me fait bloquer). Tu peux laisser tel quel mais bon moi je suis frustré  :(

Citer
Je comprends parfaitement que l'on ne puisse pas tout comprendre, j'ai avant tout essayer de donner à chaque acte son ambiance propre (ça fait un peu vaniteux dis comme ça) et donc d'y insuffler quelque chose d'unique tout en conservant "la musicalité" et la violence.
Chaque acte a son ambiance, c'est réussi
Si on comprends pas, on est frustré un peu quand même (ou faut faire un poème, tu vas me dire c'est un opéra  :D)
Un peu vaniteux : celui qui n'est pas vanité quand il écrit (n'a pas d'ambition) est un graphomane. Il ne crée pas, il noircit des pages. Même pour un exercice, on a envie de donner quelque chose et donc d'être reçu. Là est la vanité, c'est cool d'en être conscient !

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

MillaNox

  • Invité
Re : Opéra pour violons éraillés [Violence Explicite]
« Réponse #6 le: 29 Juillet 2014 à 20:12:34 »
salut !

je viens de lire ton texte et c'est compliqué de le commenter...

côté pile, c'est très bien écrit, les images, le rythme, la musicalité, tout coule, percute, fonctionne. très chouette. même le découpage rend vraiment bien, ça parait construit. il y a même une poésie sombre très forte je trouve.

côté face, j'ai rieeeeeeeeeeeeeeeen compris à l'histoire, où quand qui pourquoi comment , et j'étais à 200 000 lieues des explications que tu as donné plus haut à Rémi, et vraiment le scénario est complètement inaccessible à mon petit cerveau... et ça ben, ça fait qu'un texte que j'aurai pu trouvé excellent me laisse juste un goût d'apéro, alors que c'est sûr, y a un maxi festin derrière... bref, je sais pas si les autres lecteurs seront aussi loin du sens que moi, mais pour ma part, je te dirais de bosser à fond la clarté.

Merci pour ce texte et @+ :)

Milla

 


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