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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » Sa majesté des mouches (William Golding)

Auteur Sujet: Sa majesté des mouches (William Golding)  (Lu 6410 fois)

Hors ligne Mascha

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    • La végé du quartier ouvrier
Re : Sa majesté des mouches (William Golding)
« Réponse #15 le: 27 juin 2020 à 16:29:28 »
Voilà une analyse que j'avais écrite en 2011 pour un vieux blogue... :-¬?
Je vais spoiler l'histoire à foison, vous êtes prévenus.

Le Dieu cornu
Sa majesté des mouches est un grand classique de la littérature britannique. Un groupe d'enfants échoue sur une île déserte. Au début, ils pensent jouer les Robinson jusqu'à ce que les secours arrivent, mais bien vite certains d'entre eux déchantent en s'apercevant que les adultes ne réagiraient pas comme cela face à la situation, et pour cause : il faut construire des abris, trouver de la nourriture, s'occuper des plus petits et maintenir en état de permanence un feu servant non seulement de lumière et de chaleur, mais aussi de signal de secours. Pas le temps de jouer, donc! Il leur faut vivre en communauté, s'organiser un petit système politique et une hiérarchie (ce sont des enfants de la haute société). Cependant, nous sommes loin des idées paradisiaques de Jean-Jacques Rousseau.

Le groupe se sépare en deux, mue par la peur d'un éventuel monstre vivant sur l'île. Ici, l'enfant se laisse submerger par ses pulsions de vie au-delà de l'organisation sociétale, il redevient sauvage. Il préfère chasser et dormir dans la nature. Il organise des orgies de nourriture, des danses tribales et des meurtres rituels dans l'espoir d'apaiser l'esprit du monstre. On ne peut pas dire qu'il est malheureux. Bien au contraire, il ne fait qu'un avec sa nature profonde et animale.

Le deuxième camp, très restreint, se constitue de mômes doux et sensibles, qui maîtrisent le feu grâce aux lunettes d'un des membres, préfèrent la plage à la forêt, vivent de la pêche et habitent dans des abris en feuilles de palmiers. Ils subissent les assauts de l'autre groupe, les plus faibles partant en premier. Leur tentative d'ordre échoue. En tant que lecteur, on en ressent de la frustration au premier abord. Mais, comment aurait-il pu en être autrement?, se dit-on par la suite. Car, Sa majesté des mouches demeure une dystopie teintée de naturalisme, un roman d'apprentissage dans ce qui pourrait bien être le meilleur milieu pour apprendre la vie : dans la nature la plus libre et la plus cruelle.

Un roman captivant, qui joue sur l'exotisme, la notion de liberté et de civilisation, et sur l'aventure la plus sauvage qui soit, celle de la vie où plus aucune loi ne peut retenir l'instinct primitif de l'être humain.

 


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