- Petite fille à quoi tu rêves ? Un siècle étrange se réveille.
- Oui mon siècle est bien étrange, et je rêve d’un monde plus beau. Et surtout je rêve de savoir où l’on va. Où je vais. Où ce monde étrange va.
- Et…. Où vas-tu ?
- Je préfère parler de mon siècle étrange plutôt que de moi.
- Serais-tu encore plus étrange que ton siècle ?
- Peut-être….
- Alors…. Où va ce monde ? Où va notre siècle ?
- Je ne sais pas. Mais je peux l’imaginer. Et il y a de quoi avoir peur.
- Tu as peur ?
- Oui…. Regardez où nous en sommes. Soit il se passe quelquechose qui change tout, soit nous courrons à la catastrophe. Aux catastrophes.
- Tu es jeune encore, mais tu as l’air d’avoir mille ans, petite fille. Tu es bien pessimiste !
- Non : réaliste ! Pour moi, le futur sera apocalyptique. Sauf s’il y a un énorme changement, comme je l’ai dit.
- Quel genre de changement ?
- Dans la tête des gens. En fait, ce siècle est étrange à cause de nous.
- Tu crois ?
- Non. Je suis sûre. Je suis peut-être étrange, mais vous l’êtes aussi. Comme tout le monde.
- Pourquoi dis-tu cela ? C’est vrai pour toi et moi, mais les autres ?
- Je ne vais pas me lancer dans une critique de ces « autres », mais je vais vous poser une question : qu’est-ce que communiquer ?
- Ta question est simple : c’est ce que nous faisons en ce moment même.
- Je suis d’accord avec vous. Mais alors, est-ce que les autres communiquent ? Non, plus vraiment. L’espèce humaine a perdu cela. Elle a perdu aussi le sens des réalités. Elle veut tout, tout de suite, pour s’en débarrasser aussitôt. Que ce soit quelquechose de matériel, ou pire, l’amitié ou l’amour.
- Tu es dure envers les tiens, petite fille.
- Les miens ? J’ai parfois honte d’être humaine. La futilité, l’instantané, il n’y a plus que ça de vrai. C’est pour ça que j’ai peur de l’avenir, parce que je vois que c’est de pire en pire, et que je ne vois pas ce « changement » dont nous parlions tout-à-l’heure. Je ne suis pas dure, je suis lucide, dans un monde où tout le monde se voile la face. Mais au fond, ils sont tous un peu comme moi. Ils ont peur. C’est pour ça qu’ils se cachent et qu’ils ne veulent pas voir la réalité en face.
- Donc pour toi, c’est la peur qui nous gouverne ?
- Pour sûr. C’est pour ça que je ne peux pas renier mon humanité. Parce que moi aussi je l’éprouve, cette peur.
- Tu n’es pas si folle qu’ils le disent. Tu ne dis que la vérité, en fait.
- Ce sont eux les fous.
- Je comprends tout à fait ton point de vue. Petite fille…..
- Oui ?
- Adieu.
- Nous nous reverrons.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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- Petite fille ?
- Vous revoilà. Je l’avais prédit, vous vous souvenez ?
- Oui, petite fille. Je ne risque pas de t’oublier.
- Dois-je être flattée ? Suis-je inoubliable parce que spéciale, ou juste un cas clinique pour vous ?
- Tu me testes.
- Oui.
- C’est une question intéressante. Je te répondrai, mais pas tout de suite.
- Qu’est-ce que vous voulez, cette fois ?
- Que tu me dises qui tu es, pourquoi tu es….
- Folle ?
- Oui…
- Vous êtes gêné, on dirait. Vous avez peur… Peur de la vérité. Et de moi, aussi, parce que je vois en vous, et vous n’aimez pas ça. Vous êtes bien comme les autres !
- Oui, j’ai peur, tu as raison, mais pas…
- Bonne réponse. Sincérité, honnêteté, voilà les maîtres-mots. Enfin…. Les miens en tout cas. Mais pas ceux des autres. Vous avez la réponse à votre question.
Partez maintenant. Je n’ai rien à vous dire de plus.
- Je suis sûr que si. Tu disais quoi déjà ? Que nous courions à la catastrophe ?
- Je me souviens d’une petite fille de septembre. Elle avait 10 ans, et elle m’a posé une question qui m’a beaucoup fait réfléchir : A quoi ça sert de vivre ? Elle est morte maintenant, et elle a été remplacée par une autre. Elle est superficielle, et futile, elle ne sait plus penser. C’est triste, non ?
- C’est vrai.
- Alors vous êtes en train de vous apitoyer sur votre propre sort. Vous êtes comme elle. Votre âme d’enfant…. La part de soi qu’il faut à tout prix garder, vous l’avez perdue. Vous êtes tous les mêmes !
- Tu ne crois pas qu’elle pourrait revivre, cette petite fille ?
- Je ne crois plus aux miracles.
- Alors toi aussi tu l’as perdue.
- Peut-être, peut-être pas. En tout cas si je l’ai toujours, ce n’est pas à vous que je la montrerai. Adieu.
- Non, petite fille. Au revoir.
Des avis ? J'espère que c'est clair, et lisible, la présentation est un peu bizarre 