Bonjour !
Je souhaiterai avoir un avis sur ce petit texte.
Bonne lecture!
C’est une bien drôle de question que tu me poses là, petit frère.
Je crains que ce ne soit pas le genre d’interrogations qui appelle une réponse légère et à la légère.
Je ne sais pas quoi te dire, tu es si jeune ! Je ne veux pas t’effrayer, t’arracher ton innocence, et pourtant il le faut ! Si je ne le fais pas, cela voudrait dire que ma réponse est un mensonge, et je ne peux m’y résoudre.
Ne pleure pas ! J’aimerais tant pouvoir te répondre, et te rassurer, mais je ne peux faire ni l’un ni l’autre.
Si je te réponds, tu me posera une autre question, toute simple, deux mots : “Et après ?”. Et celle-là, personne ne peut y répondre. Elle laisse un goût amer d’ignorance et d’angoisse. Elle me hante, et je ne veux pas t’infliger cela. S’il-te-plaît, laisse la peur aux adultes et aux esprits torturés. Pas toi, pas toi.
J’aimerais pouvoir te dire que non, qu’elles sont immortelles, et que nous aussi. Te dire que nous sommes ici pour l’éternité, et que le petit prince est reparti sur sa planète après avoir été mordu par le serpent. Te dire que dans mille ans nous serons encore là, à rire et à jouer, à guetter le soleil.
Je suis désolée, petit frère. Je n’ai pas pu te mentir. Il aurait mieux valu peut-être, cela nous aurait rassurés tous les deux, mais je n’en suis pas capable.
Au lieu de cela je t’ai dit une demi-vérité, ou plutôt une vérité enjolivée. J’ai un peu honte, mais ta question m’a fait peur. Est-ce une excuse ? Tu as touché quelque chose de profond. Garde précieusement cette sensibilité, petit frère. Ce sera dur, mais je te jure que cela vaut le coup. J’espère un jour avoir le courage de te répondre. De te dire que je ne sais pas, et qu’il faudra attendre le bouquet final pour savoir.
Dis, elles vont mourir bientôt ? Il faut pas qu’elles meurent !