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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La vague

Auteur Sujet: La vague  (Lu 1501 fois)

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
La vague
« le: 03 Mai 2014 à 11:47:37 »
                    Je suis sur le toit de ma maison en bois. Un soleil éclatant illumine un ciel sans nuage et réchauffe les plaques de tôle sur lesquelles je suis agenouillé. Je prie.
                   Une vague immense m’emporte ; ça tourbillonne, ça me bouscule. J’ai parfois l’impression de voler. Le rouleau me semble infini et donne le sentiment de ne pas trouver de grève où arrêter sa course. Pourtant les obstacles ne manquent pas sur sa route mais sa puissance est telle qu’elle embarque tout dans son voyage. Elle s’engouffre dans le moindre espace libre, envahissant le cœur et les artères de la ville, fluide vivant et meurtrier.
                   «  L’eau, c’est la vie »   m’a-t-on toujours dit mais je suis terrifié. Je suis comme en transe pourtant j’enregistre tout ce que je vois de façon claire, nette et, je crois, définitive.
                     Sur la colline face à la maison sont rassemblées des dizaines de personnes. Plusieurs d’entre elles ont leurs téléphones en main. Certaines pour appeler, d’autres pour filmer l’évènement dont je suis l’acteur dérisoire et involontaire. Ces gens me regardent passer, impuissant.       
                     De façon totalement incongrue, une pensée surréaliste surgit dans mon esprit. « J’espère que la scène se finit bien, je n’ai pas lu le scénario. » Çà ne me fait pas rire et je ne comprends pas comment je peux avoir ce genre de réflexion en un tel moment. La terreur me fait-elle perdre la raison ?
                     Soudain, un énorme choc secoue la maison et un craquement assourdissant vient s’ajouter à tous les bruits produits par la vague. La maison bascule et l’eau dévore rapidement l'espace vers moi. Je m’accroche au faîtage du toit en priant. Puis le mouvement de dévers s’arrête et, incrédule, je me dis que je vais peut-être m’en sortir bien que j’ai les pieds qui touchent l’eau. La vague semble en bout de course et commence même à refluer. Lentement d’abord, puis de plus en plus vite. Je ne comprends pas  et regarde fasciné le mouvement de l’eau qui, en descendant, laisse apparaître toute l’étendue du cauchemar. Pourtant un soulagement m’envahit en pensant que je suis sauvé. J’en ai un peu honte tout en restant horrifié par ce que je vois. Je suis tellement absorbé par ce qui se passe en bas que je ne vois pas arriver la deuxième vague du tsunami. Deuxième vague qui pousse vers moi un énorme semi remorque, fétu de paille qui va me tuer.
« Modifié: 06 Mai 2014 à 19:18:23 par voile59 »
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Donaldo75

  • Invité
Re : La vague
« Réponse #1 le: 04 Mai 2014 à 15:58:41 »
Vraiment bien construit ce texte !
Le rythme va crescendo et on se met à la place du narrateur.
La fin me fait penser au film américain Donnie Darko quand le personnage principal joué par Jake Gyllenhaal  se prend l'avion dans sa maison.
Bravo et merci pour le partage.

Hors ligne Mamzelle Bulle

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : La vague
« Réponse #2 le: 04 Mai 2014 à 16:50:30 »
A ma première lecture de ton texte, je dois avouer que je n'ai pas du tout compris ou tu voulais en venir. Est-ce la vague était une métaphore? Pourquoi des gens sur la colline? La phrase sur le film et le scénario m'a laissé encore plus perplexe... bref si ton texte avait été plus long je crois que j'aurais abandonné la lecture faute de comprendre.
Puis à la fin du texte, le mot "Tsunami" a tout éclairé, et là j'ai relu le texte avec plus de plaisir en comprenant enfin!   :)

Du coup, je reproche à ton texte de ne pas assez aiguiller le lecteur sur la piste du tsunami. J'ai le sentiment de lire une histoire où il manque des passages, de n'avoir que la moitié des moments. Par exemple au début, il pourrait y avoir un mot sur le fait que la mer se soit retirée, un peu plus de description sur le fracas que fait la vague en percutant le corps de ton héro... des petites choses comme ça qui à mon sens nous permettraient de mieux nous mettre à sa place.

Par contre, la fin j'aime vraiment. La dernière phrase, brève, sèche et sans appel. Un contraste avec le petit espoir du héro qui s'accroche dans l'espoir de s'en sortir!

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
Re : La vague
« Réponse #3 le: 05 Mai 2014 à 11:01:20 »
Bonjour

donaldo75: Merci de ton appréciation. Je ne me souviens pas d'avoir vu ce film bien que le titre me dises quelque chose.
Mamzelle bulle: Merci pour ton commentaire: L'incompréhension du début est le but recherché. J'ai essayé d'emmener le lecteur dans plusieurs directions avant de donner l'explication sur un seul mot: Tsunami.
Précision: J'ai écrit ce texte suite à la vision d'un documentaire: Le tsunami et les cerisiers en fleurs. Film impressionnant et bouleversant.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne Lilly

  • Scribe
  • Messages: 85
Re : La vague
« Réponse #4 le: 06 Mai 2014 à 00:53:14 »
Je pense qu’on peut effectivement se demander au départ s’il s’agit d’une métaphore.
Et c’est plutôt cool ma foi, de n’avoir confirmation qu’à la fin que l’interprétation est bien littérale. Tu aurais même peut-être pu pousser plus loin, renforcer encore plus le doute, dans la première partie, en utilisant des phrases et des images qui se prêtent très fort à la métaphore de la lame qui renverse tout! Ouais, je sais pas si je suis très claire mais elle me plaît bien cette idée :D :D

« de ne pas trouver de grève ou arrêter sa course » : où
«  sont rassemblés des dizaines de personnes » : rassemblées
«  Ces gens me regardent passer, impuissant » impuissant ou impuissants?     
«  s’arrête et incrédule, » : et, incrédule,
«  je me dit que » : je me dis que
« De façon totalement incongrue, une pensée surréaliste surgit » : il me semble que « incongrue » + « surréaliste », ça fait beaucoup, peut-être que juste :  « De façon totalement incongrue, une pensée surgit  »
«  Çà » : Ça
« ont leurs téléphones en main. Certaines pour téléphoner, d’autres pour filmer » : perso, je dirais peut-être plutôt : « certaines pour appeler », histoire d’éviter la répétition « téléphones » - « téléphoner ».
«  Soudain un énorme choc » : Soudain, un énorme choc
«  le mouvement de l’eau qui en descendant laisse apparaître » : le mouvement de l’eau qui, en descendant, laisse apparaître
« je ne vois pas arrivé » : arriver

Comme Mamzelle Bulle, j’aime l’idée de la dernière phrase.

Au plaisir de te lire à nouveau! : )

« Modifié: 14 Mai 2014 à 03:50:40 par Lilly »

Hors ligne Mamzelle Bulle

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : La vague
« Réponse #5 le: 06 Mai 2014 à 10:38:27 »
Je rejoint le dernier post de Lily, si ton but est vraiment de laisser planer le doute jusqu'au dernier moment accentuer davantage la confusion pourrait apporter quelque chose de plus au texte!

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
Re : La vague
« Réponse #6 le: 06 Mai 2014 à 19:22:16 »
Bonsoir

Lilly: Merci pour tes corrections pertinentes. J'ai essayé vraiment d'ajouter du texte. Mais j'ai parfois du mal à multiplier les métaphores.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne western

  • Aède
  • Messages: 221
Re : La vague
« Réponse #7 le: 07 Mai 2014 à 00:19:11 »
                    Je suis sur le toit de ma maison en bois. Un soleil éclatant illumine un ciel sans nuage et réchauffe les plaques de tôle sur lesquelles je suis agenouillé. Je prie.
                   Une vague immense m’emporte ; ça tourbillonne, ça me bouscule. J’ai parfois l’impression de voler. Le rouleau me semble infini et donne le sentiment de ne pas trouver de grève où arrêter sa course. Pourtant les obstacles ne manquent pas sur sa route mais sa puissance est telle qu’elle embarque tout dans son voyage. Elle s’engouffre dans le moindre espace libre, envahissant le cœur et les artères de la ville, fluide vivant et meurtrier.
                   «  L’eau, c’est la vie »   m’a-t-on toujours dit mais je suis terrifié.

ben je le ressens pas. ça fait plutot récit posé du reve de la veille.

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
Re : La vague
« Réponse #8 le: 08 Mai 2014 à 11:12:07 »
Bonjour Western.

Ben justement, c'est l'impression que je voulais donner dans la première partie, celui d'un rêve.
Je pense quand même que j'aurai pu faire mieux mais selon Alphonse Daudet:
"L’œuvre qu’on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu’on a faite."
Cependant cette citation me parait à double tranchant.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

 


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