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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » GHC

Auteur Sujet: GHC  (Lu 1089 fois)

SXF

  • Invité
GHC
« le: 30 Avril 2014 à 20:34:58 »
Bonjour, je me jette à l'eau et vous propose la lecture d'une nouvelle qui ne l'a jamais été auparavant. J'espère qu'elle vous plaîra...



GHC
   
   Kalan, un garçon de dix ans de bonne constitution, aux cheveux bruns, coupés court, se réveille dans son lit d’hôpital. Sa vue devient de moins en moins flou et se fixe sur le plafond d’un jaune très pâle, d’une peinture en bonne état. En tournant sa tête vers la gauche, il peut voir au-travers des fenêtres fermées, le ciel d’été bleu azur avec quelques nuages blanc. Il a la bouche pâteuse, il est engourdi et a mal un peu partout. Au fur et à mesure que les effets de l’anesthésie s’estompent, les sensations dans son corps deviennent de plus en plus présentes. Il n’est pas seul dans cette immense pièce. En tournant sa tête vers la droite, il voit une vingtaine de lits avec des garçons et filles de son âge. Il sent maintenant des tiraillements dans le haut des cuisses et de manière de plus précise, le bandage qui lui sert la taille. L’opération qu’il vient de subir s’est bien déroulée comme pour les autres enfants. Tous ces garçons et filles sont maintenant stériles.

    Kalan à maintenant vingt-cinq ans, il est devenu un homme de taille moyenne, aux traits harmonieux, des yeux bleus, avec toujours ces cheveux bruns, coupés courts et rabattus en arrière, et un corps taillé en V. Quinze ans se sont écoulés depuis son opération de stérilisation obligatoire. Il a depuis quelques années déjà une vie sexuelle bien remplie, comme tout le monde. Chose rendue possible par une plus grande libération des moeurs et le fait que tous les humains sont stérilisés à leurs dixièmes années.

   Il profite aujourd’hui des premiers rayons de soleil, d’un printemps dont l’hiver a été particulièrement rigoureux et déprimant. Il marche tranquillement sur les bords d’un des quatre canaux qui traversent sa ville, quand il voit une jeune femme assise sur un banc en métal gris comme les pavés du sol. Elle est train de lire un livre, baigné par les rayons du soleil. Elle a un visage aux traits fin et sensible, de longs cheveux noir, droit et lisse, qu’il devine descendre  jusqu’au creux de ses reins quand elle se tient debout. Elle porte un chemisier blanc et une jupe bleu roi. Ses longues jambes sont couleur blanc lait. Sa peau ne prend pas facilement de couleurs en été. Elle sent son regard se poser sur elle, elle lève la tête dans sa direction, l’observe à son tour et lui offre un plaisant sourire. Cela l’incite à arrêter sa marche et à s’asseoir à côté d’elle. Durant la conversation qui suit, il ne peut s’empêcher de remarquer ses yeux verts et son regard malicieux, sa gestuelle féminine, mais pas surfaite. 

   Ils se sont mis rapidement en couple, chacun dans leurs appartements au début, puis ils prirent un nid ensemble. Ils voyagèrent en France et à l’étranger, accrochèrent un cadenas à un pont de Paris, virent les chutes du Niagara, montèrent au sommet de la tour Eiffel, et firent pleins d’autres choses ensemble. Leur vie de couple est épanouie quand se fait sentir le besoin d’avoir un enfant. Ils ont tous les deux trente ans exactement. Après quelques jours d’intense réflexion, Kalan et Tomoe décident de franchir la porte de l’institut GHC. Dans la salle d’attente très lumineuse qui peut accueillir jusqu’à cinq couples,  il y a un homme blond de petite taille, et une femme blonde aussi, qui doit le dépasser d’au moins une  tête une fois tous les deux debout. Ils attendent leur spécialiste. Kalan et sa femme n’ont pas le temps de s’installer, le leur, un homme dans la quarantaine, grand et mince, avec un visage osseux, et de long bras apparaît à la porte de la salle vêtu d’un costume tout blanc. Il les invites avec le sourire à entrer dans son bureau. Une fois installé dans trois fauteuils en cuir, et après avoir fait connaissance, il leur remet une plaquette sur le GHC et commence les explications. Le GHC ou Grossesses Hors du Corps est une technique qui a été mise au point il y a maintenant cent vingts ans, avant de se répandre à toute la Terre il y a maintenant quatre-vingt, voire quatre-vingt dix ans. Le but originel était de diminuer les risques et problèmes pour la mère tout en augmentant la sécurité du bébé à naître. C’est greffé par-dessus, la possibilité de choisir un certains nombres de caractéristiques de leur futur enfant. Mais avant tout, il faut que les futurs parents passent un test, pour évaluer leur maturité et aptitude à être père et mère.

   Le lendemain, Kalan et Tomoe, se rendent toujours au même institut du GHC, pour passer l’épreuve. Elle consiste en un ensemble de tests psychologique et un questionnaire. Celui-ci contient plus de cent questions qui passent en revue les motivations de chacun, évalue leurs connaissances sur l’éducation et les responsabilités qui leur incombent en tant que parent. Ils le remplissent séparément. Puis leur point de vue est confronté en présence du spécialiste du GHC. Un de leurs points de divergence entre Kalan et Tomoe concerne la frustration. Kalan préférait que leur gamin ne la connaisse jamais, que tout ce qu’il a envie, lui soit offert. Tomoe, considère qu’il doit au contraire apprendre à obtenir les choses par lui-même, qu'elles le rendront résilient dans sa vie futur.  Leur points vue différents ne les empêchent pas d’obtenir l’agrément de l’institut, pour devenir parent. Il y a chaque année un nombre maximum d’agrément distribuer. Cela permet un contrôle précis de la démographie mondiale.

   De retour chez eux, ils s’installèrent dans leurs canapés, devant l’écran géant de l’ordinateur,  qui est connecté à un système de contrôle vocal. Kalan calé dans le canapé et Tomoe blotti contre lui, Ils lancèrent le module “devenir parent”. Après des vidéos pas très intéressantes sur comment utilisé ce module, Ils entamèrent les choses sérieuses avec impatience et fébrilité. La dernière vidéo explique que lors de leurs opérations de stérilisation leurs spermatozoïdes et ovules appelés souvent les Z et O furent tous retirés de leurs corps et stockés de manière nominative dans un silo de procréation. C’est des bunkers sous-terrain repartis un peu partout sur la planète qui contiennent des chambres froides où sont stockés les semences d’hommes et femmes pour être utilisé lors d’une   grossesse sous contrôle. Avant d’être congelés leurs contenus génétique est analysé. C’est ainsi que Kalan et Tomoe, peut voir les caractéristiques de chacun de leurs Z et O. L’ordinateur peut afficher une modélisation de ce que pourra donner comme enfant dans le meilleur des cas, la fécondation d’un Z de Kalan avec tel ou tel O de Tomoe.
   
   Au bout d’une semaine d’expérimentation et simulation, ils tombent d’accord sur la paire Z et O qui donneront un garçon aux cheveux noir et lisse, des yeux verts, une ossature et musculature massive, une taille moyenne. Il aura aussi le nez de sa mère, les oreilles, la bouche de son père et une intelligence technique moyenne, par contre, il excellera dans l’intelligence émotionnelle ou sociale. De retour à l’institut GHC avec leurs choix, ils signent un certain nombres de décharge, qui rappel entre autres que la simulation est le résultat dans le meilleur des cas de ce qu’il peuvent obtenir et que leur enfant sera sûrement moins parfait.

   Une fois la dernière signature apposée par le couple, Ils se dirigent vers leur chambre de procréation. C’est une pièce carrée et lumineuse de dix mètres sur dix mètres environ, avec au centre une grande sphère d’au mois deux mètres de rayon. Sa surface gris clair est lisse avec des rainures qui montrent qu’elle s’ouvre par endroit. Il s’agit de l’UTAR, l’utérus artificiel. On peut voir du matériel médical à travers deux portes coulissant dans le mur. Un écran de contrôle s’allume au-dessus de l’UTAR. Aujourd’hui, nous sommes le 5 mai, et pour l’instant il n’y a rien de visible sur les écrans qui montrent l’intérieur de l’UTAR. L’intervenant GHC les encourage à suivre l’évolution de leur bébé depuis leurs domicile via la liaison Internet. Ils peuvent toutefois revenir quand ils veulent dans cette chambre s’ils en éprouvent le besoin.

   De retour chez eux, la première chose qu’ils font c’est de lancer la connexion entre l’utérus artificiel et les écrans de l’appartement. Pour l’instant, il n’y a pas d’image et les indicateurs de rythmes cardiaques, de poids, de taille, .. sont désactivés. Il n’y a que celui qui indique que la fécondation à eu lieu ou pas qui clignote en rouge en haut à droite de l’écran et passe en direct au vert. La fécondation vient d’avoir lieu avec succès. Un frisson parcours alors les corps de Kalan et Tomoe et une sensation indescriptible commence à occuper leurs pensées. D’après la  formation de l’institut, Kalan et Tomoe doivent dorénavant porter des micros qui transmettent le son de leur voix au foetus en devenir, pour qu’il s’y habitue.

   Trois mois se sont écoulés, le foetus est maintenant bien visible, on peut distinguer sa tête, ses yeux, son corps, le cordon ombilical,… Son image est maintenant au centre de l’écran et les indicateurs sont sur les bords. Tout est au vert, rythme cardiaque, indicateur de bon développement physique, détecteur de malformation,… C’est devenu le fond de tous les écrans de la maison. De temps en temps ensemble ou seul en fonction de leurs activités, Kalan et Tomoe se rendre à leur chambre de conception. Ils se sentent ainsi plus près de leur bébé. Pour le bon développement de celui-ci, en plus des voix de ses parents, des bruits de la vie sont émis dans l’UTAR, comme la circulation, des gens qui discutent, des personnes qui se disputent, le son du vent, de la pluie, des orages,… Pour les mêmes raisons, un cycle solaire est créé de manière artificielle pour rythmer ses journées et dû goût est associé aux nutriments qu’il reçoit par le cordon ombilical, comme le goût de fraise, de pomme, d’épices, …

   A huit de mois et demi de grossesse, selon une tradition récente, on fête l’enfant à naître pour lui porter chance et faire le deuil de la vie du couple qui n’avait pas d’enfant ou en avait un de moins. Tomoe et Kalan préférant les choses simples, organise un repas chez eux avec la belle-famille et quelques proches amis. De la musique de piano est jouée par les enceintes. A table du vin rouge et blanc est servi avec deux plats, du saumon cuit au four et du boeuf bourguignon. Ils dînèrent et veillèrent jusqu’au petit matin en discutant des bons moments de la vie devant l’écran du salon où l’on pouvait voir le bébé entièrement formé qui donne vraiment l’impression d’écouter les voix et conversation avec attention.

   Arrivé au terme de la grossesse, Tomoe doit choisir le jour de la naissance, qui doit être compris entre la fin de la grossesse et les trois jours qui suivent. Elle choisit le deuxième jour après le terme, soit le vingt-six janvier . Kalan et Tomoe sont réunis dans la chambre de procréation, en présence d’un médecin et d’un infirmier. Les deux portes encastrées dans le mur sont ouvertes et laisse apparaître tout le matériel nécessaire pour les premiers examens, et aussi pour les premiers soins en cas de problème. Heureusement, il est maintenant extrêmement rare qu’un accident arrive au moment de la mise au monde avec la grossesse hors du corps.

   C’est en ce jour ensoleillé à onze heures très précis que la mise au monde débute. Le bébé est orienté en douceur vers la sortie de l’UTAR par un mécanisme de pression. Une fois que ça tête touche la porte de sortie, le liquide amniotique est évacué par une grille située au fond de l’UTAR. La porte s’ouvre et le bébé glisse alors vers un réceptacle capitonné. il prend sa première inspiration  et se met à pleurer, c’est un bon signe. Il est onze heures et trente minutes, l’accouchement à durée une demi-heure soit le temps moyen de tous les accouchements. Tomoe et Kalan en on les larmes aux yeux. Le médecin prend le bébé dans ses bras, l’ausculte durant un court instant, puis donne un petit sourire rassurant aux parents. L’infirmier le donne son premier bain puis le pose dans les bras de Tomoe. Yamako, un garçon aux yeux verts et quelques cheveux noirs sur la tête est né le vingt-six janvier à 11H30.

   Quand Yamako a dix ans, Tomoe l’amène à l’hôpital, plus précisément à l’antenne du GHC en charge de la stérilisation et préservation du patrimoine génétique humain, la boucle est alors bouclée.
« Modifié: 30 Avril 2014 à 21:24:23 par SXF »

Hors ligne Plume dange

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Re : GHC
« Réponse #1 le: 30 Avril 2014 à 21:44:26 »
B'jour !
On dirait que je suis la  première....
Alors :
Sa vue devient de moins en moins flou
Floue ;) je trouve que cette phrase est un peu bizarre. Pourquoi pas "sa vue s'éclaircit" ou un truc du genre ?

Kalan et Tomoe se mettent en couple un peu vite, il faudrait peut-être que tu décrives (un peu) les débuts de leur relation. Parce que là, ça fait "paf, ils voient pour la première fois" "paf ils sont amoureux" "paf ils veulent un bébé"

On s'attend à une chute, un truc un peu énorme, et au final rien ne vient. J'ai été un peu déçue sur ce point-là, tu décris toute une société futuriste (intéressante soi dit en passant), mais pas d'action. Un peu trop de description selon moi, mais ça c'est juste mon ressenti personnel, je n'aime pas trop ça de base donc je ne suis peut-être pas objective ^^

Il y a quelques fautes de frappe et d'accord qui se baladent ;)

Globalement, j'ai bien aimé, mais tu devrais intégrer de l'action, de la narration, je ne sais pas comment dire, mais tu nous présentes une société, et après plus rien, c'est un peu dommage....

J'espère que mon commentaire aura été utile et constructif......

Ciao ! ^^

SXF

  • Invité
Re : GHC
« Réponse #2 le: 30 Avril 2014 à 22:10:14 »
Bonjour Plume dange,

Merci pour ce retour.

En effet je suis réputé pour raconter des histoires dont on cherche encore la chute, c'est mon gros défaut dans la narration. Je vois pas trop comment créer un truc suprenant à la fin.

En relisant le texte, il m'apparaît en effet que j'ai des transitions trop rapide, comme tu le dis.

Je prends note de tes remarques (utiles et constructifs) et attends celles des autres lecteurs.

Je ne promets pas, mais je pourrais réécrire le texte en fonction.


 


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