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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]

Auteur Sujet: το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]  (Lu 2873 fois)

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το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« le: 02 Avril 2014 à 07:47:15 »
Comment ça vous ne parlez pas grec ? ( ;D) Comme précise un graff' près de mon boulot, nous sommes tous grecs. Enfin, presque tous.

Trêve de galéjade. Pour répondre au défi de Mars 2014 (NDLR : Revisiter un compte façon Disney), j'ai écrit ça. Enfin, plus exactement je suis en train d'écrire ce texte. J'ai été un pris de court par le temps et je suis donc en train de le terminer. Je mettrais la suite régulièrement, si elle est demandée. Comme proposé par Loïc, je vous propose le début. Mais attention : je n'ai encore fait aucune relecture.

Autre précision. Je l'ai placé dans Textes Courts, mais il est possible qu'il n'y reste pas. J'en suis déjà à 12 pages Word à raison de 40% d'écrit...

Sur ce, bonne lecture  :)

*  *  *  *  *

το πρώτο ελατήριο
Le premier Printemps

Ses petits yeux bleus myosotis étaient rivés sur le berceau. Il parcourait ses courbes, ses barreaux, les enluminures gravées dans son bois éternel, le balancement nonchalant de son mouvement. Tout était parfait, absolument tout. Comme un rêve jailli du plus magnifique des bois.
Comme tout ce que confectionnait Athéna.
Zeus eût préféré qu'il ne le soit pas. Une simple coquille vide, la mue d'Echidna aurait été parfaite. Non qu'il détestât l'enfant ; il ne connaissait d'elle que sa filiation. Mais que cette venue au monde allait grandement lui compliquer la vie. Il sentait déjà l'odeur de la dramaturgie se profiler cyniquement sur le devant de la scène. Il resserra la main sur le sceptre blanc qu'il tenait et qui frappait le sol de marbre à intervalles réguliers. Au rythme de son impatience. Il entendait les murmures sauter d'un fauteuil à un autre ; d'un dieu à un autre. Alignés les uns à côté des autres, confortablement installés dans leurs trônes respectifs, ils jasaient. Comme l'écho des murmures des hommes pour la nouvelle faute adultérine du roi des dieux. Le berceau parfait qui paradait au centre de la salle en était l'édifiante personnification.
Zeus tourna la tête à sa gauche. Le trône d'Héra était toujours vide. Elle l'avait su bien avant qu'il conviât les autres dieux à ce conseil. Plus encore que le berceau et ce qu'il contenait, cette absence nourrissait les murmures. Il frappa le sol de son sceptre plus violemment que les fois précédentes. Le silence revint, au moment où les lourdes portes en or, situées en face des trônes royaux s'ouvrirent, dans un frottement sourd. Zeus espéra la silhouette élancée d'Héra. Sa déception fût totale quand il reconnut la forme ratatinée et voûtée d'Eris. Son sourire figé dans un visage tordu autant par le vice que la laideur remarqua immédiatement la tension et l'absence de la reine des dieux. Il descendit les marches de marbre qui menaient vers le centre de la salle, sorte d'arène dédiée à la contemplation des dieux. Eris les détailla, un à un. Ce sourire toujours gravé dans son visage.
– Quel silence ! Vous aurais-je arraché la langue ?
Personne ne daigna répondre. Tous connaissaient trop Eris pour se risquer à nourrir son plaisir et son fonction.
– Je ne t'ai pas conviée, Eris, tonna Zeus.
– Je le sais bien, mon roi, plaida-t-elle en s'inclinant plus encore que ce que l'obligeait sa posture naturelle. Mais je ne pouvais me priver d'une pareille scène.
– Sors. Maintenant.
– Vous ne me laisserez même pas contempler la beauté qui sommeille dans ce berceau ? Elle doit pourtant l'être pour que vous ayez pris tant de risques !
– Ne m'oblige pas à...
– Non, Mon Roi, bien sûr Mon Roi, implora Eris, en reculant, faisant référence.
Zeus avait resserré sa main sévère sur son sceptre ; le tonnerre grondait déjà dans le ciel qui surplombait la salle des trônes, visible au travers du toit de verre. Mais Eris s'était arrêtée, son regard planté à droite de Zeus. Planté sur le trône vide d'Héra.
– Notre Reine est absente ?
Zeus prit une grande inspiration. Pour tempérer la colère qu'il sentait monter en lui.
– Elle ne tardera pas.
– Votre Grâce souhaite-t-elle que j'aille la chercher ? Proposa-t-elle d'un ton mièvre insupportable.
– Inutile, Eris, répondit une troisième voix.
Zeus s'était levé et les murmures reprirent de plus belle, quand les regards se plantèrent en haut des marches sur la forme élancée d'Héra. Un diadème somptueux enfourchait sa chevelure auburn qui descendait le long de sa colonne vertébrale. Un éclair zébra le ciel, au moment où elle descendit les marches, les longs pans de sa robe rose pâle flottant autour d'elle. 
– Aussi inutile que toi, ajouta-t-elle.
Eris s'agenouilla et laissa passer la reine des dieux. Elle resta à bonne distance du berceau, qu'elle ignora superbement.
– Oubliez vos révérences. Je ne suis pas ici pour les recevoir. Je suis venue adresser une promesse solennelle au roi des dieux. Et je souhaite vous prendre à témoins.
Le tonnerre éclata de plus belle, inondant la salle de sa lumière céleste ; la main de Zeus était tellement crispée sur son sceptre qu'il l'entendait presque se plaindre. Héra avança de quelques pas.
– Dans ce berceau gît une immondice. Le fruit de l'infidélité de mon mari. Ce n'est pas le premier, me direz-vous. Et vous aurez raison. Mais rend-ce la faute moins lourde ? Bien sûr que non. Mais est-il besoin qu'on l'exhibe sous mon nez ? Cette enfant paiera pour toutes les autres.
– Comment oses-tu menacer Perséphone sous mes yeux !
Une déesse s'était levée de son trône. Elle se dressait de toute sa hauteur, ses longs cheveux noirs emmêlés tourbillonnant autour d'elle, sa main levée en menace. Déméter, déesse des moissons, mère indignée.
– Et toi, comment oses-tu trôner dans la même salle que moi ?
Héra avança d'un pas lent et mesuré, jusqu'à la balustrade qui séparait le sol des trônes des dieux qui le surplombaient. La reine adressa à Déméter un regard de haine furibonde.
– Je tuerai ton enfant. Je le jure sur la vie des miens.
Déméter se leva de son trône d'un bond et se retrouva, dans un tourbillon, face à sa reine. Mais il n'y avait plus de hiérarchie, plus de révérence. Elles se tenaient prêtes à se battre, à mains nues s'il le fallait.
– STOP !
La voix de Zeus s'était répercutée dans toute la salle et avait rebondi en un écho majestueux jusque dans ses magistrales hauteurs, faisant trembler tout la structure. Il se tenait debout, fier et autoritaire.
– Héra, tu laisseras vivre Perséphone !
– Et en quel honneur, Mon Roi ?
– Je t'en donne l'ordre.
Héra accueillit la phrase de Zeus comme la gifle qu'elle était. Elle dépassa Déméter en la cognant férocement et s'avança jusqu'aux trônes royaux.
– Je tuerai cette enfant, Zeus. Que tu le veuille ou non.
– Elle est l'enfant de Zeus, roi des dieux. La tuer serait passible d'un châtiment éternel dans le Tartare !
– Tu n'aurais pas l'audace de m'y envoyer.
De nouveaux murmures montèrent ; et la colère de Zeus aussi.
– Que tout cela cesse, Héra ! Qu'est donc cette mascarade ?
– Ta récolte, Zeus. Ta funeste récolte. Je veux voir cette enfant disparaître de ma vue.
– Je peux la faire disparaître, proposa-t-il, si cela peut t'apaiser.
Héra eut un rire moqueur.
– Ne joue pas avec les mots, Zeus. Je veux la voir disparaître de la surface de la Terre. Est-ce clair ?
– Tu sais que je ne peux la tuer.
– Tu es le roi des dieux. Tu peux tout faire, Zeus, tueur de Titans, père des hommes et protecteur des dieux.
– J'ai besoin de temps.
Héra lui tourna le dos et revint sur ses pas, lentement. Comme si chacun de ses pas représentaient le cheminement complexe de la réflexion qui embrumait son cerveau. Elle s'arrêta à hauteur du berceau de Perséphone.
– Je te laisse son enfance, dans mon infinie bonté de déesse des femmes. Mais le jour où elle deviendra une femme, je lui couperai la tête et la donnerai en offrande à sa mère.
Les deux femmes se fixèrent intensément. Une ligne de haine les reliait, un fil plus solide que toutes les toiles d'Arachné. Héra se retourna, pour observer son mari. Il redressa de toute sa hauteur, étreignit le pommeau de son sceptre fourmillant d'éclairs et frappa le son de son extrémité.
– Je te fais le serment de faire disparaître de la Terre Perséphone, fille de Zeus et de Déméter, avant le crépuscule de sa vie de femme.
– NON ! Cria Déméter.
Elle se jeta sur le berceau de sa fille et s'allongea dessus pour le protéger, comme si les Erinyes allaient la lui ravir à tout instant.
Héra se retourna vers Déméter, un sourire de satisfaction sur le visage.
– Tu n'es pas de taille à t'opposer au serment de Zeus. Elle n'est même pas si belle que ça, ajouta-t-elle en jetant un regard méprisant vers l'enfant.
Et Héra traversa le hall d'un pas majestueux en en sortie, sa traîne rose page balayant les marches derrière elle. Tous les regards étaient braqués sur elle et sur le nouveau visage qu'elle avait montré. Et aucun ne voulait s'attarder sur la mère aimante penchée sur le berceau de sa fille, pleurant à chaudes larmes la perte future de sa fille.

Les années s'égrenèrent et la peine de Déméter ne cessa de croire. Chaque fois qu'elle regardait les yeux bleus ciel de sa fille, elle entendait la funeste promesse de son père. Elle l'aimait plus que sa propre vie. Elle avait illuminé son existence et elle allait bientôt s'éteindre. Elle avait cherché, cherché, cherché une solution, une échappatoire. Mais personne n'échappait au roi des dieux. Il la tuerait. Elle n'avait qu'à attendre. Et préparer son deuil.

Othos cherchait Perséphone. Il avait l'impression tenace de passer son temps à s'assurer qu'elle ne courait aucun danger. Et cette mission s'avérait, à la longue, éreintante.
Il ouvrit la porte et entra dans la grande bibliothèque. Un livre était posé sur la table en chêne qui trônait dans le coin de la pièce, un des coussins encore enfoncé par la présence du lecteur. Othos avait le plus grand mal à imaginer Perséphone, calmement installée, au calme, à lire monts et merveilles. Le livre en main, il traversa la salle et avança sur le balcon. La vue qui s'ouvrait sur les hauts jardins était somptueuse. Les haies couraient en sillons emmêlés vers le lac qui dormait, inlassable, dans son lit de verdure. Le soleil se reflétait à sa surface. Une cachette idyllique pour une déesse poursuivie par le châtiment du roi des dieux.
Il y eut une lumière, dans un des chemins de verdure. Et une voix symphonique. Une nymphe. Il suivit la lumière du regard, et la voix le mena à ce qu'il cherchait. Une jeune femme à la folle chevelure blond vénitien. Perséphone. Elle courait vers le cœur des jardins.
Othos revint sur ses pas et rouvrit la porte d'un geste rageur.
– Elle finira par me tuer.
Il fut rejoint par deux gardes en armure verte, couleur divine de Déméter. L'un d'eux semblait liquéfié par la frayeur.
– Nous ne la retrouvons pas, commandant.
– Je l'ai retrouvée, fit-il, d'une colère froide.
Un honneur. C'en était un. Veiller à garder une déesse en vie en était un, à n'en pas douter. Mais la protéger de Zeus ! Déméter s'était bien gardée de le préciser à Othos, lorsqu'elle lui avait proposé cette mission, dans le carcan honorifique de commandement de sa garde personnelle. Othos était jeune et ambitieux. Il y avait vu là une promotion qui récompensait sa valeur.
Ambitieux et naïf.
Il tourna à droite et traversa la grande arcade qui plongeait dans le patio. L'eau bleue qui dormait dans le bassin central vivifiant l'espace. Othos le contourna et descendit les marches de pierres blanches qui menaient aux jardins, en contre-plongée. Il s'arrêta, observant les couloirs de cyprès. Il ne pouvait plus la voir. Il leva les yeux à l'entente d'un bruit de frottement. Déméter se tenait au balcon du premier étage. Elle scrutait les jardins, elle aussi.
- Je ne vois plus Perséphone ?
- Elle est dans les jardins, ma déesse.
- Je ne la vois pas.
Sa voix tremblait. Othos sentit une boule gonfler dans sa gorge ; il venait de saisir la nuance. Déméter disparut dans un tourbillon. Othos se mit à courir et disparut dans le couloir dans lequel le mena son instinct. La sensation d'hermétisme le saisit immédiatement ; plus aucun son provenant de l'extérieur des jardins ne lui parvinrent plus. Comme s'il venait de franchir un mur invisible. L'ombre ici était tenace et angoissante ; la lumière du jour ne perçait. Juste cette espèce d'aura mystérieuse qui courait le long des feuilles. Le seul véritable endroit où Perséphone se sentait en sécurité. Au fil des années, l'étrangeté de ces jardins s'était accrue. Déméter aimait savoir sa fille dans ceux-ci. La bénédiction des Nymphes la cachait au regard du monde. Mais pas à celui de sa mère ; jusqu'à aujourd'hui.
Othos tourna à droite et se retrouva dans une impasse. Un mur végétal se dressait face à lui. Il jura et sortit son épée du fourreau accroché à son dos et fit demi-tour. Le geste était inutile ici, mais il lui apportait du réconfort, du courage. Il tourna à nouveau à droite, longea un nouveau couloir et dévala la douce pente qui bifurqua à gauche. Il tourna à nouveau à droite, puis à gauche et se retrouva face à une nouvelle impasse. Othos se rappela alors qu'il ne s'était jamais aventuré dans ces jardins sans la compagnie d'une Nymphe. Une erreur.
Il se retourna et observa les lieux. Plongé dans l'ombre, il hésitait. Il pouvait revenir sur ses pas, chercher un autre passage. Mais il était certain que Perséphone était là, à sa portée.
Othos sentit un frémissement. Une sensation presque imperceptible ; comme un changement, une onde qui s'inverse. Et il entendit clairement une voix murmurer « Perséphone ». Derrière ce mur. Il cramponna ses mains sur le manche de son épée et s'attaqua à la structure végétale du mur de cyprès. Il scinda violemment la haie, du haut vers le bas. Tant qu'il sentit le cuir du manche brûler ses paumes. Chaque fois, sa lame transperça la haie mais elle se reconstitua. Il n'était pas de taille face à la magie des Nymphes. Il réalisa que ses efforts étaient vains. Il devait faire demi-tour. Il se détourna du mur, prêt à revenir une fois de plus sur ses pas. Quand il entendit ce grésillement, dans son dos. La haie brûlait, là il l'avait frappée. Comme si sa lame provenait des flammes des enfers. Il observa ce spectacle édifiant. Les flammes calcinèrent la végétation et, après quelques instants, un trou apparut dans la haie. Deux jambes apparurent. Fines et blanches comme neige. Elles s'enfuirent rapidement. Othos passa au travers du trou et se redressa. Il se trouvait au cœur des jardins, là où trônait une magnifique fontaine dont les jets jalousaient les beautés éternelles de l'Olympe, il en était certain. Bien qu'il n'y eut jamais mis un orteil.
Un peu plus loin, Othos reconnut la silhouette de l'Océanide qu'il avait vu s'enfuir.
« Perséphone »
A nouveau cette voix. Othos, épée dressée, contourna un pan de haie qui longeait la fontaine et s'arrêta, là d'où provenait la voix. Un écho perpétuel. Une voix décharnée par la douleur. Il abaissa son arme, laissant sa pointe reposer sur la pelouse. Il comprit qu'elle ne lui servirait plus à rien. Déméter, ses cheveux noirs basculés vers l'avant, était à genoux et pleurait. Il remarqua un trou béant dans la terre, comme les profondeurs avaient avalé ce pan de pelouse. Comme s'il n'existait plus rien d'autre que le néant à cet endroit. Il s'accroupit près de la déesse. Elle grattait férocement la terre autour du trou, l'évitant soigneusement. 
– Que s'est-il passé ? Demanda-t-il d'une voix douce.
Mais Othos savait que sa tentative était vaine. Déméter était dévastée par ce chagrin qu'elle avait tant imaginée, qui avait hanté toutes ces nuits, toutes ces années. Il avait failli, lui commandant de la garde personnelle de Perséphone.
Il sentit une présence. Il tourna la tête. L'Océanide s'était approchée.
– Hadès a enlevée Perséphone. Il y avait un Narcisse, ici même. Trop magnifique pour être naturel. Quand Perséphone a voulu le toucher, sa tige s'est enroulée autour de son poignet. Et le trou s'est ouvert pour l'avaler.
– Perséphone...
Le seul mot qui semblait pouvoir encore s'échapper des lèvres fébriles de Déméter.

Une tornade de feuilles morte gifla les marches de marbre. Zeus se tut. Il avait entendu le hurlement de détresse de Déméter et s'était attendu à la voir arriver à tout instant. Il leva la main vers Héra qui lui jeta un regard furibond. Elle suivit ses yeux impérieux et vit à son tour la silhouette de Déméter monter les marches avec férocité. Il descendit quelques marches, pour se place entre les deux déesses et plaça son sceptre en avant, pour mettre en garde Déméter.
– Tout est de ta faute, hurlait-elle à l'adresse d'Héra. Tu as commandité son enlèvement ! Tu as mandaté Hadès pour qu'il me la vole ! Je te tuerai, toute reine que tu es ! Je te ferai...
Zeus frappa violemment le sol de son sceptre.
– Silence ! Exprime-toi clairement, Déméter.
– Hadès a enlevé Perséphone !
– Quel rapport avec Héra ?
– « Quel rapport avec Héra ? » Tu te fiches de moi ? Elle a promis de tuer mon enfant !
– Elle n'est pas morte, précisa Héra d'une voix lente.
Il y eut un silence plus meurtrier que mille lames.
– Que s'est-il passé exactement ?
– Perséphone a voulu toucher une fleur et le sol l'as aspiré.
– Une fleur ?
– Oui, un Narcisse !
– Excuse-moi, Déméter, mais je n'arrive pas à faire le lien avec Hadès.
– Elle a disparu sous terre ! Dans le royaume des morts !
– Ce n'est pas toi plutôt la déesse de l'agriculture ? Siffla Héra.
– Héra ! S'indigna Zeus, en se tournant vers sa femme.
Elle haussa les sourcils et remonta de plusieurs marches.
– J'entends ta détresse, Déméter, mais ce sont là des accusations très graves. Tu mets en cause deux des dieux de l'Olympe, pour quelque chose que tu es la seule à avoir vu.
– Tous les dieux étaient réunis, le soir où elle a promis de tuer Perséphone.
– Oui, mais je ne reconnais pas là l’œuvre d'Héra. Ni même d'Hadès, si tant est qu'il ait un lien avec son enlèvement. Enfin, Hadès n'était même pas dans la salle des trônes. Je ne suis même pas sûr qu'il ait connaissance de qui est Perséphone ; il ne sort presque jamais des enfers.
– Hadès a enlevé Perséphone. Je veux la récupérer.
– Je ne lancerai pas de Foudre contre Hadès sans preuve.
Déméter eut l'impression qu'on lui coupait l'herbe sous le pied.
– Je veux qu'on réunisse le Conseil, déclara Déméter.
– Le Conseil ? De tous les dieux ?
– Oui, et tout de suite. Ou je me rends moi-même aux enfers.
– Tu sais très bien que tu ne le peux pas ; personne n'y entre sans la permission d'Hadès.
– Tu sais aussi bien que moi qu'il existe un moyen.
La dernière réplique de Déméter eut l'effet d'une gifle sur le visage impassible et hautain de Zeus. Il se redressa de toute sa hauteur et défia la déesse de l'agriculture. Mais elle ne cilla pas, campée sur ses positions. Il se savait coincer. Déméter n'irait pas jusqu'à cette extrémité. Non ?
Il ne parvint à se décider.
– Hermès, vociféra-t-il.
Un battement d'ailes divin flotta dans les airs et, la seconde suivante, Hermès, messager des dieux, se tenait sur une des marches qui séparaient Zeus d'Héra.
– Oui, Mon Roi ?
– Je veux que tu réunisses le Grand Conseil.
Une plume dorée se dessina entre les doigts fins du dieu, à la silhouette longiligne. Il pointa la plume sur la paume ouverte de sa main gauche.
– Sous quel délai ?
– Immédiatement ?
– Immédiat... Mais, Mon Roi, il faudra des jours que tous...
– MAINTENANT HERMES !
– Bien, bien, Mon Roi !
Il s'activa. Sa plume virevolta nerveusement entre les lignes éternelles de sa paume.
– Pour quel motif ?
Zeus remonta deux marches et dépassa Hermès sans lui demander de se pousser.
– L'enlèvement de Perséphone par Hadès.

Cette salle lui paraissait bien plus petite que dans ses souvenirs. Héra songea qu’elle ne l’était peut-être que de l’endroit où elle était installée, bien différent de celui qu’elle avait occupé par le passé. Elle passait de juge à jugée. Et elle détestait cette situation.
Elle était assise sur un fauteuil en métal qui se dressait, seul, au centre de cette plate-forme circulaire qui formait le point d’orgue de la salle de jugement. Ses mains étaient liées aux accoudoirs par des cordes d’acier. Elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait pas s’en défaire. Un alliage éternel conçu par Athéna. Et quel intérêt avait-elle à essayer de fuir ? Elle n’était coupable que de femme bafouée.
Les derniers mouvements s’achevèrent. Elle engloba la tribune circulaire qui l’encerclait d’un regard. Ils étaient tous là. Toutes les divinités : Dieux, nymphes, faunes… Tous. Sauf Hadès. Ils la regardaient tous avec respect, baissant le regard chaque fois qu’ils devinaient la puissance des yeux de leur reine posé sur eux. Pour jugée qu’elle était, elle n’en était pas moins leur souveraine. Qu’ils ne l’oublient pas. Ses yeux s’égarèrent jusqu’à Zeus. Assis dans l’un des deux trônes surélevés, afférents aux principaux dieux, il discutait avec Poséidon dont le trident vibrait par instant. Leur échange était discret mais leurs visages ne trompaient pas ; ils se disputaient ardemment. Zeus ferma le poing férocement ; Héra lut sur ses lèvres la phrase qui mit fin à cet échange « Je n’irai pas la chercher ». Héra eut un sourire.
Après un soupir, Zeus se leva de son fauteuil et domina l’assistance de sa prestance. Tous se turent et le regardèrent.
– Mes amis, soyez les bienvenus à l’Olympe, déclara-t-il.
Les paroles étaient accueillantes. Celle d’un hôte bienséant. Mais il ne trompait personne. Il eût préféré ne pas avoir à subir ces cérémonies inutiles. Il les avait toujours détestées.
– Soyez sûrs que votre promptitude à répondre à mon appel saura rester mémorable. Il est de notre devoir de prendre une décision rapide et définitive pour un sujet de la plus haute importance. Je serai donc concis. Déméter, déesse de l’agriculture et fille des titans Cronos et Rhéa, affirme avoir vu sa fille, Perséphone, fille de Zeus, être avalée par les terres siciliennes dans son jardin d’exil. Elle pense qu’Hadès, Souverain des Enfers et fils des titans Cronos et Rhéa, en est l’auteur et qu’Héra, Reine des dieux et fille des titans Cronos et Rhéa, a commandité cet acte. Notre reine est ici en qualité de jugée. Je serai juge et garant de la décision de notre conseil. Nous sommes ici pour proclamer la vérité et prendre les décisions qui s’imposent.
Il marqua une pause. Son discours avait été terne et mécanique. Répété.
– Commençons par…
Mais quelqu’un se leva dans la tribune située en face de Zeus. Un petit être que Zeus ne connaissait que trop. Il s’interrompit, exaspéré.
– Oui, Eris ?
– Pardonnez mon impudence, Mon Roi, mais je m’interroge sur votre… diligence à pouvoir dicter une réponse impartiale à l’égard d’une affaire qui vous concerne autant.
Il y eut quelques murmures ; mais ils moururent rapidement, éteints par le regard furibond de Zeus.
– Je ne suis que le porte-parole du Conseil, Eris. Tu le sais.
– J’entends bien. Mais vous êtes aussi et surtout le père de Perséphone, l’amant de Déméter et le mari de…
– Et le souverain de l’Olympe, précisa-t-il.
 Les mots d’Eris s’éteignirent dans sa gorge, sous la menace à peine voilée.
– J’ai cependant quelques…
– Cesse, Eris.
Une troisième voix avait parlé, à la gauche de Zeus. Celle d’un dieu à la mâchoire forte et à la peau barrée de cicatrices. Arès, dieu de la guerre. Il faisait tourner entre ses doigts une dague à la lame éméchée, couverte de sang séché. Il ne daignait même pas regarder le dieu de la discorde.
– Ou je me ferai un plaisir de t’égorger. Pour répondre à l’envie inavouable de notre Roi.
Il parut évident qu’Eris avait encore son mot à dire. Mais un regard accentué sur la dague l’en dissuada. Il se rassit. Arès esquissa une moue déçue.
– Bien, reprit Zeus. Déméter, c’est à toi.

Arès était assis sur le rebord de la tribune, sur la plate-forme. A l’endroit idéal pour empêcher Eris, minuscule, de voir ce qui se passait. Déméter avait expliqué les fondements de sa peur : la promesse faite par Héra de tuer sa fille, la crevasse qui avait aspiré sa fille, la nécessité de la récupérer aux mains d’Hadès et son scepticisme quant à l’absence de lien entre les deux évènements. Avait suivi la défense d’Héra. Comme le définissaient les règles du Conseil, la jugée ne pouvait se défendre elle-même et elle avait choisi Arès pour le faire. Il avait été parfait dans son rôle, défendant ses intérêts comme les siens. Menaçant tous ceux qui se dressaient contre sa mère.
Zeus se releva dans son fauteuil. La houle qui agitait maintenant l’assemblée se tempéra.
– Ces échanges sont stériles. Déméter n’a apporté aucune preuve de la duplicité d’Hadès et…
– Est-il là pour se défendre ? Lança Déméter.
Il y eut de nouveaux murmures désobligeants.
– Le Conseil a entendu tes arguments, Déméter. Il y bien une animosité réciproque entre Héra et toi et tout le Panthéon a été témoin de la funeste promesse de Notre Reine à l’égard de Perséphone. Toutefois, Hadès était absent ce jour-là et tu n’as apporté aucune preuve qu’Héra a mandaté Hadès pour enlever ta fille.
– Parce qu’il n’y en a pas, sourit Héra.
– Héra. Tu es tenue au silence.
Elle acquiesça d’un simple clignement d’yeux respectueux. Mais elle arborait un sourire ravi.
– Vous savez tous qu’elle ment ! Vociféra Déméter. Elle a toujours prouvé qu’elle était d’une nature belliqueuse. Combien de mortelles ont pâti de sa vengeance ?
– Tu es une idiote, Déméter. Tu n’as donc toujours pas compris ? Je n’avais pas besoin de m’en occuper. Tout s’est joué sans mon concours.
Elle paracheva sa phrase d’un rire mauvais.
– HERA ! Cria Zeus.
Les murmures reprirent et Zeus sut que le silence complet ne reviendrait pas aussi facilement.
– Bien. Votons ! Que ceux qui souhaitent envoyer un corps armé aux Enfers lèvent la main.
Arès leva la main. Il regarda toute l’assemblée. Il n’y eut que très peu de mains. Il se leva et se retourna vers Eris. Sous le joug de son regard, elle leva la main.
– Que ceux qui souhaitent interdire par serment à Déméter d’intenter une action contre les Enfers lèvent la main.
Presque toute l’assemblée leva la main.
– Par décision du Grand Conseil, je juge donc Héra et Hadès non coupables de l’enlèvement de Perséphone.
Les liens d’acier libérèrent les poignets d’Héra.

Elle ne pouvait pas vraiment hurler au scandale, mais si c’en était clairement un. Déméter s’y était préparée. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne comprenait ce qui avait amené Hadès à enlever Perséphone. Arracher un mortel au royaume de Zeus était une sévère entorse à l’équilibre entre les royaumes. Mais s’emparer d’une déesse ! Tous connaissaient la haine vouée par Hadès à son frère, roi des dieux. Mais pas au point de déclarer une guerre ouverte. Et pourquoi Perséphone ?
Tant d’éléments auxquels elle aurait aimé trouver réponse.
Déméter descendit les dernières marches blanches de cet escalier en colimaçon qui s’enfonçait dans les profondeurs de l’Olympe. Elle s’engouffra dans un long couloir qui s’étendait à perte de vue. A sa droite, Othos l’attendait, assis au sol. En entendant sa déesse, il se releva ; tous les gardent qui l’accompagnaient se mirent au garde-à-vous, le menton dressé, leur lance dressé contre le sol.
– Ces imbéciles se sont laissé intimider.
– Ils n’enverront pas d’émissaires ?
Othos savait pertinemment ce que cela signifiait.
– Tu sais ce qu’il te reste à faire ?
Oh oui, il le savait.
Déméter se tourna vers une porte, à gauche. Elle l’ouvrit ; un vent de tous les diables s’empara du couloir, colportant des voix hurlantes. Othos n’avait pas envie de connaître leur origine.
– Et si Zeus disait vrai ? Cria Othos, pour couvrir les hurlements et le vent.
– Je sais ce que j’ai vu.
Il jeta un regard vers le carré de désolation qui se dessinait derrière l’encadrement de la porte. Il retira son épée de son fourreau et passa le seuil de la porte. Il ne vit pas l’hésitation sur les visages de la garde et la certitude qu’ils ne reviendraient pas. Malgré tout, ils lui emboitèrent le pas.

La douleur la réveilla. Comme un coup de genou inlassable répété au centre de sa colonne vertébrale à une cadence mécanique. La secousse secouait tout le reste de son corps et lui donnait presque la nausée.
Perséphone ouvrit les yeux.
Elle ne vit pas le ciel bleu. Parce qu’il n’y en avait pas. Juste une sorte de voûte brumeuse d’un rouge souffre qui se mêlait à une fumée noire épaisse qui vagabondait. Et, au travers de quelques trous dans l’amoncellement, elle pouvait une roche volcanique qui constituait le plafond. Elle tourna la tête à gauche, à droite, pour comprendre pourquoi elle rebondissait de la sorte. Et essaya aussi de bouger, d’utiliser ses mains. Mais elle était attachée. Elle réalisa qu’elle était attachée à quelqu’un. Son ravisseur s’arrêta un instant.
– Où est-ce que vous m’emmenez ?
Elle n’eut pas de réponse. Sinon qu’il se redressa, offrant une meilleure vue à Perséphone. Elle eut une brève vision du chemin qu’ils venaient d’arpenter, s’il pouvait porter ce nom. Une crevasse dans la terre pourpre et stérile. Où rochers, cailloux et failles dessinaient un chaos perfectible. Elle entendit un craquement. Puis un deuxième. Et elle s’éleva. Perséphone se contorsionna pour comprendre ce qui se passait, mais elle n’arrivait pas à voir. Elle réalisa seulement qu’ils s’élevaient, rapidement. Très rapidement, au gré des efforts monstrueux de la personne qui la portait.
– Hé, arrêtez ça tout de suite !
Pour seule réponse, elle eut un grondement sourd, qui résonna contre son dos. Elle réalisa qu’elle n’avait peut-être pas envie de connaître l’identité de son porteur. Elle s’attarda plutôt sur la vue qui s’offrait à elle. Un panorama funeste. Un dédale de canyons creusée la terre Sang, des sillons de fumée noire qui s’élevaient ici et là et des hurlements lointains, humains et moins humains. Elle savait pertinemment où elle était. Et qu’on n’en revenait généralement pas.
L’ascension prit fin. Perséphone entendit une dernière fois la roche craquer et le porteur se remit à quatre pattes et avança sur quelques pas avant de s’immobiliser.
– Arrête de bouger, fit une voix à l’adresse du porteur.
Perséphone tourna la tête vers lui ; elle écarquilla les yeux. Le squelette d’un homme drapé s’activait, pour détacher les liens de Perséphone. Elle les sentit se desserrer. Et, la seconde suivante, elle retomba violemment sur le sol lorsque son porteur s’en dégagea. Il était un monstre, un croisement chimérique entre un ours et un reptile, une longue langue jaillissant par instant de son museau écaillé. Mais sa musculature et les griffes acérées qui sortaient de ses énormes pattes laissaient imaginer la facilité qu’il avait à grimper contre des façades, même avec le fardeau d’un être humain sur le dos. Il tournait en rond autour de Perséphone, comme un requin autour de sa proie. Près à sauter dessus.
– Non, elle n’est pas ta récompense. Nous te le ferions amèrement regretté. Elle t’attend en bas.
La créature ne se fit pas prier. Elle sortit en trombe de la pièce par l’arcade qui la délimitait du couloir adjacent et, dans un crissement de griffes, disparut. Le squelette tendit une main aidante à Perséphone. Mais elle préféra se relever d’elle-même. Et garda une certaine distance.
– Pardonnez ce rustre, il a les manières de son rang.
Perséphone espérait qu’il s’agissait d’un cauchemar et qu’elle ne tarderait pas à se réveiller. Ses poumons la brûlaient, elle avait le tournis et se sentait oppressée. Elle se retourna et avança. Elle se trouvait au sommet d’une immense tour et cette pièce n’avait pas de fenêtres. Seulement des immenses ouvertures qui laissaient entrer les bourrasques de vents et les cris stridents des créatures ailées noires qui voletaient autour et se battaient. Perséphone avança jusqu’au rebord. Même sans être sujette aux vertiges, elle se sentait aspirée par le vide. Ces points noirs qui bougeaient, plus pas, lui paraissaient des fourmis.
Elle eut un nouveau vertige, qui manqua la faire basculer vers le vide. Mais la main osseuse du squelette la retint et la ramena en arrière.
– Il vous faudra un certain temps pour vous habituer à notre air. Vous devriez vous reposer.
– Je suis aux… enfers ?
– Oui, nous sommes heureux de vous y accueillir.
– Pour… pourquoi ?
Ses yeux papillonnaient. Et sa gorge la brûlait. Elle n’entendit pas la réponse. Le haut-le-cœur qui la saisit la fit basculer vers l’avant ; elle rendit les derniers aliments terrestres qu’elle avait avalés. Le squelette grand et filiforme la porta jusqu’à un immense lit, contre le mur. Elle ne comprit pas ses paroles, ne s’y attarda pas mais se laissa emporter par la torpeur du sommeil.

Lorsqu’elle se réveilla, Perséphone apprécia la douceur de sa literie. Sorte d’écrin de douceur qui n’avait rien à envier à celle des nuages. Elle mit beaucoup de temps à émerger de son sommeil, comme si Morphée avait les plus grandes difficultés à relâcher son étreinte. Elle se redressa et observa la grande suite dans laquelle elle se trouvait. Son regard s’égara vers une des grandes ouvertures qui transperçait le mur ocre et les grandes créatures ailées noires qui étaient perchées sur le rebord. Elles ne criaient plus mais elles n’en étaient pas moins effrayantes, aussi immobiles que des gargouilles de chair et de sang. Perséphone réalisa qu’elle n’avait pas cauchemardé.
– Je venais justement vous réveiller.
Le squelette filiforme qui l’avait accueillie la veille venait d’entrer dans la pièce. Les os de ses orteils claquaient sinistrement contre le sol. Perséphone recula jusqu’au mur.
– Ne m’approchez pas !
– Il va bien falloir, pourtant. Ou il vous faudra vous harnacher de cette chose toute seule.
Il désignait une robe et son cortège de voiles, posée au pied du lit. Une robe noire.
– C’est quoi cette horreur ?
– Notre présent pour la cérémonie.
– Quelle cérémonie ?
– Votre union au seigneur des morts.
– Hadès ?
Le squelette détourna ce qui lui tenait lieu de regard, à savoir deux orbites vides. Comme si Perséphone venait de prononcer un infâme juron.
– C’est donc pour ça qu’il m’a fait enlever ? Pour m’épouser ?
– Nous vous avons offert un Narcisse et vous l’avez accepté.
– Vos ronces m’ont arraché à la Terre !
– Non, vous avez accepté notre Narcisse.
Perséphone réfléchit. Elle se rappela le mythe de Narcisse et la malédiction qui lui était attachée. Cette fleur avait maintenant valeur de pacte. En le cueillant, elle avait scellé celui qui la liait à Hadès.
– Je ne l’épouserai pas.
– Vous y êtes tenue.
– Ma mère viendra bientôt me chercher et Hadès regrettera amèrement son geste. Je suis la fille de Zeus.
– Personne ne viendra vous chercher. Vous n’y êtes pas entrée de force et Zeus ne prendra pas le risque de déclencher une guerre pour venir vous chercher.
Perséphone réalisait que ce squelette déambulant avait pertinemment raison. Si elle n’avait pas cédé à sa curiosité, elle n’aurait jamais été emmenée aux enfers. Zeus ne ferait rien sans preuve.
– Mettez cette chose. Vos sujets s’impatientent.
Perséphone entendait des voix en provenance de l’extérieur. Un brouhaha. Elle le détestait déjà.

Le squelette, Sedah de son nom, avait proposé à Perséphone de la guider en lui prenant la main. Mais en remarquant le regard noir de la jeune femme, il avait vite compris que la proposition était vaine. Elle s’était donc contentée de le suivre dans les couloirs de la Tour Rouge, tous déserts. Ils avaient ensuite montés un escalier très étroit qui les avait menés au sommet de la tour. Le vent, ici, les ébouriffaient. Les frappant de tous côtés. Les créatures ailées s'étaient toutes envolées et perchées sur le rebord circulaire de la plate-forme.
Ils traversèrent la plate-forme et rejoignirent un homme qui se tenait devant un pupitre fait d’une matière dur et blanche qui n’était pas sans rappeler un enchevêtrement macabre d’ossements. Perséphone fit la grimace en le regardant ; son visage décharné laissait voir certains de ses os. Il passa son capuchon sur sa tête, en voyant le visage de Perséphone. Il lui adressa une brève révérence et fit signe à Sedah de la mener jusqu’à une autre plate-forme, à laquelle menaient quelques marches. Là où se tenait la silhouette d’un homme qui leur tournait le dos et dont Perséphone devinait l’identité. Sedah s’exécuta et guida Perséphone ; il monta les marches avant elle et s’écarta, pour la laisser rejoindre Hadès. Elle se plaça juste à côté d’elle. Il lui accorda un bref regard. Elle s’avoua déçue ; il avait orchestré tout ça, bravé tous ces risques juste pour la faire venir ici et l’épouser au plus vite. Et c’était tout juste s’il lui accordait un regard !
– Nous pouvons commencer, informa le prêtre, d’une voix éraillée.
A contrecœur, Hadès se tourna complètement vers Perséphone. Il la dominait complètement. Il était bien loin de l’idée infâme qu’on véhiculait dans le monde des hommes. On le dépeignait comme un cadavre ambulant, tout juste plus vivant que les morts qu’il gouvernait. Mais il avait des traits humains, bien qu’émaciés. S’il n’y avait pas eu ses yeux, il eût pu facilement passer pour un mortel à l’agonie. Mais il y avait une profondeur, des abysses dans ces rétines mordorées qui ne trompaient pas. Il était un dieu, l’un des plus puissants. Et des plus incompris aussi. Il prit une des mains de Perséphone ; il avait la peau si froide. Elle échappa à son étreinte.
– Nous sommes ici pour unir par les liens du sang Hadès, fils des Titans Cronos et Rhéa, Seigneur des morts et Roi des Enfers à Perséphone, fille de Zeus et Déméter, et faire de Perséphone la Reine des Enfers.
– Sans son consentement, acheva-t-elle.
– Pardon ? Demanda Hadès.
– Je ne veux pas devenir votre reine.
– Vous avez cueilli mon Narcisse.
– Je ne savais même pas ce qu’il était.
– Votre mère ne vous a pas appris à lire les signes divins ?
A vrai dire, si. Mais Perséphone ne se souvenait pas avoir été une seule fois attentive.
– J’ai fait une erreur. Mais je ne veux pas vous épouser.
– Vous allez pourtant le faire.
Il tenta de lui reprendre la main, mais elle s’arracha à sa prise une nouvelle fois.
– JE NE VOUS EPOUSERAI PAS, EST-CE CLAIRE ?
Elle recula d’un pas. Elle ne réalisa qu’à cet instant qu’elle n’était pas en mesure d’imposer ses choix. Elle était en enfers, face au roi des enfers, encerclés de créatures ailées qui la fusillaient du regard et pouvaient fondre sur elle à tous moments. Hadès avança d’un pas et lui prit la main avec une telle force que Perséphone sut qu’elle ne se libérerait plus. Il adressa un regard au prêtre pour le mettre au défi de s’interrompre à nouveau.
Le prêtre avança de quelques pas et contourna son pupitre, pour tendre à Hadès un poignard qu’il venait de sortir d’une de ses larges manches.
– Par cette lame, unissez vos âmes.
Sans hésiter, Hadès fit glisser la lame contre son avant-bras et le tendit à Perséphone. Ses grands yeux allèrent d’Hadès au poignard. Elle ne voulait pas le faire. Mais elle n’avait pas vraiment d’échappatoire ; elle le savait. Bien malgré elle, elle prit le poignard et posa la lame tranchante contre les veines de son poignet, là où elle sentait l’étreinte glaciale d’Hadès. Il la fixait férocement. Il laissa la lame caresser sa peau ; un picotement la saisit. Elle vit une ligne de sang apparaître. Hadès l’attira à elle et plaqua son propre avant-bras meurtri contre le sien, mêlant leur sang.
– Par ce geste, Hadès vous fait vous, Perséphone, reine des enfers et suzeraine des morts, sa femme. Tous ses serviteurs sont maintenant vôtres.
Hadès se détourna d’elle et la relâcha. Il avança jusqu’à la rambarde qui léchait le rebord de la plate-forme. Elle entendit une clameur monter des profondeurs. Et un ronflement rauque provenir des créatures ailées. Précautionneusement, Perséphone s’approcha de la rambarde. Un nouveau vertige la prit ; bien différent de ceux de la veille. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers d’être étaient agglutinés au pied de la Tour Rouge et scandaient le nom d’Hadès et Perséphone, seigneurs des enfers. Les créatures ailées ouvrirent leurs ailes, lancèrent un cri strident et se jetèrent dans le vide.

Cette odeur âcre de souffre continuait de la brûler. Sedah avait expliqué à Perséphone qu’elle n’aurait pas aimé en connaître l’origine. Elle avait essayé de ne pas y penser, mais les pires images lui traversaient l’esprit depuis qu’il y avait fait mention. Il lui avait aussi confié qu’elle finirait par s’y faire. C’était en partie à cause de cet air vicié qu’aucun être humain ne pouvait survivre aux enfers. Les seuls qui y étaient venus étaient soit morts soit repartis avant que le souffre eut suffisamment attaqué leur système respiratoire. Même les dieux ne venaient pas.
Perséphone se gratta à nouveau la gorge. Elle avait la désagréable impression de sentir un insecte particulièrement vivace gratter à l’intérieur de sa gorge, comme s’il essayait d’en sortir autre part que par sa bouche. Elle chassa cette idée atroce. Un éclat de voix en provenance du dehors attira son attention. Elle se leva du lit. Il y avait toujours ces gardes, postées devant l’arcade qui servait d’entrée à sa suite. Ils l’effrayaient. Sorte de croisement indésirable entre des insectes et des loups enragés. Leur œil torve semblait la guetter où qu’elle soit. Elle s’approcha d’une des ouvertures béantes dans le mur ; il semblait qu’un pan entier de roche avait été arraché par une main titanesque. Une bourrasque de vent la cueillit. Elle avança jusqu’au rebord. Une des créatures ailées se trouvait là et la transperça de ses yeux rouges vides. Un faible cri ronfla dans sa gorge, à mi-chemin entre le ronronnement et le ululement. Leur attitude avait brutalement changé à son égard depuis qu’Hadès avait fait d’elle sa reine. Elle se pencha et laissa ses yeux plonger une vingtaine de mètres plus bas, au pied de la Tour Rouge. Une longue corde d’êtres avançait jusqu’à Hadès, encadré d’un groupe de serviteurs armés, immobiles. Les silhouettes formant la longue ligne s’avançaient un à un au-devant d’Hadès. Certains se contentaient de ployer, mettant genou à terre ; d’autres étaient pris de véritables spasmes. Il y avait aussi ceux qui hurlaient à gorge déployée, proie d’un cauchemar éveillé.
– Vous ne devriez pas regarder ça, Ma Reine.
Perséphone se retourna, effrayée ; comme une enfant prise la main dans le sac. Son pied manqua glisser du rebord. C’était Sedah. Il la regardait les mains jointes derrière les vertèbres lombaires effilés de son bassin, dans une pause qui se voulait pleine de prestance. Mais il n’était qu’un squelette ambulant.
– Qu’est-ce qu’ils font ?
Sedah avança jusqu’à la rejoindre.
– Ils répondent à notre appel. Ils sont là pour que nous les jugions.
– Ce sont les morts ?
Perséphone ne les voyait pas suffisamment, à cette distance. Mais elle devinait leur regard perdu, leur peur. Leur incompréhension.
– Ils ne sont plus vraiment des êtres en arrivant ici. Ce ne sont que des morts, une brume où ne réside que ce qu’ils ont été. Nous les marquons pour qu’ils ne quittent plus les Enfers.
– Que leur arrive-t-il ensuite ?
– Ils seront jugés, sur ce qu’a été leur existence.
– Et ensuite ?
– Ils rejoindront soit le Pré de l’Asphodèle, soit le Tartare.
– Qui en décide ?
– Nous en décidons.
– Qui ça nous ?
– Hadès.
Perséphone fronça les sourcils ; elle ne comprenait pas cette manie qu’avait Sedah de parler systématiquement à la première personnelle du pluriel.
Une nouvelle âme se présenta à Hadès. Il leva une énième fois l’objet long qu’il tenait, mais la forme s’agita et tenta de s’enfuir. Mais un des gardes du Roi des morts se mit en travers de son chemin ; Hadès quitta son piédestal et marcha jusqu’à lui d’une démarche lente et majestueuse. La forme sombre qui demeurait de l’être qu’avait été auparavant l’âme se retourna. Hadès posa sa main sur lui ; un hurlement s’extirpa de lui et se fondit en un écho effrayant. Quand Hadès revint sur ses pas, la forme brumeuse avait disparu.
– Où est-il ?
Sedah soupira.
– Il refusait de se soumettre à notre jugement.
– Il l’a l’exterminé ?
– Non, nous n’avons pas pouvoir de mort ; le fil de leur vie a déjà été brisé par les Moires. Nous l’avons envoyé servir les Erinyes pour l’éternité.
Perséphone ne parvenait pas à se projeter une image suffisamment réaliste d’une éternité à satisfaire les moindres désirs de divinités infernales vouées à rendre fous les hommes. Elle n’imaginait pas pire châtiment.
« Modifié: 03 Avril 2014 à 07:10:12 par Aphone »
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

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Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #1 le: 03 Avril 2014 à 01:52:47 »
Ouf, j'en suis venue à bout !
Je t’avoue que le grec dans le titre fait un peu peur… ^^
Je sais pas s’il répond au défi ou pas (je n’ai pas bien saisi le but du défi, en fait  :-[) mais il est plutôt intéressant.

On voit cependant que tu n’as pas vraiment relu ::) Outre les fautes (mais ça, il en reste toujours), il y a pas mal de répétitions et d’étourderies que tu aurais pu éviter avec une simple relecture.

Sinon, pour donner un avis général, je trouve que la première partie est un peu longue – avant que Perséphone n’arrive dans les Enfers.  C’est surtout les deux assemblées qui mériteraient d’être raccourcies, je pense…

Citer
Ses petits yeux bleus myosotis étaient rivés sur le berceau.
bleu (ne s’accorde pas quand la couleur a un qualificatif)
Citer
le balancement nonchalant de son mouvement.
bof, c’est un peu redondant
Citer
Il sentait déjà l'odeur de la dramaturgie se profiler cyniquement sur le devant de la scène.
dramaturgie, vraiment ?
Citer
Le silence revint, au moment où les lourdes portes en or, situées en face des trônes royaux s'ouvrirent, dans un frottement sourd.
la virgule devrait être avant s’ouvrirent, pas après.
Citer
Sa déception fût
fut
Citer
Tous connaissaient trop Eris pour se risquer à nourrir son plaisir et son fonction.
son fonction ?
Citer
plaida-t-elle en s'inclinant plus encore que ce que l'obligeait sa posture naturelle.
pas très joli « que ce que »
Citer
implora Eris, en reculant, faisant référence.
une révérence ?
Citer
Mais rend-ce la faute moins lourde ?
plutôt « cela rend-t-il »
Citer
Elles se tenaient prêtes à se battre, à mains nues s'il le fallait.
*mode Barney Stinson on*   Yeah, girls’ fight !   *mode Barney off*   hum, hum  :-¬?
Citer
Que tu le veuille ou non.
veuilles
Citer
Comme si chacun de ses pas représentaient le cheminement complexe
représentait
Citer
Il redressa de toute sa hauteur, étreignit le pommeau de son sceptre fourmillant d'éclairs et frappa le son de son extrémité.
se redressa / le sol
Citer
avant le crépuscule de sa vie de femme.
c’est plutôt le crépuscule de son enfance, non ?
Citer
Et Héra traversa le hall d'un pas majestueux en en sortie, sa traîne rose page balayant les marches derrière elle.
en sortant ? / rose pâle ?
Citer
Chaque fois qu'elle regardait les yeux bleus ciel de sa fille
bleu ciel (cf. ci-dessus)
Citer
elle entendait la funeste promesse de son père. Elle l'aimait plus que sa propre vie. Elle avait illuminé son existence et elle allait bientôt s'éteindre. Elle avait cherché, cherché, cherché une solution, une échappatoire.
Tous ces « elle » qui ne renvoient pas à la même personne prêtent un peu à confusion !
Citer
calmement installée, au calme, à lire monts et merveilles.
répétition
Citer
vers le lac qui dormait, inlassable, dans son lit de verdure.
impassible ?
Citer
Un honneur. C'en était un. Veiller à garder une déesse en vie en était un, à n'en pas douter.
« C’en était un » est inutile ici (tu le dis dans la dernière phrase) et ça alourdit le texte.
Citer
L'eau bleue qui dormait dans le bassin central vivifiant l'espace.
vivifiait ?
Citer
Juste cette espèce d'aura mystérieuse qui courait le long des feuilles.
Un peu familieu d’utiliser « juste » en début de phrase…
Citer
La haie brûlait, là il l'avait frappée.
là où il
Citer
Bien qu'il n'y eut jamais mis un orteil.
eût
Citer
et s'arrêta, là d'où provenait la voix.
« là d’où » c’est pas très joli…
Citer
Il remarqua un trou béant dans la terre, comme les profondeurs avaient avalé ce pan de pelouse.
comme si les profondeurs
Citer
Déméter était dévastée par ce chagrin qu'elle avait tant imaginée
imaginé
Citer
– Hadès a enlevée Perséphone.
enlevé
Citer
Une tornade de feuilles morte gifla les marches de marbre.
feuilles mortes
Citer
pour se place entre les deux déesses et plaça son sceptre en avant, pour mettre en garde Déméter.
se placer / mais sinon il y a des répétitions pas très heureuses de « pour » et de « placer »
Citer
– Perséphone a voulu toucher une fleur et le sol l'as aspiré.
aspirée
Citer
Je ne suis même pas sûr qu'il ait connaissance de qui est Perséphone
« qu’il ait connaissance de qui est » c’est pas très joli non plus… A la limite « qu’il sache qui est »
Citer
Déméter eut l'impression qu'on lui coupait l'herbe sous le pied.
C’est pas tout à fait le sens… Couper l’herbe sous le pied ça serait si Zeus exprimait les pensées de Déméter avant qu’elle ait eu le temps de les exprimer elle-même, non ?
Citer
Il se savait coincer.
coincé
Citer
Une plume dorée se dessina entre les doigts fins du dieu, à la silhouette longiligne.
la virgule est inutile
Citer
au centre de cette plate-forme circulaire qui formait le point d’orgue de la salle de jugement.
Je ne suis pas une fan du mot plateforme (qu’on écrit sans tiret), je trouve que ça fait trop contemporain, mais tu l’utilises beaucoup…
Citer
Ses mains étaient liées aux accoudoirs par des cordes d’acier.
Pourquoi doit-elle être à ce point considérée comme une criminelle ? ça fait bizarre, surtout qu’elle est la Reine.
Citer
Il faisait tourner entre ses doigts une dague à la lame éméchée, couverte de sang séché. Il ne daignait même pas regarder le dieu de la discorde.
Euh, émeché ça veut dire « légèrement ivre »… ;) Et sinon, confusion entre dieu et déesse pour Eris.
Citer
Il se rassit.
idem, c’est « elle », non ?
Citer
Il y bien une animosité réciproque entre Héra et toi
Il y a bien
Citer
Elle ne pouvait pas vraiment hurler au scandale, mais si c’en était clairement un.
même si
Citer
elle ne comprenait ce qui avait amené Hadès à enlever Perséphone.
ne comprenait pas
Citer
tous les gardent qui l’accompagnaient se mirent au garde-à-vous, le menton dressé, leur lance dressé contre le sol.
tous les gardes / dressée / Mais de toute façon, y’a des répétitions de garde et de dressé, faudrait revoir la phrase
Citer
Othos savait pertinemment ce que cela signifiait.
– Tu sais ce qu’il te reste à faire ?
Oh oui, il le savait.
L’idée se répète. Une phrase ou deux suffiraient, mais pas 3
Citer
La secousse secouait
c’est un concept mais c’est un peu redondant quand même ::)
Citer
elle pouvait une roche volcanique qui constituait le plafond.
manque un verbe ?
Citer
Mais elle était attachée. Elle réalisa qu’elle était attachée à quelqu’un.
Là aussi, une phrase suffit pour signifier qu’elle est attachée.
Citer
Elle n’eut pas de réponse. Sinon qu’il se redressa
syntaxe étrange…
Citer
Un dédale de canyons creusée la terre Sang
creusé ou creusait ? et la terre Sang, je vois pas trop… Il manque quelque chose ?
Citer
elle retomba violemment sur le sol lorsque son porteur s’en dégagea.
tomba serait mieux… Dans retomba il y a l’idée qu’elle était à terre peu de temps avant.
Citer
Près à sauter dessus.
Prêts ; et peut-être « prêts à lui sauter dessus » ?
Citer
Nous te le ferions amèrement regretté.
regretter
Citer
par l’arcade qui la délimitait du couloir adjacent
délimitait c’est pas très heureux… qui la séparait ?
Citer
Le squelette tendit une main aidante à Perséphone.
« aidante », bof comme terme.
Citer
Perséphone espérait qu’il s’agissait d’un cauchemar
qu’il s’agît ? (je suis pas sûre…)
Citer
Ces points noirs qui bougeaient, plus pas, lui paraissaient des fourmis.
plus bas
Citer
Elle eut un nouveau vertige, qui manqua la faire basculer vers le vide.
manqua de la faire
Citer
Perséphone apprécia la douceur de sa literie. Sorte d’écrin de douceur
répétition « douceur »
Citer
observa la grande suite dans laquelle elle se trouvait. Son regard s’égara vers une des grandes ouvertures qui transperçait le mur ocre et les grandes créatures ailées noires
répétition de « grande » (trois fois !)
Citer
– Vos ronces m’ont arraché à la Terre !
arrachée
Citer
Ils avaient ensuite montés un escalier très étroit
monté
Citer
un pupitre fait d’une matière dur et blanche
dure
Citer
Hadès se tourna complètement vers Perséphone. Il la dominait complètement.
répétition !
Citer
Hadès, fils des Titans Cronos et Rhéa, Seigneur des morts et Roi des Enfers à Perséphone, fille de Zeus et Déméter, et faire de Perséphone la Reine des Enfers.
il faudrait une virgule après « roi des enfers »
Citer
– JE NE VOUS EPOUSERAI PAS, EST-CE CLAIRE ?
clair / et sinon, je ne suis pas fan des majuscules pour exprimer la colère ou les cris… avec un verbe, ça passe aussi bien – voire mieux.
Citer
Elle ne réalisa qu’à cet instant qu’elle n’était pas en mesure d’imposer ses choix.
ça fait deux fois que tu utilises ce verbe… Je voudrais seulement rappeler que c’est un anglicisme et qu’en français on dit plutôt « elle ne comprit qu’à cet instant » ;)
Citer
Elle était en enfers, face au roi des enfers, encerclés de créatures ailées qui la fusillaient du regard et pouvaient fondre sur elle à tous moments.
répétition de « enfers » / encerclée / à tout moment
Citer
Il adressa un regard au prêtre pour le mettre au défi de s’interrompre à nouveau.
Euh… un prêtre ? Dans une histoire sur la mythologie grecque ??!
Citer
– Par ce geste, Hadès vous fait vous, Perséphone, reine des enfers
plutôt « Hadès vous fait, vous Perséphone, reine des enfers »
Citer
Des milliers, peut-être des dizaines de milliers d’être étaient agglutinés
d’êtres
Citer
Sedah avait expliqué à Perséphone qu’elle n’aurait pas aimé en connaître l’origine.
J’ai tiqué sur le temps de « n’aurait pas aimé ». Est-ce que « n’aimerait » ne serait pas mieux ?
Citer
soit repartis avant que le souffre eut suffisamment attaqué leur système respiratoire.
eût
Citer
Perséphone se gratta à nouveau la gorge. Elle avait la désagréable impression de sentir un insecte particulièrement vivace gratter à l’intérieur de sa gorge,
répétitions de gratter et gorge
Citer
Il y avait toujours ces gardes, postées devant l’arcade
postés (il me semble)
Citer
Les silhouettes formant la longue ligne s’avançaient un à un au-devant d’Hadès.
une à une (c’est silhouette, l’antécédant)
Citer
Il la regardait les mains jointes derrière les vertèbres lombaires effilés de son bassin, dans une pause qui se voulait pleine de prestance.
effilées / pose
Citer
Il leva une énième fois l’objet long qu’il tenait, mais la forme s’agita et tenta de s’enfuir. Mais un des gardes du Roi des morts
répétition de « mais »
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Aphone

  • Calame Supersonique
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    • Bavardages d'un aphone
Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #2 le: 07 Avril 2014 à 13:16:22 »
 :)

Merci Mary pour ton retour détaillé. Je me doutais qu'après une écriture sans se retourner, le texte serait parsemé de coquilles. Mais pour être honnête, je ne pensais qu'il y en aurait autant. Vraiment un grand merci à toi d'y avoir passé autant de temps.

Maintenant, pour la petite histoire, je ne pense pas que je continuerai le texte. Ou en tous cas, pas toute suite. Il se dirige vers un texte long dont je n'ai ni le temps ni l'envie de terminer en l'état. L'univers d'Hadès, du royaume des morts et de la mythologie grecque plus généralement m'a donné envie de m'y intéresser de plus près. Mais je n'arriverai jamais à en faire un texte court. Pas en l'état en tous cas. Je note toutes tes corrections pour le moment où je le reprendrai et te remercie encore pour le temps que tu y as passé.

Pour autant, je n'abandonne pas le Défi Mars 2014. Même si je suis bel et bien hors délais. Je suis en train d'écrire un autre texte, toujours sur Perséphone, à cent lieues de celui-ci.
La curiosité est le remède à l'ennui.
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Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #3 le: 29 Avril 2014 à 00:04:11 »
Je n'ai pas du tout mis un mois à venir commenter ici, pas du tout  :-[
Donc c'est parti !
(J'aime bien le titre, on peut avoir une trad' ?)

Citer
Il parcourait ses courbes, ses barreaux, les enluminures gravées dans son bois éternel, le balancement nonchalant de son mouvement.

J'ai pensé au berceau du Docteur/de River u_u

Citer
Le silence revint, au moment où les lourdes portes en or, situées en face des trônes royaux s'ouvrirent

Le dernier passé simple me perturbe

Citer
Sa déception fût

fut

Citer
à nourrir son plaisir et son fonction.

Je ne comprends pas fonction

Citer
en reculant, faisant référence.

Haha, tu n'es pas Alsacien pourtant !

Citer
la chercher ? Proposa-t-elle

La majuscule n'est pas nécessaire ici

Citer
Un éclair zébra le ciel, au moment où elle descendit les marche

Tu ne peux pas mettre de virgule ici

Bon par contre je terminerai demain. Mais j'aime bien pour l'instant !
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Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #4 le: 29 Avril 2014 à 00:13:04 »
Citer
Il parcourait ses courbes, ses barreaux, les enluminures gravées dans son bois éternel, le balancement nonchalant de son mouvement.

J'ai pensé au berceau du Docteur/de River u_u
:mrgreen: J'ai pensé la même chose (on est vraiment trop Dr Who addict...)
Oh yeah ! 8)

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Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #5 le: 04 Mai 2014 à 13:49:38 »
La suite !

Citer
La sensation d'hermétisme le saisit immédiatement ; plus aucun son provenant de l'extérieur des jardins ne lui parvinrent plus

Je trouve ça mal formulé.

Citer
Il se savait coincer.

Coincé

Citer
Il y bien une animosité réciproque

Manque un a.
Le choix des mots n'est pas top je trouve.

Citer
Nous te le ferions amèrement regretté.

Regretter

Citer
– JE NE VOUS EPOUSERAI PAS, EST-CE CLAIRE ?

Clair.
Je la vois pas faire une formule en "est-ce" en criant.

Citer
. Elle était en enfers

aux enfers

Citer
peut-être des dizaines de milliers d’être

d'êtres

Citer
Perséphone se gratta à nouveau la gorge. Elle avait la désagréable impression de sentir un insecte particulièrement vivace gratter à l’intérieur de sa gorge,

Répétition de gorge.

Citer
Sorte de croisement indésirable entre des insectes et des loups enragés.

Pas terrible les phrases comme ça.

Oh mais y a pas de fin ? En même temps tu avais prévenu :)
C'est bien écrit, et sur la fin du texte je commence vraiment à m'attacher à Perséphone, je suis pressé de pouvoir lire la suite de ses aventures :)
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Re : το πρώτο ελατήριο - [Défi mars 2014]
« Réponse #6 le: 04 Mai 2014 à 22:54:52 »
 :o

Je pensais vraiment pas que ce texte plairait autant. Je m'étais imaginé tout le contraire, en fait. D'où l'intérêt de publier ici tous ses textes. Du coup, j'essaierai d'avancer un peu dessus dans le courant Juin.

Merci pour ton commentaire Loïc. Comme les autres, je note tes remarques pour la relecture future.
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