Alors, mon héroïne se découvre des pouvoirs psychiques et spirituels, auxquels elle s'essaie dans cet extrait, sur un esprit pour le moins... tourmenté.
Elle se tourna doucement pour le regarder, pour regarder son sourire narquois, ses lèvres, ses canines indisciplinées qui faisaient tout son charme. Il le voyait mais fit comme si de rien était. Elle sentit que c’était le moment. Shorei qui marchait devant eux n’y verrait rien. Alors elle essaya. Une seconde, rien qu’une seconde, elle essaya de le sonder. Il le sentit, et il la laissa faire. Une seconde. C’en était bien assez. Elle vit.
Son esprit était un véritable néant, empli de douleur, de feu et de sang, de froidure, aride, à la fois glacial et brûlant. Elle put ressentir la souffrance, une violente douleur, presque charnelle, elle sentit les regrets, la haine, une douloureuse nostalgie ; une hantise. Un océan de lave ardente où brulaient tous ces maux et peu à peu consumaient un cœur tailladé de toute part, entouré d’une prison de glace, pire, de métal gelé. L’esprit de Kansai. Tout cela fut si vif ; elle venait en une seule seconde de ressentir toute la souffrance, toutes les émotions qu’un homme avait amassées durant sa vie. Des choses qu’elle n’avait jamais ressenties et dont elle ne soupçonnait pas même l’existence. La peur, la joie, la déception, l’extase, le simple chagrin, l’amertume, la haine, l’amour.
Elle ressentit toutes émotions, dans les deux extrêmes. Son esprit en fut chambardé, soufflé, anéanti et, alors que les larmes coulaient sur son visage transi, ses jambes tremblantes cédèrent et elle s’effondra.