Songe de paresse à deux
Songes que dans mes rêves, il pleut derrière la fenêtre, à grosses gouttes glacées. Mais nous, allongés et enlacés dans un lit de fortune, nous sommes emmitouflés par les ténèbres et le tac-tac contre la vitre. Et, comme un coeur qui bat, la lueur vacillante d'une bougie qui joue avec l'ombre amie sur ton visage : une frontière mouvante entre clarté et obscurité orangées.
Je palpe de la pulpe de mes doigts, et tes joues, et ton front, et ton cou. J'en apprécie les courbes, ce grain de sable chaud qui palpite mollement. Ton souffle m'enveloppe, une traîne de langueur qui contraste en de multiples et délicieux frissons avec l'air fripon courrant le long des draps.
Je t'entends qui chuchote, chuchote silencieusement des mots d'une ampleur intime, des mots apaisants qui circonvulent le long de mes.oreilles, des mots sans queues, des mots sans têtes. Ce chapelet de murmures s'enroule entre tes lèvres lourdes de molesse sous lesquelles pulse un sang d'une vigueur soupirante.
Je sens ton regard, pénétrant et pourtant d'une malice enfantine ; tes yeux, tes iris et pupilles exaltent la couleur du café, de la canelle ou du cacao. Tes prunelles aux reflets tremblants semble me dire, tout bas, un brin moqueur et fiévreux : "Alors, tu viens ?"
C'est mon premier texte que je publie ici, j'espère être à la hauteur. J'attends vos remarques
