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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte

Auteur Sujet: [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte  (Lu 3547 fois)

Hors ligne Musyne

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[AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« le: 01 Février 2014 à 00:07:57 »
   Le sable le chatouillait un peu, il s’insinuait dans le moindre interstice, mais cela ne le dérangeait pas, ou plus vraiment. Il ne savait plus depuis combien de temps il se trouvait là, sur la plage : peut-être une éternité. Il était perdu dans la contemplation d’un horizon que venaient lécher quelques nuages timides, probablement arrivés là par hasard, poussés par le vent du sud. Autour de lui, les promeneurs s’étaient faits rares car les températures peu clémentes et les intempéries les incitaient à rester bien au chaud chez eux.

   Pourtant, un jeune couple, main dans la main, profitait des embruns vivifiants de cette fin d’après-midi. Ils conversaient à bâtons rompus. Il les avait écoutés jusqu’à ce que leurs voix s’éteignissent, couvertes par le roulement colérique du ressac : plusieurs villes étaient sinistrées, des habitants avaient été inondés, une véritable catastrophe pour ces pauvres personnes contraintes d’évacuer, qui voyaient parfois le travail de toute une vie englouti en une nuit.

   Il avait constaté que la plage elle-même avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau : des débris jonchaient le rivage, vestiges laissés par la tempête. La passerelle en bois qui descendait vers l’étendue de sable avait cédé et pendait, désormais inutile, à un bon mètre au-dessus du sol qu’elle aurait dû rejoindre. La dune s’était affaissée, gorgée d’eau, trop faible pour résister aux flots déchaînés. Il faudrait réparer les dégâts avant le retour des beaux jours, sinon la saison serait mauvaise.

   Le couple avait disparu au loin et il n’entendait plus aucune voix, sauf celle du vent qui se plaignait en continu. Il goûtait au calme et à l’air iodé. Lui, l’eau, il l’aimait de façon instinctive. L’océan était son refuge et il guettait le moment où l’onde salée viendrait lécher ses pieds, remonterait un peu plus loin à chaque vague, puis finirait par l’envelopper complètement. Il se gorgerait de ses caresses jusqu’à ce qu’elle se retirât, l’abandonnant, ruisselant, aux derniers rayons de soleil.

   Au loin, quelques navires voguaient malgré le mauvais temps pour livrer des cargaisons en temps et en heure. Il se souvenait des marées noires qui avaient dévasté la côte quelques années auparavant. Un jour, il avait recueilli un oiseau mourant, les plumes et les poumons englués de goudron. Ses ailes s’étaient agitées vainement, faiblement, pour tenter un dernier envol. Il n’avait jamais pu. De lui, et de la mort noire qui l’avait emporté, il n’était resté qu’une odeur atroce, une odeur âcre de destruction et de putréfaction. Il avait fallu des mois et des mois pour redonner au sable sa belle apparence dorée. Les courants charriaient parfois encore quelques galets de pétrole, à l’apparence lisse et brillante, à la mine faussement sympathique. Il les avait en horreur.

   Une jeune femme s’accroupit non loin de lui, les pieds dans l’eau, de l’eau dans les yeux. Ses épaules se voûtaient sous les rafales de vent, sous un poids qui semblait l’accabler. Les nuages avaient déserté le ciel qui livrait, désormais dénudé, l’intimité de son bleu aux regards indiscrets. Une sonnerie claire retentit. La jeune femme plongea la main vers sa poche, suspendit son geste, soupira, puis décrocha enfin, à contrecœur. Elle échangea quelques mots d’une voix mal assurée, dans laquelle perçait sa détresse. Lorsqu’elle raccrocha, elle laissa sa souffrance s’exprimer au travers de sanglots torturés. Les gens venaient souvent confier leur douleur à l’océan qui cueillait leurs larmes. Peut-être était-il devenu salé de toutes ces larmes versées ? La femme se redressa après de longues minutes, sans lui accorder un regard et s’éloigna d’un pas morne.

   La marée montait et il se tendit vers elle, anxieux. Laisserait-elle quelques crabillons jouer près de lui ? Ou charrierait-elle des déchets sales et gluants qui gâcheraient son plaisir ? Seuls les courants avaient la réponse, les courants et les pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur la région ces derniers jours. Il se sentait nostalgique, il rêvait d’un monde meilleur dont il avait gardé des souvenirs ataviques.

   Les vagues commençaient à peine à l’approcher que son attention fut de nouveau distraite. Un vieil homme longeait le rivage, d’un pas maladroit, presque chancelant. Il ne regardait pas devant lui, ni vers l’horizon qui se couvrait lentement de brume. Non, il fixait ses pieds. Il semblait craindre qu’ils ne s’arrêtent, sans crier gare. Chaque pas était une victoire sur le sol meuble, véritable piège pour la fragilité de son corps. Il s’avança lentement jusqu’à lui et le contempla sans mot dire. Puis, il lui adressa la parole, détachant les syllabes comme si elles aussi risquaient de s’effondrer s’il ne les manipulait pas avec délicatesse.
─ Tu es un bien beau galet, bien poli par la mer. Je pourrais te sculpter et t’offrir à ma petite-fille.
Le vieil homme se pencha et se saisit délicatement de lui, après avoir lutté quelques instants pour le déloger de sa gangue de sable.

   Une angoisse insondable s’empara du caillou.
─ Non laissez-moi ! Je ne veux pas quitter ma plage !
Il avait crié de toutes ses forces, mais le vieil homme ne pouvait pas l’entendre. Il le tenait, au creux de ses mains, et l’observait attentivement. Une stupeur fugitive avait fait tressaillir ses sourcils grisonnants. De ses pouces tremblotants, il frotta le sable encore collé dessus.
─ Peut-être pourrais-je faire de toi un petit éléphant, ou bien un bonhomme avec un gros ventre.
Un éléphant ? Un bonhomme ? Allait-il avoir lui aussi des yeux pour pleurer ? Ne pourrait-il plus jamais sentir l’océan glisser sur lui ? Tout son être se débattait, luttait pour ne rester qu’un caillou parmi d’autres, sur une plage parmi d’autres.
─ Qu’est-ce que… ?
Le galet glissa des mains du vieillard.
─ Eh bien ! Tu as l’air d’être bien à ta place ici ! Tu as raison… Je n’aimerais pas qu’on m’arrache à mon monde pour m’emmener ailleurs, sans même me demander mon avis.

   Le vieil homme avait-il pu percevoir sa détresse ? C’était impossible… Le caillou éprouva un soulagement immense quand l’homme le ramena à l’endroit exact où il l’avait trouvé. Il prit même soin de l’enfoncer un peu dans le sable avant de repartir avec une allure vacillante qui accroissait encore le sentiment de fragilité qui émanait de lui. Le galet sentit une vague l’entourer, le faire pivoter légèrement, se frotter contre sa peau rugueuse. Il frémit, comme frémissent les cailloux : de l’intérieur. Non, il ne vivait pas dans le meilleur des mondes, mais c’était le sien, et il ne voulait pas le quitter.


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« Modifié: 24 Février 2014 à 16:19:29 par Mout »

Hors ligne Baptiste

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #1 le: 02 Février 2014 à 10:12:36 »
Salut
Citer
vent du Sud
C'est peut être un erreur de ma part mais j'aurais pas mis de majuscule
Citer
Il avait constaté
C'est seulement le mec ou le couple qui constate? dans ce cas là au pluriel, je pense
Citer
et il n’entendait plus aucune voix. I
Ok, autant pour moi
Citer
─ Tu es un bien beau galet, bien poli par la mer. Je pourrais te sculpter et t’offrir à ma petite-fille.
Ah oui, quand même. Je trouve l'idée chouette que le perso soit un galet.
cela dit, c'est très bizarre que le vieux s'adresse à un galet. et surtout comme ça. Pas très naturel ( et t'es sur que ça se sculpte les galets ?)


En soi j'aime bien l'idée. Rien à dire dans le style. ça fonctionne bien. Mais je trouve le passage avec le vieux bizarre en fait. Un peu comme si tu avais peinait à trouvé une façon de nous faire comprendre que c'est un galet.

Merci pour ce texte.



Hors ligne Zacharielle

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #2 le: 02 Février 2014 à 11:10:52 »
Citer
Il ne savait plus depuis combien de temps il se trouvait là, sur la plage : une éternité, c’était certain.
hm le "c'est certain" alors qu'on a "il ne savait plus" ça me parait contradictoire.
Tu peux pas remplacer par "peut-être" ? Ça ferait un petit effet suspendu approprié je pense.

Citer
Autour de lui, les promeneurs s’étaient faits rares car les températures peu clémentes et les intempéries nombreuses
pour moi le dernier adjectif est de trop

Citer
Ils conversaient à bâtons rompus, il les avait écoutés jusqu’à ce que leur voix s’éteignît, couverte par le roulement colérique du ressac.
point plutôt que virgule après "rompus", m'est avis

Citer
Des habitants avaient été inondés : une véritable catastrophe pour ces pauvres personnes contraintes d’évacuer, qui voyaient parfois le travail de toute une vie englouti en une nuit.
je comprends pas le rapport avec le couple qui discute. Est-ce que c'est une considération générale ? La teneur de leur conversation ? Ça manque de liant.

Citer
Plusieurs villes étaient sinistrées, de nombreuses personnes privées d’électricité, et parfois même de toit : une tragédie à échelle humaine.
il y a beaucoup de deux points dans ce texte je trouve, attention à ne pas en abuser^^

Citer
Il avait constaté que la plage elle-même avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau : la passerelle en bois qui descendait vers l’étendue de sable avait cédé et pendait, désormais inutile, à un bon mètre au-dessus du sol qu’elle aurait dû rejoindre.
ce qui me frapperait en premier, du  point de vue d'un promeneur, ce serait les débris et les algues laissés sur la plage, ceux que l'eau aurait remporté avec elle en se retirant des terres. Qu'est-ce que tu en penses ? Ensuite il tournerait le regard et effectivement, la rampe d'escalier, la dune affaissée.

Citer
Il goûtait au silence et à l’air iodé.
le vent ne lui siffle pas à l'oreille ? J'entends jamais rien sur la plage mais peut-être que c'est parce que c'est la côte d'Opale.

Citer
et il guettait le moment où l’onde salée viendrait lécher ses pieds, remonterait un peu plus loin à chaque vague, puis finirait par l’envelopper complètement. Il se gorgerait de ses caresses jusqu’à ce qu’elle se retirât, l’abandonnant, ruisselant, aux derniers rayons de soleil.
dans ce cas, je ne qualifie plus ça de "moment" ^^
j'aime beaucoup l'idée de le laisser ruisselant en se retirant

Citer
Au loin, quelques navires affrontaient les éléments
si c'est la tempête en mer, pourquoi ça le serait pas sur la côte ? Je comprends mal le "affronter les éléments". A moins que ce ne soit dit de façon générale, mais après le petit bout de texte au-dessus on fait forcément le lien avec ce qu'il voit, du coup ce n'est pas crédible.

Citer
Il espérait qu’aucun accident ne surviendrait car les prévisions étaient mauvaises, encore.
moui, espoir pas très utile à mentionner selon moi, évidemment qu'il ne souhaite pas un accident

 
Citer
Il avait recueilli un oiseau mourant, les plumes et les poumons englués d’un goudron meurtrier.
j'pense qu'il manque qqch comme "A ce moment-là, il se souvenait avoir recueilli.."

Citer
Seule son âme avait volé vers le ciel si vaste qu’il avait toujours habité.
non, trop naïf.
Si le texte veut rester sobre et adulte, il faut enlever ce morceau.

Citer
Une jeune femme s’assit non loin de lui, les pieds dans l’eau, de l’eau dans les yeux.
!
elle s'assoit sur le sable mouillé ?
j'ai tendance à voir la scène en plein hiver donc ça m'étonne et ça me donne froid  :mrgreen:

Citer
ne cessait de courir après un bâton qu’il ramenait inlassablement et qu’elle lui lançait, invariablement,
deuxième adverbe trop lourd

Citer
Elle échangea quelques mots d’une voix mal assurée, dans laquelle hurlait sa détresse. Lorsqu’elle raccrocha, elle laissa sa souffrance s’exprimer au travers de sanglots torturés.
ou la la mais j'ai pas du tout senti la déprime dans la description de la nana, du coup je trouve que ça fait vraiment faux ce coup de téléphone
Peut-être décrire un peu la mélancolie latente, l'hésitation avant de répondre au téléphone, que sais-je, des indices sur son état quoi :)

Citer
Elle n’était pas la première à qui la maladie arrachait brutalement un proche, un être aimé, une âme sœur.
comment il peut savoir qu'il s'agit de ça ?

Citer
Peut-être était-il devenu salé de toutes ces larmes versées ?
un peu bidon...

 
Citer
Il se sentait nostalgique, il rêvait d’un monde meilleur dont il avait gardé des souvenirs ataviques.
mm pour moi rêver ça tient plus d'un futur potentiel que d'un passé idéalisé, mais c'est personnel

Citer
Il semblait craindre qu’ils ne s’arrêtent, sans crier gare.
"sans crier gare" pas utile à mon avis

 
Citer
Puis, il lui adressa la parole, détachant les syllabes comme si elles aussi risquaient de s’effondrer s’il ne les manipulait pas avec délicatesse.
j'aime bien

enfin ça fait drôle la proximité des persos sur une plage que tu décrivais déserte mais OK

Citer
─ Tu es un bien beau galet, bien poli par la mer. Je pourrais te sculpter et t’offrir à ma petite-fille.
haaaan sympa cette révélation du point de vue
Mais du coup l'histoire de l'oiseau englué ça me chagrine, comment il peut le "recueillir" ? Tenir compagnie c'est mieux non ? Je comprends mieux le fait qu'il se fasse engloutir régulièrement par la marée x)

Citer
─ Mais tu as l’air d’être bien à ta place ici. Je n’aimerais pas qu’on m’arrache à mon monde pour m’emmener ailleurs, sans même me demander mon avis. Même si ce monde n’est pas des meilleurs…
dernière partie inutile, pas la peine de raccrocher à l'AT comme ça, le reste suffit :]
il est rigolo à s'exprimer tout seul le papi
et il faudrait m'expliquer comment ça se sculpte un galet :D

Citer
Il avait même pris soin de l’enfoncer un peu dans le sable avant de repartir avec une allure vacillante qui accroissait encore le sentiment de fragilité qui émanait de lui.
"qui accroissait"... on peut s'en passer

Citer
Le galet sentit une vague l’entourer
"venir l'entourer" non ? qu'il y ait l'idée de progression

Citer
Il frémit, comme frémissent les cailloux : de l’intérieur.
  :coeur:


J'ai trouvé le passage avec la fille au téléphone de trop. Ca n'apporte pas grand'chose, ça donne une impression de cliché/déjà vu... Ce qui est dommage car le reste est OK. Bravo notamment pour la surprise du personnage principal, c'est bien trouvé et c'est très joli. Comme tu le vois j'ai relevé quelques éléments de forme qu'il faudrait à mon avis revoir mais sinon dans l'ensemble j'ai bien aimé l'ambiance grise qui se dégage. Merci pour ce texte !

Hors ligne Milora

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #3 le: 02 Février 2014 à 12:11:20 »
Citer
avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau : la passerelle en bois qui descendait vers l’étendue de sable avait cédé et pendait, désormais inutile, à un bon mètre au-dessus du sol qu’elle aurait dû rejoindre. La dune s’était affaissée, gorgée d’eau, trop faible pour résister aux assauts de l’océan déchaîné.
Petite répétition.

Citer
Le couple avait disparu au lointain
C'est peut-être moi qui connais pas la tournure, mais c'est sûr que ça se dit "au lointain" ? (j'ai plus souvent lu "au loin"...)

Citer
Ils venaient souvent confier leur douleur à l’océan qui cueillait leurs larmes. Peut-être était-il devenu salé de toutes ces larmes versées ?
:coeur:

Citer
Non, il fixait ses pieds. Il semblait craindre qu’ils ne s’arrêtent, sans crier gare.
j'aime bien aussi :)

J'ai bien aimé ! C'est tout doux et mélancolique, un peu triste mais joli. J'ai trouvé ça vraiment bien écrit et j'ai senti la détresse du galet quand le vieil homme le prend. J'ai été un peu surprise par le narrateur parce que je pensais que c'était un gros rocher, en tout cas quelque chose de massif, puisque tu nous dis que des grains de sable se logent en lui et qu'il a recueilli un oiseau (c'est gros, un oiseau).
Comme Zach, j'ai trouvé le passage avec la fille au téléphone un peu longuet. Je suis pas persuadée qu'il soit inutile : il pose l'ambiance, le décor, la mélancolie du texte. Mais peut-être est-il un peu long ? Mon attention s'est relâchée à ce moment-là.
Pour le passage du vieil homme, il ne m'a pas gênée en soi, j'ai trouvé ça joli ; mais peut-être un tantinet rapide ? Le changement d'avis du vieil homme, en fait, je l'ai trouvé un peu artificiel, puisqu'il n'a pas de conséquence pour le caillou.
Mais c'est vraiment deux détails légers, sans doute subjectifs. Dans l'ensemble, j'ai vraiment bien aimé l'ambiance et le ton du texte, et le style d'écriture :)
Merci pour ce texte !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Loïc

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #4 le: 02 Février 2014 à 14:20:02 »
Citer
   Il avait constaté que la plage elle-même avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau

Je n'aime pas trop cette phrase, la fin me semble bancale.

Citer
Il faudrait vite réparer les dégâts, avant le retour des beaux jours, sinon la saison serait mauvaise.

Souci de ponctuation selon moi.

Citer
   Le couple avait disparu au lointain

C'est moche, disparu au lointain

Citer
L’océan était son refuge, et il

Je trouve que la virgule est de trop.

Citer
d’ombres sombres.

Un peu too much.

D'ailleurs c'est le sentiment qui s'empare de moins quand je considère le texte dans sa globalité. Je trouve que tu essaies d'en faire trop, d'écraser d'adjectifs ou de descriptions trop profondes. Enfin, je suis pas sûr de réussir à expliquer ce que je veux dire. Mais du coup, j'ai eu du mal à accrocher, même si la fin et l'idée sont sympas.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Milora

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #5 le: 02 Février 2014 à 14:21:28 »
Message inutile, mais juste pour dire que :
Citer
   Il avait constaté que la plage elle-même avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau
Moi j'ai bien aimé cette phrase, justement...  :-X
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Tomoyo

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #6 le: 02 Février 2014 à 17:53:00 »
saaalut,

Citer
sur la plage : une éternité, c’était certain.
J’aurais mis un point au lieu des deux points, tiens

Citer
jusqu’à ce que leur voix s’éteignît
j’y aurais plus vu un pluriel

Citer
Citer
elle-même avait subi les assauts répétés
Citer
résister aux assauts de l’océan
assauts x2

Citer
les pieds dans l’eau, de l’eau dans les yeux
seule sur le saaaableuhh , les pieds dans l’eauuuu
désolée, c’est joli en soi, mais j’entends plein de chansons romantiques là  :-¬?

Citer
ruisselante de malheur.
Plait-il ? d’où ? quel malheur ? elle pleure tu veux dire  :???:? Si c’est ça, je trouve pas ça bien dit  :-X

Citer
elle laissa sa souffrance s’exprimer au travers de sanglots torturés
je savais bien qu’elle pleurait  :huhu:

Peut-être était-il devenu salé de toutes ces larmes versées ?
yen a eu du chagrin  ::) mais j'aime bien

Citer
d’ombres sombres.
Hm… lapalissade ?  :\?

Citer
Il semblait craindre qu’ils ne s’arrêtent, sans crier gare.
J’aime bien  :)

Citer
Je pourrais te sculpter et t’offrir à ma petite-fille.
Sculpter un galet ! sacrilège ! quelle idée !  :aah:

Citer
─ Mais tu as l’air d’être bien à ta place ici. Je n’aimerais pas qu’on m’arrache à mon monde pour m’emmener ailleurs, sans même me demander mon avis. Même si ce monde n’est pas des meilleurs…
Ben voyons… comme de par hasard… |-| si le pépé est venu trouver des galets pour sa petite fille, je le vois pas se dire « mais quel monstre je suis … je vais plutôt m’asseoir sur ce banc et attendre ma fin en espérant que personne ne vienne me ramasser »

Citer
Même si ce monde n’est pas des meilleurs…
Je sais pas si c’est utile... ça fait forcé...

Citer
Il frémit, comme frémissent les cailloux
Moh  :s n'est beau


Bien bien bien...
Je suis pas convaincue  :\?. L’écriture est appliquée et douce, tu rends bien le temps qui passe, la contemplation du personnage principal, et il y a des moments où c’est presque poétique.
En revanche  :huhu:… il aurait peut-être fallu un jour quelconque non ? Là on est au lendemain d’une méga tempête, du coup on a des évocations de gens qui ont perdu leurs maison, et tout le truc de la marrée noire… je sais pas, j’ai trouvé ça inopportun, et long… :-X et ça colle moins à la description de son monde je trouve...
Le fait qu’il ne fasse pas très beau, ça c’est cool  :huhu:.
Le passage de la fille, peut-être que ça suffit de savoir qu’elle pleure, on n’est pas obligé de savoir pourquoi.
Sur la fin, je trouve étrange que le pépé aille ramasser des galets pour ensuite les reposer… :relou: pépé perd la boule je te le dis.
Sinon, comme tu parles du personnage par « il » dès le début, on sait qu’il y a anguille sous roche, donc la chute ne m’a pas surprise, mais c'est sympa  ^^
Je suis mitigée parce que l’écriture est bonne (quoiqu’un peu affectée des fois, à mon gout hein  :-[) mais j’ai pas réussi à rester dans le texte, il y a des longueurs qui m’ont perdue…  :-\
Ceci dit, si c’était retravaillé (notamment cette marée noire qui m’a eue… j’ai relu 3 fois ce paragraphe, je déconnectais à chaque fois  |-|) sans doute que ça me plairait mieux puisque l'écriture me plait bien  :)

Merci pour ce texte :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Musyne

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #7 le: 04 Février 2014 à 16:50:18 »
Bonjour, merci pour vos retours !
J'ai fait des corrections et des modifications en suivant certaines de vos remarques. J'ai donc modifié le post initial, et j'ai mis la première version en spoiler pour les curieux.
Bonne lecture :)

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MillaNox

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #8 le: 05 Février 2014 à 13:57:38 »
Bonjour,
alors j'ai lu la V2 direct.
J'ai trouvé l'écriture agréable, je n'ai pas senti de lourdeur particulière, ni de longueurs. J'ai été surprise par la nature du perso principal, j'avais pas vu le truc venir (j'imaginais un mort, trop positive la lectrice !!). J'ai bien aimé cette idée de prendre un point de vue issu de la nature.
Toutefois ça ne m'a pas non plus emportée dans les nuages, c'était plus une belle ballade en eau calme, malgré la tempête dans le texte  :D
Il y a une allusion à un moment au fait que le galet est là depuis très très longtemps. j'ai trouvé l'idée chouette de ce vécu du temps centuplé pour les pierres par rapport aux hommes. peut-être qu'il y a quelque chose à creuser par là, je sais pas.
Merci pour cette lecture :)

Hors ligne Kerena

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #9 le: 08 Février 2014 à 22:23:57 »
J'ai lu la V2 tout de suite aussi. La lecture est rendue agréable par les espacements entre les paragraphe, ça rend le texte plus aérien. Le style est sympa, pas trop lourd, les images sont chouettes (quoi que le fille au téléphone, je n'ai pas accroché).
Je ne m'attendais pas à ce que le narrateur soit un galet, bien joué !
Par contre j'ai des doutes quant au fait qu'un galet reste toujours à la même place  :mrgreen:

C'était un beau texte, merci !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #10 le: 09 Février 2014 à 12:28:33 »
J'ai bien aimé le texte et ressenti les états d'âmes du galet.

Merci pour ce texte.

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #11 le: 15 Février 2014 à 17:27:27 »
#décidémentjesuispénibleaujourd'hui

J'ai pas trop aimé.

Le début est très long, je trouve. J'avais bien aimé le premier paragraphe, qui posait bien l'ambiance. Mais s'attarder ainsi sur toutes les personnes présentes m'a arraché à ma concentration. Et, comme a dit Anlor, certaines phrases sont lourdes. Avec trop de qualificatifs. Mais, ce qui m'a le plus gêné, c'est de ne pas comprendre qui parlait. Qu'on ne sache pas son identité, ce n'est pas grave en soi, j'aime bien le faire aussi, mais j'ai tour à tour pensé que c'était un des membres du couple, le vieil homme ou quelqu'un qui n'était même pas cité. Et, à vrai dire, j'ai même pensé que le narrateur changeait entre la première partie et le moment du dialogue du vieil homme.

Au plaisir  :)
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #12 le: 15 Février 2014 à 21:46:31 »
Bonsoir !

(Je fais ces commentaires après ma deuxième lecture.)
Citer
Le sable le chatouillait un peu, il s’insinuait dans le moindre interstice,
En fait... un galet, c'est poli, donc ça n'a pas trop d'interstices. Bon après il n'en est pas forcément au stade "bien poli", encore que le grand-père le dise. Et puis il reste de tous petits interstices, d'accord.

Citer
Un jour, il avait recueilli un oiseau mourant, les plumes et les poumons englués de goudron.
Je crois que d'autres l'ont fait remarquer, mais du coup ça me fait drôle qu'un galet recueille un oiseau mourant... Etant donné la taille de l'oiseau par rapport au galet, je ne vois pas trop la scène. Ou alors les effets de l'érosion se sont fait sentir très très vite depuis.

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Il avait constaté que la plage elle-même avait subi les assauts répétés de vagues violentes de vent et d’eau : des débris jonchaient le sable, vestiges laissées par la tempête.

vestiges laissés

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Il se sentait nostalgique, il rêvait d’un monde meilleur dont il avait gardé des souvenirs ataviques.
Ceux du temps où il était un bon gros rocher ?  ;)

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─ Tu es un bien beau galet, bien poli par la mer. Je pourrais te sculpter et t’offrir à ma petite-fille.
Je n'avais pas deviné qu'il s'agissait d'un galet à la première lecture :). Par contre ça m'a semblé un peu artificiel. Des papis qui parlent à un chat, un chien, un merle ou même un poisson rouge, j'en vois plein, mais des papis qui parlent à un galet, tout de suite moins.
Il doit avoir de sacrés bons outils pour sculpter le galet ! C'est dur quand même... J'ai vu plus de galets peints que sculptés.

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Un éléphant ? Un bonhomme ? Allait-il avoir lui aussi des yeux pour pleurer ?
ça m'a amusée :)

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Ne pourrait-il plus jamais sentir l’océan glisser sur lui ? Tout son être se débattait, luttait pour ne rester qu’un caillou parmi d’autres, sur une plage parmi d’autres.
... et se faire lentement détruire par l'érosion.  :P

J'ai bien aimé que le texte me fasse chercher l'identité du narrateur et je ne m'attendais pas à un galet. Dans l'ensemble, j'ai trouvé que c'était bien écrit, fluide et tout et tout.
Par contre, je ne sais pas pourquoi, surtout au début, j'ai eu un peu de mal à accrocher. J'avais l'impression que tout se répétait sans vraiment se répéter. Hum, ce soir, la clarté et moi faisons deux, voire six ou sept. Mais curieusement, j'ai mieux aimé à ma deuxième lecture.
Donc au final, j'ai apprécié le texte.

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #13 le: 20 Février 2014 à 18:54:55 »
Je lis la V2 ! :)

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depuis combien de temps il se trouvait là, sur la plage : peut-être bien une éternité. Il était perdu dans la contemplation d’un horizon que venaient lécher quelques nuages timides, probablement arrivés là par hasard, poussés par le vent du sud. Autour de lui, les promeneurs s’étaient faits rares car les températures peu clémentes et les intempéries les incitaient à rester bien au chaud chez eux.
Légère répétition

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vestiges laissées par la tempête
laissés

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des débris jonchaient le sable, vestiges laissées par la tempête. La passerelle en bois qui descendait vers l’étendue de sable
répétition de "sable"


J'avais déjà bien aimé la V1, donc j'ai bien aimé la V2 aussi !  :) Je trouve que la fin et la justification de la raison pour laquelle le vieil homme laisse le caillou est bien mieux amenée :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [AT 3 | T#10] Bribes de vie sur une plage déserte
« Réponse #14 le: 22 Février 2014 à 15:56:12 »
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plusieurs villes étaient sinistrées, des habitants avaient été inondés, une véritable catastrophe pour ces pauvres personnes contraintes d’évacuer, qui voyaient parfois le travail de toute une vie englouti en une nuit.
c'est utile pour la suite du texte ? car je trouve que c'est complètement en décalage avec ce qu'il y a à côté...
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   Une jeune femme s’accroupit non loin de lui, les pieds dans l’eau, de l’eau dans les yeux. Ses épaules se voûtaient sous les rafales de vent, sous un poids qui semblait l’accabler. [...] Une sonnerie claire retentit. La jeune femme plongea la main vers sa poche, suspendit son geste, soupira, puis décrocha enfin, à contrecœur.
au début je voyais la femme els pieds dans l'eau mais en maillot de bain ou équivalent, qui venait de nager à cause de "de l'eau dans les yeux", du coup la suite n'était pas logique
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elle laissa sa souffrance s’exprimer au travers de sanglots torturés.
lourd
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après avoir lutté quelques instants pour le déloger de sa gangue de sable.
euh les galets ça sort facilement du sable
Sur le fait qu'il veut sculpter le galet : est-ce que ça se fait réellement ? c'est une pierre bien dure, le peindre ok, mais c'est plus difficile à sculpter que du bois...

La fin à partir du moment où on sait que c'est un galet est un peu longuette : c'est un texte à chute, et habituellement la chute termine le texte.
Ca se lit bien mais j'ai pas accroché plus que ça, le texte n'apporte pas grand chose, pour qu'il me amrque davantage il aurait fallu de plus belles images tout le long du texte, là tel que c'est je suis restée relativement extérieure. En fait j'ai l'impression d'un texte correct, mais plutôt dans le genre "exercice de style" que "texte dont j'apprécie vraiment la lecture".

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oui mais pour moi c'est pas réellement de la sculpture ça, plutôt de l'assemblage, c'est pas ce qu'on imagine quand tu dis "sculpter"
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

 


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