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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La nuit était tombée

Auteur Sujet: La nuit était tombée  (Lu 1101 fois)

Hors ligne Littlecosmos

  • Aède
  • Messages: 230
La nuit était tombée
« le: 31 Janvier 2014 à 18:43:15 »
Une petite nouvelle que j'ai écrit rapidement, je vous la fait lire, en espérant que ça vous plaira. Et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, même si vous avez pas envie d'écrire un roman. Un petit "j'aime" ou "j'aime pas" me suffirait presque ^^






La nuit était tombée. Le ciel était complètement couvert, et mis à part les phares, la seule source lumineuse provenait des lampadaires qui éclairaient la route par intermittence. Greg arriva à une intersection, et en profita pour s’arrêter un instant. La fatigue commençait à se faire de plus en plus insistante, revenant sans cesse à l’assaut à chaque fois qu’il parvenait à la repousser.
La voiture redémarra et prit la direction de l’autoroute. Plus vite il serait arrivé à destination, plus vite il pourrait se reposer. Rapidement les kilomètres défilèrent au conteur, mais  Greg ne croisa aucune autre voiture, ni dans son sens de circulation, ni dans l’autre. A croire que la nuit avait avalé tous les autres usagers, le laissant seul parmi les ténèbres.
C’est alors qu’il la vit. Sa robe blanche réfléchissait la lumière des phares et contrastait avec l’obscurité ambiante, de telle sorte qu’on aurait cru que la lumière émanait directement d’elle. Sa vision le tira immédiatement de la torpeur qui s’était emparée de lui. Il pensa néanmoins être en train de rêver, tant sa vision semblait irréelle. Pourtant, au fur et à mesure  qu’il se rapprochait d’elle, il comprit qu’il n’était pas en train de rêver. Il mit son clignotant avant de se rabattre sur la bande d’arrêt d’urgence. Il laissa la fille s’approcher et monter à bord. Étrangement bien que le siège passager fût libre, elle s’installa sur la banquette arrière, au milieu. Son visage apparût dans le rétroviseur intérieur, ses yeux étaient braqués sur les siens.
  - Est-ce que vous allez bien ?
  - Roulez, ce contenta de répondre l’auto stoppeuse d’une voix autoritaire.
Greg redémarra. Un million de questions se bousculaient dans sa tête. Que faisait cette fille seule en pleine nuit et au milieu de nulle part. Peut-être était-elle en panne ? Il ne lui semblait pourtant pas voir vu de véhicule sur le bas-côté. Ou bien alors quelqu’un l’avait déposée ici, peut-être après une dispute. Il regarda à nouveau dans le rétroviseur et croisa ce même regard, froid et impassible, qui semblait le transpercer jusqu’au plus profond de son âme. Incapable de le soutenir plus longtemps, il reporta son attention à nouveau sur la route. Mais quelque chose le perturbait, sans qu’il soit en mesure de dire exactement quoi. C’était comme un sixième sens, celui que les hommes avaient par le passé et qui les avertissaient lorsqu’un prédateur se trouvait dans les parages, les forçant à se regrouper autour du feu. C’était cette même intuition que quelque chose de terrible allait bientôt s’abattre sur lui qui lui tordait les entrailles.
Le silence commençait à être pesant.
 - Ça vous dérange si je met un peu la radio ?
Nouveau silence. Alors Greg tendit la main vers le poste et l’alluma. Mais seul un grésillement monta des enceintes. Il essaya de changer de station, mais il ne parvint qu’à capter de la friture. Après s’être maudit intérieurement de ne pas avoir emporté un CD, il fini par éteindre la radio, dépité. Il devrait se contenter du bruit du moteur et de sa propre respiration.
Mais autre chose commençait à le perturber. La température qui régnait dans l’habitacle était anormalement basse. Greg s’empressa de mettre le chauffage et une vague d’air chaud lui caressa le visage. La température augmenta un peu, avant de chuter brutalement. Il fut pris de tremblement et un petit nuage de vapeur se forma à chaque fois qu’il expirait. Puis, sans savoir pourquoi, son regard fut attiré par le rétroviseur. La femme était toujours là, ses yeux braqués dans les siens. Elle ne semblait nullement incommodée par le froid. C’est à ce moment qu’il comprit ce qui le terrifiait chez cette fille. Outre le fait de ne pas frissonner, Greg ne parvenait pas à déceler le moindre petit filet de condensation s’échapper entre les lèvres de la jeune femme, pour la simple et bonne raison qu’elle ne respirait pas. La radio se ralluma d’un seul coup, sans aucune intervention de sa part pour n’émettre que des parasites. Mais il ne s’en rendit même pas compte, incapable de détacher son regard du visage de la jeune femme qui commençait à se tordre dans une grimace affreuse. Sa bouche s’ouvrit en un immense gouffre noir comme de l’encre. Un cri strident s’éleva dans l’habitacle, lui glaçant le sang et vrillant ses tympans. Il fallut quelques secondes à Andrew pour comprendre que le hurlement ne provenait pas de la fille elle-même, mais du poste de radio.
Incapable de soutenir cette vision plus longtemps, il baissa les yeux sur la route juste à temps pour voir qu’il était sur le point de percuter la rambarde de sécurité. Il donna un brusque coup de volant, évitant de justesse l’accident, et appuya de toutes ses forces sur le frein. La voiture dérapa sur plusieurs mètres, faisant crisser les pneus, avant de s‘immobiliser complètement.
A peine le véhicule fut-il à l’arrêt que Greg s’empressa d se retourner, s’attendant déjà à voir ce visage cauchemardesque. Mais il n’en fût rien. La banquette arrière était entièrement vide, et rien ne laissait penser que quelqu’un se trouvait assis là quelques secondes auparavant. Il sortit du véhicule et en fit rapidement le tour, sans même penser qu’un autre usager pouvait surgir à tout instant. Il inspecta les environs, tentant de distinguer quoi que ce soit parmi la pénombre, sans succès. Au bout de longues minutes Greg se décida à reprendre la route, sans parvenir à expliquer ce qui lui était arrivé.
Il fini par apercevoir de la lumière au loin, celle d’une station service. Jugeant qu’il serait préférable de s’arrêter, il actionna le clignotant et bifurqua à droite. Pour la première fois depuis qu’il était sur l’autoroute il vit d’autres véhicules, garés devant l’établissement. Il se plaça à côté de l’un d’eux et descendit. Plusieurs minutes plus tard Greg errait parmi les rayons tel un fantôme, incapable de réfléchir correctement. Finalement, une boisson énergisante dans une main et un magasine dans l’autre, il se dirigeât vers la caisse pour régler ses achats, l’esprit complètement ailleurs. C’est pour ça qu’il ne reconnu la vendeuse qu’au moment de payer. C’était l’auto-stoppeuse. Celle-ci lui rendit la monnaie en souriant, mais son visage parût soudain se décomposer. Greg pensa d’abord qu’elle aussi l’avait reconnue, mais il comprit trop tard qu’elle regardait l’homme qui se tenait derrière lui, et qui braquait son arme vers eux. La dernière chose qu’il entendit fut les détonations qui l’atteignirent lui et la caissière, les tuants tous les deux sur le coup.
" Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ", Confucius.

Orléan

  • Invité
Re : La nuit était tombée
« Réponse #1 le: 31 Janvier 2014 à 19:59:06 »
          Coucou, j'ai bien aimé ton petit texte, l'écriture est bonne, même si un "nettoyage" pourrait encore être fait, à savoir enlever des mots qui ne changeraient pas le texte et qui permettrai une lecture moins lourde, par exemple.
"Greg ne croisa aucune autre voiture, ni dans son sens de circulation, ni dans l’autre" : "de circulation" peut être supprimé.

Globalement le récit est bien structuré mais j'ai un gros souci sur la fin. Le passage dans la voiture à une tournure surnaturelle, très largement inspiré de la légende de la dame blanche, ce qui n'est pas gênant en soi, mais je trouve que la fin ne colle pas avec le reste du récit. Je suis partisan du fait qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer un phénomène surnaturel, accentuant alors en fonction du dit phénomène de la peur ou de l’émerveillement, mais que les choses restent cohérentes.  Durand l'épisode du véhicule, Greg est terrifié, victime contre lui, de quelque chose qui dépasse son entendement, il vit un événement surnaturel, qui par la suite n'aura aucune répercussion sur sa personne. Ce n'est pas parce qu'il a vu cette "dame blanche" qu'il se rend dans le magasin puis qu'il y meurt. Le fait que la caissière soit apparemment la dame blanche ne contribue à rien non plus. Et je trouve ça dommage, parce que encore une fois, j'ai apprécié ta narration avec l'épisode de la voiture.


Hors ligne Littlecosmos

  • Aède
  • Messages: 230
Re : La nuit était tombée
« Réponse #2 le: 31 Janvier 2014 à 20:34:45 »
Bonsoir. Déjà merci d'avoir prit le temps de lire, et également d'avoir répondu.
Je ne peux qu'être d'accord avec toi, certains passages sont trop lourds à mon goût aussi. Ce texte n'est qu'un premier jet, et il y aurait un grand nombre d'amélioration à lui apporter.
Je me suis largement inspiré du mythe de la dame blanche en effet, mais je m'en suis totalement détaché vers la fin, peut-être que ce n'était pas une si bonne idée finalement ^^
J'avais imaginé une fin alternative après coup, ou la caissière serait déjà morte et se laisserait prendre en stop pour essayer de l'empêcher de s'arrêter à la station service (ce qui serait un peu plus cohérent). Mais franchement, je doute que ce soit la peine de reprendre ce texte, c'était juste un petit quelque chose que je voulait partager ici avec les membres du forum. D'autres suivrons probablement, au gré de mes humeurs, et ils seront certainement mieux travaillés.
" Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ", Confucius.

Hors ligne Geekolas

  • Calligraphe
  • Messages: 128
Re : La nuit était tombée
« Réponse #3 le: 31 Janvier 2014 à 21:22:28 »
Salut !

J'ai bien aimé ton texte. La narration est maîtrisée, la lecture fluide et agréable. On se laisse embarquer facilement dans cette histoire  :)

Le recours au registre fantastique est également appréciable ici, même si les éléments inquiétants font un peu déjà vu, genre le chauffage qui baisse ou, surtout, la radio qui s'éteint. Après, le personnage de la femme m'a intrigué, et je m'attendais à ce qu'elle lui saute à la gorge depuis la banquette arrière  :D

Par contre, j'ai été très déçu par la chute... Aucune surprise, aucun rapport, selon moi, avec le reste... Trop décalé, et même si la fin est inexplicable, je la trouve trop vide d'intérêt. C'est dommage, car le reste plutôt bien rédigé me préparait à une chute plus frappante, plus percutante  :mrgreen:

Citer
Il fallut quelques secondes à Andrew pour comprendre que le hurlement ne provenait pas de la fille elle-même, mais du poste de radio.
:o Euh, c'est quoi cette histoire ? C'est qui Andrew ??? Greg Andrew ? Andrew Greg ? Ou alors le protagoniste était tellement terrifié qu'il a subi un changement de nom en cours de route ? (c'est le cas de le dire)

Au plaisir  ^^

Hors ligne Littlecosmos

  • Aède
  • Messages: 230
Re : La nuit était tombée
« Réponse #4 le: 31 Janvier 2014 à 22:45:00 »
Bonsoir Geekolas. Merci pour ton commentaire, d'ordinaire j'ai surtout peur pour la narration, bien structurer mes textes, mais Orléan et toi avez réussi à me rassurer, même si il ne s'agit ici que d'une nouvelle ^^
Pour ce qui est de la baisse de température et des interférences, c'est par ce que j'ai un petit faible pour ce qui fait "cliché", et j'aime bien intégrer ce genre d'éléments dans mes textes.
Par contre on est d'accord, j'aurais vraiment du faire une fin complètement différente. J'avais un doute en postant, mais maintenant je suis fixé. Je ferais mieux la prochaine fois, promis.

":o Euh, c'est quoi cette histoire ? C'est qui Andrew ??? Greg Andrew ? Andrew Greg ? Ou alors le protagoniste était tellement terrifié qu'il a subi un changement de nom en cours de route ? (c'est le cas de le dire) "

Honte sur moi. C'est pas son nom de famille, c'est pas non plus à cause de la peur, ni même de la schizophrénie. Je l'avoue, c'est le nom d'un autre de mes personnages, tout droit sorti d'une autre histoire --"
Comme quoi je me relis pas encore assez attentivement, par ce que ça m'a pas choqué une seule seconde. Merci à toi de l'avoir relevé.
" Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ", Confucius.

 


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