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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Ressentir Einaudi

Auteur Sujet: Ressentir Einaudi  (Lu 2067 fois)

Hors ligne Humoramor

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Ressentir Einaudi
« le: 30 Janvier 2014 à 11:36:11 »
Bonjour,
Il y a quelque temps, j'avais eu le projet d'écrire des textes courts en écoutant de la musique. Le but était de transcrire par des mots ce que je ressentais en écoutant les différents morceaux. C'est quelque chose que j'ai plus fait pour moi, plutôt que dans le but de le partager avec quelqu'un, mais je voulais le publier ici (je ne sais pas si c'était mieux de le mettre dans poésie?), juste pour voir comment ça peut être ressenti. Bien sûr, l'idéal serait de lire les textes en écoutant la musique concernée. Il s'agit à chaque fois de morceaux de Ludovico Einaudi, un pianiste qui me touche toujours beaucoup.



PENSÉES EN MUSIQUE
LUDOVICO EINAUDI


 
« Quand j’écoute ses mélodies j’ai envie de croire en Dieu. »




Ludovico Einaudi : Nuvole Bianche


Comme les gouttes de la pluie la plus douce qui soit, les notes coulent sur moi et me remplissent de douleur.  Jamais je n’ai connu plus douce blessure que celle qu’elles m’infligent.
   Elle est comme une plume enfoncée délicatement dans le cœur.
   Comme une petite fille qui pleure.
   Comme un murmure...
Je veux continuer de vivre, juste pour l’entendre encore une fois ; cette mélodie, cette mélancolie.
Je veux vivre au travers d’elle, me tremper dans ses notes blessées et murmurer des mots d’amour pour la consoler.
   Quand on mélange la musique à l’écriture, pas de plus beau mariage.
Ces deux déesses de la pureté, ensemble, pour me faire rêver. Pleurer aussi, parfois, mais avec des larmes tellement belles.
   Encore. Je veux me sentir pleine de ce refrain que jamais mon cœur ne quittera ; je veux respirer ses airs, trembler en même temps que ses cordes.    Et puis soupirer.
Quand ces notes m’apparaissent, harmonieuses et lentes, j’ai une pensée qui me traverse toujours l’esprit : en écoutant ce songe, il est impossible de ne pas croire en l’amour.




Ludovico Einaudi : Le Onde


Je veux m’effacer. Lentement disparaître au creux de la Terre, comme morte dans ses bras. Tout peut s’éteindre, même mon sourire – je n’ai plus besoin de rire ; je veux juste garder mon ouïe. Pour que ces vagues de passions timides, presque silencieuses, viennent raviver mon cœur d’une mélodie pleine de tristesse.
Parfois j’ai peur quand j’entends ces notes, parfois je pleure ; mais jamais ce sentiment ne disparaîtra, ce sentiment qui toujours me gonfle le cœur.
Elle est belle cette mélancolie. Elle est sincère. Et moi je veux me perdre au dedans, comme jetée à la mer.
   Car alors je n’aurais plus besoin d’être humaine.
 



Ludovico Einaudi : Divenire


Peut-être que je vais mourir demain. Peut-être même aujourd’hui. Est-ce vraiment grave ? Serai-je triste le moment venu ?
   C’est impossible de s’imaginer un corps mort, un cœur qui ne bat plus.
   C’est presque dégoutant.
Mais je l’entends encore ce battement, il revient de temps en temps – plus fort. Et puis il repart.
   Je suis peut-être déjà morte.

Ça y est le rythme accélère, mes poumons se gonflent à nouveau et mes doigts, ils courent, toujours.
Parfois c’est effrayant, tout ce vent qui semble animer mes membres, quand il s’agit d’écrire. Comme le souffle du diable, à travers le cœur d’un ange. Mon cœur s’emballe, mon cœur meurt. Mon Dieu, faite qu’il s’en aille avec moi. J’ai si peur de rester seule. Sans plus personne pour me tenir... Pour me pousser à écrire. Alors les autres, ceux qui prétendent m’apprendre, ils jugeraient mon trait de crayon, oubliant que tout est dans l’émotion.
   Quand on pleure on oublie de bien écrire. C’est normal.
 



Ludovico Einaudi : Fly


Mon Dieu je tremble
                      ma rose je reviens
  ma planète attends-moi.

Je suis descendue ici pour trouver un ami ; mais le temps passe. Il vole ; comme le vent, il change sans arrêt. Et j’ai peur. Car dans tout ce bleu je ne sais où reconnaître ma terre, mon horizon.
   Ma belle prison...
Je survole un désert : est-ce que le sable est mort ? Il n’y a que la tempête qui sache le faire tourbillonner. Comme un fantôme. Si je tombe, je ne reverrai plus jamais ma rose. Si je tombe, quelqu’un d’autre tombera avec moi.    

   Comment sauver un être quand on est soi-même en danger ?
 



Ludovico Einaudi : In un’altra vita


J’ai brisé mes chaînes. Regarde-moi, je cours tellement vite qu’il me semble être en train de voler. Enfin je peux sourire à la vie, enfin je peux lui dire merci. Merci de m’avoir tenue enfermée aussi longtemps ; jamais libération n’a été aussi heureuse.
Tout danse autour de moi, je fonce. Tout s’enroule, je croule.
   Le ciel était trop lourd pour mes ailes.
Lentement, je me rapproche de la terre que j’avais quittée ; lentement, je sens les chaînes se rattacher à mes poignets.
   C’était vrai, mais trop beau.
Me revoilà dans ma prison, avec ses barreaux pour seuls horizons.


"Elle se moque de mourir. C'est vivre qu'elle veut. Et ce qu'elle veut, elle l'aura." - Alessandro Baricco, Océan Mer

Claudem

  • Invité
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #1 le: 30 Janvier 2014 à 12:07:21 »
Bonjour Humoramor,

Ta démarche me parait intéressante, vraiment !
Et pour mieux l'apprécier, je vais copier tes textes et les lire en même temps que la musique qui t'a inspiré. (inspirée ?  :) )
Je reviendrai donc plus tard donner mes impressions sur tes textes.

Hors ligne Humoramor

  • Calligraphe
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  • A la recherche du syndrome de la page noire
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #2 le: 30 Janvier 2014 à 12:09:13 »
Ah c'est gentil!  :) Je vous en demande beaucoup décidément!  ::)

H.
"Elle se moque de mourir. C'est vivre qu'elle veut. Et ce qu'elle veut, elle l'aura." - Alessandro Baricco, Océan Mer

Claudem

  • Invité
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #3 le: 30 Janvier 2014 à 16:26:59 »
Divenire texte 3  Texte de Humoramor

http://www.youtube.com/watch?v=X1DRDcGlSsE

Peut-être que je vais mourir demain. Peut-être même aujourd’hui. Est-ce vraiment grave ? Serai-je triste le moment venu ?
   C’est impossible de s’imaginer un corps mort, un cœur qui ne bat plus.
   C’est presque dégoutant.
Mais je l’entends encore ce battement, il revient de temps en temps – plus fort. Et puis il repart.
   Je suis peut-être déjà morte.

Ça y est le rythme accélère, mes poumons se gonflent à nouveau et mes doigts, ils courent, toujours.
Parfois c’est effrayant, tout ce vent qui semble animer mes membres, quand il s’agit d’écrire. Comme le souffle du diable, à travers le cœur d’un ange. Mon cœur s’emballe, mon cœur meurt. Mon Dieu, faite qu’il s’en aille avec moi. J’ai si peur de rester seule. Sans plus personne pour me tenir... Pour me pousser à écrire. Alors les autres, ceux qui prétendent m’apprendre, ils jugeraient mon trait de crayon, oubliant que tout est dans l’émotion.
   Quand on pleure on oublie de bien écrire. C’est normal.


Tes mots épousent bien et le rythme et l'émotion.
Pour les autres, je reviendrai quand j'en aurai le temps.
« Modifié: 30 Janvier 2014 à 16:30:03 par Claudem »

Hors ligne philibert

  • Aède
  • Messages: 162
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #4 le: 01 Février 2014 à 11:27:58 »
Humoramor, ton pseudo ne laisse pas présager de ton écriture :)
Alors oui c'est le premier texte que je lis de toi, et je n'ai pas la musique en écoute (je vais de toutes facons tenter cette belle expérience et te tiendrais informé de ce que j'en ai pensé )
Mais j'ai du mal à imaginer que la musique fasse naître chez moi ce genre de sanglots longs aux violons.
C'est peut être tout à fait personnel, mais la musique me pousse dans d'autres sentiments.
Après il est possible que mon état d'esprit fasse que la musique remue ma vase profonde, mais c'est quand même assez rare.

Dans quel état de pensée étais-tu quand tu as écrit ? ressens-tu toujours la même chose sur ces morceaux ?

Merci,

Phil'

Claudem

  • Invité
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #5 le: 01 Février 2014 à 11:53:24 »
Bonjour,

Philibert, tu as au moins un morceau en écoute, puisque je suis allée chercher le lien. et l'ai mis ci-dessus.
Pour les autres morceaux, j'ai la flemme de continuer. Mais Humoramor peut peut-être le faire ? Ou quelqu'un d'autre ?
Effectivement, comment juger de l'adéquation des textes et des morceaux sans les écouter en même temps ?
Surtout que, dois-je avoir honte ? personnellement je ne connaissais pas du tout Einaudi. Et si je reconnais que le texte va bien avec la musique, je dois avouer que la musique seule ne me transporte pas. C'est la démarche qui m'a intéressée.

Hors ligne philibert

  • Aède
  • Messages: 162
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #6 le: 01 Février 2014 à 12:03:30 »
Alors, j'ai bien écouté Divenire
Je connais cette musique, je ne sais plus d'où, et j'aime plutôt bien.
Par contre les sentiments ressentis sont tellement loins des tiens que je n'accroche plus à ton texte, mais bon, le coeur a ses raisons ....

Claudem

  • Invité
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #7 le: 01 Février 2014 à 15:13:10 »
Quant à moi, cette musique (en lien) m'a rappelé celle des Noces Funèbres de Tim Burton.

Leonys

  • Invité
Re : Ressentir Einaudi
« Réponse #8 le: 01 Février 2014 à 17:14:31 »
J'aime assez cette idée de laisser courir sa plume au grès des note de musique.

Pour ma part mes émotion (en ce qui concerne Divenire) sont en symbiose avec la musique et ton texte, que je trouve très beau.

mais seulement au début, ensuite, je décroche un peu  :( (mais ce n'est que mon avis personnel)

 


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