Bonjour,
Il y a quelque temps, j'avais eu le projet d'écrire des textes courts en écoutant de la musique. Le but était de transcrire par des mots ce que je ressentais en écoutant les différents morceaux. C'est quelque chose que j'ai plus fait pour moi, plutôt que dans le but de le partager avec quelqu'un, mais je voulais le publier ici (je ne sais pas si c'était mieux de le mettre dans poésie?), juste pour voir comment ça peut être ressenti. Bien sûr, l'idéal serait de lire les textes en écoutant la musique concernée. Il s'agit à chaque fois de morceaux de Ludovico Einaudi, un pianiste qui me touche toujours beaucoup.
PENSÉES EN MUSIQUE
LUDOVICO EINAUDI
« Quand j’écoute ses mélodies j’ai envie de croire en Dieu. »
Ludovico Einaudi : Nuvole Bianche
Comme les gouttes de la pluie la plus douce qui soit, les notes coulent sur moi et me remplissent de douleur. Jamais je n’ai connu plus douce blessure que celle qu’elles m’infligent.
Elle est comme une plume enfoncée délicatement dans le cœur.
Comme une petite fille qui pleure.
Comme un murmure...
Je veux continuer de vivre, juste pour l’entendre encore une fois ; cette mélodie, cette mélancolie.
Je veux vivre au travers d’elle, me tremper dans ses notes blessées et murmurer des mots d’amour pour la consoler.
Quand on mélange la musique à l’écriture, pas de plus beau mariage.
Ces deux déesses de la pureté, ensemble, pour me faire rêver. Pleurer aussi, parfois, mais avec des larmes tellement belles.
Encore. Je veux me sentir pleine de ce refrain que jamais mon cœur ne quittera ; je veux respirer ses airs, trembler en même temps que ses cordes. Et puis soupirer.
Quand ces notes m’apparaissent, harmonieuses et lentes, j’ai une pensée qui me traverse toujours l’esprit : en écoutant ce songe, il est impossible de ne pas croire en l’amour.
Ludovico Einaudi : Le Onde
Je veux m’effacer. Lentement disparaître au creux de la Terre, comme morte dans ses bras. Tout peut s’éteindre, même mon sourire – je n’ai plus besoin de rire ; je veux juste garder mon ouïe. Pour que ces vagues de passions timides, presque silencieuses, viennent raviver mon cœur d’une mélodie pleine de tristesse.
Parfois j’ai peur quand j’entends ces notes, parfois je pleure ; mais jamais ce sentiment ne disparaîtra, ce sentiment qui toujours me gonfle le cœur.
Elle est belle cette mélancolie. Elle est sincère. Et moi je veux me perdre au dedans, comme jetée à la mer.
Car alors je n’aurais plus besoin d’être humaine.
Ludovico Einaudi : Divenire
Peut-être que je vais mourir demain. Peut-être même aujourd’hui. Est-ce vraiment grave ? Serai-je triste le moment venu ?
C’est impossible de s’imaginer un corps mort, un cœur qui ne bat plus.
C’est presque dégoutant.
Mais je l’entends encore ce battement, il revient de temps en temps – plus fort. Et puis il repart.
Je suis peut-être déjà morte.
Ça y est le rythme accélère, mes poumons se gonflent à nouveau et mes doigts, ils courent, toujours.
Parfois c’est effrayant, tout ce vent qui semble animer mes membres, quand il s’agit d’écrire. Comme le souffle du diable, à travers le cœur d’un ange. Mon cœur s’emballe, mon cœur meurt. Mon Dieu, faite qu’il s’en aille avec moi. J’ai si peur de rester seule. Sans plus personne pour me tenir... Pour me pousser à écrire. Alors les autres, ceux qui prétendent m’apprendre, ils jugeraient mon trait de crayon, oubliant que tout est dans l’émotion.
Quand on pleure on oublie de bien écrire. C’est normal.
Ludovico Einaudi : Fly
Mon Dieu je tremble
ma rose je reviens
ma planète attends-moi.
Je suis descendue ici pour trouver un ami ; mais le temps passe. Il vole ; comme le vent, il change sans arrêt. Et j’ai peur. Car dans tout ce bleu je ne sais où reconnaître ma terre, mon horizon.
Ma belle prison...
Je survole un désert : est-ce que le sable est mort ? Il n’y a que la tempête qui sache le faire tourbillonner. Comme un fantôme. Si je tombe, je ne reverrai plus jamais ma rose. Si je tombe, quelqu’un d’autre tombera avec moi.
Comment sauver un être quand on est soi-même en danger ?
Ludovico Einaudi : In un’altra vita
J’ai brisé mes chaînes. Regarde-moi, je cours tellement vite qu’il me semble être en train de voler. Enfin je peux sourire à la vie, enfin je peux lui dire merci. Merci de m’avoir tenue enfermée aussi longtemps ; jamais libération n’a été aussi heureuse.
Tout danse autour de moi, je fonce. Tout s’enroule, je croule.
Le ciel était trop lourd pour mes ailes.
Lentement, je me rapproche de la terre que j’avais quittée ; lentement, je sens les chaînes se rattacher à mes poignets.
C’était vrai, mais trop beau.
Me revoilà dans ma prison, avec ses barreaux pour seuls horizons.