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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Là, où l’on s’ennuie

Auteur Sujet: Là, où l’on s’ennuie  (Lu 3230 fois)

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Là, où l’on s’ennuie
« Réponse #15 le: 27 Janvier 2014 à 07:11:59 »
Merci d'être passée!
Je dois partir travailler mais je regarde tout ça en détail ce soir!

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
  • Messages: 430
Re : Là, où l’on s’ennuie
« Réponse #16 le: 27 Janvier 2014 à 20:48:08 »

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Chacune d'elles  il faut juste rajouter un "s",

Corrigé


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"L'échange de mots tendres et impétueux se poursuit, accompagnant le vacarme des chaises et des tables bousculées par le troupeau qui quitte la salle."

Je prends ! Comme ça il y aura ta patte dans mon texte

Chapitre 4:

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Moi ça me fait bizarre... "allez" avec "demande".
Modifié : Allez viens, grogne-t-elle à Elisa. On va manquer le bus, j’ai froid !

Toute : corrigé



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Trop de virgules tue la virgule. 
Lol, oui quand tu le dis ça me saute aux yeux !
J’en ai enlevé une partie.

Vidé : corrigé


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"ramassée en maths"? Faute de frappe j'imagine  ;D
Il manque la ponctuation après "forte"

corrigé


Chapitre 5:

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Je trouve ce paragraphe trop décousu. Je pense que tu pourrais essayer de le rendre plus fluide. Et aussi, il y a peut-être trop de "elle" quand tu parles de cette jeune fille. J'aimerais bien retrouver des passages descriptifs de ces élèves.
"Ha mais elle voulait de l'action, maintenant qu'elle l'a, ça ne convient encore pas". Oui je sais je suis pénible, mais j'aime beaucoup quand les passages descriptifs et l'action sont alternés. Ça donne du rythme, et ça maintient en halène. 


C’est exactement le genre de retour qui m’aide à voir ce qui manque et donne envie de travailler. Voilà un peu de temps pour Adélaïde, mais t’inquiète pas c’est l’un des personnages principaux, plus tard elle est décrite encore plus :


De retour à la maison, la douceur du foyer  familial la rassure. Ses boucles rousses regagnent leur liberté, délivrée du gros bonnet. Sa longue silhouette frêle  retrouve sa finesse hors des nombreuses épaisseurs de laine. Adélaïde est chez elle, elle se débarrasse de son fardeau d’intelo gourdasse et relève les yeux, elle retrouve ses repères. Son père travaille dans son cabinet d’architecture juste à côté de la maison. Sa mère prépare une raclette: elle adore ça. Il fait chaud dans son logis. L’enfant chérie se prépare une immense tartine de Nutella et prend une brique de jus d’abricot pour monter réviser.




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Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher PPDA.


"On ne le manque...."? Non?! Je ne sais pas, c'est vrai qu'avec la suite de la phrase... mhh

Pour moi c’est juste, mais on ne remarque pas toujours ses propres fautes de langage…


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Pourtant aujourd’hui, une information fait lâcher son journal à monsieur Dupuis et poser sa menthe à l’eau à madame Dupuis.
J'adore cette phrase.

Ils sont mignons papa et maman Dupuis...


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Met donc des "" à ce très cher PPDA  :aah:

D’ailleurs je ne sais pas s’il présente toujours le journal, ce cher « PPDA »






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C'est qui "nous"? Je veux dire: qui est l’émetteur de cette phrase?

C’est le journaliste. Mais je peux retirer le nous, ce sera moins confus.



J’ai déjà fait beaucoup d’effort car je n’aime pas trop les descriptions. Même lorsque je lis un livre, je les « saute » souvent.
Mais je vais tenter d’en ajouter un peu. Et voici la suite!

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
  • Messages: 430
Re : Là, où l’on s’ennuie
« Réponse #17 le: 27 Janvier 2014 à 20:49:29 »
Chapitre 6 : Police en reconnaissance.


(Les vipères : Marlène, Ambre et Juliette. Les filles du Vieux-Four : Manuela et Natacha. Les policiers : Pedro)
Trois policiers en uniforme discutent avec madame Jayet, la principale. Ils ajoutent à l’ambiance surchauffée du hall du lycée un centre d’intérêt supplémentaire. Natacha et Manuela, les regardent du coin de l’œil. Par principe, des policiers dans les parages, elles n’aiment pas ça. L’un des agents les regarde, c’est le plus jeune. Ses cheveux coupés très court font ressortir d’épais sourcils qui assombrissent son regard.
-         Viens, on bouge décrète la blonde, je n'aime pas comme il nous regarde celui là.
-         J’arrive, répond la brune en saisissant son sac de cours.


Plus loin dans l’entrée, ce sont les vipères qui, en toutes circonstances, sont toujours aussi bruyantes. Cette fois elles ne s’esclaffent pas, elles s’offusquent. Partageant leur discussion entre la recherche du coupable, et le passage de Marlène à la télé.
  -        C’est Natacha, c’est sûr, dit la petite Ambre en  chuchotant comme si elle craignait de terribles représailles.
-         Mmm…, on ne peut pas savoir, objecte Juliette qui semble avoir quelque chose à dire.
Elle a toujours quelque chose à dire de toute façon. Mais aujourd’hui, elle se tait; étrange! Marlène recadre la conversation. Elle préfèrerait qu’on parle d’elle et de son passage au journal de 20 heures. Elle est persuadée qu’ils l’ont choisie, elle, parce qu’elle venait de refaire ses mèches noires.
-         Je crois que si je n'avais pas commencé des études scientifiques, j’aurais pu faire journaliste, pavane-t-elle. Mais il n’est jamais trop tard pour me réorienter
-         Quand je pense à cette pauvre madame Pérot, on ne sait même pas si elle va se réveiller un jour. C’est horrible quand même, enchaîne Ambre.
  Décidément, Marlène a du mal à rester au centre de la conversation aujourd’hui. Ça ne lui plaît pas trop toute cette histoire. A bout de patience elle finit par ajouter :
-         S’il y a quelqu’un qui mérite ça, c’est bien elle !
Juliette change de couleur, visiblement sous le choc, elle s’attriste de l’accident de madame Perrot. Marlène modère un peu ses propos :
  -         J’ai bien dit « si » car évidement personne ne le mérite… Et puis t’es chiante Juliette, ce n’est pas ta mère, Pérot, quand même ! Bon je vais prendre l’air, il y a trop de monde dans ce hall.
  Ambre lui emboîte le pas mais Juliette la retient. Elle veut lui parler. C’est vrai que depuis leur arrivée, Juliette n’a pas l’air dans son assiette. Mais elle veut trouver un endroit calme pour discuter. Elles se verront à la pause de midi. 
-         Sans Marlène.
-   Sans Marlène, mais pourquoi ? demande Ambre
-         Parce que ! 
Et bien on peut dire que ce n’est pas très explicite comme réponse…



Ambre s’interroge. Ambre la toute calme, la douce, l’anxieuse. Pourtant, s’il y a une méchante chez les vipères, c’est elle. Elle qui continue quand les moqueries vont trop loin, elle qui se réjouit quand ses amies ont repéré une proie. Elle reste avec les vipères car ça la rassure d’être du coté de celles qui sont fortes, de celles qui sont belles, celles qui ont une place. Ambre sourit peu. Son petit corps chétif et ses yeux sombres tiennent à distance ses camarades de classe. Personne ne l’importune, mais personne ne l’aime non plus. Sa position lui convient, elle observe la cour de récréation. Son regard tente d’éviter ceux qu’elle considère comme faible : Adélaïde, mal habillée, mal coiffée, laide et associable. Ou encore le gros Julien, il se laisse  malmener par les autres garçons de la classe alors qu’un seul coup de ses grosses paluches suffirait à l’en débarrasser. C’est sans compter Elisa, sa cible préférée. Elle parle à tort et à travers, elle est distraite, maladroite et écervelée. Outrageusement habillée à la mode, mais toujours celle de l’année dernière. Adepte du mouvement hip-hop, milieu auquel elle n’appartient pas. Tout ce qu’elle en retient ce sont quelques graffitis dans son agenda, pas sur les murs, oh non, Elisa n’est pas une délinquante. Mais le mépris qu’Ambre a pour eux n’est rien en comparaison de sa peur. Elle tremble à l’idée de leur ressembler, redoutant à chaque instant de paraître, elle aussi, faible. Une victime aux yeux des autres.

Hors ligne Unreal

  • Tabellion
  • Messages: 53
Re : Là, où l’on s’ennuie
« Réponse #18 le: 28 Janvier 2014 à 21:54:46 »
Hello   :)

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L'échange de mots tendres et impétueux se poursuit, accompagnant le vacarme des chaises et des tables bousculées par le troupeau qui quitte la salle."
Je prends ! Comme ça il y aura ta patte dans mon texte
Classe  8)

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Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher PPDA.

On ne le manque...."? Non?! Je ne sais pas, c'est vrai qu'avec la suite de la phrase... mhh

Pour moi c’est juste, mais on ne remarque pas toujours ses propres fautes de langage…
Ne change rien si pour toi c'est juste, je peux me planter =)

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C'est qui "nous"? Je veux dire: qui est l’émetteur de cette phrase?
C’est le journaliste. Mais je peux retirer le nous, ce sera moins confus.
Il faut juste remettre des "" quand c'est lui qui parle

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J’ai déjà fait beaucoup d’effort car je n’aime pas trop les descriptions. Même lorsque je lis un livre, je les « saute » souvent.
Mais je vais tenter d’en ajouter un peu. Et voici la suite
C'est pas facile en fait, comme je ne sais pas ce qui vient, je ne peux pas avoir la vue d'ensemble et voire comment tu as réparti tout ça.

Chapitre 6:

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Cette fois elles ne s’esclaffent pas, elles s’offusquent. Partageant leur discussion entre la recherche du coupable, et le passage de Marlène à la télé.
Je ne sais pas si c'est juste grammaticalement, de commencer une phrase par un participe présent, si tu n'as pas un autre sujet dans ta phrase.

Sinon rien à redire  ;D






"Il est puni. Quand, à l'école, on lui a demandé ce qu'étaient les suicidés, il a répondu : 'Les habitants de la Suisse.' " - Jean TEULE

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
  • Messages: 430
Re : Là, où l’on s’ennuie
« Réponse #19 le: 28 Janvier 2014 à 22:09:31 »
Je crois que tu as raison pour la phrase avec le participe présent. Je vais remplacer par une virgule.

voilà la suite. Mais je reconnais que ça commence à être long à suivre. Si tu en as marre, je comprendrais très bien.


Chapitre 7 : La police a matière à travailler.
   
Madame Rougère, le professeur de français, a bien du mal à maintenir le calme. Tout le monde a son mot à dire sur les événements passés. Elle donne ses consignes sur le déroulement du cours. Les élèves doivent se mettre par groupe de 4 ou 5. Ils vont aller à la bibliothèque du lycée choisir une œuvre littéraire et en faire une présentation pour la classe  suivant les instructions des fiches qu’elle distribue.
  -         Mais ça suffit ce bruit !
  Cette fois, la prof n’en peut plus. Sa  classe offre un tableau qui la désole. C’est un mélange du Radeau de la Méduse en premier plan et Guernica à l’arrière. Les élèves des premiers rangs sont tous plus ou moins avachis sur leur table ou leur livre, pour ceux qui ont eu la présence d’esprit de l’ouvrir. Une élève s’est carrément installée sur l’épaule de son petit copain. Pour le même prix, l’oreiller est plus confortable ! Gaétan est exceptionnellement passé devant. Ce n’est pas pour mieux suivre son cours de français mais visiblement pour se rapprocher de Jérémie qui semble faire avec lui un concours de sieste, à moins que ce ne soit pour s’éloigner des élèves les plus bruyants qui pourraient perturber son sommeil.
L’arrière de la classe est tellement fouillis que c’est presque insulter Picasso que de le comparer à Guernica. Marlène et Ambre se remaquillent aussi discrètement que possible, mais pouffent régulièrement d’un rire sonore qui trahit leur inattention, au risque de réveiller le premier rang. Jonathan et Mounir  s’adonnent à une partie de « catch sur chaise », chacun essayant de montrer à l’autre qu’il est le plus fort en lui coinçant les bras. Madame Rougère, les regarde en songeant que les garçons, à cet âge-là, sont joueurs puis se ravise. La réalité est bien plus terrible: les garçons ça ne grandit jamais. 
Adélaïde prend des notes, dans quelques instants quand il faudra descendre à la bibliothèque, tous se tourneront vers elle pour savoir ce qu’il faut faire… Elisa à ses côtés écoute d’une oreille et dessine Mounir machinalement.
  -         On peut essayer de se mettre avec lui en groupe pour le français, suggère-t-elle à son amie.
-         Je ne crois pas qu’on pourra trop compter sur lui pour le travail, objecte Adélaïde. Et puis de toute façon il ne viendra pas nous proposer. On va se mettre avec Annabelle et ses copines, comme d’habitude…
- Ce n’est pas pour le français que j’ai besoin de lui ! Ca ne compte presque pas cette matière dans notre filière. J’en ai marre de toujours fréquenter les mêmes personnes, dans les mêmes endroits, le même train-train. On dirait qu’on est deux petites vieilles !
-         Et ben demande-lui alors! Si tu te fais rembarrer, tu ne viendras pas pleurnicher sur mon épaule !
  Adélaïde boude, Elisa aussi. Mais cette dernière est remontée, elle va parler à Mounir. Elle pense qu’elle ne le laisse pas indifférent, à moins qu’elle ne se fasse des films. Malgré ce que les vipères pensent d’elle, Elisa est une intrépide. Elle aime cette classe désordonnée, cette ambiance chaotique où quelque chose peut se passer à tout instant. Cela la change de son collège trop calme où elle s’ennuyait tant.  Adélaïde son amie d’enfance, au contraire, préférait le doux ronronnement de leur ancien établissement.
Madame Rougère met l’agitation sur le compte de l’accident de leur professeur de mathématiques. Elle se retient donc de pousser son cri légendaire qui consiste à hurler « silence!», en prenant une pose de combat : en saisissant un carnet de correspondance. Elle a la chance d’être dans l’un de ces lycées où les parents lisent encore les carnets. Et oui, cette jeune génération n’a plus peur d’une hausse de voix. Bref, aujourd’hui elle opte pour la pédagogie. Et met ses menaces de côté.
     -         Je sais que cette journée est difficile à cause de l’accident de votre professeur madame Pérot… Peut être souhaiteriez vous en discuter?
  Ah ! Le silence se fait. Ne savez vous pas que la meilleure façon d’obtenir le silence dans une classe n’est ni la sanction ni la terreur mais plutôt de demander aux adolescents de s’exprimer ? Ce n’est pas pour rien que cela s’appelle l’âge des contradictions.
   A la surprise générale, c’est Gaëtan qui finit par proposer de faire une lettre de soutien pour la famille du professeur hospitalisé. Tout le monde approuve.
 
-         Très bien conclut madame Rougère, nous ferons ça demain. Maintenant je vais faire circuler une feuille, notez-y les groupes que vous formez et descendez au CDI en silence. 
C’est reparti, ça fourmille à toutes les tables. Les groupes se forment et la feuille passe de main en main. Elisa se lance : 
-         Mounir, Vous êtes combien ? Nous on est deux avec Adèle.
-         Ben… Jonathan et Gaëtan, donc on doit être trois…
  Il se retourne et s’adresse à Jonathan :
  -         Mais il est où Gaëtan ? Depuis ce matin il fait une tête pas possible. Regarde ce qu’il fout. Dis lui de venir vers nous !
-         Eh le gitan, tu viens ou pas ? On te met avec nous dans le groupe ? 
C’est le surnom que ses amis ont donné à Gaëtan en référence à d’éventuelles origines lointaines qui n’ont jamais été prouvées. Mais un surnom, ça naît comme ça et on ne s’en sépare pas. 
-         Je m’en fous.
Ce sont les seuls mots qu’il prononce avant de retourner s’enfouir la tête dans les bras. Mounir se demande ce qu’il a, mais il n’est pas curieux de nature  et choisit de le laisser. Ce n’est pas le cas de Jonathan qui revient à l’attaque.
  -         T’es pas drôle depuis ce matin, t’es même chiant ! On te parle et tu nous envoies balader, ça va, nous on y est pour rien dans tes histoires !
-         Mais quelles histoires ? finit par demander Mounir.
-         Monsieur a le vague à l’âme en ce moment...non en fait, je sais ! Il porte le deuil de madame Pérot, c’est pour ça qu’il veut lui écrire une lettre.
  Gaëtan se lève d’un bond et attrape Jonathan par son survêtement :
  -         Toi t’es vraiment trop con ! Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi con !
  Avant que madame Rougère n’ait le temps d’intervenir Gaëtan envoie son camarade valdinguer dans les chaises et quitte la classe.
Le professeur de français sait qu’il a une famille dite « à problème ». Une grande famille d’ailleurs mais dans laquelle ils sont de moins en moins nombreux. Sa sœur est partie à 15 ans, elle vit maintenant en foyer pour jeune fille. Elle ne supportait plus l’ambiance de la maison. Elle la connaît bien, elle l’a eue deux ans en cours. Les plus petits sont aussi en foyer;  mais eux, on ne leur a rien demandé. Il y a eu un signalement aux services sociaux car le père était violent. Depuis ce monsieur est parti. Laissant derrière lui une femme dépassée, il lui reste Gaëtan et son grand frère.
   Les élèves traînent les pieds pour descendre à la bibliothèque. Même Natacha et Manuela sont moins vives que d’habitude. On sent que quelque chose plane sur cette classe. Juliette n’a pas quitté la fenêtre des yeux  durant le cours. Elle semble préoccupée. D’ailleurs elle s’est détachée de Marlène et d'Ambre.
  -         Tu te rappelles qu’on doit se parler à midi, répète-elle à Ambre
-         Mais oui, je m'en souviens. T’as vraiment pas l’air bien, toi…
-         Vous venez, les filles? lance Marlène.
-         A  tout à l’heure donc, chuchote Juliette 

Elle prend la direction opposée à celle du CDI. Ses amies lui demandent ce qu’elle fait, car elles  ont encore une heure de cours. Juliette répond juste qu’elle doit aller chercher quelque chose et elle quitte la classe en douce.
  En tout cas il y a quelqu’un qui sera là ce soir et les jours suivants. Quelqu’un qui ne quitterait cette classe pour rien au monde, bien trop contente de son groupe de français. C’est Elisa ! Elle arbore un grand sourire : Mounir  est dans son groupe. Elle est bien la seule à échapper à la morosité ambiante.




 


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