Bonsoir à tous,
Je poste mon premier texte

Il s'agit d'une petite nouvelle semi autobiographique mêlée à du fantastique...
N'hésitez pas, je suis preneuse de remarques acerbes! Rien de tel pour s'améliorer :-)
Bisous et merci de votre attention.
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« Quand un écrivain n’écrit pas, il suffit parfois que quelqu’un croit en lui pour remettre le monde sur ses rails.
Et de là naît une histoire… »
Robin HOBB
J’ai 15 ans. J’ai 20 ans. J’ai 25 ans. Je mets des mots sur mes maux. Et j’ai un ami imaginaire.
J’ai 26 ans. Depuis mon enfance, j’ai un ami imaginaire… Il me rend rêveuse ! C’est un défaut ou une qualité ? Il est toujours là, mais il est discret, timide. Il se transforme en preux chevalier lorsque j’ai besoin d’être sauvée. Dans ces moments là, il prend toute la place. Il grandit ! Il grandit ! Et il me sauve !
Puis, une fois que l’on a bien joué tous les deux, il reprend sa taille normale, et laisse place… à tout le reste.
Un jour, j’ai été très triste. Alors comme à chaque fois, j’ai fait appel à mon ami. Il a tout essayé, mais quelque chose en lui avait changé. On a joué à nos jeux préférés. Les mêmes que lorsque j’avais 10 ans, puis 15, 20, 22, 25…
Il semblait plus frêle que d’habitude, plus chétif. Il était pâle. Il était… vide.
J’ai pris peur ! J’ai essayé de le nourrir… J’ai inventé de nouveaux jeux pour lui, pour le réconforter. Je l’ai cajolé comme j’ai pu. Mais rien ! Puis je compris qu’il risquait de me quitter…
Les mois ont passé. Mon ami oscillait entre la vie et la mort. J’étais inconsolable.
Puis je m’éveillai un matin. Je ne savais pas que c’était possible, mais c’était le silence qui m’avait réveillée. Un silence assourdissant.
Je regardai autour de moi. J’étais comme aveugle. Tout semblait… éteint !
Mon cœur se mit à battre très fort. C’était un signe de vie, ça me réconforta. Il me restait peut être une chance.
Instinctivement, je me mis à chercher mon ami. Je le cherchai partout, longtemps ! Il ne répondait plus… plus du tout !
Je passai quelques jours à le chercher dans tous les recoins de mon corps, de ma vie… Puis je capitulai ! Je devais me faire une raison… Mon ami était mort, et je devais en faire mon deuil.
Je cru un temps que d’autres amis pourraient le remplacer. Certains étaient même plus présentables, plus grands, plus forts.
Mais cet ami là était irremplaçable.
Un matin, je décidai d’aller prendre l’air.
Alors que je tentais vainement de redonner vie à ce qui m’entourait, une petite dame passa par là.
Elle me regarda. Curieusement, mon instinct me poussa dans un premier temps à fuir son regard.
Je tournai la tête à nouveau, et la petite dame se trouvait là, plantée devant moi.
Il me fallait l’affronter…
Je plongeai mon regard dans le sien, puis je remarquai une chose fabuleuse. Une chose que je n’avais jamais vue auparavant. Cette dame riait avec les yeux !
Elle se mit à ma hauteur, et me parla comme si elle m’avait toujours connue.
- Tu cherches quelque chose ? – me dit t-elle.
- Non…
- Je crois que si !
Une grande chaleur envahit mon corps. Mon souffle s’accéléra. Je sentais que je ne contrôlerais bientôt plus rien. C’était bon et terrifiant à la fois. Comme avant de sauter dans le vide.
- J’ai perdu mon ami…
- Tu es sûr ?
- Oui…
- Quand l’as tu vu la dernière fois ?
Je cherchai dans mon esprit, et je m’aperçu que j’étais incapable de répondre à cette question.
- Je ne sais plus… C’est que… j’ai eu beaucoup à faire… et…
- Tu n’as peut être pas bien cherché.
La petite dame disparut.
Je m’empressai de rentrer chez moi et je me mis à réfléchir très fort. Quand avais-je vu mon ami pour la dernière fois ? A quoi avions nous joué ? Comment allait il ? A quoi ressemblait le monde quand mon ami était la ?
Le lendemain, je décidai de retourner en balade. Il fallait que je revoie la dame aux yeux qui rient.
Je la trouvais là, au même endroit, à la même heure… Et ses yeux riaient toujours !
Je fis un pas vers elle.
- Vous… Vous croyez qu’il est vivant ?
- Je crois que c’est à toi de le savoir !
La petite dame dissimulait un sac derrière son dos.
- Qu’y a t’il dans votre sac ?
- Rien qui te concerne pour le moment.
- Pour le moment ?
- Oui ! Pour le moment…
La petite dame disparut à nouveau.
Que cachait t-elle dans son sac ? Que voulait elle dire par « pour le moment » ? Comment faisait elle pour faire rire ses yeux ? Alors que je me posais toutes ces questions, je songeais à mon ami… Et s’il était encore en vie ?
Je revins le jour suivant. Puis celui d’après. Et tous les jours qui suivirent.
La petite dame était toujours là. Nos échanges étaient brefs… du moins c’est ce qu’il me semblait.
Je la questionnais sur le contenu de son sac, et elle me répondait invariablement que ça ne me concernait pas… « pour le moment »…
Un matin, je m’éveillai plus légère et plus confiante que d’habitude.
J’allai voir ma nouvelle amie avec ses yeux qui rient, et je lui dis dans le creux de l’oreille :
- Vous savez, je crois qu’il est vivant !
La petite dame se mit à rire. Presque autant que ses beaux yeux !
Elle agrippa le sac mystérieux, et l’ouvrit. Une grande lumière blanche et dorée me jaillit en pleine figure.
- Ce sont les couleurs de la vie ! – me dit-elle – Eblouissant non ?!
Elle plongea sa main dans le sac, et en sortit ce qui semblait être… une paire d’ailes.
- C’est bien ce que je crois ? – lui dis-je émerveillée.
- Ce sont des ailes oui ! Je suis une marchande d’ailes !
- Elles sont pour moi ?
- Elles sont pour toi à condition que tu puisses les acheter…
Je fouillai dans mes poches…
- Mais je n’ai pas d’argent.
Elle ria de plus belle, et me tendit une petite boite.
- Cette boite vient de Bali. Tu connais ? C’est un pays merveilleux… Prends la ! Mais attention ! Ne l’ouvres pas avant d’avoir trouvé le moyen d’acheter tes ailes… Tu sauras quand ce sera le bon moment.
Puis la petite dame disparut, encore.
Sur le chemin du retour, je repensai à mon ami. Les jeux qu’on inventait, le réconfort qu’il m’apportait.
Je décidai d’essayer de jouer toute seule. De laisser place à ces jeux trop souvent délaissés.
J’ai joué pendant des jours, et des nuits. Sans trop savoir ou cela me menait. Parfois ça me faisait peur, puis parfois, je m’en moquais car j’aimais simplement jouer.
Un soir, je jouais à l’un des jeux favoris de mon ami. J’inventais une histoire, mais pas tout a fait… Il y avait un peu de moi dans cette histoire ! Beaucoup de moi à certains passages !
Tout à coup, un bruit m’interpella. Je regardai alentour mais rien ne semblait bouger.
Je repris le cours de mon histoire. L’histoire d’une petite fée rieuse... Puis à nouveau ce bruit.
Je me dirigeai vers la petite boite en bois de Bali. Une petite fille avait peint de jolies fleurs sur le couvercle. La boite se mit à trembler…
Je reculai d’un pas, avant de me décider à l’ouvrir.
La lumière blanche et dorée me sauta au visage.
Le temps que je recouvre la vue, une petite voix chantante retentit. C’était celle de mon ami.
Il était la, confortablement assis au milieu des ailes, comme sur un nuage. Il semblait plus vaillant que jamais.
- Tu m’as manqué –me dit-il.
- Mais… J’ai cru que… enfin, tu étais…
- Tu as cru que j’étais mort ? Je fais partie de toi… C’est à toi de décider de me faire vivre ou non. Tu avais tant de choses à faire passer avant moi, alors forcément, j’ai fini par m’ennuyer, et comme tout désir, quand je m’ennuie, je dépéris.
Mais j’ai aimé tes nouveaux jeux, et surtout ta dernière histoire. Alors j’ai repris du poil de la bête !
Mon ami sauta de sa boite magique, et m’enfila la pair d’ailes qui s’y trouvait.
- Tu ne sauras pas voler en un instant. Tu auras peur parfois, mais si tu me laisses suffisamment de place, je ne te quitterai plus, et je t’aiderai à voler, de plus en plus haut !
« Quand un écrivain n’écrit pas, il suffit parfois que quelqu’un croit en lui pour remettre le monde sur ses rails. »
J’ai 27 ans. Je m’appelle Laurie.
Un jour peut être, je serai écrivain, et la dame aux yeux qui rient s’appelle Faouzia Laroum. C’est une marchande d’ailes et elle m’a appris… à voler !
De là est née cette histoire…