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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)

Auteur Sujet: Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)  (Lu 1973 fois)

Hors ligne Lordius

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Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« le: 28 Décembre 2013 à 19:50:57 »
Sa secrétaire lui passa la communication.

— Axtone Latuile, détective privé, j’écoute… Un homme en rouge vous pourchasse ? Passez à mon bureau… Vous n’osez plus sortir de chez vous ? D’accord, je viens vous voir.

Axtone, pourtant peu enclin à la compassion, se dépêcha d’enfourcher son vélo. Il avait connu l’agoraphobie, cette terrible prison mentale. La peur de l’extérieur, de l’univers. Elle peut conduire au suicide.

La dame habitait au premier étage d’un immeuble dans un quartier résidentiel très calme à la périphérie de la ville. Elle lui ouvrit après qu’il eut montré patte blanche : carte de visite glissée sous la porte. Très grande, la cinquantaine fatiguée, cheveux en bataille, robe de chambre et mine de circonstance, elle le fit entrer dans le salon et se posta devant la fenêtre.

— Il rôde, je l’ai vu passer.

— Que vous arrive-t-il, madame Duplumier ?

— Hier matin, je vais faire mes courses, comme d’habitude. Je sens une présence derrière moi. Un ricanement satanique. Je me retourne : un homme me suit, affublé d’une cagoule de bourreau, mais pire : une cagoule toute rouge ! Paniquée, je cours, il me poursuit en ricanant. Oh, j’ai cru que mon cœur allait lâcher, je n’ai pas l’habitude de courir. Il a disparu quand j’ai croisé des passants.

— Quelqu’un aurait-il des raisons de vous en vouloir ?

— Non. Je ne sais pas.

— La police ?

— Elle me prend pour une folle. Mon Dieu, regardez cet homme qui passe ! Il vient de me faire signe. Mon pauvre cœur…

Elle mit la main à la poitrine en grimaçant. Axtone s’approcha de la fenêtre.

— Il porte des vêtements rouges. La casquette et les lunettes de soleil masquent son visage, observa le détective. Coïncidence ?

— Non ! Je vous en prie, aidez-moi.

Il lui exposa ses tarifs.

— D’accord, d’accord ! Mais ne me laissez pas… Mon fils est à l’étranger. Je ne veux pas le mettre en danger en le faisant revenir. J’ai si peur. Restez.

— Vous ne craignez rien ici. Je dois enquêter.

Il la rassura un moment puis sortit. Il appela le commandant de police Fritz, son seul contact policier.

— Madame Duplumier ? Ça me dit quelque chose. Un instant, je sors le dossier. Ah oui ! La mort de son mari l’a fortement perturbée, la pauvre dame. Il s’est suicidé avec une arme à feu. C’est elle qui a découvert le corps. Du sang partout. Depuis elle voit du rouge. Elle est victime d’hallucinations. On a été obligé de l’interner quelque temps. Il va falloir recommencer.

— C’est possible. Merci commandant.

Il retourna voir sa cliente. Dans le hall de l’immeuble, il croisa un homme dont l’allure lui était familière. Sur le palier, il entendit un cri. Madame Duplumier lui ouvrit en coup de vent. Elle était en larmes et tenait une photo à la main.

— Regardez ce qu’il m’a glissé sous la porte. La photo du fusil qui a tué mon mari.

— Pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de sa mort ?

— Je ne veux plus y penser. Fini ! Et puis quel rapport ? Oh, mais oui ! Il a tué mon mari et maintenant c’est mon tour ! Mais pourquoi ? Pourquoi ?

— Qu’est-ce qui vous fait croire que votre mari ne s’est pas suicidé ?

— Pas son genre, il aimait trop la vie. Et Dieu. Un chrétien sincère ne se suicide pas. C’est le bourreau rouge qui l’a tué ! Vous me croyez ?

— C’est possible. Un moment, je vous prie.

Il changea de pièce et rappela Fritz. Normalement, en cas de suicide, on pratique une autopsie. Mais là, le cas était évident et le médecin légiste débordé. Manque de moyens. Le baratin habituel.

Axtone retourna dans le salon. Madame Duplumier était prostrée dans un fauteuil. Elle fixait la photo du fusil. Ses mains tremblaient. Axtone lui retira avec douceur l’image de son tourment.

— Habillez-vous pour aller faire les courses.

— Je ne veux pas sortir !

— C’est moi qui irai.

Elle mit une robe longue et un manteau, un fichu sur la tête. Elle sortit un caddie du placard.

— Faites quelques pas, que j’enregistre votre démarche. Bien.

Ils faisaient presque la même taille. Axtone mit ses vêtements, sauf les chaussures. Il ajouta une paire de lunettes de soleil et des gants.

— Vous êtes bien courageux, monsieur Latuile. S’il vous tue, je louerai les services d’un garde du corps. Et je ferai un don à votre famille. J’ai touché un gros héritage, une maigre consolation.

— Votre attention me touche.

Il faisait beau mais très froid. La rue était déserte. Axtone partit avec le caddie en direction des commerces. Il marchait lentement. Le tremblement dû au froid renforçait l’aspect vulnérable du personnage. Il entendit ricaner derrière lui. Un homme avec une cagoule rouge le suivait. Sûrement celui qu’il avait croisé dans le hall. Madame Duplumier était perturbée mais pas folle. Il accéléra le pas. L’autre suivit. Il jeta d’une voix menaçante :

— J’ai le frère jumeau du fusil qui a servi pour ton salopard de jules. Ça va être ton tour, pourriture sur pattes.

Axone lâcha le caddie et se mit à courir lentement, comme une femme sédentaire. Le cagoulé courait derrière lui. Soudain le détective fit volte-face et se rua sur l’homme. Celui-ci détala. Axtone n’arrivait pas à courir bien vite à cause de la robe longue. Il dut la relever mais du coup, il ne pouvait plus balancer les bras. Les protagonistes couraient à la même vitesse. L’entrainement en vélo compensait la robe. Ils croisèrent un homme avec son chien qui les regarda avec surprise. Le chien jappa. Eux gardaient leur souffle.

L’homme arriva à l’immeuble en face de celui de madame Duplumier. Il perdit du temps à ouvrir la serrure de la porte du hall. Axtone se jeta dans ses jambes. Le gars avait dû faire du rugby, ou bien Axtone fatiguait : le cagoulé esquiva le placage d’un bond de côté et s’engouffra dans l’immeuble. Axtone se releva péniblement et le suivit en boitillant. Il emprunta la cage d’escalier. Personne au premier. En arrivant au second, il entendit une porte claquer. Il y avait quatre appartements à cet étage. Il s’agissait de battre le fer pendant qu’il était chaud. Il sonna aux quatre après avoir caché sa matraque télescopique dans son dos. En réponse, un coup de feu retentit derrière l’une d’elles. Il crocheta la serrure. Une femme ouvrit l’une des autres portes palières :

— Est-ce vous qui avez sonné ? Mais que faites-vous ? J’appelle la police.

— Excellente initiative.

Il entra. Ça sentait la cordite. Dans la chambre, l’homme s’était suicidé avec le fusil de chasse qu’il destinait à madame Duplumier. Encore du sang partout et des matières cervicales. Il avait eu le bon goût de garder sa cagoule. Sur le lit, il avait laissé en évidence son journal intime.

Axtone ouvrit la fenêtre parce que ça ne sentait plus seulement la poudre. Il lut le manuscrit en attendant l’arrivée de la police qui ne se pressait pas. « Vous avez demandé police secours, ne quittez pas… Vous avez demandé… ».

Le bourreau rouge était un ami d’enfance de monsieur Duplumier. Celui-ci lui chipa la femme qu’il aimait et l’épousa. Le bourreau était inconsolable d’avoir perdu l’amour de sa vie. Récemment, il apprit, que malheureuse en amour, elle s’était suicidée vingt-cinq ans plus tôt. Ensuite Duplumier avait épousé l’actuelle madame Duplumier. Alors vengeance ! décida le bourreau rouge. Elle s’étendrait à la femme et à leur fils. Il tua Duplumier et maquilla son meurtre en suicide. Ensuite, affirmait-il dans son journal, ce serait le tour de la dame. Elle, il voulait la faire mourir de frayeur, si possible. Et l’inciter à faire venir le fils.

Ainsi finit l’histoire de l’homme qui voyait rouge.

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #1 le: 29 Décembre 2013 à 09:50:42 »
Bonjour Lordius,

J’ai eu l’impression en te lisant que tu te limites juste aux actions des personnages. Certes il n’ya pas de fioritures excessives mais, les personnages, du moins les nouveaux mériteraient une description plus étoffée de leur physique de leurs accoutrements, ce qui pourrait les rendre moins mécaniques. C’est sûr que sur un texte court il est difficile de s’étaler sur des descriptions inutiles pour le déroulement de l’enquête.

J’aurais préféré de mon point de vue une explication plus ample sur le motif du crime à la place de ce passage :
Citer
Ils croisèrent un homme avec son chien qui les regarda avec surprise. Le chien jappa.
D’autant plus qu’il s’agit d’un épisode qui se termine. Même pour le détective Axtone, rappeler certains de ses tics ne serait pas superflu. Il serait bon de mettre un peu plus d’épices. C’est une question de goût bien entendu.

Mais cela n’enlève rien à la dynamique du texte et à sa fluidité. J’ai lu comme d’habitude avec plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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    • Le journal de Lordius
Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #2 le: 29 Décembre 2013 à 13:31:16 »
Je vois ce que tu veux dire.

Je trouve qu'un style sec (sans gras) a du charme : on va à l'essentiel. Il y a tellement de textes verbeux, même parfois chez les grands auteurs.
Bon, aussi, c'est pour un concours de nouvelles et il ne faut pas dépasser 1500 mots.

Je vais rajouter 200 mots de gras pour étoffer la psychologie des personnages, les tics notamment comme tu dis. Donner un peu d'épaisseur sans virer à l'obésité.

Hors ligne Teodelina

  • Tabellion
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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #3 le: 30 Décembre 2013 à 09:37:20 »
Bon, je suis parfaitement d'accord avec toi concernant les écrits trop verbeux. En revanche, j'ai du te relire plusieurs fois avant de comprendre la chute. Entre "il" et "elle" ce n'est pas toujours facile de saisir de qui on veut parler. Et cette histoire de vengeance ne me convainc pas. Le bourreau rouge souhaite se venger de quelqu'un qui lui aurait "volé" sa fiancée. La rétribution réservée à la famille Duplumier semble totalement disproportionnée par rapport à l'offense commise. Je suppose que c'est un parti pris, et que je pinaille sur des détails, mais le fait que ce soit juste l'oeuvre d'un déséquilibré rend l'enquête vaine. Le personnage de l'enquêteur ne sert pas à grand chose. Il prend l'argent d'une mamie apeurée, il n'arrive même pas à empêcher le suicide du bourreau, et finalement c'est le fou lui-même qui révèle le motif de son crime. Mais il est nul cet Axton!  :)

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #4 le: 30 Décembre 2013 à 12:55:26 »
Merci pour ton commentaire.

Les pronoms galère, tu me surprends dans le sens où le 'elle', il n'y en a qu'une ; et le 'il' par défaut, c'est Axtone. Néanmoins, je vais corriger ce point parce que tout ce qui rend la lecture plus fluide est bienvenu.

Mais non, il est pas nul, Axtone !  ;) Bon, sérieusement, il a démasqué le scélérat et prouvé que sa cliente n'était pas folle. Il a aussi élucidé le suicide maquillé du mari. Alors, certes, le coupable s'est suicidé. Mais Axtone n'est pas un super-homme, il a ses faiblesses ! Parfois, il merdouille un peu. Il a raté son placage.

Quant à la vengeance du déséquilibré, c'est pas seulement que Duplumier lui a piqué sa fiancée. Non, c'est aussi qu'il l'a rendue malheureuse et l'a poussée au suicide. Alors qu'elle aurait été si heureuse avec le bourreau rouge.
Et cette histoire de poursuivre la vengeance sur la famille, c'est hélas dans l'âme humaine. Tiens, prend l'Ancien Testament (nom original : la Torah) : Dieu dit qu'il poursuivra les pécheurs jusqu'à la 3eme et la 4eme génération.

Hors ligne Deleatur

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #5 le: 30 Décembre 2013 à 14:48:33 »
Bonjour Lordius,
ton écriture est effectivement fluide et efficace mais je me demande si ici le format convient au sujet. L'enquête semble durer trois minutes, le temps de poser quelques questions à des gens qui ont les réponses et les donnent de bon coeur - jusqu'à l'assassin qui a gentiment expliqué son geste avant de le commettre. 
Même les dialogues sont expéditifs :
Citer
— Axtone Latuile, détective privé, j’écoute… Un homme en rouge vous pourchasse ? Passez à mon bureau… Vous n’osez plus sortir de chez vous ? D’accord, je viens vous voir.
J'essaie de m'imaginer la vieille dame disant : "bonjour, je suis madame Duplumier, un homme en rouge me pourchasse." Mais ça ne colle pas bien. (et encore moins la réponse de Latuile: "un homme en rouge vous pourchasse?")

C'est tout cela qui donne une impression de parodie.
Si tu dois restreindre le nombre de mots, alors il faut peut-être couper tout le début et ne garder que la course poursuite. Ou revoir l'intrigue pour la simplifier encore et ne garder qu'un seul moment fort...

Bonne continuation.

Hors ligne Teodelina

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #6 le: 30 Décembre 2013 à 15:29:15 »
Aaoookééé, j'ai eu du mal avec la chute lors de ma première lecture. Alors oui, dans ce cas, le bourreau a eu raison de punir cet hijo de puta!  >:D Dans la Torah il est dit que la vengeance de Dieu s'étend jusqu'à la 4ème génération, sauf en cas d'inceste ou d'adultère où la punition s'étend jusqu'à la 10ème génération (c'est à dire qu'on lapidait la femme et/ou l'homme en question et on empêchait les enfants 'bâtards', jusqu'à la 10ème génération, de se rendre à la synagogue), mais dans la Torah il s'agit d'une rétribution divine. Dans ta nouvelle c'est un homme qui venge sa bien aimée et met fin à ses jours. C'est plus le cas de figure d'un meutre passionnel, mais prémédité. Cela dit les histoires de vengeance sont très courantes dans la littérature, donc ça peut fonctionner. Bonne chance pour le concours.  :)

Hors ligne Mogdhorel

  • Aède
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  • Merci de ne pas lire cette phrase
Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #7 le: 30 Décembre 2013 à 18:19:06 »
Salut Lordius,

Pour être franc, je n'ai pas accroché.

Je pense que tu fais une erreur lorsque tu tentes d'écrire une nouvelle policière de A à Z en moins de 2000 mots. Tout va très vite, trop vite. Ça fait un peu résumé de roman à la sauce Wikipédia. Et le coup du journal intime qui révèle les motifs du criminel c'est un peu trop convenu pour moi.

D'autant plus qu'il n'y pas de twist de fin ou autre pour que la lecture en vaille la peine. Je me suis attendu jusqu'au dernier moment à ce que l'inspecteur révèle que la vieille femme était en fait l'assassin de son mari ou autre chose dans le genre, mais non.

Après y'a aussi des passages un peu flous :
Citer
Il retourna voir sa cliente. Dans le hall de l’immeuble, il croisa un homme dont l’allure lui était familière. Sur le palier, il entendit un cri. Madame Duplumier lui ouvrit en coup de vent. Elle était en larmes et tenait une photo à la main.

Il est sortit jusqu'en dehors de l'immeuble ?  :???:


Citer
Elle mit une robe longue et un manteau, un fichu sur la tête. Elle sortit un caddie du placard.

— Faites quelques pas, que j’enregistre votre démarche. Bien.
C'est elle qui s'habille ? :???:
Et c'est qui qui parle ensuite ?

EDIT : Je viens de comprendre, mais faut vraiment retravailler ce passage.

Citer
L’homme arriva à l’immeuble en face de celui de madame Duplumier. Il perdit du temps à ouvrir la serrure de la porte du hall.
Nan mais lol ! Le meurtrier court se réfugier chez lui ? Et en plus il se fait chier à ouvrir la porte avec ses clés ?  ;D

Citer
Axtone ouvrit la fenêtre parce que ça ne sentait plus seulement la poudre. Il lut le manuscrit en attendant l’arrivée de la police qui ne se pressait pas. « Vous avez demandé police secours, ne quittez pas… Vous avez demandé… ».
C'est Axtone ou la voisine qui a appelé la police pour finir ? Les deux ?

Citer
Alors vengeance ! décida le bourreau rouge.
Un peu bancale cette phrase...

Bon, il faut quand même relevé le positif (parce-qu'il y en a) :P: ton écriture est fluide, directe, et je n'ai pas grand-chose à dire sur la forme.
Du coup je lirai certainement ton prochain texte ;)
« Modifié: 30 Décembre 2013 à 20:09:27 par Mogdhorel »
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #8 le: 31 Décembre 2013 à 13:09:56 »
Merci pour ces commentaires. Ils me sont utiles. Je dois plus mettre les points sur certains i.

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #9 le: 01 Janvier 2014 à 18:40:44 »
Citer
Un homme en rouge vous pourchasse ? Passez à mon bureau… Vous n’osez plus sortir de chez vous ? D’accord, je viens vous voir.
La conversation me semble un brin désinvolte. Et je suis étonnée par la facilité avec laquelle il se déplace. Après il a peut-être pas 12 affaires en cours, mais quand même.

Citer
Paniquée, je cours
Pas très spontané pour des paroles.

Citer
Oh, j’ai cru que mon cœur allait lâcher, je n’ai pas l’habitude de courir.
Je me serais plus attendue à ce que son coeur lâche de frayeur plutôt qu'à cause de l'exercice. O.o Là ça fait un peu "le psychopathe ? Une broutille mais j'ai dû faire de l'exercice et holala !"

Citer
— Vous ne craignez rien ici. Je dois enquêter.
Euh si y a un fou qui campe devant chez elle, j'en serais pas si sûre.

Citer
S’il vous tue, je louerai les services d’un garde du corps.
Elle pourrait aussi le faire avant.

Citer
— Est-ce vous qui avez sonné ? Mais que faites-vous ? J’appelle la police.
Et elle a pas entendu le coup de feu ? O.o

Citer
des matières cervicales.
Euh, ce sont vraiment des morceaux de vertèbres C1-C7 ? Parce que bon, cervicale ce n'est pas la cervelle.

Citer
Sur le lit, il avait laissé en évidence son journal intime.
... J'exècre personnellement ce cliché du journal intime laissé sur les lieux du crime. Qu'un tueur en tienne un, pourquoi pas, mais dans "intime" y a une notion de "je le laisse pas traîner n'importe où".

Citer
Il lut le manuscrit en attendant l’arrivée de la police
Et ça le gêne pas de mettre ses empreintes sur une pièce à conviction ?

Citer
Alors vengeance ! décida le bourreau rouge.
Bof.

Ca se lit bien, mais tu devrais donner un peu plus de profondeur à ton personnage principal. On dirait qu'il s'en fiche de son taf, de la vieille dame et de l'affaire, mais si tel est vraiment le cas, ça devrait pas être une impression par défaut. Le plan du "il veut la tuer alors je me fais passer pour elle" est assez light. Si le tueur sortait un fusil pour l'abattre il aurait quelques soucis. J'ai pas aimé la fin. Le tueur qui s'enfuit chez lui pour se suicider me laisse dubitatif, et je m'attendais à quelque chose de moins convenu pour la fin, et peut-être de quelque effort de déduction de la part du détective et pas juste la lecture d'un journal intime...
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Lordius

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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #10 le: 02 Janvier 2014 à 15:11:00 »
Merci pour ton commentaire. J'apprécie le côté cartésien de certaines remarques. Je vais corriger quelques trucs et poster une v2.

Je souhaite apporter un éclairaige sur deux points.

L'insensibilité d'Axtone Latuile. Il est en effet spécifié que la compassion ne l'étouffe pas. Toutefois, l'impression d'insensibilité est renforcée par la rareté des monologues intérieurs : en général, on ne sait pas directement ce qu'il pense. Certains auteurs ne donnent jamais les pensées des personnages. Exemple : Dashiel Hammet, " le faucon maltais " qui fut un roman avant d'être un film.

Le bourreau rouge a écrit ses confessions. Pourquoi ? On se suicide rarement sans laisser un mot. Or il souffrait de depression et voulait entrainer certaines personnes dans la mort avec lui. Il avait décidé de mettre fin à ses jours. L'intervention d'Axtone n'a fait qu'accélérer la chose.

Hors ligne Thirsty

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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #11 le: 03 Janvier 2014 à 14:03:40 »
Un crime passionnel vraiment réaliste et qui ne défrayerait même pas la chronique s'il se déroulait dans la réalité. On trouve des psychopathes partout. Bon, j'avoue, mon commentaire n'est pas très critique mais tout à été dit, du moins le plus important je pense et puis, tes textes se lisent bien et avec facilité.

Au plaisir de te lire de nouveau  ::)
Toujours plus c'est encore mieux. ( http://waspiration.blogspot.fr/ )

Hors ligne Lordius

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Re : Le bourreau rouge (une enquête d'Axtone Latuile)
« Réponse #12 le: 03 Janvier 2014 à 14:18:11 »
Voici la V2. J'ai essayé de tenir compte des remarques (j'en ai trouvé pas mal de pertinentes) en restant sous les 1500 mots, 1496 exactement hors le titre.

Sa secrétaire lui passa la communication.

— Axtone Latuile, détective privé, j’écoute… Une urgence ? Calmez-vous, madame, et expliquez-moi ce qui vous tracasse… Un homme en rouge vous pourchasse ? Passez à mon bureau… Vous n’osez plus sortir de chez vous ? D’accord, je viens vous voir immédiatement... Non, inutile de me remercier… N’ouvrez qu’à moi… Oui, je note votre adresse… À tout de suite.

Inutile de le remercier, parce que le détective était désœuvré.

Axtone, pourtant peu enclin à la compassion, se dépêcha d’enfourcher son vélo. Il avait connu l’agoraphobie, cette terrible prison mentale. La peur de l’extérieur, de l’univers. Elle peut conduire au suicide.

La dame habitait au premier étage d’un immeuble dans un quartier résidentiel très calme à la périphérie de la ville. Elle lui ouvrit après qu’il eut montré patte blanche : carte de visite glissée sous la porte. Très grande, la cinquantaine fatiguée, cheveux en bataille, robe de chambre et mine de circonstance, elle le fit entrer dans le salon et se posta devant la fenêtre.

— Il rôde, je l’ai vu passer.

— Que vous arrive-t-il, madame Duplumier ?

— Hier matin, je vais faire mes courses, comme d’habitude. Je sens une présence derrière moi. Un ricanement satanique. Je me retourne : un homme me suit, affublé d’une cagoule de bourreau, mais pire : une cagoule toute rouge ! Prise de panique, je cours, je cours ! Il me poursuit en ricanant. Oh, j’ai cru que mon cœur allait lâcher, je n’ai pas l’habitude des efforts violents. Il a disparu quand j’ai croisé des passants.

— Quelqu’un aurait-il des raisons de vous en vouloir ?

— Non. Je ne sais pas.

— La police ?

— Elle me prend pour une folle. Mon Dieu, regardez cet homme qui passe ! Il vient de me faire signe. Mon pauvre cœur…

Elle mit la main à la poitrine en grimaçant. Axtone s’approcha de la fenêtre.

— Il porte des vêtements rouges, remarqua le détective. La casquette et les lunettes de soleil masquent son visage. Coïncidence ?

— Non ! Je vous en prie, aidez-moi.

Il lui exposa ses tarifs.

— D’accord, d’accord ! Mais ne me laissez pas… Mon fils est à l’étranger. Je ne veux pas le mettre en danger en le faisant revenir. J’ai si peur. Restez.

— Vous ne craignez rien si vous ne sortez pas de chez vous. Je dois enquêter.

Il la rassura un moment puis sortit. Il appela le commandant de police Fritz, son seul contact policier. Leurs relations étaient bonnes ces temps-ci. Fritz acceptait de communiquer quand il n’était pas tenu au secret de l’enquête.

— Madame Duplumier ? Ça me dit quelque chose. Un instant, je sors le dossier. Ah oui ! La mort de son mari l’a fortement perturbée, la pauvre dame. Il s’est suicidé avec une arme à feu. C’est elle qui a découvert le corps. Du sang partout. Depuis elle voit du rouge. Elle est victime d’hallucinations. On a été obligé de l’interner quelque temps. Il va falloir recommencer.

— C’est possible. Merci commandant.

Il retourna voir sa cliente. Dans le hall de l’immeuble, il croisa un homme dont l’allure lui était familière. Sur le palier, il entendit un cri. Madame Duplumier lui ouvrit en coup de vent. Elle était en larmes et tenait une photo à la main.

— Regardez ce qu’il m’a glissé sous la porte. La photo du fusil qui a tué mon mari. Vous voyez bien que je ne suis pas folle.

— Pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de sa mort ?

Elle tapa du pied, au sens propre, et passa une main lasse sur son visage.

— Je ne veux plus y penser. Fini ! Et puis quel rapport ? Oh, mais oui ! Il a tué mon mari et maintenant c’est mon tour ! Mais pourquoi ? Pourquoi ?

— Qu’est-ce qui vous fait croire que votre mari ne s’est pas suicidé ?

Elle se rua à la fenêtre puis revint se poster devant Axtone.

— Pas son genre, il aimait trop la vie. Et Dieu. Un chrétien sincère ne se suicide pas. C’est le bourreau rouge qui l’a tué ! Vous me croyez ?

— C’est possible. Un moment, je vous prie.

Il changea de pièce et rappela Fritz. Normalement, en cas de suicide, on pratique une autopsie. Mais là, le cas était évident et le médecin légiste débordé. Manque de moyens. Le baratin habituel.

Axtone retourna dans le salon. Madame Duplumier était prostrée dans un fauteuil. Elle fixait la photo du fusil. Ses mains tremblaient. Axtone lui retira avec douceur l’image de son tourment.

— Habillez-vous pour aller faire les courses.

— Je ne veux pas sortir !

— C’est moi qui irai, précisa Axtone.

Elle mit une longue robe noire et un manteau assorti, un fichu sur la tête. Elle sortit un caddie du placard.

— Faites quelques pas, que j’enregistre votre démarche, dit Axtone. Bien.

Ils faisaient presque la même taille. Axtone mit les vêtements de la veuve, sauf les chaussures. Il ajouta une paire de lunettes de soleil et des gants.

— Vous êtes bien courageux, monsieur Latuile. S’il vous tue, je ferai un don à votre famille. J’ai touché un gros héritage, une maigre consolation.

— Votre attention me touche.

Axtone estimait ne pas prendre un grand risque. Si assassin il y avait, il essayait de camoufler le ou les meurtres. Le coup de fusil ne semblait pas d’actualité.

Il faisait beau mais très froid. La rue était déserte. Axtone partit avec le caddie en direction des commerces. Il marchait lentement. Le tremblement dû au froid renforçait l’aspect vulnérable du personnage. Il entendit ricaner derrière lui. Un homme avec une cagoule rouge le suivait. Sûrement celui qu’il avait croisé dans le hall. Madame Duplumier était perturbée mais pas folle. Axtone accéléra le pas. L’autre suivit. Il jeta d’une voix menaçante :

— J’ai le frère jumeau du fusil qui a servi pour ton salopard de jules. Ça va être ton tour, pourriture sur pattes.

Axone lâcha le caddie et se mit à courir lentement, comme une femme sédentaire. Le cagoulé courait derrière lui. Soudain le détective fit volte-face et se rua sur l’homme. Celui-ci détala. Axtone n’arrivait pas à courir bien vite à cause de la robe longue. Il dut la relever mais du coup, il ne pouvait plus balancer les bras. Les protagonistes couraient à la même vitesse. L’entrainement en vélo compensait la robe. Ils croisèrent un homme avec son chien qui les regarda avec surprise. Le chien jappa. Eux gardaient leur souffle.

L’homme arriva à l’immeuble en face de celui de madame Duplumier. Il perdit du temps à ouvrir la serrure de la porte du hall. Axtone se jeta dans ses jambes. Le gars avait dû faire du rugby, ou bien Axtone fatiguait : le cagoulé esquiva le placage d’un bond de côté et s’engouffra dans l’immeuble. Axtone se releva péniblement et le suivit en boitillant. Il emprunta la cage d’escalier. Personne au premier. En arrivant au second, il entendit une porte claquer. Il y avait quatre appartements à cet étage. Il s’agissait de battre le fer pendant qu’il était chaud. Il sonna aux quatre après avoir caché sa matraque télescopique dans son dos. En réponse, un coup de feu retentit derrière l’une d’elles. Il crocheta la serrure. Une femme ouvrit l’une des autres portes palières :

— Est-ce vous qui avez sonné ? J’ai entendu une détonation. Mais que faites-vous ? J’appelle la police.

— Excellente initiative.

Il entra. Ça sentait la cordite. Dans la chambre, l’homme s’était suicidé avec le fusil de chasse qu’il destinait à madame Duplumier. Encore du sang partout et des matières cervicales. Il avait eu le bon goût de garder sa cagoule. Sur le lit, il avait laissé en évidence son journal intime.

Axtone ouvrit la fenêtre parce que ça ne sentait plus seulement la poudre. Il lut le manuscrit en attendant l’arrivée de la police qui ne se pressait pas. « Vous avez demandé police secours, ne quittez pas… Vous avez demandé… ».

Le bourreau rouge était un ami d’enfance de monsieur Duplumier. Celui-ci lui chipa la femme qu’il aimait et l’épousa. Le bourreau était inconsolable d’avoir perdu l’amour de sa vie. Récemment, il apprit, que malheureuse en amour, elle s’était suicidée vingt-cinq ans plus tôt. Ensuite Duplumier avait épousé l’actuelle madame Duplumier. Alors, vengeance ! décida le bourreau rouge. Elle s’étendrait à la femme et à leur fils. Il tua Duplumier et maquilla son meurtre en suicide. Ensuite, affirmait-il dans son journal, ce serait le tour de la dame. Elle, il voulait la faire mourir de frayeur, si possible. Et l’inciter à faire venir le fils. Vers la fin, l’écriture devenait presque illisible à mesure que l’impatience gagnait l’assassin. Ses troubles mentaux s’accentuaient. D’où le harcèlement trop voyant qui avait permis au détective de le démasquer.

Axtone comprit que l’auteur du journal avait souffert de dépression. Il était devenu dangereux pour ceux qu’il considérait comme coupables ou illustrations de l’échec de sa vie. Le déséquilibré avait voulu les entrainer avec lui dans la mort. Partir, mais pas seul. Le journal constituait son mot d’adieu prévu de longue date.

 


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