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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)

Auteur Sujet: À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)  (Lu 3830 fois)

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À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« le: 05 Décembre 2013 à 19:03:18 »
Bonsoir bonsoir,

C'est la première nouvelle que j'ai écrite, il y a 2 ans.

À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds


   « Métropole suspendue dans un ciel sans horizon, Outsiplou-les-Bains-de-Pieds est l’éden des désorientés de passage. Il n’a de frontière que notre imaginaire et son centre est un moulin à eau dont l’âme a disparu. Dans notre monde, tous nos frissons, hésitations et incertitudes intérieures nous font vaciller. Là-bas à Outsiplou, ces fracas intérieurs nous apparaissent sous des formes nouvelles, par des bouleversements. Le ciel se mue en peinture et les passants en poètes dépassent leur trouble en tricotant des cyclones. Le temps n’y règne pas mais notre entendement s’y abandonne. À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds, je me suis oublié. » Témoignage d’un passant.

Mémoires d’Ambroise

   « Veux-tu me rencontrer ? »
C’est ce qu’elle m’avait demandé par SMS. Au coin de ma rue, l’abribus qui me protégeait des caprices du temps ne m’avait pas préparé à une telle secousse émotionnelle. Alcyone, inconnue sans origine ni passé, n’était apparue à moi que dans mon imaginaire. Il n’y avait toujours eu entre nous que les vibrations d’un écran de pixels et un clavier blanc – police Times new roman - pour donner un semblant de chair à nos émotions. Elle vivait dans un endroit méconnu de moi, à l’opposé de mon cadre bucolique où un bus ne passait que toutes les deux heures. Chez elle pas de feu d’artifice le jour du nouvel an, mais des voitures qui prennent feu.
Est-ce que la rencontrer, elle, un être dans ce qu’il a de plus original et de complexe, trahirait l’idée que je m’étais fait d’elle dans mes songes ? J’hésitais. Par saccade les éléments se déchaînaient en moi, faisant bugger le monde qui m’entourait. Ma vue se brouillait, seul un rideau noir apparaissait dans ma tête. Et pourtant. Si je n’osais pas cette fois-ci, alors jamais de ma vie je n’oserais. Dès lors j’avais confié mon secret à la tempête, et dans ma nuit j’espérais que le charme opère.
Sans prévenir, à peine avais-je formulé en moi ce fol espoir et le temps d’un battement de cils, l’abribus sous lequel je vacillais s’était découvert sur un ciel qui nous avait engloutis, mes pensées alambiquées, mon GSM et moi. 

   Ambroise est mon prénom, mes lunettes rétro mon signe de distinction. Et de mémoire d’olibrius, jamais encore on n’avait débarqué sur une avancée en bois suspendue en plein ciel, au milieu de nulle part et au carrefour des néants. Cette avancée, bien que très étroite, partait à l’assaut du vide comme elle le ferait en pleine mer, et n’avait ni commencement ni fin. Étrangement, elle me faisait penser à mon abribus, à cause du panneau brumeux sur lequel il était écrit: « Prochain départ à la Saint-Glinglin ». Ce promontoire se perdait à ma gauche et à ma droite dans des nébuleuses d’encre bleues qui détonnaient avec l’atmosphère blanche. Dans ce ciel, pas de nuages. Mais un peintre azimuté y avait déversé ses épanchements mélancoliques en coups de pinceaux qui zébraient le ciel façon cobalt ou azur.

   Tout à coup une silhouette s’était découpée sur l’infini astral. Un homme tout de papier costumé me regardait avec curiosité. Son haut-de-forme se dressait strictement parallèle à sa cravate, mais son regard brillait. Un peu à l’étroit sur notre promontoire, nous nous reluquions. L’origami humain m’avait dit :
« Alors c’est toi, le tremblement de terre ?
- Il faudrait déjà qu’il y ait un sol… On est loin de tout ici, avais-je répondu sur un ton désabusé.
- Certes pas ! s’était-il exclamé. Ici, tu es à Perpette-les-Alouettes. Au fait, je m’appelle Imagiro. Et le sol n’est pas si loin que ça.
- Moi, c’est Ambroise. Et depuis quand je fais trembler la terre ?
-Oh tu sais, on a tous des dons cachés… Mais dans ton cas, c’est ton arrivée qui a provoqué un tremblement. C’est parce que du côté de chez toi tu étais un peu indécis… Ton hésitation a suffi à engloutir toute la forêt sud de chez nous. Enfin, c’est pas comme si on n’avait pas l’habitude. Ah! On va bientôt embarquer. Mais je te vois venir toi et tes questions bizarres : on va à Outsiplou. Et si tu me demandais où c’est… Je te répondrais que c’est situé quelque part mais pas ailleurs.»
C’est à partir de ce moment-là que j’avais cessé d’essayer de raisonner.
La Saint-Glinglin devait être plus rapide que prévu, car une portion de pont, entourée de barrières et flanquée d’un banc en son centre, était arrivée jusqu’à nous dans un bruit de mécanique étouffée. Cette plateforme rectangulaire était perchée sur de grandes tiges qui disparaissaient en contrebas. Au moment d’embarquer, je me souviens avoir flanché dans une seconde de vertige, avec le vide pour seul alibi à ma mort vaporeuse. Mais c’était sans compter sur l’agilité d’accordéon d’Imagiro, qui avait déplié son bras et son sourire pour me rattraper en plein baptême de l’air. « Ça sera pour une autre fois si tu veux bien», avait-il proclamé. Le pont exigu s’était mis en branle sous la voûte peinturlurée, en même temps que ce même pont déployait en moi des intrigues au goût de décalage horaire. Alors que nous étions assis, des oiseaux nés des grands chamboulements de ce monde laissaient derrière eux une impression d’encre. Pendant un silence interdit où tous les chemins qui s’offraient à nous étaient possibles, Imagiro scrutait le semblant d’horizon que les oiseaux nous avaient abandonné. Nous nous y enfoncions, non sans une sensation de bleu. De manière imprévisible, une métropole bariolée d’étonnement émergeait peu à peu. Quand j’avais mis un pied sur l’Extraordinaire, Imagiro m’avait dit : « Bienvenue à Outsiplou-les-Bains-de-Pieds. »

   À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds on m’avait donné un tricot, un parapluie et des pantoufles.
« Les pantoufles, c’est pour pas rayer le parquet, avait souligné mon guide origami.
-Naturellement, avais-je répondu.
-Je dois te prévenir. Le vent de cette ville est capricieux. Il emporte les parapluies et les passants là où il l’entend. Tu vas parfois te retrouver dans un endroit où tu n’étais pas une seconde plus tôt. A la prochaine ! »
Un peu penaud, je considérais la ville qui défiait l’infini. Des bâtiments de patchworks colorés aux murs qui ondulaient laissaient entrevoir des rues à la perspective imprévisible. Les habitations étaient faites de jardins suspendus, au sol le parquet dessinait des formes illogiques, des arbres avaient même élu domicile aux fenêtres. L’ensemble se dévoilait en une mosaïque de stupeurs multicolores, chaque coin de rue vouait un culte à la diversité. Un monde qui se réinventait constamment. Mon étonnement grandissait en voyant les passants, habitants temporaires de la ville, assis sur les corniches, les toits, les rampes, les bancs, les lampadaires. Ils tricotaient des cyclones. Son manche sur l’épaule, le parapluie, comme un chapeau, leur cachait les yeux. Partout des cyclones, du plus infime jusqu’au plus grandiose, s’échappaient des tricots, véritables êtres de laine qui s’envolaient tourbillonnant importuner le ciel. Quand je passais devant ces êtres perchés, certains me faisaient un signe de tête sous leur parapluie, d’autres me montraient qu’une place était libre à côté d’eux. On n’entendait que le cliquetis des aiguilles et un vent lent qui emportait les cyclones. Au hasard de mes déambulations, je me trouvais sur une place, l’Esplanade des Palivernes. Un lynx, majestueusement calme, était assis devant moi. Je n’en avais jamais vu de tel et pourtant il me semblait familier. Toute la ville avait disparu, me laissant en tête à tête avec mon appréhension. Le lynx me fixait, ses yeux ocres m’électrisaient tout entier. Une peur indéfinissable me clouait au sol tandis que mes yeux se vissaient à ceux du lynx. Elle était devenue clairement identifiable lorsque le lynx avait prononcé ces mots:
« Noor. Je m’appelle Noor. Je suis ton inquiétude. »
L’ambiance était devenue marine, le ciel s’était obscurci et le lynx avait fondu dans cette couleur. Sans prévenir le vent avait soufflé, le monde sous mes pantoufles avait rétréci. En un lapsus du vent je m’étais retrouvé sur la terrasse d’un immeuble, assis entre deux passants. L’un parlait sudoku et l’autre lui répondait mimosa. Depuis mon mirador, les jambes pendues dans le vide et le cœur au bord du précipice, je regardais la vue sépia imprenable sur la métropole qui se déclinait en tons couleur topaze et ambrés. Les passants, installés les uns à côté des autres sur chaque bord de ciel possible, sirotaient le paysage tout en tricotant. Le gratte-ciel au bord duquel j’étais assis s’élevait au centre de la ville, où un moulin à eau s’était arrêté. Sa roue titanesque surplombait tous les autres édifices, arrivait à la hauteur des plus hauts buildings. Des cyclones désorientés s’y étaient enchevêtrés. Le flâneur perché à côté de moi avait un parapluie violet et m’avait dit, sans tourner la tête dans ma direction :
« Ça fait belle lurette que le moulin ne fonctionne plus. Ç’ a été un des plus graves chamboulements à Outsiplou. Il faudrait qu’il pleuve pour alimenter la rivière, et il pourrait tourner à nouveau. De toutes les catastrophes qui se sont déjà produites, aucune n’a alimenté la rivière, et notre routine un peu desséchée n’a de cesse de vouloir s’emballer à nouveau. » J’avais commencé à tricoter, en me demandant comment faire couler l’eau dans la rivière. Au fur à mesure que mes aiguilles sautillaient entre mes doigts, un humble courant d’air de fils orange se formait. En même temps, je pensais à Alcyone. Et il me semble que j’avais commencé à relativiser quant à la rencontrer à ce moment-là, quand ma pensée se trouvait quelque part entre une accalmie atmosphérique et l’hymne d’outre-tombe que les passants avaient commencé à chanter. Leur chant me faisait l’effet d’une carte postale où une vieille connaissance se demandait si on se reverrait un jour :

Mirador, mirador. Quand autour de toi il n’y aura plus de décor,
Te souviendras-tu de mon passage, ou n’aurais-je été qu’un mirage ?


Quelque part, un lynx me faisait un clin d’œil. J’étais alors ballotté par l’hymne, mon petit cyclone s’emportait parmi ceux des autres, et le vent s’était mis à danser lui aussi, m’envoyant valser dans des contrées inconnues.
L’endroit dans lequel je me trouvais dorénavant était hanté par l’omniprésence du ciel. Je le percevais par un long frisson qui courait tout le long de mon dos et m’enlevait tout sentiment de crainte. Le sol était craquelé de toutes parts, et dans les fissures une lumière argentée brillait. Noor se reflétait en ombre chinoise sur le ciel outremer, aussi grand que le crépuscule lui-même et saisissant tout mon champ de vision. Il m’avait regardé de ses yeux d’ombre, puis s’était évaporé dans le clair-obscur. Quand je m’étais retourné, un dragon dormait. Il était magnifié par les lueurs argentées émanant du sol. Je le devinais noir, et sa tête était posée sur ses deux pattes avant. À côté de lui, tricot en main et parapluie à l’épaule, un passant assis en tailleur regardait son cyclone évanescent. Imagiro était apparu à l’improviste, et il avait une mine chiffonnée. Quand je lui avais demandé ce qui n’allait pas, il m’avait répondu que les passants se languissaient toujours de voir le moulin tourner. Il m’avait appris aussi que le dragon s’appelait Mjollnir, qu’il était né d’une tempête un soir de grande discorde.
« Dis, chaque personne qui a peur se retrouve ici à Outsiplou ? lui avais-je demandé.
-Diantre, sûrement pas ! Seuls ceux qui décident de prendre le risque d’affronter leur peur débarquent ici.» Puis il s’était mis à neiger, ce qui, d’après Imagiro, était le résultat de la chute d’un funambule qui était tombé du côté de chez moi. Une mince pellicule de neige recouvrait le dragon et le parapluie du passant, quand je m’étais senti à nouveau enlevé par les alizés.

   Je tricotais parmi les autres passants, chacun prostré au sommet d’un lampadaire dans une rue non loin du centre. Ils étaient venus à Outsiplou comme moi, avec leur histoire et leurs peurs, et tous nous nous défaisions à notre manière de nos frayeurs. Noor était couché au pied de mon lampadaire, l’air endormi. Désormais je l’avais apprivoisé, et il ne me figeait plus sur place. Alcyone flirtait plus que jamais avec mes pensées, bien que j’aurais pu rester juché indéfiniment sur mon réverbère.

   Seul le réveil d’un dragon aurait pu troubler à jamais l’atmosphère tiède qui régnait sur la ville. Un soleil invisible se levait, et les rues étaient baignées de ses rayons orangés. Noor dressait ses oreilles, les passants avaient cessé de tricoter. La métropole entière frissonnait. Dans le ciel les coups de pinceaux  bronzes rendaient fou le mistral. C’est tout un peuple qui attendait, un peuple passager en quête de sens. Alors on l’avait vu arriver. Sa marche était lente et ses épaules se soulevaient en même temps que ses pattes foulaient le sol. Mjollnir s’était immobilisé en dessous de la roue pétrifiée du moulin. Il avait levé la tête vers le ciel, et sa posture solennelle faisait trembler nos anciennes peurs. Il avait déployé ses sombres ailes et, le vent s’étant détourné de moi, s’y engouffrait, les faisant gonfler telles les voiles d’un bateau. Brusquement, il avait fermé les yeux. Subitement, il avait hésité. Soudainement, de tout son être tendu vers cette aube peinte spécialement pour lui, il avait décollé. Filant droit vers le bronze, il dérangeait les airs, le vent lui-même n’en revenait pas. Il avait disparu, happé par le ciel. Imagiro, imperceptible, avait murmuré à mon oreille :
« C’est Alcyone. Elle espère que tu vas accepter de la rencontrer. Elle en vit le jour et rêve la nuit. Son appréhension, dans ton monde, a fait décoller Mjollnir. »

   Dans l’interlude cuivré qui avait suivi la disparition du dragon, quelques gouttes surnaturelles s’étaient mises à tomber. Un à un les parapluies s’étaient fermés, un à un les passants s’étaient levés. Même leur esprit s’embuait. Beaucoup avaient les mains tendues vers le ciel, et ils avaient lâché leur tricot. Un bal de cyclones aux couleurs chaudes se mêlait à la fine pluie. J’étais descendu du réverbère, et regardais le spectacle avec Noor. Il souriait de son sourire de lynx. Imagiro continuait de me parler :
« Quand les passants écoutent la pluie, c’est eux-mêmes qu’ils écoutent. Aussi exprime-t-elle leur quiétude en couleurs. Le temps d’un cyclone, ils se sont réconciliés avec eux-mêmes. Dans votre monde l’impact n’est pas minime, on dit d’ailleurs que le temps efface les blessures. C'est grâce à ce qu’ils vivent ici à Outsiplou. Bien sûr toutes les peurs ne sont pas mauvaises, et on ne les oublie jamais complètement. A Outsiplou, on se perd pour mieux se trouver.»

   Le moulin à eau, ayant récupéré son âme grâce à la pluie, s’était remis en marche. La pluie tombait abondamment, les passants dansaient sous sa béatitude. Mjollnir avait saisi les reflets du jour, et il resplendissait d’un noir cuivré, après avoir atterri en haut d’un mirador-building.
La certitude que je devais rencontrer Alcyone s’imposait comme une évidence. Quelque chose me disait maintenant que tout se passerait bien, quelque chose que j’avais vécu à Outsiplou. Dans un murmure, Imagiro m’avait recommandé de rendre les pantoufles. Il avait ajouté :
« Hoûte-s'i-ploût, Ambroise. Ecoute s’il pleut. »
Dans un dernier chuchotement du vent, j’avais posé mon front contre celui de Noor.

   Dans un battement de cils, l’abribus avait émergé depuis le bruissement de la pluie. J’avais réincorporé notre monde, et mon bus n’était pas encore arrivé quand j’avais répondu au sms d’Alcyone. J’allais partir à sa rencontre le 3 septembre prochain. Et je savais en mon for intérieur que tout se passerait bien. Au fond de moi allait pour toujours résonner une mélodie, entendue un jour dans un paradis retrouvé:

Mirador, mirador. Quand autour de toi il n’y aura plus de décor,
Te souviendras-tu de mon passage, ou n’aurais-je été qu’un mirage ?
« Modifié: 14 Mars 2016 à 19:40:18 par Miromensil »

Hors ligne Erwan

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #1 le: 08 Décembre 2013 à 11:34:31 »
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Bon ben je crois que ça se passera de commentaires ce texte :/
-> meuh non...  ;) Je voulais le lire hier, mais j'ai pas eu le temps... Ce sera pour aujourd'hui...


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Il n’y avait toujours eu entre nous que les vibrations d’un écran de pixels
-> Perso, cette négation suivit de "toujours" me perturbe.

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buger
-> bugger ? Bouger ?

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Si je n’osais pas cette fois-ci, alors jamais de ma vie je n’oserais
-> la répétition du verbe "oser", bof...

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Ambroise est mon prénom, mes lunettes rétro mon signe de distinction. Et de mémoire d’olibrius, jamais encore on n’avait débarqué sur une avancée en bois suspendue en plein ciel, au milieu de nulle part et au carrefour des néants. Cette avancée, bien que très étroite, partait à l’assaut du vide comme elle le ferait en pleine mer, et n’avait ni commencement ni fin. Etrangement, elle me faisait penser à mon abribus, à cause du panneau brumeux sur lequel il était écrit: « Prochain départ à la Saint-Glinglin ». Ce promontoire se perdait à ma gauche et à ma droite dans des nébuleuses d’encre bleues qui détonnaient avec l’atmosphère blanche. Dans ce ciel, pas de nuages. Mais un peintre azimuté y avait déversé ses épanchements mélancoliques en coups de pinceaux qui zébraient le ciel façon cobalt ou azur.
-> désolé, mais j'ai du mal à me représenter la scène... Je pense que c'est à cause du mélange de toutes ces métaphores descriptives. Je m'y perds un peu... C'est joli à lire, en revanche...

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tu étais un peu indécis
-> indécise, c'est une femme, Ambroise, non ?

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j’avais cessé d’essayer de raisonner
-> pourquoi pas simplement "j'ai cessé" ?

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portion de pont
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Cette plateforme rectangulaire
-> pont ou plate forme ? Parce que de mon point de vue, je ne me le représente pas de la même façon. Ça ne me surprend pas un banc au milieu d'une plateforme, mais au milieu d'un pont si, j'ai du relire pour vérifier...

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une impression d’encre
-> bon, je suis tatillon là, mais on peut le comprendre de deux façons. Soit "des impressions", comme une imprimante, soit "une impression de" dans le sens d'avoir l'impression de. Je ne sais choisir...

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À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds on m’avait donné un tricot, un parapluie et des pantoufles.
-> Ah, ça c'est gentil ! :D

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Son manche sur l’épaule
-> le manche de qui ? Du cyclone ?

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qui emportait les cyclones
-> il y a beaucoup d’occurrences de "cyclone" dans ce paragraphe. Ne pourrais tu pas trouver un synonyme ou une manière détournée d'y faire référence, afin d'alléger le recours à ce même mot ?

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tout entier
-> entière. C'est bien une femme ? Ou j'ai rien compris ?

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assis entre
-> alors là, c'est que j'ai pas compris qui était le héros. c'est pas Ambroise ? Ou Ambroise est un homme ? Sinon, c'est "assise".

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de fils orange
-> oranges, à mon avis.

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à relativiser quant à la rencontrer à ce moment-là
-> un peu maladroit ? Remplacer quant à par une autre tournure ?

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quand je m’étais senti
-> sentie

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Il avait déployé ses sombres ailes et, le vent s’étant détourné de moi, s’y engouffrait
-> peu fluide à la lecture.

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Brusquement, il avait fermé les yeux. Subitement, il avait hésité. Soudainement
-> brusquement, subitement, soudainement -> c'est la valse des synonymes ! C'est un peu trop, à mon avis...

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le vent lui-même n’en revenait pas
-> l'expression est un peu familière et jure avec le reste du texte.


J'aime (passages que j'ai particulièrement appréciés) :
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Des bâtiments de patchworks colorés aux murs qui ondulaient laissaient entrevoir des rues à la perspective imprévisible. Les habitations étaient faites de jardins suspendus, au sol le parquet dessinait des formes illogiques, des arbres avaient même élu domicile aux fenêtres

J'aime bien aussi le témoignage d'un passant, au début. Belle introduction.

Les métaphores sont parfois osées... Tes descriptions sont pleines de métaphores très élégantes, mais aussi parfois un peu dures à suivre. Certaines sont trop "touffues", et on s'y perd un peu... Essaie de bien te représenter la scène avant de l'écrire. On a parfois l'impression que ce n'est pas très clair non plus dans ton esprit d'auteur...

Voilà, pour conclure je dirais que l'utilisation massive de métaphore est à double tranchant : c'est très beau, mais ça a tendance à perdre un peu le lecteur... Ça rend le style très poétique et très imagé, mais aussi un peu hermétique. En l'occurrence, ce style va bien avec ce texte là, qui est peut-être par nature un peu hermétique, justement.

J'ai beaucoup aimé ce texte, très sensible, plein d'images et de symbolisme. La mise en image et en histoire du rapport du protagoniste avec sa peur est une idée originale et réussie. Voilà, j'espère avoir compris le texte comme tu espérais le transmettre...

Hors ligne Miromensil

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #2 le: 08 Décembre 2013 à 17:12:36 »
Coucou Erwan,

merci de ta lecture! Ambroise c'est un gars  :-[ Je voulais conjuguer le mot "bug" en fait, mais ça le fait pas vraiment...Et je suis d'accord avec toi pour les métaphores tarabiscotées
C'est dingue que tu dises que c'est hermétique. J'avais envoyé ce texte à une AT, et ils rendaient un commentaire sur le texte. Ils ont dit ça: "(...) les tournures recherchées, l’hermétisme global de votre nouvelle témoigne d’un souci tout particulier apporté à la forme, mais le tout reste trop étranger(...)"
En plein dans le mil quoi, tu confirmes le soucis!

Enfin c'était il y a 2 ans, et depuis j'essaie de changer ça! Merci pour ton commentaire constructif :)

Hors ligne Erwan

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #3 le: 08 Décembre 2013 à 19:47:31 »
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Ambroise c'est un gars  :-[
Ben le côté positif, c'est que du coup les fautes n'en sont pas ! :D
Après c'est vrai que tu ne précises à aucun moment que c'est un homme (il me semble), et je trouve le prénom ambigu. Donc, tout dépend si c'est important pour toi que l'on sache que c'est un homme... Si c'est le cas, il faudrait trouver un moyen de lever l’ambiguïté.

Citer
Je voulais conjuguer le mot "bug"
Dans ce cas, c'est "bugger" le verbe.

Pour le côté hermétique, ben c'est vrai que faire un texte très descriptif comme celui là en utilisant beaucoup de métaphores et d'images, c'est pas facile de rester toujours clair... Surtout que le monde imaginaire que tu décris est franchement déroutant, ou en tout cas inhabituel, donc difficile à transmettre au lecteur. Après, l'hermétisme n'est pas forcément un défaut... Mais je suis globalement d'accord avec leur analyse, notamment le "mais le tout reste trop étranger" de la fin. C'est à mon avis le gros point améliorable de ta nouvelle.  Après, soit c'est carrément flou dans ton esprit, auquel cas il faut affiner tes pensées, ou alors c'est la transmission qui pêche : tu sais très bien ce que tu veux dire, mais tu ne sais pas comment le transmettre d'une manière à la fois élégante et claire. Si c'est ce dernier cas, je te conseillerais d'essayer de réécrire les scènes que tu veux retravailler d'une façon totalement différente. Par exemple de deux ou trois manières différentes, en mettant plus ou moins de métaphores, en changeant d'approche, de vocabulaire, voir en ne décrivant pas les mêmes aspects/détails de la scène. L'idée c'est de faire une sorte de gymnastique d'écriture, et de "jouer" à exprimer ton idée sous différents angles. Ça peut te donner de nouvelles idées et débloquer certaines choses... Mais c'est jamais facile de savoir comment le lecteur va le recevoir...

Hors ligne Miromensil

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #4 le: 08 Décembre 2013 à 22:46:46 »
Je croyais que Ambroise c'était évident que c'était un mec xD mais je devrais mieux le dire c'est vrai.

" Surtout que le monde imaginaire que tu décris est franchement déroutant, ou en tout cas inhabituel, donc difficile à transmettre au lecteur."

J'essaie vraiment d'inventer un monde différent, mais ce qui était atroce c'était de tout caser en 4 pages alors qu'il m'en aurait fallu bien plus. Du coup le nano je fais ce que tu dis, car là on a un minimum de mots au lieu d'un maximum de pages. Je veux dire que il y a moins de métaphores tordues, plus de dialogues, c'est moins complexe je crois, ca rend mieux compte de tout l'univers tordu.

Après Outsiplou c'est un paradis perdu. Du coup si on se perd un peu dedans, ben...  :-[

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #5 le: 15 Décembre 2013 à 21:38:59 »
Coucou Miromensil,

J'ai profité du gibet pour lire ton texte, je l'avais en vue depuis un moment  :-[
Je n'ai pas regretté du tout, j'ai 'achement aimé :) J'ai trouvé l'univers très mignon, poétique, choupi  :coeur: J'aime bien cette ville impactée par le monde réel, j'aime bien Ambroise et j'aime bien l'idée de mettre des pantoufles pour ne pas rayer le parquet. Je n'ai pas eu de soucis pour me repérer dans la description alors que je le craignais un peu au début : j'ai même réussi à visualiser ces gens perchés n'importe où à tricoter des cyclones...

Merci pour cette lecture :)

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #6 le: 15 Décembre 2013 à 21:55:47 »
C'est très poétique, mais parfois on se demande un peu où tu veux en venir exactement. Ceci dit, j'ai beaucoup apprécié les références mythologiques, qui donnent un aspect assez délirant. La contrepartie de ce point positif, c'est que du coup, le récit me paraît plutôt décousu, voire même par moments franchement abstrait, et cela freine vraiment l'immersion. Mais les images restent très belles, et l'idée me rappelle un peu La Horde du Contrevent...
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #7 le: 22 Juillet 2015 à 15:35:30 »
Remontage !

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Il n’y avait toujours eu entre nous que les vibrations d’un écran de pixels et un clavier blanc – police time new roman -

Times new roman
Cool sinon

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Est-ce que la rencontrer, elle, un être dans ce qu’il a de plus original et de complexe, trahirait l’idée que je m’étais fait d’elle dans mes songes ?

Je pense que tu peux supprimer le premier elle pour éviter la répétition.

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h tu sais, on a tous des dons cachés…Mais

Une espace après les points de suspension

Oh mais il est chou ce texte !
Belle écriture, vraiment. Ça colle bien. Ça m'a un peu rappelé Hélène Larbaigt.
Un peu plus de répétitions malencontreuses sur la fin.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #8 le: 23 Juillet 2015 à 12:17:37 »
Merci pour ce commentaire, cher Loïc, ça fait plaiz'. J'ai corrigé les fautes. Juste : concernant le ",elle", la répétition ne me dérange pas plus que ça, je t'avoue  :-[ Concernant les répétitions de la fin, je suis d'accord.
Je ne connais Hélène Larbaigt, mais je vais aller jeter un coup d'oeil.

Merci de ta lecture  ^^

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #9 le: 13 Mars 2016 à 21:41:54 »
Salut Miromensil ! J'entame mon GIBET première fois par ici !  :D

J'me rends compte que j'ai fait une énorme tartinée de commentaires... n'aies pas peur, y a beaucoup de broutilles !  :mrgreen:


C’est ce qu’elle m’avait demandé par sms.
-> SMS

Sans prévenir, à peine avais-je formulé en moi ce fol espoir et le temps d’un battement de cils, l’abribus sous lequel je vacillais s’était découvert sur un ciel qui nous avait engloutis, mes pensées alambiquées, mon gsm et moi. 
-> GSM (j'connaissais point ce mot ! Bonjour la Belgique !  ^^)

Ambroise est mon prénom, mes lunettes rétro mon signe de distinction.
J'saurais pas trop bien dire pourquoi, mais j'adore cette présentation  :D

Etrangement, elle me faisait penser à mon abribus, à cause du panneau brumeux sur lequel il était écrit: « Prochain départ à la Saint-Glinglin ».
-> Étrangement

- Il faudrait déjà qu’il y ait un sol…On est loin de tout ici, avais-je répondu sur un ton désabusé.
Faudrait un espace après les trois p'tits points  ^^

- Certes pas ! S’était-il exclamé.
-> s'était (sans majuscule)

-Oh tu sais, on a tous des dons cachés…Mais dans ton cas, c’est ton arrivée qui a provoqué un tremblement.
Faudrait un espace après les trois p'tits points, le retour  :mrgreen:

Ils tricotaient des cyclones. Son manche sur l’épaule, le parapluie, comme un chapeau, leur cachait les yeux.
J'ai mis un p'tit moment à comprendre à quoi "son" faisait référence. Y a ptêt moyen de rendre ça plus clair  :\?

En un lapsus du vent je m’étais retrouvé sur la terrasse d’un immeuble, assis entre deux passants. L’un parlait sudoku et l’autre lui répondait mimosa.
:coeur:

Depuis mon mirador, les jambes pendues dans le vide et le cœur au bord du précipice, je regardais la vue sépia imprenable sur la métropole qui se déclinait en tons couleur topaze et ambrés.
J'trouve que "sépia" s'enchaîne pas trop bien avec le reste, c'est pas très fluide. Et du coup, vu que tu reprécises la couleur juste après, j'me demande si t'en as vraiment besoin  :\?

A côté de lui, tricot en main et parapluie à l’épaule, un passant assis en tailleur regardait son cyclone évanescent.
-> À

Il avait déployé ses sombres ailes et, le vent s’étant détourné de moi, s’y engouffrait, les faisant gonfler telles les voiles d’un bateau.
J'ai l'impression qu'il y a un problème de virgule, là  :\? Je pense que la première devrait se trouver après "et le vent" et pas entre "et" et "le", parce que comme c'est, on a l'impression que "s'y engouffrait" se rapporte au dragon (Il) alors qu'il se rapporte en fait au vent.

Dans l’interlude cuivré qui avait suivi la disparition du dragon, quelques gouttes surnaturelles s’étaient mises à tomber. Un à un les parapluies s’étaient fermés, un à un les passants s’étaient levés.
J'aime bien cette idée de fermer les parapluies quand il y a justement la pluie  ^^

Un bal de cyclone aux couleurs chaudes se mêlait à la fine pluie.
-> cyclones (parce que j'imagine qu'il y en a plusieurs ?)

Aussi, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup le mot "passant", et à certains passages ce choix de mot m'a paru bizarre, parce que les passants sont "posés", alors que pour moi un passant, bah... ça passe, justement, c'est pas immobile  :D

Voilà pour le chipotage (peut-être même pas utile vu l'ancienneté du texte, mais bon  :mrgreen:) !

J'ai beaucoup aimé, c'était très sympa !
J'ai bien aimé l'introduction à ton monde par le biais du témoignage d'un passant, ça nous prépare très bien à l'entrée dans le monde surréel de ton texte, et du coup on glisse dedans très facilement quand ton héros y parvient. C'était tout à fait merveilleux, avec de très belles images, merci !
Pis tout le monde s'en fout sûrement mais j'aime beaucoup les prénoms que tu as choisi !  :mrgreen:

Damn

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #10 le: 13 Mars 2016 à 22:43:15 »
Me voilà ^^

Citer
son centre est un moulin à eau dont l’âme a disparu.  Dans notre monde,
Espace en trop après le point (les espaces en trop, c'est genre ma spécialité :D)
Citer
  Dans notre monde, tous nos frissons,  hésitations
Ma spécialité juste avant "hésitations" ^^
Citer
Le temps n’y règne pas mais notre entendement s’y abandonne.  À Outsiplou
Encore un espace après le point :aah:

Woah, ce premier paragraphe, il est génial  :o

Citer
Il n’y avait toujours eu entre nous que les vibrations d’un écran de pixels et un clavier blanc – police Times new roman - pour donner un semblant de chair à nos émotions.
C'est joli.
Citer
trahirait l’idée que je m’étais fait d’elle
que je m'étais fait ? que je m'étais faite ? J'ai l'impression d'hésiter sur ce truc depuis que je suis né  :-\
Citer
Dans ce ciel, pas de nuages. Mais un peintre azimuté y avait déversé ses épanchements mélancoliques en coups de pinceaux qui zébraient le ciel façon cobalt ou azur.
J'aime beaucoup !
Citer
Un peu à l’étroit sur notre promontoire, nous nous reluquions.  L’origami humain m’avait dit :
Eeeeeeeeeet... Espace en trop :D (après le point)
Citer
Ah!  On va bientôt embarquer.
Espace en moins espace en trop  :mrgreen: (point d'exclamation et juste après).
Citer
Mais c’était sans compter sur l’agilité d’accordéon d’Imagiro, qui avait déplié son bras et son sourire pour me rattraper en plein baptême de l’air. « Ça sera pour une autre fois si tu veux bien», avait-il proclamé.
Woah, ça j'aime beaucoup aussi !
Citer
les passants [...] tricotaient des cyclones.
Ça, par exemple, j'aime beaucoup, cette logique dans un récit surréaliste. Tu avais déjà dit que les passants se faisaient poètes et tricotaient des cyclones, et ça me fait plaisir de voir que l'idée revient, que ce n'était pas juste une impression venue sur le moment et simplement laissée là-bas ; ce genre de précision, pour moi ça donne comme un air de solidité et de consistance au récit, ça donne de la cohérence dans le non-réel, ça me rassure en tant que lecteur personnellement.
Citer
En un lapsus du vent je m’étais retrouvé sur la terrasse d’un immeuble
D'accord avec Yöda, j'aime beaucoup.
Citer
Ça fait belle lurette que le moulin ne fonctionne plus. Ç’ a été un des plus graves chamboulements à Outsiplou. Il faudrait qu’il pleuve pour alimenter la rivière, et il pourrait tourner à nouveau. De toutes les catastrophes qui se sont déjà produites, aucune n’a alimenté la rivière, et notre routine un peu desséchée n’a de cesse de vouloir s’emballer à nouveau.
C'est triste et beau ce passage, ça me donne l'impression d'être très perso, presque comme si c'était le point central du récit.
Citer
Quand je m’étais retourné, un dragon dormait.
J'aime ces espèces d'introductions d'idées absurdes que tu fais sans les annoncer, comme ça, d'un coup,sans qu'on s'y attendre.

Hop, fini !

Alors, j'ai préféré relever certains passages que j'aimais au fur et à mesure, mais je précise que j'ai pas relevé tout ce qui m'avait bien plu. En gros, il y a les passages qui évidemment plaisent parce qu'ils sont bien écrits, et puis d'autres passages dont j'ai plus l'impression qu'ils me plaisent personnellement, et c'est ceux-ci que j'ai cités.
Sinon en gros, bah j'aime beaucoup. C'est irréel mais réel à la fois, je comprends plein de choses à demi-mots, bref je trouve ça très réussi. Je dois admettre que commencer n'a pas été évident, j'ai eu du mal à rentrer, mais après je me suis laissé faire ^^ Puisqu'à Outsiplou on se perd pour mieux se trouver t'as dit ^^
Je dois impérativement relire une seconde fois pour vraiment bien m'imprégner du texte, parce qu'il y a encore pas mal de trucs qui m'échappent, c'est encore un peu nébuleux et il y a des éclairs de compréhension qui me traversent l'esprit mais aussi des vagues d'incompréhension qui m'agitent (et ça, c'est mon maximum à moi niveau poétique  :mrgreen:). Quelqu'un dans les commentaires (toi qui as cité une réponse de quelqu'un de l'AT je crois) a parlé de la relation hermétisme/forme soignée. Bon, c'est un peu le cas pour moi, mais franchement je trouve que ça vaut la peine de faire un effort pour mieux ressentir le texte, parce qu'il est vraiment génial.
Donc je relirai certainement une fois ou deux. Mais même actuellement, j'aime vraiment vraiment beaucoup. Très sympa de concrétiser comme ça un univers intérieur.

Après, il y a la question de la mort qui tue :
Mais pourquoi Outsiplou :aah:
J'ai pas compris du tout ça, par contre  :-\

Hihi, je te laisse sur cette question idiote ^^

Merci beaucoup beaucoup pour ce texte  :)
« Modifié: 13 Mars 2016 à 22:46:35 par extasy »

Hors ligne Miromensil

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #11 le: 15 Mars 2016 à 20:34:53 »
J'avais commencé ma réponse hier mais on est venu frapper à ma porte et voilà  :noange:

-> GSM (j'connaissais point ce mot ! Bonjour la Belgique !  ^^)
:o Ah oui j'avais zapé ce détail !

"Ils tricotaient des cyclones. Son manche sur l’épaule, le parapluie, comme un chapeau, leur cachait les yeux."
J'ai mis un p'tit moment à comprendre à quoi "son" faisait référence. Y a ptêt moyen de rendre ça plus clair  :\?
Absolument, à tel point que je n'ai pas saisi tout de suite non plus (j'avais fait un dessin à l'époque, je devrais pouvoir le restituer sous forme de mots).

"Il avait déployé ses sombres ailes et, le vent s’étant détourné de moi, s’y engouffrait, les faisant gonfler telles les voiles d’un bateau."
J'ai l'impression qu'il y a un problème de virgule, là  :\? Je pense que la première devrait se trouver après "et le vent" et pas entre "et" et "le", parce que comme c'est, on a l'impression que "s'y engouffrait" se rapporte au dragon (Il) alors qu'il se rapporte en fait au vent.
En effet, il y a un léger problème, je vais voir ce que je peux faire.


Voilà pour le chipotage (peut-être même pas utile vu l'ancienneté du texte, mais bon  :mrgreen:) !
Ah sisi, j'ai modifié le texte, il n'est jamais trop tard pour un oubli de majuscule ou un espace en trop !

J'ai beaucoup aimé, c'était très sympa !
J'ai bien aimé l'introduction à ton monde par le biais du témoignage d'un passant, ça nous prépare très bien à l'entrée dans le monde surréel de ton texte, et du coup on glisse dedans très facilement quand ton héros y parvient. C'était tout à fait merveilleux, avec de très belles images, merci !
Pis tout le monde s'en fout sûrement mais j'aime beaucoup les prénoms que tu as choisi !  :mrgreen:
Je suis d'accord avec tout ce que tu pointes, et c'est vrai parfois il y a des mots en trop (tel que sépia, mais à l'époque je tenais beaucoup à le mettre huhu). Merci beaucouuuuup d'être passée, c'est marrant de voir qu'un texte que je vois bourré de défauts réussisse à plaire !

Extasy, dégoteur d'espaces en trop  :huhu: N'empêche je les ai tous enlevés, avec vos 2 relectures le texte doit être parfait à ce niveau là  :D

Citer
Ça, par exemple, j'aime beaucoup, cette logique dans un récit surréaliste. Tu avais déjà dit que les passants se faisaient poètes et tricotaient des cyclones, et ça me fait plaisir de voir que l'idée revient, que ce n'était pas juste une impression venue sur le moment et simplement laissée là-bas ; ce genre de précision, pour moi ça donne comme un air de solidité et de consistance au récit, ça donne de la cohérence dans le non-réel, ça me rassure en tant que lecteur personnellement.
Ro merci  :-[

Citer
Sinon en gros, bah j'aime beaucoup. C'est irréel mais réel à la fois, je comprends plein de choses à demi-mots, bref je trouve ça très réussi. Je dois admettre que commencer n'a pas été évident, j'ai eu du mal à rentrer, mais après je me suis laissé faire
Je dois impérativement relire une seconde fois pour vraiment bien m'imprégner du texte, parce qu'il y a encore pas mal de trucs qui m'échappent, c'est encore un peu nébuleux et il y a des éclairs de compréhension qui me traversent l'esprit mais aussi des vagues d'incompréhension qui m'agitent (et ça, c'est mon maximum à moi niveau poétique  :mrgreen:). Quelqu'un dans les commentaires (toi qui as cité une réponse de quelqu'un de l'AT je crois) a parlé de la relation hermétisme/forme soignée. Bon, c'est un peu le cas pour moi, mais franchement je trouve que ça vaut la peine de faire un effort pour mieux ressentir le texte, parce qu'il est vraiment génial.
Donc je relirai certainement une fois ou deux. Mais même actuellement, j'aime vraiment vraiment beaucoup. Très sympa de concrétiser comme ça un univers intérieur. 
Oui c'est ça qui m'attristait un peu, l'idée de base était très simple mais j'ai vite vu qu'elle était assez difficile à comprendre au final, notamment à cause du choix des mots ("c'est joli dans l'idée mais concrètement y a moyen de simplifier", que m'a répondu l'AT en gros). Ca reste un truc écrit quand j'avais 17 ans, et par la suite j'ai essayé de faire en sorte que ce ne soit plus aussi laborieux dés le début. C'est presque paradoxale de devoir faire un effort pour lire, c'est synonyme de Zola ou quoi pour moi  :P Mais sinon merciiiii d'être passé et d'avoir lu, contente qu'il a tout de même pu résonner un peu en toi !

Citer
Après, il y a la question de la mort qui tue :
Mais pourquoi Outsiplou :aah:

C'est une expression...belge en fait, je viens de voir. Quand qqn dit : "il est où machin?" et que l'autre lui répond "à Outsiplou les bains de pieds", ca veut dire qu'il ne sait pas où il est, ou alors qu'il est dans un endroit perdu dont tlm s'en fou. Pour citer wiki, "En Belgique francophone, le nom de Houte-si-Plou renvoie à un lieu inconnu, voire imaginaire, même si plusieurs lieux portent effectivement ce nom".
Et c'est pas une question idiote, l'histoire est un peu basée là-dessus. Bref, je réécrirai un jour un texte fondée sur cette idée (parce que je l'aime bien), mais mieux exploitée et de manière plus simple !
« Modifié: 15 Mars 2016 à 20:38:59 par Miromensil »

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Re : Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #12 le: 15 Mars 2016 à 21:02:25 »
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Après, il y a la question de la mort qui tue :
Mais pourquoi Outsiplou :aah:

C'est une expression...belge en fait, je viens de voir. Quand qqn dit : "il est où machin?" et que l'autre lui répond "à Outsiplou les bains de pieds", ca veut dire qu'il ne sait pas où il est, ou alors qu'il est dans un endroit perdu dont tlm s'en fou. Pour citer wiki, "En Belgique francophone, le nom de Houte-si-Plou renvoie à un lieu inconnu, voire imaginaire, même si plusieurs lieux portent effectivement ce nom".
Ah ouiii, en fait c'est notre équivalent de Pétaouchnok ! (Ou Triffouillis-les-Oies ou Perpète-les-Oies)
J'aime bien apprendre des trucs comme ça ! J'viens de voir qu'au Québec, il avait aussi Saint-Clinclin-des-Meumeu pour dire la même chose   :D
Y a pas à dire, j'crois qu'Outsiplou c'est le plus poétique de tous  ::)
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Re : Re : Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #13 le: 15 Mars 2016 à 21:20:21 »
Ah ouiii, en fait c'est notre équivalent de Pétaouchnok ! (Ou Triffouillis-les-Oies ou Perpète-les-Oies)
J'aime bien apprendre des trucs comme ça ! J'viens de voir qu'au Québec, il avait aussi Saint-Clinclin-des-Meumeu pour dire la même chose   :D
Y a pas à dire, j'crois qu'Outsiplou c'est le plus poétique de tous  ::)
Ces noms  :D Au niveau temporel il y a, par rapport à un évènement indéterminé, "Ca arrivera à la Saint-Glinglin". Le thème de l'AT était le voyage, et j'avais eu l'idée que Outsiplou ne serait pas un hameau inconnu (contrairement à l'expression) mais une grande ville, le paradis des gens perdus (perdus...quand les gens croient qu'ils sont dans un petit hameau, un endroit indéterminé). Bon en fait j'avais vraiment mal exploité cette idée  :\?

Mais Saint-Clinclin-des-Meumeu est pas mal dans le genre  :mrgreen:

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Re : À Outsiplou-les-Bains-de-Pieds (version 4 pages)
« Réponse #14 le: 24 Juin 2016 à 17:13:21 »
Il y a des titres comme ça, qui parraissent peu de choses et je réalise que souvent on n'est par déçu de la lecture. Par exemple " le cercle littéraire des éplucheurs de patates" qui a envie de lire ça ?  Moi, j'ai pas été déçu alors biensûr Outsiplou-les-bains-de-pieds rien que le titre j'adore !
C'est sans doute le coté enfantin, je pensais à une petite fille qui allait parler de ses vacances à la plage. Arrivé sur le ponton, on est en plein rêve.
J'ai l'impression d'entendre le générique "d'italique" et voir les bonhommes bleu de Folon.
J'ai aimé l'introduction, elle facilite la compréhension. Beaucoup de poésie, de belles images à rêver debout, tu as une écriture fluide et légère comme un tricot de doux coton.

 


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