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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jeudi

Auteur Sujet: Jeudi  (Lu 984 fois)

pescivendola

  • Invité
Jeudi
« le: 03 Décembre 2013 à 00:47:16 »
L'interdit, braver l'interdit, cette montée d'adrénaline, ce désir montant, ce sentiment que les limites ont été franchis, ce moment où l'improbable devient probable, que l'impossible devient possible, et que nous perdons tout contrôle, que plus rien ne compte, que la passion prend le dessus, que nos mouvements ne sont que les conséquences de notre désir intense. Ce moment d'extase est si rechercher, il y a dans cet instant quelque chose d'animal, de sauvage, de primaire, nos sens les plus primaire sont à l'affut. Sentir chaque parcelle du corps se contracter de plaisir, chaque poils s'hérisser sous la chaleur de ses doigts, s'agripper aussi fort que possible à son dos, sa nuque, descendre doucement, longtemps sur les courbes de son corps, sentir cette excitation monter toujours un peu plus.
Il y a des désirs charnels inavoués, sommes nous conscient réellement de ce que nous faisons lorsque nous le faisons ? Devons-nous sans arrêt réfléchir à nos actions, nos interdit, avons-nous besoin de franchir nos limites pour nous sentir exister ? Nous posons-nous les bonnes questions ?
Le plaisir de la chair est sans contexte le plaisir le plus animal, le plus pur que nous pussions ressentir, il y a un moment où l'attirance est inéluctablement présente, un moment où ce plaisir animal semble inévitable, nous ne sommes que des animaux, nous avons besoin de l'autre pour se sentir vivre, pour ressentir. `
Il y a de l'autre coté les moeurs de notre société. D'un coté les femmes et les gamines à poils gesticulant sensuellement ou vulgairement dans l'intention d'exciter, d'attirer l'oeil, de vendre, le sexe est le meilleur argument marketing. De l'autre coté ce petit jeu social : quoique nous fassions nous sommes des salopes. Nous sortons, nous jouons le jeu de séduction, nous couchons : salope, nous refusons de coucher : salope aguicheuse. A quel moment se faire plaisir est devenu si compliquer ? Vivons heureux, vivons cacher. C'est ce qu'on dit, ça semble hélas bien réel. Il y a un moment où tout tombe en ruine, le sexe est beau, le sexe est sale, le sexe fascine, le sexe dégoute. L'argent, le pouvoir, l'amour, la réussite, qu'importe le sexe fait tourner le monde.
À quel moment devient-on des instruments de la société, doit-on accepter les règles du jeu pour en faire parti, pourquoi en faire parti ? À quel moment devenir marginal est devenu la norme ? L'originalité semble épuisée, le monde fatigué, et la vie surfaite. Qu'en est-il de la mort ? Avons nous besoin de croire qu'une vie existe après la mort alors que la vie nous ai si difficile et nous épuise? Ne cherchons-nous pas simplement le repos après tout ?
Il en est assez de se poser des questions, les mêmes questions, d'espérer avoir des réponses ou que les réponses changent. Le bonheur, ce mot semble être l'objectif ultime de toute une vie, il serait temps d'arrêter de courir après et simplement de le créer. Notre bonheur ne tient qu'à nous. La société nous a rendu dépendant de l'argent et ses paradis artificiels, revenons au plaisir simple, au plaisir charnel, aux instincts primaires, aux désirs animaux.
Je me souviens de la première fois où je me suis réellement perdu dans l'abysse du plaisir animal. J'ai bravé l'interdit, j'ai fait taire ces moeurs qui me disaient de trouver un autre partenaire, j'ai balayé l'emprise du temps sur nous, j'ai oublié les conséquences, l'extérieur, les rumeurs.
Un jeudi, deux et demi après la fermeture du bar. Je suis entrée, nous nous sommes enivrés lui et moi assis en face du bar, seuls. Il était le patron, de 26 ans mon aîné, un passé sulfureux comme n'importe quel individu faisant parti du monde de la nuit et ayant succombé à l'excès. Il avait vu, il avait vécu, je n'étais qu'une gamine s'amusant d'être seule dans un bar avec tout à volonté et écoutant cet individus qui avait l'expérience de la vie graver sur son visage, ses dents et son corps. Il pourrait être mon père, je pourrais être sa fille, nous le savions mais à quoi bon lutter ?
Ivres, seuls je passai derrière le bar, un interdit bravé. Il me rejoint, m'attrapa avec douceur et violence et m'embrassa, un autre interdit bravé. Quelque chose me traversa, l'adrénaline montait, était-ce réellement ce que je voulais ? Qu'en savais-je le mon corps ne pouvait se décoller du sien tandis que mon cerveau me disait d'arrêter. Il y a des secrets difficiles à garder, celui-ci en fait parti. Ses mains, sa bouche, son souffle, ses hanches, ses mouvements de va et vient. Impossible de bouger, impossible de partir, impossible de le lâcher, subir cette passion transcendante semblait la seule chose possible. Cette perte de contrôle et si agréable, si puissante, elle vous enivre, vous révèle, vous vous redécouvrait, vous êtes capable de ce que vous n'auriez pu imaginer.
Qui sommes nous pour juger l'injugeable ? "L'amour n'a pas d'âge, il est toujours naissant" disait Blaise Pascal, qu'en est-il de la passion ?
Il est temps de se libérer de ces chaines invisibles que nous nous sommes créées, nous créons notre vie, notre bonheur et nos espoirs. Tout est une question de perception, nous percevons ce que nous voulons voir, alors faisons ce que nous voulons faire, les conséquences qui en suivront ne seront qu'un petit prix à payer à coté de l'immense satisfaction que nous ressentirons. Nous sommes libres de nos choix, ne pas choisir c'est choisir.

Enno

  • Invité
Re : Jeudi
« Réponse #1 le: 03 Décembre 2013 à 05:18:48 »
Salut pescivendola !  :)

C'est ma première critique sur le forum, donc j'ignore s'il y a des consignes particulières (autres que l'argumentation et la politesse), allons-y !
Donc, personnellement j'ai plutôt apprécié ce petit texte, le sujet abordé est intéressant et très riche (et potentiellement "délicat", ce qui est un plus d'après moi). Ton écriture est relativement fluide, on entre assez bien dans le récit et c'est déjà quelque chose d'important.
Ce n'est pas parfait cependant (heureusement tu me diras), il y a pas mal de fautes assez évidentes qui pourraient, je le pense, être gommées avec une simple relecture. Tes phrases sont longues, dans l'ensemble correctement ponctuées mais gare aux trop nombreuses répétitions qui entachent un peu le plaisir de lecture. Je n'ai pas grand chose d'autre à dire sur la forme, éventuellement tenter d'aérer un peu plus le texte, mais sinon c'est très agréable à lire.
Le fond maintenant, j'aime beaucoup la remise en question de l'homme (comprendre l'être humain/la société/le monde) via la sexualité. Comme je l'ai dis, le sujet est vaste, intéressant et d'une richesse inépuisable, et il est heureux que tu t'y attèle avec panache. Jongler avec le désir, le plaisir et les mœurs en écriture, c'est prendre un pied monstre si on est pas coincé. Je reconnais que tu y vas toi même assez franco, mais j'aurais limite préféré que tu ne t'arrête pas en si bon chemin ! Ton monde est sens dessus dessous, les règles s'envolent, le feu brule ! Dommage de mettre autant d'ardeur à expliquer comment l'allumette à foutu le feu aux rideaux... Quand j'aurai souhaiter voir cramer l'immeuble !

Voilà, tout ceci n'est bien sûr que mon avis personnel, en tout cas j'ai bien aimé ton texte, ciao  ;)

 


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