Merci pour le commentaire !
Et c'est parti pour la réponse.

C'est les deux philosophes qui décrivent l'amour comme enfant de richesse et misère, ou seulement Lacan ? Dans le deuxième cas, ta phrase n'est pas claire. Je ne me souviens pas que Platon avait dit ça dans le Banquet. Il était bien question d'Éros, même de deux Éros distincts, mais pas de richesse ou de misère... 
Comme tu le sais puisque tu as lu le banquet, Platon fait intervenir plusieurs philosophes autour de Socrate. Concernant l'Amour, on a Aristophane qui parle de la bisexualité (inhérente à chaque être) dans le mythe de l'androgyne, par exemple. J'aurais aimé en parler mais ç'aurait été trop compliqué de résumer le mythe.
En revanche, le mythe de la naissance d'Éros, raconté par Socrate (de la plume de Platon), est le suivant : le jour de la naissance d'Aphrodite, une grande fête s'organise dans l'Olympe, où tous les dieux sont invités SAUF Pénia, la déesse SDF, haha, la déesse de la précarité et de la misère. Pénia est bien vexée de pas être invitée, et elle profite du fait que tout le monde soit ivre pour s'inviter en catimini et se faire engrosser par Poros, le dieu de la ressource et de la prospérité (de la richesse). C'est à cette occasion qu'Eros naît, fils de Richesse et Misère. C'est un moyen pour Platon de réconcilier les deux théories souvent jugées antinomiques : celle selon laquelle l'Amour est un manque, et celle selon laquelle l'amour est un excès que l'on cherche à extérioriser. À la fois, Éros est dans le besoin et dans la ressource. Dans la richesse et dans la misère.
En revanche, tu as parfaitement raison : ma phrase est mal tournée (c'est le mieux que j'ai su faire). Idéalement j'aurais "Te décrit comme un enfant de la Richesse et de la Misère", mais ça rentre pas dans le mètre.
Ce que j'ai à te proposer, c'est ceci :
"Te décrit comme un fils de Richesse et Misère", ou "Te décrit comme étant l'enfant de la Misère". Cette dernière proposition est plus correcte grammaticalement et plus compréhensible, mais elle met de côté le côté "riche" de l'Amour...
Concernant Lacan, il s'est tout simplement appuyé, dans ses recherches philosophiques, sur cette théorie de l'éros platonicien, d'où le "suivi de Lacan".
Ah ! une rime indigente ! Même au grand Sennar il arrive d'avoir du mal à arrondir ses fins de vers...
Tout à fait

En fait, il me semblait absolument nécessaire de faire rimer libido et égo, quelle que soit la pauvreté de cette rime. Déjà, les rimes en -o sont super rares !

Et surtout, ce sont deux arguments très importants de mon discours. Le fait qu'ils riment entre eux est "le fruit du hasard", et je comptais en profiter... tant pis pour l'indigence !

Bon, je te propose quand même une idée que j'avais eue :
"Sigmund Freud, montant dans l'insulte en crescendo,
Va jusqu'à t'affliger du nom de libido !"
Est-ce mieux, moins bien ? La rime est un peu moins pauvre, déjà !
Pourquoi la majuscule à ancien ?
Pour rien !

Je vais l'enlever. Par contre, puisque tu évites toi-même les diérèses archaïques, je tiens à te faire remarquer que j'en ai évité dans ce texte ! (reproducti-on que j'ai faite en synérèse !) Mais effectivement, sur an-ci-en, ça me semblait cool au vu du sens, c'est très an-ci-en justement

Pareil pour "phi-li-a", c'est un mot grec où la diérèse est vraiment prononcée quand même...
Austérité, t'as oublié l'accent. Qu'est-ce qui est austère ? L'injonction de croître et de se multiplier ? Pas compris.
Alors ! C'pas très clair, je te l'accorde, pourtant j'avais fait un gros boulot de documentation (c'est peut-être pour ça que ce n'est pas clair, j'ai trop d'infos). La théorie
platonicienne de l'amour est souvent reprise par les théologiens car sa nature permet d'interdire toute relation basée sur l'acte sexuel... sauf si c'est pour se reproduire. Ainsi, on aime d'un amour pur et beau ("platonique", qu'on dirait), et si on s'accouple c'est pour se multiplier et pas pour autre chose.
Aristote ne voit pas les choses ainsi. La sexualité n'est pas un problème, car en amour tout baigne dans cette Philia, cette empathie. Je résume donc ce précepte biblique "Croissez et multipliez !" à de l'austérité, effectivement.
J'ai lu des commentaires explicatifs de la Bible, qui expliquaient que les règles chez la femme existent pour la punir de ne pas être enceinte. Une femme enceinte de la puberté à la ménopause ne souffrirait pas des règles, la punition divine. Si ce n'est pas de l'austérité, ça...
Donc effectivement, ce qui me semble austère, c'est l'injonction de croître et de se multiplier. Qu'Aristote condamne avant même qu'elle existe. (et il ne sera pas le seul)
Les intervenants n'apparaissent pas dans l'ordre chronologique.
Effectivement ! J'ai essayé au début, mais ça me semblait peu adapté au but de ce texte, qui se veut synthétique et explicatif. Il suit donc une logique thématique, et non chronologique. La preuve, dès la deuxième ligne, le "Platon [...], suivi de Lacan" : même si ces deux philosophes ne sont pas tout à fait contemporains l'un de l'autre (

), la vision de Lacan est très proche de celle de Platon, d'où le rapprochement.
Le problème que tu ressens vient peut-être le petit "Lorsqu'
enfin Épicure". Je n'entendais pas par là un "enfin" chronologique, c'est plutôt "en conclusion, Épicure blablabla". C'est en effet mon dernier argument, dans l'ordre...
Éros, Philia, Agapé, manquait plus que Storgê.
Oh, Storgê

Je ne connaissais pas ce mot-là

Je viens de jeter un coup d'oeil sur Wikipédia... zut ! J'aurais bien pu le glisser, celui-là... c'était plutôt facile !

Merci Brico, je l'avais zappé dans mes recherches documentaires !
Ici, tu tires ton éloquence de ton érudition
Merci, merci... cependant je dois préciser (je l'ai dit au-dessus) que je me suis renseigné, pour savoir tout cela...

Même si je n'ignorais pas les visions de l'amour par Freud, Schopenhauer et Platon, évidemment...
En fait, j'ai écrit ce texte dans le but de combattre l'intolérance vis-à-vis des minorités sexuelles... ! Le problème est qu'à mon avis, vaut mieux changer les opinions indirectement et subtilement, plutôt que balancer à la gueule des gens "Deux femmes s'aiment autant qu'un homme et une femme ! Mieux vaut une paire de mères qu'un père de merde !"...
Alors j'ai pas trop "axé" mon texte dessus, bien qu'on puisse en tirer mes petites remarques concernant Schopenhauer l'homophobe gnagnagna

("Schopenhauer te nie : pour lui tu n'es qu'instinct [...] / Et tu ne peux lier les gens de même sexe"). C'est pas compliqué, je hais Schopenhauer ! Mais bon, à son époque, ce n'était pas rare de penser que l'homosexualité est une maladie. Pour vous faire comprendre, je cite Schopenhauer :
"Ce cas [la pédérastie] est comparable à celui de la mouche bleue (musca vomitoria), qui au lieu de déposer ses œufs, comme le veut son instinct, sur de la viande en putréfaction, les place dans la fleur de l’Arum dracunculus, égarée qu’elle est par l’odeur cadavérique de cette plante."
Non mais

Du coup, ça me tenait très à coeur comme texte ! C'est d'ailleurs le premier que j'ai écrit avec un tel respect de la métrique. Jusque-là, mes alexandrins étaient très relatifs, je n'alternais pas les rimes, ne respectais pas le nombre, bref... ça commence ICI !

MERCI Brico de ton commentaire !!! Désolé d'avoir "autant" répondu...
