"Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième..."
Charles BaudelaireLe mendiant.
Si le ciel et le gouffre ont un même émissaire,
Ange de perdition que Satan débonnaire
A doté de lumière, ou démon du rachat
Que Dieu, par malice a fait naître d'un crachat ;
Si cette inconcevable entité est, cet être
M'apparut ! Ô cité ! Infernal périmètre
Où fourmille en sanglot l'essaim des volontés,
Ruche au fiel altéré d'essences de bontés,
Ton vacarme antalgique, en sa captieuse ambiance,
Produisit un effet second sur ma conscience...
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J'étais attablé en terrasse, quand je vis
Ce vieillard ! Il prit forme aux confins du parvis,
Et comme un revenant mu par la gourmandise,
Vint guigner dans mon plat en toute gaillardise !
Sa bouche rutilait d'ors et d'impuretés,
Et ses yeux me dardaient pleins de sales clartés !
Sur le champ, l'appétit et l'entrain me quittèrent,
Mon coeur exsangue et noir s'irriguait de colère,
Quand le gueux, sur une sommation du destin,
S'en alla, me laissant ma rage pour festin !
À peine ai-je eu le temps de cligner l'oeil, - que vis-je ? -
Émanant de la foule, - effroyable prodige! -
Un autre aïeul, jumeau du premier, se jeta
Droit sur moi ! J'esquivai l'impensable attentat
En reculant ma chaise. Ainsi que deux moustiques,
Ces deux vieux, - sur ma vie ! - , paraissaient identiques !
Mais si la faim guidait le goulu vagabond,
Son remplaçant était seulement furibond.
Il me scrutait, muet, ses intentions réduites
À la férocité qui brûlait ses orbites !
To be continued...P.S : le Tantale de Baptiste m'a rappelé que j'avais ce "Mendiant" en ébauche. Je poste quand même le début, ça m'obligera à m'y remettre, sinon il aurait pourri dans mon disque dur. 
Pour la petite histoire, c'était un défi que j'avais lancé à Ernia, mais elle s'était désistée, alors Lepion l'avait relevé à sa place. Finalement, comme je trouvais mon défi trop bien, bah je l'ai relevé moi-même à mon tour. Je sais, ça fait con. 
EDIT : introduction du second vieillard.
EDIT 2 : Minor bugs fixes