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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Rayon Boucherie

Auteur Sujet: Rayon Boucherie  (Lu 2284 fois)

Hors ligne Mooney

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Rayon Boucherie
« le: 01 Août 2013 à 18:33:51 »
Un texte écrit il y a plusieurs mois déjà. Besoin de votre aide pour l'améliorer. Je vous aime, bande de moches.


Rayon Boucherie


   Il y a des personnes qui sont remarquables dès la petite enfance. Il y en a d’autres qui seront éternellement à l’écart ; Barthélémia Cendré faisait partie de cette deuxième catégorie de personnes, celle des marginaux malgré eux, des tyrannisés du collège, des paumés asociaux et associés au néant. A toutes les fêtes, elle était « la petite moche » en sweat-shirt et jean qui se tenait près du buffet, menton baissé, les yeux plantés sur ses ballerines – elle avait essayé d’être féminine pour cette soirée -, rêvant qu’un prince charmant arrive sur son blanc destrier pour l’emporter vers de fabuleuses aventures ; éventuellement, un garçon pris de pitié pour cette petite créature isolée l’invitait à danser avec lui ; elle refusait systématiquement : c’est sûrement une mauvaise blague, qui voudrait danser avec moi, je suis qu’une merde. En rentrant chez elle, elle se vautrait sur son lit, secouée de larmes. Barthélémia Cendré n’était pas une fille très heureuse.
   Pourtant, Barthélémia n’était pas, contrairement à ce qu’elle pensait, une fille moche. Ce n’était pas l’archétype de la belle cheerleader élancée dont les cheveux blonds scintillent au soleil de Californie, certes, mais c’était juste une petite chose discrète, cachée sous une touffe de cheveux ternes en Picardie. Malheureusement, l’aigreur, l’angoisse et les pleurs ont durci ses traits, noyé son sourire et bousillé son allure. Personne ne l’a jamais aidé à se mettre en valeur en société.
   Sa mère n’était pas un modèle inspirant pour Barthélémia. Il s’agissait d’une femme aux goûts simples, d’une grande humilité, qui avait été contente de trouver un jeune homme un peu perdu, stable psychologiquement – ça la changeait de son père alcoolique et violent. Elle avait donné naissance à son premier enfant six mois avant que Monsieur Cendré ne soit percuté par une camionnette le lendemain de la Saint-Sylvestre. Elle ne savait pas vraiment comment s’occuper de sa fille, sa propre mère ayant été elle-même très absente. Sans le revenu de son défunt mari, Madame Cendré dû jongler entre divers petits emplois, jusqu’au jour où elle obtint un CDI au rayon boucherie-charcuterie de l’hypermarché de la commune.
   Barthélémia, elle, ne savait pas trop comment s’occuper. Dès les premiers jours d’école, elle ne parvenait pas à s’intégrer, s’isolait dans son coin dans l’espoir qu’un jour, on vienne la sortir de cette situation morose, de ce bled picard et de sa petite vie médiocre. Elle attendait chaque après-midi à la grille dans l’espoir qu’un inconnu l’emmène vers une vie plus passionnante, mais c’était toujours sa mère qui venait la chercher, en retard, à la sortie de son travail. Alors Barthélémia se mordait la lèvre pour ne pas pleurer, essayait de penser à autre chose qu’à l’odeur de sang qui se dégageait de Madame Cendré.
   Elle n’aimait pas lire, elle n’aimait pas regarder la télévision, elle n’aimait pas courir ni faire du sport, elle ne comprenait pas comment jouer de la musique, elle n’avait pas même de sujets de conversation qu’elle appréciait. Durant les discussions, elle finissait par disserter sur la pluie et le beau temps. Elle ne se sentait nulle part à sa place. Souvent, elle mangeait seule ; il arrivait parfois qu’à l’école, un groupe lui propose de se joindre à lui, par charité le plus souvent. Elle n’y était pas vraiment à l’aise, mais elle n’osait pas refuser. Voilà l’essentiel des relations que Barthélémia entretenait.
   Parmi ces personnes qui essayaient de sympathiser avec elle, il y en avait Claire-Luce. Jamais Barthélémia n’a compris pourquoi Claire-Luce lui parlait. Claire-Luce était la mignonne petite blonde de l’école dont tous les garçons étaient amoureux en CM1. Claire-Luce était douée en mathématiques, forte en gymnastique et capable de faire des dessins qui ressemblent à quelque chose. Par la suite, Claire-Luce est devenue la fille la plus populaire du collège, puis elle fut sacrée plus jolie fille du lycée. Claire-Luce n’avait absolument pas besoin de traîner avec des personnes comme Barthélémia : c’est pas possible qu’on puisse m’aimer, c’est forcément louche.
   Ainsi continuait leur vie. Claire-Luce est partie faire une licence dans une grande ville, une licence de psycho, une licence de fumistes, mais c’était toujours un meilleur destin que celui de Barthélémia : lorsque sa mère est morte – elle est tombée par terre, inconsciente, au travail ; un caillot dans une artère l’a tué -, elle a repris le poste de bouchère charcutière du supermarché.
Elle aurait aimé vivre isolée, en ermite qui regarde les fourmis et les hommes passer dans la rue depuis la fenêtre de son deux-pièces meublé, sans jamais se faire déranger. Dans les films, il y a les stars et les figurants, ceux qui brillent et que l’on adore, et ceux dont on ne connaît pas le nom, dont on n’a même pas regardé le visage. Barthélémia savait qu’elle n’aurait jamais le premier rôle, ni même le moindre rôle dans le film qu’était la vie ; quand bien même ça arriverait, on se moquerait de moi. Alors laissons-là à l’écart de la lumière, figurante anonyme, c’est tout ce qu’elle demandait.
  Mais Claire-Luce insistait pour venir la voir, déjeuner avec elle de temps à autre, discuter de tout et de rien. Barthélémia était incapable de dire « non ». C’était un spectacle cauchemardesque. Tant de beauté, d’élégance, de belles dents et de succès réunis chez une seule fille, c’est trop injuste. Si Dieu existe, pourquoi n’a-t-il pas fait un effort et réparti équitablement les qualités et défauts entre les femmes du monde ? Barthélémia cachait son jalousie sous des moues indifférentes. Elle crevait d’envie d’avoir la vie de cette fille qui a tout réussi, parfaitement heureuse. Que pourrait-elle avoir de plus, cette divine nymphe venue égayer la vie des mortels ?
« Tu devrais te présenter au concours de Miss » lui a un jour expliqué Claire-Luce. Non, non ! Quelle horreur, Barthélémia se refusait une telle idée. « Arrête de dire que t’es moche. Tu es magnifique, tu ne le sais juste pas encore. Si tu y allais, tu comprendrais enfin que tu es canon » a-t-elle continué en finissant une assiette de salade. Mensonges, Claire-Luce ne faisait que se foutre de sa gueule. Pourquoi une fille comme elle me fréquenterait sinon ? Elle n’est pas bête, Barthélémia, elle sait qu’on la regarde comme une bête de foire. Pourtant, elle n’a jamais rien fait qui puisse attirer la curiosité... Claire-Luce, elle, s’est présentée au concours, et a gagné haut la main. Elle a même été sacrée Miss Picardie. Elle est passée à la télévision. Barthélémia, elle, est restée derrière son étal de boucherie-charcuterie, où elle restera sans doute jusqu’à la mort.
  Les années ont passées. Claire-Luce n’a jamais fini ses études, mais elle a épousé un médecin lillois, paraît-il. Barthélémia n’a jamais bougé de son deux-pièces, dont elle ne sortait que pour aller derrière son étal de boucherie-charcuterie. Elle servait des têtes de veau sans jamais sourire, jamais un rire en vendant des tripes de porc. Le soir, quand elle rentrait, elle puait le sang.
Une décennie entière est passée ; alors qu’elle découpait un gigot d’agneau, elle entend un timbre de voix qu’elle reconnaît, aperçoit une démarche féminine qu’elle ne pourra jamais oublier. Vêtue d’une mini-jupe crème qui dévoilait ses fines jambes bronzées, Claire-Luce surgit dans le supermarché, comme un odieux rappel de l’échec de Barthélémia. Cette fille était un soleil à lumière aveuglante ; la bouchère aurait tant aimé vivre en paix dans l’obscurité. La voir, cette lampe halogène brûlante que tout le monde admirait, c’était une torture. Elle venait rappeler à l’ermite toutes ces nuits à pleurer sa jeunesse pitoyable, du temps où elle avait encore le tendre cœur des adolescentes. Elle venait aussi lui rappeler qu’il y a quelques années encore, elle aussi, elle aurait aimée être regardée et appréciée, vivre une vie quelque peu intéressante, épouser un médecin lillois. Et qu’elle aimerait toujours cette vie-là.
   Barthélémia fit comme si elle n’avait pas reconnu cette créature de lumière. Pourtant : « Barthélémia, c’est moi… Mais si, tu sais, Claire-Luce. Je ne t’ai pas vu depuis longtemps, alors comme je passais dans le coin, je pensais que je pourrais… tu vois… Tu vas bien ? » Elle l’importune, cette déesse parfaite. Pourquoi ne peut-elle pas suivre le rôle que la fortune lui a attribué à la naissance ? Pourquoi ne peut-elle pas être l’actrice-star du film qui finit avec le bel acteur-star ? Pourquoi ne peut-elle pas se retenir d’interagir avec les figurants ? La bouchère a envie de s’enfoncer sous terre.
   Et puis un client reconnut à son tour Claire-Luce, puis deux, puis trois et dix. « Oh mais c’est Claire-Luce ! » « Ce n’est pas notre ancienne Miss ? Toujours aussi charmante. » Barthélémia profita du petit attroupement pour s’enfuir en retenant ses larmes. Elle aurait aimé être la star, elle aussi. Elle n’a jamais compris comment faire. Elle ne pouvait que regarder les autres et être là comme faire-valoir, pour qu’ils brillent encore plus ; elle avait fini par s’y faire. Et revient Claire-Luce à l’insoutenable beauté. Ce monde est trop injuste. Elle aussi, elle aurait aimé attirer l’attention. Ce sont toujours les mêmes qui brillent. Toujours, toujours. Les autres, c’est des figurants. Sous-payés. Mal traités. A peine existants. Des merdes. Les mêmes qui brillent, toujours. Jamais les autres. Soleils contre merdes, soleils contre mouche à merde. La roue ne tourne jamais. Maudite Claire-Luce, maudite ! Crève Claire-Luce !
    Il ne faut jamais importuner un boucher.
    Le lendemain matin, on a retrouvé Claire-Luce éventrée dans sa voiture, sur un bas-côté d’une route de campagne. D’après les témoignages rassemblés par la police, elle était partie à la recherche de son amie d’enfance. On ne l’a plus revu depuis. Barthélémia a été retrouvée chez elle, en sanglots, couverte de sang, elle a rapidement avoué. La presse locale a titré en une : « Massacre d’une ancienne Miss : Claire-Luce Fangier a été retrouvée éventrée. » Le nom de l’assassin a été gardé anonyme.

Hors ligne HB

  • Prophète
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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #1 le: 01 Août 2013 à 20:50:11 »
Salut !

(cachait son jalousie je sais plus où)
Les - : Quelques problèmes dans le choix des temps et quelques redondances.
Les + : Ben c'est rondement mené. Une jolie et triste petite histoire bâtie sur (ou plutôt pour aboutir à) un fait divers, avec quelques phrases qui sortent du lot.

(Sinon, c'est gentil, mais c'est toi le moche.  :prout:)


Hors ligne autofic

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #2 le: 01 Août 2013 à 21:10:51 »
Déjà j'ai lu jusqu'au bout ! (bon signe !)

Alors moi, et je ne sais pas l'expliquer, j'ai cru (au début du récit) qu'elles étaient au collège... Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer... Du coup, ça m'a fait bizarre quand on apprend que Claire-Luce est en licence... Peut être l'idée du prince charmant ! Du pourrait peut être introduire le mot "lycée" (si c'est pas déjà fait !
Pour le style il y a quelque truc que j'ai bien aimé comme : "elle n'aimait pas, elle n'aimait pas, elle ne comprenait pas ", les dialogues (des pensées du personnage) intégrés au texte que j'ai bien aimé mais... lâche toi ! N'hésite pas à nous surprendre ! Tout en faisant attention au métaphore ... "créature de lumière" c'est un peu ... pouaf !

" – ça la changeait de son père alcoolique et violent. Elle avait donné naissance à son premier enfant six mois avant que Monsieur Cendré ne soit percuté par une camionnette le lendemain de la Saint-Sylvestre." Bah là j'ai pas trop compris, a priori elle n'a pas connu son père et pourtant "ça la changeait" indique implicitement que si ...

Pour la chute, ça arrive un peu comme un cheveux sur la soupe ! Il faudrait montrer la haine de Barthélémia dans son rayon par exemple.

En bref : tu mènes assez  bien la narration, accentue le style et l'émotion et se sera parfait !

En espérant d'aider !
Au plaisir te d'avoir lu !
" Rien n'était plus dur que d'écrire un roman. Aucune besogne humaine ne réclamait autant d'effort, autant d'abnégation, autant de résistance. Aucun peintre, aucun musicien n'arrivait à la cheville d'un romancier " Philippe Djian, Impardonnables.

Hors ligne koutoumi

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #3 le: 02 Août 2013 à 02:45:23 »
Citer
des paumés asociaux et associés au néant.

J'adore cette phrase !

Citer
c’est sûrement une mauvaise blague, qui voudrait danser avec moi, je suis qu’une merde

un mélange malhabile entre le discours directe et indirecte Cf :



Citer
lorsque sa mère est morte – elle est tombée par terre, inconsciente, au travail ; un caillot dans une artère l’a tué -, elle a repris le poste de bouchère charcutière du supermarché.

Les incises sont mal mises
 

Mmh... l'ensemble manque de fluidité, de naturel. L'écriture est laborieuse, la lecture est hachée ; L'histoire est banale.

Retravaille la syntaxe ainsi que l'agencement de certaine phrases. Fais des phrases simples avec sujet, verbe, complément. Évite les longues complaintes larmoyantes.
Essais de mettre des dialogues, ça contribuera a aérer ton texte, le rendre plus lisible, moins obscure.

Voila quelque conseils qui n'engage que moi

Bon courage !

 
« Modifié: 02 Août 2013 à 02:48:22 par koutoumi »
Choking On The Truth

Hors ligne Stelmaria

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #4 le: 02 Août 2013 à 17:45:07 »
Salut !

Citer
A toutes les fêtes, elle était « la petite moche » en sweat-shirt et jean qui se tenait près du buffet, menton baissé, les yeux plantés sur ses ballerines – elle avait essayé d’être féminine pour cette soirée -, rêvant qu’un prince charmant arrive sur son blanc destrier pour l’emporter vers de fabuleuses aventures ; éventuellement, un garçon pris de pitié pour cette petite créature isolée l’invitait à danser avec lui ; elle refusait systématiquement : c’est sûrement une mauvaise blague, qui voudrait danser avec moi, je suis qu’une merde.
Phrase trop longue. J'aurais mis un point à la place du premier point-virgule, et un mais/cependant/truc du genre à la place du second.

Citer
Elle n’aimait pas lire, elle n’aimait pas regarder la télévision, elle n’aimait pas courir ni faire du sport, elle ne comprenait pas comment jouer de la musique, elle n’avait pas même de sujets de conversation qu’elle appréciait.
Ça c'est peut-être un peu improbable, mais l'effet que ça rend est pas mal ^ ^

Citer
Claire-Luce était la mignonne petite blonde de l’école dont tous les garçons étaient amoureux en CM1.
Super phrase qui cadre bien le personnage :D

Citer
quand bien même ça arriverait, on se moquerait de moi.
"on se moquerait d'elle" irait mieux ici, je pense.

Citer
Il ne faut jamais importuner un boucher.
:D

Bon, alors moi j'ai bien aimé ! Au contraire de koutoumi j'ai trouvé que c'était fluide. C'est réaliste, tu réussis bien à nous faire ressentir de la compassion pour la pauvre Barthélémia (d'ailleurs, au passage, je trouve ce prénom peut-être un peu trop improbable pour quelqu'un que tu décris aussi banal :\? ) Et j'aime beaucoup la fin et le titre !
Si vous voulez être heureux, soyez-le. ~ Tolstoï

Anyway the wind blows...

Hors ligne Mooney

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #5 le: 02 Août 2013 à 20:00:08 »
Merci à tous pour vos commentaires très complets qui devraient bien m'aider.
A vrai dire, vis-à-vis de ce texte, j'ai toujours été mi-figue, mi-raisin. Il est dans les dossiers de mon ordinateur depuis quelques mois, je l'ai retravaillé par petites touches à plusieurs reprises sans en être satisfaite. J'étais partie sur l'idée du fait divers à peine explicable dans un petit bled paumé, et sur une image, une fille, l'archétype de la fille banale que l'on oublie facilement en grandissant, qui charcute son exact inverse, la starlette du lycée ; si possible en évitant le poncif de la reine du lycée méprisante qui fait régner la terreur dans la cour de récréation façon série américaine. Et j'avais aussi le titre. Et bref, j'ai toujours trouvé le rendu en dessous de ce que j'avais en tête, malgré deux-trois phrases qui me plaisaient pourtant bien dans la masse.
Donc voilà, merci de vos commentaires qui m'orientent énormément, de vos suggestions de correction, je vais essayer d'appliquer le plus possible ce que vous me conseillez et je pense revenir dans quelques jours avec une version améliorée. : )

Hors ligne Milora

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #6 le: 03 Août 2013 à 11:21:04 »
Citer
Il y a des personnes qui sont remarquables dès la petite enfance. Il y en a d’autres qui seront éternellement à l’écart ; Barthélémia Cendré faisait partie de cette deuxième catégorie de personnes
répétition de "personnes" (le deuxième est pas nécessaire d'ailleurs)

Citation de: Stelmaria
Citer

    A toutes les fêtes, elle était « la petite moche » en sweat-shirt et jean qui se tenait près du buffet, menton baissé, les yeux plantés sur ses ballerines – elle avait essayé d’être féminine pour cette soirée -, rêvant qu’un prince charmant arrive sur son blanc destrier pour l’emporter vers de fabuleuses aventures ; éventuellement, un garçon pris de pitié pour cette petite créature isolée l’invitait à danser avec lui ; elle refusait systématiquement : c’est sûrement une mauvaise blague, qui voudrait danser avec moi, je suis qu’une merde.

Phrase trop longue. J'aurais mis un point à la place du premier point-virgule, et un mais/cependant/truc du genre à la place du second.
Ah ? Moi j'ai bien aimé cette phrase telle qu'elle est, ça fait un peu résumé de la scène, je sais pas comment dire, j'ai trouvé que la longueur et les points-virgules servaient l'effet de la phrase...

Citer
Personne ne l’a jamais aidé
aidée

Citer
Madame Cendré dû jongler
dut
(dû c'est dans les tournures comme "elle aurait dû faire ceci")

Citer
elle n’avait pas même de sujets de conversation qu’elle appréciait.
Un tout petit peu lourd ? (je chipote, mais c'est parce que l'ensemble de la narration fait très maîtrisée, alors dès que je tique, je le relève)

Citer
Alors laissons-là
Laissons-la ? Sinon je comprends pas trop la tournure

Citer
Claire-Luce, elle, s’est présentée au concours, et a gagné haut la main. Elle a même été sacrée Miss Picardie. Elle est passée à la télévision. Barthélémia, elle, est restée derrière son étal de boucherie-charcuterie, où elle restera sans doute jusqu’à la mort.
Je sais pas si c'est fait exprès, mais je trouve que la structure avec le double "[prénom], elle,", si près, ça fait répétition...

Citer
alors qu’elle découpait un gigot d’agneau, elle entend un timbre de voix qu’elle reconnaît, aperçoit une démarche féminine qu’elle ne pourra jamais oublier.
Depuis le début j'ai l'impression d'un problème avec les temps mais j'arrivais pas à mettre de doigt dessus ; là c'est apparu dans cette phrase : elle découpait, c'est au passé, et elle entend c'est au présent : tu peux pas les mettre comme ça dans la même phrase...
D'ailleurs, je crois que c'est ça qui me chiffonnait dans le reste du texte : au début c'est clairement au passé, avec passé-simple/imparfait, genre là :
Citer
Elle ne savait pas vraiment comment s’occuper de sa fille, sa propre mère ayant été elle-même très absente. Sans le revenu de son défunt mari, Madame Cendré dû jongler entre divers petits emplois, jusqu’au jour où elle obtint un CDI au rayon boucherie-charcuterie de l’hypermarché de la commune.
et puis après tout d'un coup on passé au passé-composé. C'est pas le même système de temps, du coup ça me fait tiquer quand je lis...
En plus, après, tu repasses soudain au passé-simple :
Citer
   Barthélémia fit comme si elle n’avait pas reconnu cette créature de lumière.
Je pense qu'y a un petit problème de temps durant tout le texte : il faudrait harmoniser...

Citer
elle aurait aimée être regardée et appréciée
aimé


Citer
Je ne t’ai pas vu depuis longtemps
vue

Citer
On ne l’a plus revu depuis.
Revue, mais je comprends pas trop la phrase dans le contexte : si, on l'a revue, puisqu'on vient de la retrouver morte !


C'est bien mené, j'ai trouvé ça fluide. Par contre y a vraiment un souci avec les temps, plus le texte avance, plus ça se voit  :-X
Après, l'histoire est classique et j'ai moyennement accroché au fond, parce que ça se voit venir (même si c'est fait exprès, je me doute) et puis surtout j'aime pas les histoires sur les gens rejetés qui deviennent des paumés voire des cinglés (je trouve que c'est une sorte d'image stéréotypée qui colle aux gens pas populaires à l'école, et je trouve ça toujours lassant de retomber dessus  :-[ ), mais c'était bien mené, agréable à lire et ça avait pile le ton qu'il fallait pour ce genre d'histoires :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Surahki

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #7 le: 06 Août 2013 à 19:14:54 »
J'adore et j'approuve ! Ce texte est tout simplement brillant  :) L'ambiance est bien posée, les personnages sont bien typés sans être caricaturaux, et la fin s'amène logiquement sans choquer, mais je ne me suis pas non plus dit "bon c'est bon, on a compris, ramène-la ta fin bien cliché" (et crois-moi je me le suis déjà dit plus d'une fois), ici l'équilibre est gardé d'un bout à l'autre.
J'approuve aussi à fond le fait que la victime n'est pas la reine du lycée méprisante mais qu'au contraire elle essaie de se montrer sympa.

J'aime  ;)
Pourquoi se compliquer la vie à la simplifier alors qu'il est si simple de se la compliquer ?

Hors ligne neimheadh

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #8 le: 07 Août 2013 à 00:04:46 »
J'ai vraiment apprécié. J'ai peux de remarque à faire qui n'a pas déjà été dis...

Citation de: Mooneylink=topic=9518.msg164553#msg164553 date=1375383011
    A toutes les fêtes, elle était « la petite moche » en sweat-shirt et jean qui se tenait près du buffet, menton baissé, les yeux plantés sur ses ballerines – elle avait essayé d’être féminine pour cette soirée -, rêvant qu’un prince charmant arrive sur son blanc destrier pour l’emporter vers de fabuleuses aventures ; éventuellement, un garçon pris de pitié pour cette petite créature isolée l’invitait à danser avec lui ; elle refusait systématiquement : c’est sûrement une mauvaise blague, qui voudrait danser avec moi, je suis qu’une merde.
Effectivement, la phrase est longue... Mais ma foie, je l'aime bien comme ça. Ca donne un joli effet de destructuration... Comme le texte parle, en somme, d'une plongée dans la folie, je trouve qu'elle apporte au contraire, de part sa lourdeur, une impression d'enfouissement dans le cafard du personnage.
Le seul "truc" qui m'ennuie et qui n'a pas été notifié, il me semble, c'est l'emploie de la 3° personne tous au long du texte, et l'arrivée de la première personne pour "qui voudrait danser avec moi, je suis qu'une merde.". En la réécrivant d’ailleurs, je m’aperçois que j'aurais mis la ponctuation suivante : "qui voudrait danser avec moi? Je suis qu'une merde".

Tu aurais du plus étoffer ta conclusion je pense. Ta protagoniste tombe dans la folie meurtrière comme on se prend une morue sur la tronche au carnaval de Dunkerque... Ca la rendrait encore plus attachante. Et également essayer d'appuyer sur le fait que Claire-Luce la considère réellement comme son amie... Histoire de rendre le dénouement encore plus tragique et de faire monter Klinex en bourse (allez-y... J'en suis actionnaire).

Après, des petites lignes vides entre les paragraphes, ou seulement certain, aurait aidé à la lecture... Mais bon, je doute que le support n'est pas très adéquat.

Pour conclure, j'ai adoré. Si tu penses le re-travailler pour corriger toutes ces petites erreurs, je serais heureux de le re-lire :).

Hors ligne Surahki

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Re : Rayon Boucherie
« Réponse #9 le: 07 Août 2013 à 00:08:02 »
Une simple remarque sans rapport avec le texte, mais adressée à neimheadh :
Citer
comme on se prend une morue sur la tronche au carnaval de Dunkerque


Merci pour le fou rire ! ;D
Pourquoi se compliquer la vie à la simplifier alors qu'il est si simple de se la compliquer ?

 


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