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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le mausolée

Auteur Sujet: Le mausolée  (Lu 1413 fois)

Hors ligne Ned Leztneik

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Le mausolée
« le: 18 Juin 2013 à 06:57:58 »
Il fallait bien donner un titre, ne serait-ce que pour l'index. En fait, il s'agit-là d'un extrait de mon tome deux. Vous remarquerez un passage en italique, et c'est la raison d'être de ce post. En effet, le contexte est triste. Judith a perdu sa sœur récemment, mais elle est aussi de plus en plus fantasque suite à cet évènement, et j'ai essayé de renforcer cela avec un trait d'humour ...  Quelque chose comme de l'absurde dans la situation qu'elle traverse dans ce passage.

Cest donc une question qui porte sur le fond, à savoir si le passage en question n'est pas trop décalé par rapport au reste de cet extrait.

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En revenant de Belgique, Judith consacra plusieurs soirées à se renseigner sur les arts manuels, pour découvrir un site traitant de modélisme annonçant une exposition au Grand Palais. Elle essaya, sans succès, de convaincre son mari de s'y rendre, un dimanche pendant lequel il n'assurait pas la permanence, et devant son refus, elle se résolut à y aller seule.

Elle y passa la plus grande partie de la journée, et posa de nombreuses questions aux artisans qui présentaient leurs travaux, particulièrement ceux réalisant des décors en trois dimensions, à base de plâtre. Elle découvrait un monde nouveau, tout de finesse, en admirant des réseaux de trains miniatures, élaborés patiemment et avec minutie, par beaucoup de ces amateurs qui exposaient leurs chefs-d’œuvre.

Elle rencontra le gestionnaire de ce site, lui-même exposant, accompagné de quelques-uns de ses collaborateurs, tout de vert habillés avec des t-shirts marqués "Forum-train", et engagea la discussion pour exposer son projet. Elle expliqua avoir vu un mausolée, et vouloir le reproduire sous forme d'une maquette, qu'elle voulait placer dans son salon, en hommage à sa sœur, partie trop tôt. Les conseils que cette équipe lui prodigua lui permirent de trouver toutes les fournitures nécessaires, de nombreux commerçants étant présents, et elle rentra le soir, les bras chargés de plusieurs paquets.

Avant de quitter l'exposition, elle la parcourut à nouveau pour regarder les stands des exposants qu'elle n'avait pas encore vus, et resta songeuse en se rendant compte que ce milieu regorgeait également de professionnels qui tentaient de vendre leurs produits. Un petit éditeur, motrice-magazine, offrait même des porte-clés à ceux qui s'abonnaient, essayant de fidéliser d'éventuels clients. Elle s'amusa à penser que cet exposant, qui se présentait d'une voix tonitruante à tous ceux qui passaient à proximité sous le nom de Monsieur Angelo, aurait, pour le moins, pu porter une cravate.

Il lui restait à acquérir un dernier élément. Judith proposa à Emi de l'accompagner chez un antiquaire, pour trouver un petit meuble ancien à tiroirs, avec des pieds ouvragés, et elles s'accordèrent sur le dimanche suivant pour en faire l'achat, après avoir consulté d'anciens catalogues, conservés par elle depuis plusieurs mois.
Elle s'attela à la tâche dès le lendemain, et profitait de chaque instant de loisir pour mener à bien sa réalisation. Les photos prises en Belgique lui furent de la plus grande utilité pour dessiner les premières formes composant sa maquette, qu'elle peaufinait petit à petit, se couchant souvent avec l'extrémité des doigts blanches de plâtre. Elle termina l 'objet après un mois de travail, le décorant finalement de symboles dorés représentant les mouvements du soleil et de la lune, avant de le poser sur le petit meuble, encadré de deux bougies, deux âmes, celles de deux sœurs réunies.

Travailler de ses mains, malgré la douleur qui la rongeait, ces efforts déployés pendant quelques semaines, avait développé son sens du toucher, qui résonnait à présent en elle telle une ode composée pour son ainée.
« Modifié: 18 Juin 2013 à 07:32:21 par Ned Leztneik »
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Re : Le mausolée
« Réponse #1 le: 18 Juin 2013 à 10:25:48 »
Je sais que t'as demandé le fond, mais je relève au passage :
Citer
Travailler de ses mains, malgré la douleur qui la rongeait, ces efforts déployés pendant quelques semaines, avait développé son sens du toucher, qui résonnait à présent en elle telle une ode composée pour son ainée.
Je trouve la phrase bancale : la première partie : travailler de ses mains... quelques semaines" : je suis pas sûre que l'enchaînement travailler de ses mains/ces efforts, portant sur le même verbe, soit très correcte ; en tous cas c'est pas super clair à la lecture... En plus, ça fait de "ces efforts" le sujet, au même titre que "travailler", du coup il faudrait un pluriel à "avait"...

Citer
se couchant souvent avec l'extrémité des doigts blanches de plâtre.
blanche

Il y a aussi répétition de "exposant/exposition", qui s'entend à la lecture.


Alors, pour ta question sur le fond :
personnellement, je ne trouve pas du tout que le passage en italique cloche ou détonne. L'ensemble de ton extrait est très froid, très distant, on n'est pas du tout dans la tête de Judith, c'est très descriptif. Du coup, le petit passage en italique est un peu la seule incursion dans sa tête, et je trouve ça bienvenu. En plus ce n'est pas fondamentalement humoristique, donc ça ne tranche pas avec le contexte triste que tu évoques (c'est juste une phrase légère). Et puis même quand on est triste, y a des petits moments de légèreté. Du coup je pense que tu peux tout à fait le garder ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Le mausolée
« Réponse #2 le: 18 Juin 2013 à 11:27:54 »
Merci, Mil. Juste un point, sur le pluriel que tu préconises: malgré la virgule ? Parce que dans mon idée, c'est travailler qui est le sujet, tandis que le reste est entre virgules. Revoir peut-être la construction de toute la phrase , voire en faire deux ?
« Modifié: 18 Juin 2013 à 11:29:56 par Ned Leztneik »
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Re : Le mausolée
« Réponse #3 le: 18 Juin 2013 à 11:34:40 »
Salut,
je relève d'abord ceci:
un site traitant de modélisme annonçant une exposition au Grand Palais
ceux réalisant des décors en trois dimensions, à base de plâtre
On en déduit que l'exposition est uniquement réservée à un art manuel.
Le travail est fait avec professionnalisme. Est-ce le terme professionnalisme qui induit le songe et fait penser à un autre exposant
Un petit éditeur, motrice-magazine, offrait même des porte-clés
On pourrait croire que l'éditeur se mêle aux exposants! Mais comme elle songe!!!
Une petite remarque sur un bout de forme:
convaincre son mari de s'y rendre
 elle se résolut à y aller seule.
Le premier bout de phrase nous laisse penser qu'elle prie son mari pour qu'il aille seul à l'exposition.
le deuxièmme bout de phrase nous fait penser qu'elle le prie de l'accompagner!
Tout le plaisir de la lecture.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

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Re : Re : Le mausolée
« Réponse #4 le: 18 Juin 2013 à 12:07:12 »
Merci, Mil. Juste un point, sur le pluriel que tu préconises: malgré la virgule ? Parce que dans mon idée, c'est travailler qui est le sujet, tandis que le reste est entre virgules. Revoir peut-être la construction de toute la phrase , voire en faire deux ?
Je pense que pour plus de clarté, revoir la phrase ou la scinder en deux est peut-être pas plus mal.
Sinon, pour le côté strictement grammatical, je penche vraiment pour le pluriel pour le verbe puisque "ces efforts déployés" c'est comme un complément de "travailler", non ? Enfin si on enlève la subordonnée avec malgré, ça donne : Travailler de ces mains, ces efforts déployés, avai(en)t développé... Enfin bref, même comme ça j'avoue que je trouve ça un petit peu bancal  :-X
De rien !
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