Printemps en enfer
Trois jours de jeûne et un printemps en enfer,
Causé par le feu qui consume mon corps.
Elle agite de loin toutes mes affres et les serre,
Dans ses reins tout au fond, profond et très fort !
Quelle bête cette dame, charmeuse des âmes
Sans pitié ni vergogne ni bonté ni clémence
Faucille à la main, dans ce beau psychodrame,
Elle fauche puis récolte, et annonce la sentence !
Je la prend chaque soir comme une drogue quotidienne
Sur sa couche ou la mienne, avant chaque sommeil.
Pour que puisse apparaitre cette belle tyrolienne
Qui lui fait arpenter les sommets de l’éveil.
Le soir cet opium permis me laisse revivre
Au son de chaque souffle au creux de mon cou.
Le symbole du roi érigé qui l’enivre
Lui découpe les entrailles et chavire le tabou.
On s’endort par la suite, imagine, moi en elle,
Sans plus bouger, sans plus vivre, sans muer !
Que de rêves, que de rêves, rituels,
Je me remues en toi pour que tu puisses m’aimer.
Au réveil, je jeûnais enchaîné dans mon rêve
Je n’ai pu me sortir de ce monde vulgaire.
Elle a fait de ma vie une guerre sans trêve,
Un carcan de misère et un mont en enfer.