L’écriture est, pour certains, une manière de se libérer. Pour moi, c’est le moyen de laisser libre court à la personne que je suis vraiment. Stéréotypé, vous allez me dire. C'est vrai. Il faut croire que je suis le modèle de la société.
Vous est-il déjà arrivé de n’être que le reflet de la personne que les gens voient en vous ? D’avoir peur de réellement se montrer, de peur qu’ils n’aiment pas ce qu’ils voient. C’est ce à quoi se réduit la majeure partie de la société des jeunes d’aujourd’hui. Je n’aurais pas la prétention de me mettre à part, ou encore de me définir comme « différente » puisque, moi aussi, je fais partie de ces jeunes. Nous en faisons d’ailleurs tous partis, ne nous voilons pas la face. Un simple exemple. Imaginez-vous un rappeur écouter du Mozart ? C’est ironique. Incompatible.
Revenons à notre affaire. A mon âge, sommet de l’adolescence, le paraître est omniprésent. On ne montre que ce que les gens veulent voir, que ce qu’on s’autorise à montrer, pour ne pas nous laisser blesser. On est à un âge où on se pose des questions, où on découvre que la vie n’est pas toujours notre « amie » comme nous dit un certain Florent Pagny. Des amitiés naissent, d’autres meurent. On connait nos premières trahisons, nos premiers amours. On se rend compte que les personnes qui ont toujours été là pour nous, qui nous ont vus grandir, nous épanouir, ne nous connaissent finalement plus. C’est un âge où on se sent seul. Cessons de nous mentir, c’est le cas. Les dernières personnes auxquelles on veut se confier, ce sont nos parents. On prend nos amis pour notre nouvelle famille, en oubliant que ces « amis » ne connaissent & n’apprécient que la personne qu’on laisse paraître. En outre, ils cherchent tant bien que mal à trouver la faille. Nos parents lisent nos journaux intimes, nos amis parlent les uns sur les autres. On entre dans un monde d’hypocrites. Un monde où on profite du malheur des autres. Un monde où la banalité est reine. Ce monde-là. Notre monde. Celui que nous critiquons, sans cesse, cherchant un coupable pour toutes les douleurs et les peines du monde. On se tourne généralement vers le misanthrope qui hait tellement l’être humain qu’il en vient à s’enfermer sur lui-même, divisant la société. Ou encore sur les attentats à caractères religieux qui encouragent la montée du racisme. Sans oublier ces riches qataris qui tuent le monde un peu chaque jour avec leur industries, assoiffés par l’argent. Mais nous nous mentons, à nous-mêmes. Nous, qui sommes censés être les plus fidèles envers notre personne. Nous, à qui nous sommes censés ne rien cacher. Nous cherchons le méchant dans le monde manichéen dans lequel nous nous enfermons. Mais nous ne faisons tout ça que dans un seul but : ne pas admettre que chacun de nous est un destructeur de ce monde. Nous n’agissons pas, malgré les paroles et les volontés, la situation reste inchangée. Et ce n'est qu'après avoir enfin assumer cela, que nous trouverons notre juste coupable : nous.
Amicalement votre, une adolescente évoluant dans un monde qui lui est désobligeant.