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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Manifeste pour la liberté d'expression

Auteur Sujet: Manifeste pour la liberté d'expression  (Lu 1643 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Manifeste pour la liberté d'expression
« le: 07 Août 2015 à 18:34:34 »
Alors...
Bonsoir, voici le deuxième texte seulement que je délivre ici. Quelle satisfaction incontrôlable ! Et je veux encore une fois vous remercier pour votre accueil et pour cette ouverture d'esprit que vous revendiquez, or qui n'est pas du goût de tout le monde. On peut décidément pas tout avoir, hein !
J'ai écrit ce texte pour préparer la promotion de mon petit trésor,
Recueil d'un éloignement trop intime
Peut-être que certains d'entre vous l'on déjà lu car il est diffusé sur la toile, accessible à tous. Dans ce cas n'hésitez pas à y joindre  votre critique assassine, mortelle pour l'écrivain en somme, et porteuse "d'un égoïsme je ne sais quoi" ; je l'ai intitulé
Manifeste pour la liberté d'expression
À noter que tout écrivain se confronte à la critique, petit comme grand, stupide comme intelligent.
Je n'ai rien de plus à ajouter.
Ce n'est pas l'écrit d'un "dictateur normal" mais bien celle d'un auteur anormal et inhabituel :


       Il y a beaucoup de choses à dire. Avons-nous des raisons de déclarer diverses choses tout au long de cette étrange vie ? Les aveux sont inévitables. Les réflexions sont des instants très sérieux. Il ne faut pas s'y perdre ! Je ne redoute pas les réflexions qui m'envahissent.

          La liberté d'expression n'existe que vis-à-vis de son combat acharné contre la censure, n'est-ce pas ?

          Il faut savoir écrire et douter de ce qui est dit. Suis-je le seul à l'avoir compris ? Ai-je bénéficié d'un savoir exceptionnel !? L'écriture ne peut pas s'imposer par elle-même ! Comment faire vivre les mots avec simplicité et assurance ? Comment prouver aux autres qu'il y a des phrases qui influencent le reste des pensées ? Ce sont tous les constats qui m'amènent ici à cet instant. Rien n'est plus complexe. Voilà plusieurs années que je veux questionner la littérature et le verbe afin de savoir s'il est bon d'écrire, ou s'il vaut mieux se taire. Je n'ai pas encore de réponse. Je ne suis pas sûr de pouvoir un jour comprendre ce qu'il se passe dans l'immédiat. La parole est un risque extrême dans un monde trop hostile à mon goût. Suis-je encore capable d'écrire aujourd'hui ? Le serai-je demain ? Il y a souvent des obstacles invisibles. La peur... La censure est un obstacle omniprésent au quotidien ; il faut prendre son courage à deux mains, s'affirmer, se confronter à la censure ; mais vaudrait-il mieux que je me protège ?

          L'espace entre liberté et isolement est minime, un pas de travers et c'est le retour en prison, et pour de bon !

          Que dire à propos des censeurs ? La violence est une routine lorsque l'on est un romancier ; il suffit de le demander à un auteur pour qu'il réponde immédiatement : « je subis chaque jour les fougues d'individus sordides, d'étranges phénomènes tapis dans l'ombre et attendant leur heure pour me détruire. » Avez-vous bien observé les poètes ? Ils sont de bien malheureuses cibles face à la sauvagerie des lecteurs impitoyables. Il faut surtout rendre hommage à ces courageux visionnaires. Apprenez que seul un lecteur peut vouloir censurer un écrivain !

          Je ne suis pas sûr de vouloir continuer à m'exprimer ainsi. Il y a peut-être encore des dangers invisibles...

          Comment trouver le courage d'avouer ?

          Je vous invite ici à quitter votre lecture ; si vous continuez à sonder ces lignes, c'est que vous vous rendez vous-même coupable de votre propre curiosité : ne venez m'accuser d'aucune trahison !

          Jeune, j'ai beaucoup lu et beaucoup aimé lire ; je me suis alors essayé à la rédaction de quelques poèmes. Très vite, le goût pour le monde des lettres a habité ma main : à tel point que je n'arrive dorénavant plus à en sortir. Ce monde étrange m'a fait naître un peu partout. Il y a eu alors une transition vers l'horreur. À force de travailler sur la valeur des mots et sur la force des expressions, écrire est devenu impossible. Mon périple est empoisonné par la censure encore et encore ! Personne n'en ressort indemne. Plus j'affine ma plume, plus j'accumule d'ennemis et de difficultés. C'est maintenant un voyage sans retour dans une arène dangereuse.

          Oh ! N'hésitez pas à apporter votre signature à cette infamie généralisée...

          La première épreuve à laquelle doit se confronter un auteur professionnel, c'est le regard de ses lecteurs autoritaires. Il peut ignorer la critique un jour, cependant elle réapparaît le lendemain. Comment peut-on être sur tous les terrains en même temps ? C'est l'horreur. Saurai-je surmonter les défis qui s'offrent à moi, et résister aux atteintes agressives ? Ai-je encore le droit de vivre ? Ai-je encore un espoir ? Vais-je alors être assassiné en écrivain solitaire, et mort pieux au fond d'un trou ? ou vaincu par les humiliations consécutives ? La faiblesse me dévore !

          Il faut retrouver la raison : c'est alors que, au moyen d'un travail d'auteur que j'estime par-dessus tout, l'étendue de mon expérience et la grandeur de ma persévérance sauront, j'en suis convaincu, vaincre la terrible censure, et son affreuse main de fer et de numérique ; vaincues par la fiabilité de ma réussite... Ce sera la victoire ou la mort. Ma vie est ici mise en jeu. Il n'y a plus aucun ennemi que je n'ose défier, publiant mes œuvres enfin. Je défie chaque ennemi un à un. Et tous ceux qui voudront m'arracher cette gloire, la dénaturer, la démembrer, se ratatineront à l'instant sur ce mur de glace et de lettres que j'ai su ériger. Et ainsi, la censure ne pourra plus contenir mes textes et mes réflexions. Toute cette généreuse et petite expression se déversera sur l'esprit des grossiers récepteurs, vaincus par l'ampleur de ma force et de mon courage. C'est dit : le monde vient de mettre pied à terre. J'observe mon immense incrédulité face à ma propre prise de pouvoir sur le paysage littéraire, surpris par une grandeur que je n'eusse pas osé envisager quelques années auparavant.

          Heureux dans la croissance, je deviens un monstre d'affirmations et de littérature ; et vous n'êtes décidément qu'un(e) enfant. C'est une nouvelle autorité qui apparaît au hasard d'une lecture. Les choses ont basculé. Cependant on peut affirmer présentement que la force d'un écrivain se mesure précisément à la violence de ses contradicteurs : plus ils sont nombreux, plus l'homme est grand ; critiques littéraires, lecteurs enragés et lectrices folles, fanatiques religieux pleins de haine, censurez ces lignes ! Bannissez-moi ! Faites donc votre travail le plus immonde ! et empêchez-moi vite de faire le mien, si maintenant vous vous en sentez encore un peu capables...

Hors ligne Kanimp

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Re : Manifeste pour la liberté d'expression
« Réponse #1 le: 07 Août 2015 à 19:25:49 »
Citer
La liberté d'expression n'existe que vis-à-vis de son combat acharné contre la censure, n'est-ce pas ?
Je ne trouve pas. Ayant usé mes fonds de culottes à l’école, il y a une petite grosse trentaine d’année. La liberté d’expression était un des droits fondamentaux les plus importants.
C’est lui qui permettait de tenir un discours à l’encontre du Gouvernement (propos justifié bien évidemment) et d’y survivre.
Donc ce droit permettait de garantir au citoyen qu’il vivait dans une démocratie et pas dans une dictature.

Aujourd’hui, le droit à la liberté d’expression est redondant au fonctionnement normal d’une démocratie. C’est-à-dire qu’on l’on ne peut pas être arrêté ou empêcher de parler à titre préventif.
Une fois les propos tenu, il peut faire l’objet de poursuite car ils ont enfreints le droit d’un tiers.

La lutte contre la censure, est souvent utilisée afin d’empêcher les poursuites causés par des discours illégaux. Ne désespérons pas, bientôt american way of life, ce jour naitra. Car à partir de ce moment là, tout le monde pourra dire ce qu’il veut à l’encontre de n’importe qui (sauf du Gouvernement).
De cette manière la première règle de la dictature « diviser pour mieux régner » s’instaure en douceur sans que personne ne le remarque.

Citer
Rien n'est plus complexe. Voilà plusieurs années que je veux questionner la littérature et le verbe afin de savoir s'il est bon d'écrire, ou s'il vaut mieux se taire. Je n'ai pas encore de réponse.
     
L’art est la politique du pauvre et le contre pouvoir du peuple à l’encontre de son Gouvernement. C’est pour cela que lors d’une phase dictatoriale, la censure s’applique afin de faire taire à la source les déclencheurs de révolution.
L’histoire de Belgique le prouve. Pendant un opéra, un ténor chantait aux armes, aux armes. Le peuple l’a entendu et la Belgique naissait.

Citer
La peur... La censure est un obstacle omniprésent au quotidien ; il faut prendre son courage à deux mains, s'affirmer, se confronter à la censure ; mais vaudrait-il mieux que je me protège ?
       
Je pense que tu confonds censure et éthique. Le premier empêche la diffusion après analyse et l’autre l’empêche sans même le contrôler car il va à l’encontre des bonnes mœurs et de ses convictions personelles.

Citer
Mon périple est empoisonné par la censure encore et encore ! Personne n'en ressort indemne. Plus j'affine ma plume, plus j'accumule d'ennemis et de difficultés. C'est maintenant un voyage sans retour dans une arène dangereuse.

Dans ce cas est-ce que le combat en vaille la peine ?

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La première épreuve à laquelle doit se confronter un auteur professionnel, c'est le regard de ses lecteurs autoritaires. Il peut ignorer la critique un jour, cependant elle réapparaît le lendemain. Comment peut-on être sur tous les terrains en même temps ? C'est l'horreur. Saurai-je surmonter les défis qui s'offrent à moi, et résister aux atteintes agressives ? Ai-je encore le droit de vivre ? Ai-je encore un espoir ? Vais-je alors être assassiné en écrivain solitaire, et mort pieux au fond d'un trou ? ou vaincu par les humiliations consécutives ? La faiblesse me dévore !

Le pire est d’être récupéré par le système et de dire l’inverse de se que l’on voulait au départ pour gagner de la tune (beaucoup, je ne parle pas à titre alimentaire).


Citer
Les choses ont basculé. Cependant on peut affirmer présentement que la force d'un écrivain se mesure précisément à la violence de ses contradicteurs : plus ils sont nombreux, plus l'homme est grand ; critiques littéraires, lecteurs enragés et lectrices folles, fanatiques religieux pleins de haine, censurez ces lignes ! Bannissez-moi !
J’ai tendance à considérer l’auteur sur base de ce qu’il écrit. Considérer sa valeur sur base de ses contradicteurs ou de sa popularité va plus dans le sens de la buzzométrie actuelle.

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Manifeste pour la liberté d'expression
« Réponse #2 le: 07 Août 2015 à 20:02:22 »
Un Belge a parlé,
Et il a bien parlé,
Sa parole vaut de l'or.
Que tout le monde en profite !
Je suis très ému par ta parole, Kanimp. Ça a eu un certain effet de surprise, mais beaucoup de vertus. C'est la première fois que j'ai l'occasion de discuter avec toi, et je trouve que tu as une vision forte, pleine de bonnes références, et sincère. Bravo, tu as dit des mots que je ne pourrais pas t'enlever de la bouche. Personne ne peut effacer ce que tu défends. Il me paraît impossible de revenir sur ce que tu viens de dire, sinon pour te remercier, et te dire que je t'ai entendu. Il y a bien encore des hommes vivants sur cette Terre qui veulent défendre la vie ! C'est très important pour moi d'entendre une position aussi claire et aussi personnelle, ça m'aide à avancer. Je ne regrette d'avoir laissé là mon Manifeste. Il y a parfois une ironie dont je fais preuve est que tu n'as pas saisie, mais qui renforce encore plus ce que tu dis ; autrement dit, je vais parfois plus dans ton sens que tu ne le vois, ce qui m'amène à te remercier à nouveau. Tu as vraiment bien fait de dire ces choses-là si elles comptent autant pour toi. Effectivement, la liberté d'expression est un sujet qui nous concerne tous et sur lequel nous avons tous une position très personnelle, ce qui me renforce dans l'idée d'en avoir parlé.
Tu parles de l'American Way of life  et tu as raison de dire que c'est une vision qui diffère de la vision européenne. Que puis-je dire à ce sujet-là si ce n'est que nous avons des avis légèrement divergents, effectivement, mais que nous avons tous les deux la volonté de laisser parler l'un et l'autre, car c'est aussi ça, la liberté de parole.
Il y a des sujets difficiles auxquels répondre correctement est difficile.
Je suis très ému,
Merci pour ce geste à la fois courageux en engagé. Tu ne m'avais pas prévenu, dis donc ! Je n'oublierai pas la force de discours, crois-moi !

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Manifeste pour la liberté d'expression
« Réponse #3 le: 07 Août 2015 à 22:47:22 »
Effectivement, c'est une introduction. La suite est sur Epub, à lire avec Adobe Digital Editions :
http://www.alantreard.fr/Les_Reunions_empoisonnees-AlanTreard.epub
Et la vraie suite, c'est le roman :
http://www4.fnac.com/livre-numerique/a8905654/Alan-TREARD-Recueil-d-un-eloignement-trop-intime#FORMAT=ePub

Merci pour ton commentaire Champdefaye, effectivement il faut privilégier le second degré, même si le sujet est là. C'est aussi une sorte de description antipathique d'une entité folle, plutôt que mégalomanie, il s'agit d'un effet de style très fréquent (Baudelaire, Lucrèce) qui consiste à considérer l'auteur comme un génie tout puissant alors qu'il n'est en fait qu'une araignée qui se trémousse sur sa plume/son clavier. Ce genre d'illusions sont très amusantes pour les gros rigolards, moins pour les gens très sérieux. Notamment faisant le choix d'aborder un sujet délicat, la liberté d'expression, je prends le risque de générer des contradicteurs et des haines, mais tout l'art est de désigner cette même émotion qui fait en fait de nous des hommes sensibles, réagissant et s'accordant ou non avec nos lectures.
En fait, c'est une apologie de la littérature, de l'expression littéraire (difficile à cerner je l'admets ; c'est ma signature)
Voilà

 


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