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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Rêve meurtrier (2ème jet)

Auteur Sujet: Rêve meurtrier (2ème jet)  (Lu 1670 fois)

Hors ligne Zamy

  • Prophète
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  • Girafe poutreuse
Rêve meurtrier (2ème jet)
« le: 02 Avril 2013 à 20:02:46 »
  Voilà, m'suis rendue compte que ça faisait un bout de temps que j'avais corrigé ce texte avec vos commentaires, mais que j'avais toujours pas eu le temps de vous montrer ces petits changements! :-¬?
Je vous souhaite une bonne lecture, ou en tout cas j'espère que ce ne sera pas la pire de votre vie!  :-[

Cher inconnu, chère inconnue,
Lisez cette lettre si vous en avez le courage, mais une fois que vous l’aurez commencée, vous ne pourrez plus renoncer. Vous décidez de connaître toute mon histoire ou de ne rien savoir de moi.
Si vous parcourez ces lignes, vous avez fait votre choix. J’ai donc une question pour vous. Avez-vous déjà vécu l’expérience d’un rêve récurrent ? Un rêve qui, chaque nuit, se répète inlassablement dans votre esprit, toujours identique ? Moi, c’est exactement ce que je vis depuis mes douze ans. Jour et nuit, lorsque je ferme mes paupières, une image s’impose à moi ; alors que tout le monde sommeille, un sourire aux lèvres, un cauchemar me berce. Mais après tout, ce que j’ignore, c’est si cela est véritablement le fruit de mon imagination ou la terrible vérité.
 Traitez-moi de folle si cela vous fait plaisir, mais après avoir lu mon histoire, demandez-vous dans quel état vous seriez si c’est à vous qu’elle était arrivée.
Lorsque mes paupières se ferment, une scène s’immisce dans mon esprit, tel un poison se répandant dans le corps de sa victime. Tant que mes yeux sont clos, mais que je suis consciente, elle reste présente, et me semble même empirer de seconde en seconde. Un cadavre gît devant moi dans une mare de sang, ses yeux vitreux posés sur moi. Sa gorge sectionnée est presque impossible à distinguer à travers le liquide rougeâtre qui s’en découle. Il doit avoir une trentaine d’années, a les cheveux noirs et les yeux verts. Le macchabé se décompose devant moi si rapidement que j’ai la sensation de traverser plusieurs jours en quelques secondes.
Certains soirs, les rares où, malgré cette vision d’horreur inimaginable, mon esprit trouve le chemin menant au sommeil calme et paisible auquel j’aspire tant, une scène pire encore m’attend, un dernier obstacle entre moi et l’imaginaire. Obstacle que je n’ai jamais franchi. Je vois une enfant, un couteau dans sa main droite, s’avançant lentement vers un homme. Celui-ci est dans le noir, et son visage m’est invisible. J’entends l’enfant hurler quelque chose, mais ses paroles sont incompréhensibles. L’homme répond calmement, cependant ses mots ne semblent pas apaiser la jeune fille. Elle s’élance vers l’inconnu, son arme brandie. Pris par surprise, celui-ci n’a pas le temps de réagir ; le couteau transperce la peau de son cou, et il s’effondre sans un cri, sa bouche ouverte laissant s’échapper un filet de sang. La jeune fille, tremblante, laisse échapper l’arme de ses doigts. Dans un bruit métallique, celle-ci touche le sol. Les jambes de l’enfant fléchissent, et à son tour, elle tombe par terre.
C’est à ce moment que je vois distinctement le visage de l’homme. Il est, sans aucun doute, celui que je regarde se décomposer lorsque je ferme mes yeux. Mon cauchemar mène alors mon regard vers la jeune fille. Elle est couverte de sang, mais je sais que ce n’est pas le sien. Des larmes coulent le long de son visage fin, et ses longs cheveux noirs tombent en cascade sur ses frêles épaules. Je sais qui est cette personne. C’est moi, à l’âge de dix ans, et je viens de tuer mon père.
C’est généralement à ce moment que je me réveille en sursaut, baignée de sueur, tremblant de tout mon corps, le visage figé dans une expression de terreur indescriptible.
Mon père, Henri, est réellement décédé un soir de juillet, alors que j’avais à peine dix ans. Un meurtre, dans lequel je ne serais que témoin oculaire, selon la police. Malheureusement, que ce soit à cause du choc émotionnel lié à la perte de ce membre de ma famille ou de la culpabilité, je ne garde que très peu de souvenirs de cette nuit fatidique.
L’enquête qui s’est déroulée par la suite a permis d’appréhender un suspect, nommé Laurent Den, alors qu’il cherchait à quitter la ville. La fouille menée plus tard dans sa voiture et ses affaires a permis de retrouver des bijoux et autres objets volés dans notre maison.
Suite à un interrogatoire de plusieurs heures, il a avoué s’être introduit illégalement dans notre domicile afin de nous cambrioler, mais a nié être responsable de l’assassinat de mon père, et ce, malgré les preuves accablantes qui pesaient  sur lui : l’arme du crime laissée sur les lieux portant des traces de ses doigts, un tee-shirt maculé de sang dans le coffre de son véhicule, ses empreintes décelées sur le corps de la victime… Peu après son arrestation, il s’est suicidé, et l’affaire a été classée.
C’est après sa mort que mes cauchemars ont commencé. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai décidé d’élucider ce mystère. Grâce à mes connaissances en informatique, j’ai piraté le dossier de cette affaire pour étudier chaque détail.
J’en suis arrivée à trois éventualités. La première, est que ce Laurent est effectivement l’assassin. Nous l’avions surpris, il a tué mon père pour s’échapper.
Ma seconde conclusion est plausible également. Grâce à des recherches, j’ai découvert que Laurent Den et mon père travaillaient dans la pègre. Mon père, dans la journée, avait reçu la visite d’une personne et je n’avais pas eu l’autorisation de le déranger pendant ce temps. Mais j’avais vu l’invité, c’était Laurent Den. A partir de là, les évènements correspondraient avec mon cauchemar, jusqu’à sa mort.
En connaissant les détails de la vie de Laurent Den, j’ai pensé que la pègre l’ait envoyé assassiner mon père. Le cambriolage servirait alors de leurre.

Je vous ai tout raconté. Vous comprendrez aisément pourquoi cela ne peut plus durer. Je suis fatiguée de collectionner les nuits blanches, lasse d’être hantée par la même vision chaque soir, horrifiée à l’idée que d’autres vivent une atrocité semblable à celles que j’ai connu. J’ai dix-sept ans, je m’appelle Anna, et j’ai décidé de connaître la vérité. Je n’ai plus le choix, je dois demander à mon père. Vous l’aurez compris, vous lisez la lettre d’une morte. De l’au-delà, je sais maintenant ce qui s’est passé. Je voulais juste vous faire partager mon histoire, et vous faire méditer dessus. J’ai retranscrit sans mentir chaque détail important de cette affaire, mais les noms mentionnés sont faux.
Adieu, monsieur, madame, ou peut-être mademoiselle, vous qui connaissez mon passé.
Membre du comité de soutien pour la mutation de Zagreos en Za'gros Cheveux.

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
  • Messages: 362
Re : Rêve meurtrier (2ème jet)
« Réponse #1 le: 02 Avril 2013 à 20:46:32 »
Yo !

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Cher inconnu, chère inconnue,
Lisez cette lettre si vous en avez le courage, mais une fois que vous l’aurez commencée, vous ne pourrez plus renoncer. Vous décidez de connaître toute mon histoire ou de ne rien savoir de moi.
Si vous parcourez ces lignes, vous avez fait votre choix.
Bon, déjà, je suis pas une grande adepte des adresses au lecteur, ça me parait toujours, au mieux artificiel, au pire maladroit.
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Avez-vous déjà vécu l’expérience d’un rêve récurrent ? Un rêve qui, chaque nuit, se répète inlassablement dans votre esprit, toujours identique ? Moi, c’est exactement ce que je vis depuis mes douze ans. Jour et nuit, lorsque je ferme mes paupières, une image s’impose à moi ; alors que tout le monde sommeille, un sourire aux lèvres, un cauchemar me berce.
Là, j'aime mieux, ça donne envie de lire la suite. Je pense qu'à ta place j'aurais même directement commencé par ça.
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Mais après tout, ce que j’ignore, c’est si cela est véritablement le fruit de mon imagination ou la terrible vérité.
"après tout", ça laisse supposer que la question est secondaire, alors que bon, c'est un peu LE truc, quoi. Et sinon "terrible vérité", je trouve ça too much.
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Lorsque mes paupières se ferment, une scène s’immisce dans mon esprit, tel un poison se répandant dans le corps de sa victime. Tant que mes yeux sont clos, mais que je suis consciente, elle reste présente, et me semble même empirer de seconde en seconde. Un cadavre gît devant moi dans une mare de sang, ses yeux vitreux posés sur moi. Sa gorge sectionnée est presque impossible à distinguer à travers le liquide rougeâtre qui s’en découle. Il doit avoir une trentaine d’années, a les cheveux noirs et les yeux verts. Le macchabé se décompose devant moi si rapidement que j’ai la sensation de traverser plusieurs jours en quelques secondes
J'aime bien (façon de parler  :mrgreen:) cette description, j'imagine bien la scène.
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malgré cette vision d’horreur inimaginable,
Pareil, "horreur inimaginable", je trouve ça too much. Et puis, c'est pas super logique, parce qu'elle en rêve chaque nuit, donc elle l'imagine bien, et en plus, si c'est inimaginable, à quoi ça sert de nous le décrire, alors qu'on ne pourra pas l'imaginer ?  :mrgreen:
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C’est à ce moment que je vois distinctement le visage de l’homme. Il est, sans aucun doute, celui que je regarde se décomposer lorsque je ferme mes yeux. Mon cauchemar mène alors mon regard vers la jeune fille. Elle est couverte de sang, mais je sais que ce n’est pas le sien. Des larmes coulent le long de son visage fin, et ses longs cheveux noirs tombent en cascade sur ses frêles épaules. Je sais qui est cette personne. C’est moi, à l’âge de dix ans, et je viens de tuer mon père.
J'aime bien aussi, mais je crois que j'aurais préféré une dernière phrase plus percutante. "A l'âge de dix ans", ça coupe l'effet, tu pourrais le préciser avant ou après pour éviter ça.
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nommé Laurent Den
ça m'a fait bizarre que tu précises son nom, alors que juste ici, c'est plutôt flou, j'aimais bien, on passe directement d'un rêve d'horreur à un truc super terre-à-terre. Limite, on s'en fiche de son nom, non ? :mrgreen:
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Grâce à des recherches, j’ai découvert que Laurent Den et mon père travaillaient dans la pègre
Je crois que ce serait bien de plus détailler, là, où d'introduire ça d'une autre façon, parce qu'on a un peu l'impression qu'elle a tapé "chef de la mafia" dans google, et qu'il est sorti les photos de son père et de Laurent Den à côté  :mrgreen:, pas trop réaliste.
Citer
Vous l’aurez compris, vous lisez la lettre d’une morte.
C'est pas mal comme chute (je l'avais pas compris avant, moi  :mrgreen:) mais pareil, j'aurais vu un truc plus percutant.


Donc j'ai bien aimé ton texte, l'idée est cool, on a envie de savoir ce qui c'est passé, puis tu nous frustres, c'est marrant. Après, les trucs que j'ai relevé, c'est plutôt sur la forme.

Voilà voilà, merci pour ton texte !
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Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : Rêve meurtrier (2ème jet)
« Réponse #2 le: 03 Avril 2013 à 21:35:12 »
Je suis assez d'accord avec les commentaires de Sixte sur le côté "too much" de certains adjectifs et aussi pour dire que le début serait plus percutant sans les toutes premières phrases.

Quelques petites choses qui m'ont arrêtée au fil de la lecture :
Citer
Le macchabé se décompose devant moi
=> macchabée

Citer
Je vois une enfant, un couteau dans sa main droite, s’avançant lentement vers un homme. Celui-ci est dans le noir, et son visage m’est invisible. J’entends l’enfant hurler quelque chose, mais ses paroles sont incompréhensibles. L’homme répond calmement, cependant ses mots ne semblent pas apaiser la jeune fille.
Alors là, c'est peut-être juste à moi que ça pose problème, mais j'ai eu un petit moment de flottement à cause de "enfant" / "jeune fille", qui pour moi ne désignent pas exactement la même catégorie d'âge.

Citer
Mon cauchemar mène alors mon regard
Je trouve cette formulation un peu bancale.

Citer
Grâce à mes connaissances en informatique, j’ai piraté le dossier
Je me demande si le "grâce à mes connaissances en informatique" est bien utile...

Citer
J’en suis arrivée à trois éventualités.
Trois hypothèses, plutôt ?

Citer
Ma seconde conclusion est plausible également.
Euh, eh bien, oui, sinon elle ne ferait pas partie des trois éventualités je suppose.

Citer
j’ai pensé que la pègre l’ait envoyé assassiner mon père
que la pègre l'avait envoyé

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horrifiée à l’idée que d’autres vivent une atrocité semblable à celles que j’ai connu.
que d'autres vivent une atrocité semblable à celle que j'ai connue.
En fait je ne vois pas trop non plus le lien entre l'histoire qui est arrivée à la narratrice et "l'atrocité" vécue par d'autres.

Citer
Je voulais juste vous faire partager mon histoire, et vous faire méditer dessus.
Je ne sais pas si cette phrase est indispensable...

Citer
J’ai retranscrit sans mentir chaque détail important de cette affaire, mais les noms mentionnés sont faux.
Etait-il vraiment nécessaire de donner des noms ?

J'ai trouvé que le début était assez accrocheur, le texte se lit bien et attise la curiosité, mais par contre j'ai été déçue par la fin. Il me semble que les hypothèses sont données à la va-vite, elles ne suscitent pas l'adhésion du lecteur qui reste un peu sceptique par rapport à ces différentes pistes. Disons que le lien entre "j'ai fait piraté le dossier" et "j'ai trois hypothèses qui sont ça, ça et ça" me paraît un peu rapide.

Et la suite enchaîne avec la même rapidité. Le lecteur n'a pas trop le temps de retomber sur ses pattes, il doit admettre qu'il lit la lettre d'une morte, ce qui est plutôt une bonne idée mais ne me semble pas extrêmement justifié dans le contexte. On n'arrive pas trop à croire - du moins c'est un avis purement personnel - que l'unique option qui reste à "Anna" est d'aller demander à son père ce qui s'est passé. Si elle a piraté des données, pourquoi s'arrête-t-elle en chemin pour aller mener l'enquête dans l'au-delà ?

 


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