Les Humanoïdes en costume sombre
«Monsieur le président? »
L’humanoïde en costume sombre posté derrière sa grande table de bois vernit se redressa sur son siège molletonné, puis pressa le petit bouton rouge de l’interphone de bureau, lui permettant ainsi d’entamer la transmission des informations électroacoustiques à distance.
– Oui Rachel ?
– Il est arrivé Monsieur, et il a l’air plutôt…
Un blanc se fit sentir de l’autre côté du combiné, la femelle hésita un petit moment, avant de reprendre :
«Désappointé, je dirais !
– Très bien, Merci Rachel ! Il relâchât la pression exercée par son index sur l’interrupteur, pris un air songeur, puis appuyât de nouveau dessus.
« Attendez Rachel, qu’entendez-vous précisément par désappointé? Vous voulez dire qu’il gesticule, qu’il beugle, ou quelque chose dans le genre ?
– Non, ce n’est pas exactement ça, Monsieur le président…
– Bon sang Rachel, expliquez-vous!
– Oui, et bien… Il dit vouloir prestement s’entretenir avec le chef de la peuplade terrienne que l’on nomme plus spécifiquement États-Unis d’Amérique et se plaint également du traitement infligé depuis son arrivée. Ce sont ses termes exacts, Mr le Président …
– Bon dieu de merde Rachel, vous êtes en train de me dire qu’il parle notre langue ?!
– … Apparemment oui, et parfaitement bien je dois dire. Si vous voulez bien descendre dans le secteur Z-23, vous êtes attendu par le Major Mac Coy pour un petit débriefing de la situation.
– Entendu, et bien, vous n’avez qu’à lui dire que j’arrive au plus vite. Merci Rachel.
– De rien, Mr le Président. Vous a-t-on transmit les codes d’accès du secteur Z-23?
– Oui Rachel, on me les a communiqués, je me demande bien qui a été chargé de les rédiger d’ailleurs… Enfin, j’arrive toute suite en tout cas. Prévenez le Major!
L’humanoïde en costume sombre relâchât de manière définitive, du moins l’espérait-il, le petit bouton rouge de l’appareil plus communément appelé interphone de bureau. Une mine perplexe imprimer sur le visage, il ouvrit l’un des tiroirs de sous son bureau, prit le petit objet métallique posée à l’intérieur ainsi qu’une fine bandelette en papier soigneusement plié en quatre. Il introduisit l’objet et le papier dans sa poche de veste, puis sorti prestement de la grande succursale administrative de forme ovale en claquant violemment la porte derrière lui. Une fois passé le seuil de la porte, il fit pivoter les larges talonnettes de ses chaussures de cuir noires impeccablement lustrées directement sur sa droite, en direction du long couloir ou sur les murs, étaient accrochés les portraits d’autres humanoïdes en costume sombre, exhibant fièrement leurs plus blancs sourires sous fond de draperies étoilés. Arriver au bout de ce couloir des célébrités passées, Il entra dans une petite pièce à dispositif mobile, permettant le déplacement des personnes sur les niveaux définis d'une construction, et poussa de son doigt le cercle lumineux orné du numéro -2. Un petit fond sonore à la mélodie entrainante s’enclencha, lui permettant de mieux apprécié son court périple en solitaire, à travers les différents niveaux du bâtiment. Arrivé à destination, l’homme sortit de la petite pièce de deux mètre sur deux et ne prêta guère attention à l’humanoïde de sexe féminin, pourtant drapé de ses plus beaux apparats nuptiaux; c’est-à-dire d’une chemise blanche échancrée au niveau des mamelles et courte robe permettant un contact visuel rapproché sur ses longues et fines jambes soigneusement débroussaillées; qui l’interpella niaisement : «Bonjour Mr le président. Comment allez-vous aujourd’hui ?».
Sans même la peine de lui répondre, il traversa le couloir B à pas très soutenu et n’arrêta sa course effrénée qu’une fois parvenu jusqu’à la porte n°27, ou était cloué une plaque dorée sur laquelle on pouvait lire : «Bureau du Major Mac Coy, accès strictement réservé aux membres de la section Z-23». Il sortit alors de sa grande poche de veste la petite pièce de métal permettant le verrouillage et déverrouillage du mécanisme de blocage d’entrée et de sortie de la porte, puis, il entra. C’était un petit bureau seulement remplit d’une petite table en métal quelconque et d’un ordinateur primitif. Après avoir regardé les inscriptions sur le papier déchiffonner, Il tapa sur le clavier gris de l’ordinateur le chiffre 330907 puis poussa le bouton Enter. Une enclave du mur se mit soudainement à vibrer, un bip de confirmation retentit, et l’enclave du mur s’ouvrit sur un portique coulissant en acier et un petit clavier digital incrusté à même le mur. L’homme tapotât une phrase sur la palette graphique du clavier digital : « I have a fucking dream, i saw a white rabbit ». Le portique coulissant s’ouvrit alors, et le grand homme en costard bleu foncé y pénétra. Il entrât alors dans une petite pièce de deux mètres sur deux, atteint du même dispositif à mobilité verticale que celle précédemment citée, mais sans distraction sonore cette fois ci. Une fois que la pièce fut immobilisé et les portes rouvertes devant lui, il sortit et traversât un long corridor blanc. Il tomba, au bout de quelques mètres, sur un scientifique au visage des plus banals qui semblait l’attendre. Il identifia toute suite la nature des activités de l’individu à ses lunettes à grosse montures noire vissées sur le crâne et à sa blouse blanche partiellement entachés de substances inconnues. Le scientifique articula quelques mots comme brève entrée en matière : « Bonjour Mr le président, je suis Jack Kavinsky, chef du département recherche de biogénétique au NIH, par ici je vous prie. »
Ils traversèrent ensemble le long couloir dénué d’artifice, le président repensât alors à la phrase permettant l’accès au secteur Z-23, et songeât avec nostalgie aux contes de son enfance, il se dit alors que le scientifique en blouse blanche faisait effectivement un drôle de lapin fou, comme dans le conte, le guidant en direction du pays des merveilles. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre, n’ayant jamais mis les pieds dans ce secteur, et son rythme cardiaque s’accélérait lentement, tout cela le rendait très nerveux. Le scientifique s’arrêta soudainement devant un grand portail en acier renforcé, il retira alors ses imposantes lunettes et posa le menton sur le socle de l’appareil à reconnaissance optique. Le petit néon au-dessus de la porte clignota puis s’ouvrit dans un vacarme mécanique. « Après vous, Mr le président ! » Fit le scientifique tout en tendant le bras comme pour indiquer la route, pourtant évidente, à prendre. Ils entrèrent tous deux dans une salle entièrement recouvert de carrelage jaune clair, ou deux autres étaient les y attendaient. Il y’avait dans cette pièce le strict minimum requis pour préparer un interrogatoire. Un petit meuble blanc sur un angle de la pièce, quelques chaises çà et là, et une large vitre teinté de noir. Les deux personnes qui étaient déjà là se retournèrent et hochèrent la tête de façon quasiment synchronique à la vue du président. L’un était habillé d’un costume bleu foncé orné de multiple décorations colorées ainsi que d’épaulettes étoilées, et portait un cigare incandescent à la bouche ; l’autre, beaucoup plus sobre, ne portait rien d’autre qu’un costume sombre ou était accrochés un pin’s coloré.
Le scientifique pris la parole afin d'entamer les présentations : « Monsieur le président, voici Mr Frank Mac Coy, chef d’Etat-major des armées et Mr Paul Callaghan, directeur de la Nasa. Comme vous le voyez, nous sommes venu ici en nombre restreint, par manque de temps, et surtout par souci de discrétion..»
« Sa va, merci pour les présentations Mr Kavinsky, mais je connais déjà ses messieurs, et tout particulièrement ce cher Franck ! Comment allez-vous mon vieux ? » Répondit l’homme en costume sombre, adressant un regard complice au major, tout en serrant vigoureusement la main de ses subordonnés et collaborateurs.
« J’ai connu des jours meilleurs John, croyez-moi…
– Bien… Alors, qu’avons-nous là messieurs? Mise à part ce que je sais déjà, et le bref rapport que j’ai eu la chance de recevoir sur mon bureau hier après-midi, qui en passant, était pratiquement vide, je ne sais strictement rien ! Rien, mise à part qu’un espèce d’œuf géant non identifié s’est écrasé au fin fond du Kansas hier après-midi, dans un champ de maïs près de Russel, et qu’il contenait un individu d’origine inconnue. On m’a ensuite bien sûr informé qu’une réunion de crise devait se faire ce matin en vôtres présences, mais c’est à peu près tout. Donc voyez-vous, j’aimerais assez que vous me mettiez dans la confidence, étant donnez que je suis quand même le président des états unis !
Le Major Mac Coy fut le premier à prendre la parole :
– Très bien Monsieur, alors laissez-moi vous éclairez un peu plus sur la situation, de la plus simple des manières !»
Il appuyât sur le petit bouton bleu du panneau de configuration installer sous la vitre teinté ce qui eut pour effet d’enlever l’opacité du verre et d’en découvrir l’incroyable chose qui s’y trouvait au-delà. Stupéfait, le président écarquilla si fort ses yeux, que Jack Kavinsky eu un court instant la sensation que ses globes oculaires allait s’extirper de leurs cavités orbital, et finir leurs courses sur le carrelage délavés de la salle de pré-interrogatoire.
« Un petit café Monsieur ? » proposa-t-il alors comme pour détendre l’atmosphère.
Le président mis un moment à faire monter l’information à son cerveau, analysa l’intérêt d’une boisson si ordinaire dans un moment qui ne l’était en rien.
« …Envoyer moi plutôt l’un de vos meilleurs Scotch, Kavinsky . Un pur malt, vous savez ? Un de ceux qui vous décroche le palet de la bouche!
– Très bien, Mr le président ! Vous connaissant, je m’étais permis de tout préparés à l’avance en vue d’une éventualité !» Le scientifique sortit la fiole de son plus vieux Scotch, soigneusement rangé dans l’unique armoire que comptais la petite pièce sombre, et remplit un verre en cristal du précieux liquide brunâtre.
« Vous êtes en train de me traiter de pochtron Kavinsky ?
– Oh Non ! Loin de moi cette idée monsieur, c’est juste qu’en de telles circonstances, je peux comprendre que…
Le président soupira, puis pris une longue et large inspiration.
« C’est bon, oubliez ça, et servez moi généreusement s’il vous plaît. Je me sens juste… Un peu tendu… Et qui ne le serais pas ? Sainte mère de dieu, non mais regardez-moi ça ! Il est vraiment gigantesque ! C’est tout bonnement…Incroyable !
A suivre...