Hop ! Un défi de Ned...corsé...
Au Roi Richard qui eut bien mieux fait de se présenter en tant qu’Homme.
Je vous salue.
Vous m’avez demandé, dans la missive qui m’est parvenue il y a peu, de venir vous voir dans votre campement. Je salue le courage qu’il vous a fallu pour divulguer ainsi sa position sans secret, mais rassures vous, je ne trahirai pas la confiance que vous avez ainsi mise en moi. La mort vous guettant à chaque instant dans ces terres hostiles et inhospitalières, désertiques et mortelles, en lesquelles vous vîntes guerrier et vous repartirez esclave de votre victoire ou tout simplement mort.
Sachez qui je suis. Je suis un penseur, un hyponyme du philosophe, ou son synonyme, je ne sais et laisse à d’autres le soin de juger, mais « penser, réfléchir, décortiquer, chercher, analyser, retourner, questionner, etc. » ne sont pour moi que des troponymes de « vivre ». Je fais partie de ces personnes pour qui l’esprit est l’holonyme de l’être, le corps seulement le méronyme de l’intellect, que je place au dessus de toute chose. Aussi puis-je être l’antonyme du Roi, qui se croit institué de haut pouvoir et de tout savoir par un Dieu, alors que mon rôle est de remettre continuellement en cause ce Dieu ; trop de différences nous séparent pour que je puisse avoir de la déférence à votre égard, prenez garde à ce paronyme, il est trompeur. Bref, je suis sans nom et sans visage, car ceux-ci importent peu, seuls mes pensées valent, si j’ose le prétendre, la peine d’être sinon connues, du moins existantes pour les autres, je n’aspire à aucune reconnaissance ; un homme qui ne subit pas, et j’y goûte, les affres de votre existence qui s’enfuit au goutte à goutte (vous me voyez navré de ce cruel homonyme) ; et je ne peux me représenter votre difficile situation, néanmoins, je refuse votre « proposition ».
Et je vais vous expliquer pourquoi.
Vous vous êtes présenté à moi comme un Roi, et non pas comme un Homme. C’est une erreur, pour quelqu’un comme vous qui prétend avoir secrètement admiré ma pensée, vous devriez savoir que rien ne m’énerve plus que le fait qu’un simple mortel se mette au dessus des autres, je vous l’ai déjà dit. Il m’arrive parfois de considérer certaines personnes d’un autre œil que les autres, car elles ont quelque chose que les autres n’ont pas, alors seulement je les distingue, sans jamais toutefois les mettre sur un piédestal. Jamais je n’oserais amener quelqu’un au rang de « supérieur », car pour moi, si la nature ne nous a certes pas tous crées égaux, nous nous devons de nous considérer comme tels, trop de dérives ayant découlé du fait que quelques uns, comme vous, par souci du pouvoir ou d’une potentielle reconnaissance de leurs semblables, se soient placés au dessus des autres, affirmant par la même la possibilité de les gouverner, de les amener à les servir. L’asservissement ainsi crée, et les iniquités nombreuses, aux conséquences déplorables, qui en découlent, n’est que pure infamie, et je prétends pouvoir dire que nul n’a un quelconque droit à cela.
Vous me répondriez sans doute que ce n’est pas vous qui avez décidé cela, mais Dieu.
J’anticipe et vous mets en garde, vous aggraveriez votre situation. Non pas que j’aie quelque chose contre votre religion, mais j’ai tout simplement un problème avec la religion, tout court. Je ne partage pas celle que mes compatriotes, si tant est que j’aie envie des les appeler ainsi, ont dans le cœur et qui me met le mien au bord des lèvres, et je ne partage pas non plus la votre. Je veux bien croire qu’il existe une entité transcendante et éminemment supérieure, omnipotente, qui soit à l’origine d’un monde si beau et parfait, mais pas qu’elle ait voulu des Hommes, car ceux-ci ne s’acharnent qu’à détruire ce qu’elle a fait. Nous ne sommes que les parasites sur la surface lisse et douce d’un Eden accueillant que nous ne savons apprécier. Nous ne somme que des sangsues qui aspirent l’essence de ce qui est pour la faire notre, au mépris de ce à quoi elle appartient. Nous ne sommes que les destructeurs en puissance non seulement de ce paradis, mais aussi de nous-mêmes, et peut être n’est-ce pas là un mal, ou peut être est-ce au contraire le plus grand.
Car les gens comme vous ôtent la vie, tuent et tuent sans relâche. Je ne peux le souffrir, la douleur que je ressens à la pensée que des vies disparaissent parce qu’elles ont été trop folles pour se rendre compte de leur propre bêtise, de leur propre ignorance, de leur simplement trop grand aveuglement. Parce que vous existez, je ne veux même pas vous rencontrer. J’en ai vu des comme vous, prétentieux et orgueilleux au point de croire avoir le droit de vie ou de mort, sans penser que le seul droit qu’ils aient, c’est de mourir un jour, comme tout un chacun, et sans que personne ne se souvienne d’eux. Nous ne sommes rien, alors au nom de quoi nous permettons nous cela ? Au nom de ce Dieu ? Au nom de notre flagrante aliénation ? Au nom de rien, voilà au nom de quoi nous tuons, au nom de principes creux habilement recouverts de miel et de vernis, pour briller et passer mieux au travers des gorges serrées, éblouir les aveugles.
Et enfin, vous venez ici vous approprier une culture qui ne fut, n’est et ne sera jamais la votre. Car si Dieu, je ne peux croire que vous veniez le chercher, alors tout ce que vous prenez, ce sont de basses richesses, mais surtout une histoire qui n’est pas la votre, un peuple différent, qui vous hait autant que vous les détestez, mais surtout des beautés que vous ne pourrez comprendre, un savoir que vous volez. Le monastère qui m’abrite a déjà été par deux fois pris d’assaut, et seuls ses hauts murs et sa porte d’acier l’ont protégé, avec les vies et le savoir incommensurable qui y réside. Les deux auraient disparu si jamais ces fortifications étaient tombées. Alors que des gens comme vous s’intéressent à cette culture, j’entends et apprécie, mais qu’ils viennent la voler, non ! D’autres moyens existent que la barbarie et le meurtre. Nous les connaissons tous.
Ici sont quelques raisons de mon refus. J’espère que vous ne trouverez pas la mort dans cette croisade, mais que vous trouverez quelque matière à penser dans cette missive que je vous fais parvenir. Elle est, je crois, une partie de ce que vous auriez voulu trouver dans notre entretien que je ne me résous pas à accepter.
Que votre « Dieu » vous protège tout de même, puisse-t-il au moins servir à cela.
Je te défie d'écrire une histoire, dans laquelle un Roi ayant réellement existé voulait entrer en contact avec toi avant son décès, alors que tu refusais de ton côté ce contact.
Tu dois également expliquer les raisons de ton refus.
Maintenant, si tu veux plus tordu, je te défie de dire qui tu es, en moins de cinq phrases, ces phrases devant comporter:
antonyme
holonyme
homonyme
méronyme
paronyme
synonyme
troponyme
hyponyme
(sans répétitions)
Voilà quel était le défi...j'ai eu du mal pour caser les termes, mais ils y sont.
Je précise que toute opinion exprimée ici est celle de mon personnage, et n'engage que lui. Je précise, au cas où...