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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le soulèvement des autonomes... (avant gout)

Auteur Sujet: Le soulèvement des autonomes... (avant gout)  (Lu 1171 fois)

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Le soulèvement des autonomes... (avant gout)
« le: 04 Juillet 2013 à 19:58:48 »
-   Lève les pattes, papa, et pas de questions.
Un déclic ponctue la consigne. Celui d’un canon noir pointé directement sur l’orbite du conducteur, dont la figure grassouillette essuie un instant de surprise, avant de se ressaisir.
-   C’est pas un joujou banal que t’as là, bonhomme. C’est quoi, on braque aussi les caisses des bus, maintenant ?
L’empreinte sonore de l’arme m’étant restée dans les oreilles, je rate les deux tiers de sa phrase. Je retrouve finalement le fil et y réponds sans détour.
-   On dirait un vrai, hein ? Tu l’as dit en plus, joujou est le terme approprié. Ils appellent ça de l’airsoft. Ca propulse des billes de plastique aussi puissamment que n’importe quelle arme à feu.
Esquissant quelques borborygmes accompagnés de mouvements de poignet, j’incite le chauffeur à actionner la fermeture des portes, puis à s’extraire du poste de conduite. D’un œil trainant sur ma gauche, je m’assure de la stabilité des quelques passagers présents. Les parcourant un à un, je commence naïvement par la jolie demoiselle du fond, attention galamment entamée se poursuivant sur le papy avec une allumette dans la bouche, la femme mure au rouge à lèvre intensément outrageant, tous deux à l’avant-centre du véhicule. Plus loin, il y a deux jeunes hommes qui discutent, un gamin avec un cartable plus grand que lui, et une maman et sa poussette. Rien de bien dangereux en somme.
Je m’installe donc sur le molleton du siège monté sur de moelleux pneumatiques. Toujours en joue, le conducteur ne sait pas trop s’il doit baisser les bras ou au contraire les lever un peu plus, pendant que je tente de comprendre l’interface de pilotage. Ses membres s’agitent donc lentement de haut en bas. Il tente :
-   Vous savez, ils ont un système de repérage GPS, si je dévie de mon horaire à la minute près, ils le savent instantanément.
Je ne réponds pas face à l’évidence de la remarque. La vérité, c’est que je me contrefous de ce qu’ils pourraient bien faire depuis la centrale, d’autant plus que je compte débrancher le système radio, plus par confort personnel que par sécurité. Le conducteur finis donc par opiner alors que j’appuie sur l’accélérateur.
Derrière mon dos et la cloison de plastique, les premières vagues d’agitation se matérialisent sous la forme, selon qui, d’indignations ou de résignations. Des soupirs, des apostrophes et des débuts d’insultes fusent alors et remontent le couloir.
Je sors donc de la zone au sol réservée au transit de voyageurs, et je m’engage sur la route. A cette heure légèrement avancée de la matinée, le flux automobile reste obstrué, bien que la densité du trafic diminue petit à petit.
Profitant de la voie dédiée, j’appréhende le volumineux volant, me renvoyant à la grosseur du véhicule. Celui-ci nous traine alors dans les méandres du centre-ville, que je décide finalement de quitter. C’est alors que les premières questions arrivent. Posées par l’essence d’un début de détresse, elles viennent s’enquérir de choses aussi futilement terre-à-terre que notre destination, ou les raisons de ce détournement.
Concentré sur ma tenue de route, j’esquive les voitures des derniers retardataires de la journée et atteint enfin le périphérique.
Pendant ce temps, le conducteur est resté debout près de moi, dirigeant un semblant d’opération verbale fusant dans le bus d’une manière drôlement désorganisée. Visiblement, je ne lui ai pas fait forte impression. Il ne semble pas s’inquiéter outre mesure de son avenir auprès de ses employeurs, ou de la justice, ou d’autres institutions qui pourrait le déranger suite à un tel événement. Je souris donc aimablement et continue ma route, répondant évasivement par l’évocation de concepts tels que ‘pulsion spontanée’, ‘goût de l’improviste’ et autre…
J’observe alors d’un œil mi-amusé, mi-consterné, le reflet de l’interprétation simpliste qui convint à tout le monde à ce moment là : j’ai vraiment pété un câble.
Nous considérant comme assez éloignés de la ville, j’accorde un arrêt à l’autobus. J’éteins les machines, dégrafe ma ceinture, et me lève de mon siège.
-   Bon les gens… On est lundi, et je suis sûr qu’aucun de vous n’avait vraiment envie d’aller au travail aujourd’hui. En guise d’aventure, je vous propose un enlèvement : sponsorisé par la police nationale, vous seriez employé à dater de maintenant en tant qu’otages à plein temps. Alors voilà, vous pouvez considérer cela comme un CDI valable jusqu’à ce qu’on soit rattrapés par nos commanditaires. Si cela venait à ne pas arriver… vous pouvez oublier. Quoi qu’il en soit en tant que responsable de l’entreprise, je m’engage à respecter mes droits de hors-la-loi faisant office de bon de garantie pour vos postes… Qui me suit ?
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Hors ligne Babataher

  • Troubadour
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Re : Le soulèvement des autonomes... (avant gout)
« Réponse #1 le: 04 Juillet 2013 à 20:44:14 »
salut,
 
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Le conducteur finis donc par opiner

finit
 
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l’interprétation simpliste qui convint à tout le monde à ce moment là

convient!
A vrai dire je ne te suis pas!
C'est bien écrit avec du suspens! Il est difficile d'interpréter un film à partir des quelques affiches accrochées à l'entrée.
Tout cela n'est pas constructif.
En tout cas j'ai pris du plaisir à le lire.
Au plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Cauzart

  • Troubadour
  • Messages: 284
    • Julien Usseglio - Poèmes, nouvelles et théâtre
Re : Le soulèvement des autonomes... (avant gout)
« Réponse #2 le: 05 Juillet 2013 à 21:47:02 »
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-   Bon les gens… On est lundi, et je suis sûr qu’aucun de vous n’avait vraiment envie d’aller au travail aujourd’hui. En guise d’aventure, je vous propose un enlèvement : sponsorisé par la police nationale, vous seriez employé à dater de maintenant en tant qu’otages à plein temps. Alors voilà, vous pouvez considérer cela comme un CDI valable jusqu’à ce qu’on soit rattrapés par nos commanditaires. Si cela venait à ne pas arriver… vous pouvez oublier. Quoi qu’il en soit en tant que responsable de l’entreprise, je m’engage à respecter mes droits de hors-la-loi faisant office de bon de garantie pour vos postes… Qui me suit ?

Bon, c'est là que ça deviens intéressant. Le début est bien écrit et très classique, un peu trop sans surprise. Mais cette dernière tirade m'a décroché le sourire que je gardais en réserve. Sinon, j'ai besoin d'une suite pour savoir à quel point tout ça tient la route.
Un peu trop court, ça me frustre presque.
Du coup, c'est que ça marche.
Au plaisir.
http://julienusseglio.eklablog.com/
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