EDITÉUn texte plus récent qui apportera quelque précisions sur l'origine du narrateur de mon texte précédent...
Une fois de plus je me retrouvais sur la colline. La ville s'étendait à mes pieds.
J'étais couché sous le cerisier, comme j'en avais l'habitude. Le soleil flamboyant disparaissait à l'horizon. La nature entière était empreinte d'un certain regret causé par la fin de l'été.
Néanmoins il faisait encore chaud, et cette chaleur restait saturée du parfum des fleurs.
C'était ainsi que se passaient les changements ici : doux et sereins.
Mon chapeau cachait mon visage et, en dessous, mes yeux étaient fermés. Je ne contemplais même plus ce paysage qui m'avait tant charmé. J'en connaissais désormais tout dans les moindres détails.
Une présence se fit soudain sentir près de moi. Cette présence qui apparaissait à chaque crépuscule que je passais sous le cerisier.
« Tu as le temps de me raconter encore un histoire ? »
Cette question n'attendait pas de réponse. Nous la connaissions déjà tous les deux.
Sa voix douce et enfantine n'avait guère changée au fil des années.
« Promets-moi que tu vas revenir.
− Les promesses sont futiles, tu le sais. »
Un silence s'installa. L'air se chargeait de tristesse.
Sa voix était larmoyante lorsque j'entendis sa réponse.
« Alors... Alors j'attendrai... seul-e... »
Je me levai en silence. Je m'approchai d'une branche de l'arbre sans me retourner ni ouvrir les yeux.
Je sortis de ma poche un carré de soie bleue que je m'empressai d'attacher à la branche.
Seulement après j'ouvris les yeux. La petite ombre était restée près du tronc, derrière moi. Je l'entendais sangloter discrètement.
J'ai du mal à croire que ce sont les derniers mots que je lui ai portés.
Lorsque je traversai la ville celle-ci est vide, comme morte. Pas d'hommes, pas de femmes, pas d'enfants, pas d'animaux.
C'est seulement aux portes de la ville que j'entends les légers gazouillis d'un oiseau. Un vent souffle, parfumé d'une fragance qui me murmure à l'oreille un tout petit mot.
Cinq lettres.
Adieu.