Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 2 novembre 2012

Auteur Sujet: 2 novembre 2012  (Lu 1810 fois)

Hors ligne JeaNMatH

  • Tabellion
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2 novembre 2012
« le: 02 Novembre 2012 à 12:04:04 »
Cher journal intime,

Hier, j'ai aidé des messieurs à hisser une table de billard semi-bois semi-marbre hors de la maison d'un trépassé. Et puis une machine à laver, aussi, tant qu'à faire, puisqu'il n'y a désormais plus, dans cette baraque, aucune famille pour laver le linge sale.
Ca a été assez thématique comme activité, en ce 1er novembre. Quitte à fêter les morts, autant se réjouir qu'ils le soient, morts, parce qu'on peut piquer leurs jouets.
Je ne sais pas ce qui m'a été le plus déstabilisant, à la réflexion... constater l'absence totale de recueillement, de respect, d'attitude solennelle de ces gens, ou se retrouver acteur de ce dépouillement de demeure. Oh ! En voilà un mot pertinent, "dépouillement", pour la connotation morbide, ou peut-être pour l'autre, la politique :
- Ayé, tous les bulletins ont été récoltés dans l'urne funéraire, a pu qu'à voir qui c'est qu'a gagné quoi !
- Chouette ! Un billard pour jouer avec les copains  :D
Enfin, passons...
Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que ce comportement ne se restreignait pas seulement à ce groupe d'individus, mais se généralisait comme une épidémie de peste bubonique jusqu'au cimetière du village.
Celui là même où j'allais poser des plantes d'ornement avec mon père, sur la stèle du défunt dont on venait de dépouiller la maison.
Il a fallu dénicher la tombe, et tandis que je m'évertuais à imiter la posture de type pressé, de celui qui n'a pas que ça à foutre que de venir fleurir des cercueils... bref, tandis que je m'évertuais à me comporter "normalement", soit à me comporter comme les autres, j'observais.
Tant de fleurs, partout, aucune tombe n'était laissée sur la touche, et ces gens qui s'affairaient autour... Ca avait quelque chose de beau, et en même temps de gênant.
Un nœud assez complexe serré autour de la façon dont je conceptualise la mort, la manière dont j'interprète le comportement des gens face à celle-ci, et la sensation de décalage qui découle de cette perception par rapport à mon approche perso. Eh ouais, ça a bien une gueule de nœud. A la vue d'un d'entre eux, qu'il soit en moi ou non, c'est un devoir que je me donne d'en briser les fils. Besoin de cohérence, afin d'avoir plus de prise sur les choses, sans doute aucun.
Laisse-moi donc, journal intime, illustrer ces sensations aussi obscures et compactes que le paragraphe que je viens d'écrire.
Alors que je balayais les pierres tombales du regard, avec le même détachement que s'il s'agissait de la liste des salades en sachet proposées par le site d'achat en ligne de Cora, j'entrevoyais ces têtes polies de gens qui se regroupaient pour tailler une bavette. On venait se recueillir devant un des blocs en caillou en pensant à la prochaine réplique dont on allait se fendre, dans un élan de sociabilité tout à son horr... honneur.
Ce que ça m'inspire, c'est ce presque holorime d'un de mes poèmes : "Si le cimetière est si près c'est que le peuple y est. C'est la cime altière du cyprès sec, le peuplier." Oui, voilà ce que ça m'inspire, de l'absurdité, du délire total afin de donner la forme souhaitée.
Et tandis que ces gens vivaient à côté de leurs morts, je voyais l'un d'eux, seul, croisé un peu plus tôt. La première fois il semblait nonchalant, désinvolte, il avait l'air totalement ailleurs, déconnecté de sa réalité. Cette impression fit sens lorsque je le vis une nouvelle fois, devant une stèle, reniflant et essuyant d'un geste peu assuré quelques larmes. Il apparaissait surpris par cette émotion, trop inexpérimenté pour la contrôler, vraiment, je voyais là un petit enfant de quarante ans pleurer devant son chien Fluffy qui avait bouffé les petites boules bleu toxiques dans le jardin au pied des arbres. C'était touchant, le voir s'éloigner, pas à pas, tournant la tête régulièrement en clignant des yeux et en passant ses mains partout sur le visage.
Ainsi, là où se trouvait toute la profondeur de cette scène, c'était la contraste avec l'arrière-plan, dans lequel circulaient les derniers potins par bouches interposées, à l'instar d'un combat de catch très subtil thème sociabilité. Navrant.
Enfin...
Oh, journal intime, je tiens tant à toi, tu es bien la seule de mes relations qui m'écoute sans broncher... ce qui est difficile, sans bronche, j'en conviens. Tes pages blanches ont remplacé la fourrure en polyester de mes peluches qui, elles, avaient le mérite de tenir chaud. Mais ce n'est plus de mon âge. Cela dit, même si on dit que la seule chose qui ne change pas dans la vie, c'est que les choses changent eh bien... quand je vois les comportements de ces "so called" adultes, je peux m'autoriser un ou deux écarts de conduite. Je t'offrirai une couverture en polyester à l'occasion.
Bien. Je ne veux pas me lever de mon lit du mauvais pied et être à côté de mes pompes, aussi ferai-je une sortie plus poétique, lyrique, tremplin vers l'imaginaire pour ne pas sombrer dans un cynisme qui ne me sied pas.
Les fleurs du cimetière, donc !
Un parterre dont la diversité donne le tournis, dont le pollen fait pleurer les allergiques. Oh ! Le type qui reniflait n'était pas triste, il avait juste le rhume des foins ! Et cette cohésion, cette chaleur humaine, cette solidarité dont les lieux étaient emplis...
Telle une réunion de quartier annuelle, où ancêtres et descendants se rassemblent autour d'une table ciselée dans le granit.
On s'apporte des bouquets multicolores, ou célèbre, ou rit ! On distribue des cartes postales en pierre, où l'on écrit ses vœux : "Que ton repos soit doux autant que ton cœur fut bon." De bien délicates attentions.
Ca m'inspire un début de poésie : "Le jour comme la nuit, tous les tombeaux sont gris. A l'exception de quelques stèles couleur rose joli." ou plutôt une prose : "Je déambule dans un jardin d'Eden, un jardin royal à la flore luxuriante, je déambule entre les stèles, empreinte le couloir de la mort. Et depuis ce sentier, les autels de cette cité se dressent, ils tournent autour de moi, horloge du temps qui me reste."
Je ne doute pas que tu m'y feras repenser, journal intime. Sur ce, à la prochaine !

JM.
« Modifié: 02 Novembre 2012 à 13:06:43 par JeaNMatH »

Hors ligne Kerena

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Re : 2 novembre 2012
« Réponse #1 le: 02 Novembre 2012 à 12:47:21 »
Hoplà ! Comme promis, je repasse pour éditer entre deux pages de nano.

Alors, j'aimais bien le début parce que le cynisme je kiffe, mais... Au bout d'un moment j'ai perdu le fil  :\? Le mec est dans ses pensées, il passe du coq à l'âne et j'ai plus trop suivi.
Sinon j'aime bien ton style malgré quelques phrases complexes qui ont contribué à ma perte de fil de lecture.

J'aime le cynisme :coeur:
« Modifié: 04 Novembre 2012 à 16:28:44 par Kerena »
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Rain

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Re : 2 novembre 2012
« Réponse #2 le: 02 Novembre 2012 à 13:05:46 »
Difficile difficile de commenter ce texte.

Déjà parce que j'ai rien à relever, donc pour faire dans le détail, c'est plus compliqué  :-¬?.
Plus globalement, j'ai bien aimé parce que ça se lit vite, mais d'un autre côté je n'ai pas réussi à rentrer totalement dans le texte. C'est un avis subjectif, bien sûr, mais je pense que c'est à cause de ce côté "simple constat" de la société qui entoure ton personnage. Il n'a pas une véritable réflexion construite, il constate. Il n'y a pas d'évolution dans sa pensée, du début à la fin il dit la même chose, simplement il le dit avec des mots et des tournures différentes.
Alors tu vas me dire, c'est normal qu'on ait juste sa pensée sur le moment, mais c'est un journal intime. Plus précisément, c'est une entrée d'un journal intime. Et pour moi, c'est là que ça marche pas : un journal a justement pour intérêt de présenter un personnage et de montrer comment le temps, le contexte autour de lui parviennent à influencer ses pensées et à le changer. En l'occurrence, on à à faire à un bout de quelque chose de beaucoup plus grand. C'est un milieu, voire un début à la limite, mais je trouve que laissé tout seul, le texte n'a pas la force et certainement pas l'impact qu'il pourrait avoir.

Donc voilà, je n'ai pas de relevé précis à te faire et pas grand chose d'autre à te dire. Mon avis n'est qu'un avis, mais même si j'ai apprécié la lecture, je l'ai trouvée incomplète.

Voilà, bonne continuation ^^.
Perdu

Hors ligne JeaNMatH

  • Tabellion
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Re : 2 novembre 2012
« Réponse #3 le: 03 Novembre 2012 à 12:27:20 »
Holà !

Bonjour à vous, ainsi qu'aux observateurs muets.

Eh bien Kerena, j'attends ta réaction avec impatience, aussi mitigée soit elle  :P

Rain,

Il est bon d'entendre que ce ma façon d'écrire rejaillit immédiatement sur la sensation que mes textes donnent à la lecture. J'écris vite, donc c'est lu vite. Pas d'artifices, pas d'effort particulier, ça n'apparaît pas opaque.
Alors par contre, de là à dire qu'il n'y a "pas de véritable réflexion construite", je veux bien dans la forme, mais dans le fond c'est tout l'inverse. En témoigne moi-même puisque le personnage de ce texte, c'est moi.
J'ai forcé certains traits, notamment mon caractère désabusé, qui transparaît dans l'effet "simple constat".
Je ne sais pas comment mettre davantage mes opinions en évidence, à part en les donnant explicitement...

Citer
Je ne sais pas ce qui m'a été le plus déstabilisant, à la réflexion... constater l'absence totale de recueillement, de respect, d'attitude solennelle de ces gens, ou se retrouver acteur de ce dépouillement de demeure. Oh ! En voilà un mot pertinent, "dépouillement", pour la connotation morbide, ou peut-être pour l'autre, la politique :
- Ayé, tous les bulletins ont été récoltés dans l'urne funéraire, a pu qu'à voir qui c'est qu'a gagné quoi !
- Chouette ! Un billard pour jouer avec les copains  :D
Enfin, passons...

(passage pris parmi de nombreux de la même teneur)
J'aurais pu caser ici : Quelle bande d'imbéciles opportunistes. Dans cette société, le temps est contracté, on consomme, on recycle, objets et humains sont réduits au même statut de produit. Dans cette société, il n'y a que trop de filtres entre la réalité et les perceptions qu'on en a : la mort est théorisée, éloignée, mise à distance. La sécurité routière à outrance, les médicaments pour faire survivre, pas d'euthanasie même lorsqu'il n'y a que souffrance et désespoir, le suicide est diabolisé sans qu'on en cherche les raisons, on tend vers le "meilleur des mondes" d'Aldous Huxley. L'Homme finira par réinventer mère-nature, si ce n'est pas déjà fait, et lorsqu'on aura poussé nos expériences d'apprentis-sorciers à leur paroxysme, dans des combinaisons anti-radiations et UV, quand la Terre ne sera plus que ruine et poussière, alors peut-être verserons-nous une larme pour nos pairs, décédant de désydratation et de malformations. Et lorsque nous concéderons notre dernier souffle, alors peut-être viendra le questionnement : D'où venons nous ? Pourquoi sommes-nous là ? La vie a t-elle un sens, autre que celui d'acquiérir une Odie A5 et assimilé ?
Ca, c'est le fond du texte.

C'est un journal intime, pas un plédoyer. Je ne suis pas là pour transmettre mes idées, mais pour les suggérer, que ça parle où non, je m'exprime. Avec dérision, cynisme, et, je constate. Je ne fais que constater car les implications me paraissent tomber sous le sens.

Bref.

Hors ligne Rain

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Re : 2 novembre 2012
« Réponse #4 le: 03 Novembre 2012 à 12:51:33 »
Ce n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire. Quand je dis que je ne vois pas de "véritable réflexion construite", ce n'est pas parce que je pense que la réflexion derrière ton texte n'est pas construite (au contraire et ça se voit), c'est plutôt qu'on ne voit pas la construction de la réflexion de ton personnage.

C'est la raison pour laquelle je te disais que mon avis est extrêmement subjectif, et aussi pour laquelle je n'arrive pas à rentrer dans ton texte : tu nous livres la fin de ta réflexion à toi à travers ton personnage, ce qui la fait apparaître comme cette simple constatation dont je parlais. Or ce qui m'intéresse avant tout dans un texte, et a fortiori dans un journal intime qui, par définition, s'étale sur le temps et dévoile toutes les pensées sur le moment du personnage, c'est de voir comment celui-ci a pu en arriver à cette réflexion, qu'est ce qui l'a fait évoluer vers cette réflexion, et puis une fois qu'il l'a, comment il réagit, est-ce qu'il agit pour changer les choses, est-ce qu'il s'enferme dans la solitude pour éviter le reste de sa société, est-ce qu'au final il finit par faire comme tout le monde, et pourquoi ?

Je ne critique pas le fond de ton texte, parce que j'ai bien saisi que le fond avait été réfléchi. Simplement, tu nous livres le résultat de ces réflexions, et finalement, je ne vois pas la différence entre ce bout de texte et un débat que tu pourrais lancer, avec tes constatations et les questions qu'elles te posent. Bien sûr, n'importe quel texte ou n'importe quel livre peut amener une réflexion ou un débat, ou une constatation qui est la leur à travers leurs personnages, mais pour fonctionner la plupart du temps, pour convaincre ou persuader les lecteurs, ou même simplement pour les amener à réfléchir eux-mêmes là-dessus, les auteurs montrent cette réflexion en amont, comment elle est apparue, dans quelles circonstances, avec une histoire peut-être fût-elle légère, et comment leurs personnages doivent ensuite réagir.

Voilà. Encore une fois, c'est une vision très subjective des choses, et je sais que beaucoup ne la partagent pas, mais les simples constatations comme la tienne, aussi construites soient-elles, ne parviennent pas à me toucher et rarement à me faire réfléchir au même sujet.
Tu n'as visiblement pas la même opinion, mais je pense quand même que c'est important pour n'importe quel auteur de savoir à quels lecteurs il a à faire ^^.
Perdu

Hors ligne Elhora

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Re : 2 novembre 2012
« Réponse #5 le: 03 Novembre 2012 à 13:01:26 »
Coucou Jean!

J'avoue que j'aurais pu poster exactement le même commentaire que le premier de Rain!
Après avoir lu ta réponse et la sienne, je dirais que oui ton texte se lit très facilement et qu'on voit qu'il est réfléchit et construit. Ce que tu rajoutes dans ta réponse, le cri de colère, voilà ce qui moi, me manque dans ton texte. (Et finalement, le fait que tu le fasses dans ta réponse donne au texte tout son sens).
Tu décris les émotions de ton personnages, ce qu'il voit, ce qu'il constate de façon très détachée et du coup, à la fin, je me suis posée la question : mais que veut-il dire?  :\?
Effectivement, tu dis des choses mais tu les effleures en celà que tu ne te positionnes pas clairement (comme je pense qu'on le fait devant son journal) et j'aime ce que tu dis dans ta réponse :
Citer
Quelle bande d'imbéciles opportunistes. Dans cette société, le temps est contracté, on consomme, on recycle, objets et humains sont réduits au même statut de produit. Dans cette société, il n'y a que trop de filtres entre la réalité et les perceptions qu'on en a : la mort est théorisée, éloignée, mise à distance. La sécurité routière à outrance, les médicaments pour faire survivre, pas d'euthanasie même lorsqu'il n'y a que souffrance et désespoir, le suicide est diabolisé sans qu'on en cherche les raisons, on tend vers le "meilleur des mondes" d'Aldous Huxley. L'Homme finira par réinventer mère-nature, si ce n'est pas déjà fait, et lorsqu'on aura poussé nos expériences d'apprentis-sorciers à leur paroxysme, dans des combinaisons anti-radiations et UV, quand la Terre ne sera plus que ruine et poussière, alors peut-être verserons-nous une larme pour nos pairs, décédant de désydratation et de malformations. Et lorsque nous concéderons notre dernier souffle, alors peut-être viendra le questionnement : D'où venons nous ? Pourquoi sommes-nous là ? La vie a t-elle un sens, autre que celui d'acquiérir une Odie A5 et assimilé ?

Voilà, c'est ça qui me manquait : de l'émotion! On sent que ton personnage est... En fait on ne sait pas trop : frustré, blasé, triste, désespéré? Je n'arrivais pas à avoir la réponse à cette question.

Ah, il est en colère! Oui, oui, ça je le comprends! Et ça donne du sens à tout le texte!

 :mafio:


Hors ligne JeaNMatH

  • Tabellion
  • Messages: 40
Re : 2 novembre 2012
« Réponse #6 le: 05 Novembre 2012 à 11:26:36 »
Bonjour Rain et Elhora  :)
Je laisse un temps s'écouler entre vos réactions et la mienne, pas parce que je me trouve over-booké, non-non, bien au contraire  :mrgreen:
En fait, je préfère me laisser un moment pour intégrer, assimiler ce que je lis, et de répondre une fois ceci fait (toute chose est très riche, aussi futile ou négligeable paraisse t-elle, de part l"infinité des liens qu'elle entretient avec le "reste", et je parle là très généralement. Vous connaissez le principe de ce qui est désigné par un anglicisme aussi laid qu'une déclaration d'amour en allemand : La sérendipité ? On est en plein dedans  :P)
Donc !

Ce que j'ai retenu Rain, et en ça tu as réellement bien fait de dire ton avis, pour m'avoir mis un peu en rogne, et pour ne pas en démorde après. Il est clair que tout texte, doit comporter son lot d'infos minimum pour être compris suffisamment, et plus le sens est implicite, plus les données satellites (genre contexte, caractère du/des perso(s), opinion développée, etc...) doivent être fournies en guise d'indices incidents (lol). Là où se trouve le challenge c'est de garder mon style bourré de connotations (j'y tiens). Il me faut juste trouver l'équilibre entre le compréhensible et l'insinué. Quoi de plus puissant qu'une idée, qu'un concept, qu'une émotion qui est implicite, émergeant au fil d'une lecture à deux degrés (ou plus, pour faire dans le sensass') ? Certainement pas le machin qu'on balance comme un éléphant sur la devanture d'un magasin de porcelaine genre "et làààà, c'est assez claaaiiir ?!"

La raison pour laquelle t'as bien fait de me mettre en rogne, c'est parce que la réponse d'Elhora m'a fait comprendre un autre truc important. J'ai un style qui tend un peu vers la poésie, et je signifie souvent des choses chargées en émotion, alors être aussi pudique dans l'expression de celles-ci, autant éviter. Je vais travailler là dessus (et il s'agira pas que d'un effort de style mais également d'un travail sur moi, bref).
Que je puisse choisir, à terme, de les insinuer dans mon écriture, ou bien les taire, les cacher, seulement au lecteur (parce que pour l'instant j'y passe aussi).

Elhora, oui "mon personnage" (ma pomme) en fait ressent un mélange de tout ça. Pour faire joli je pourrais dire que je vis une boucle centrée sur : tristesse -> désespoir -> colère -> frustration -> total blaze -> tristesse -> and so on my dear.
Retranscrire ça ? Huh.

Hors ligne Elhora

  • Prophète
  • Messages: 775
  • autiste, galère à comprendre les implicites...
Re : 2 novembre 2012
« Réponse #7 le: 05 Novembre 2012 à 11:39:59 »
 ;D

C'est marrant, j'ai parcouru un peu le même chemin que toi dans mes écrits. Je ne m'assumais pas ou à moitié seulement et je me servais d'images ou d'univers fantastiques pour suggérer, insinuer, espèrant très fort que l'on comprenne mes demi-mots.
C'est ici qu'un charmant jeune homme (qui n'est plus sur le forum) m'a fait comprendre cela.
Je m'attache donc maintenant à creuser plus profondément en moi (des choses qui ne me sont pas forcément agréables) pour les mettre à jour le plus clairement possible. Le texte que j'ai écrit par la suite dans cet esprit a beaucoup plu.
Mais c'est une prise de risque importante, car les critiques de ce qui n'est pas exactement compris ne peuvent pas vraiment toucher. On peut toujours conclure "ils n'ont rien compris". En fait, c'est un peu une amputation de ce que tu es ou de ce que tu veux dire (enfin, je te parle de mon expérience, c'est très personnel comme idée  ^^). Si tu vas plus loin et que tu fais exister réellement tes émotions, peut être certains ne comprendront rien et tu risques même de choquer, déranger et de vivre un certain rejet... Mais pas forcément! Ton texte peut aussi frapper au coeur, remettre en question et c'etstpour moi ce qui fait d'un texte un texte réussi.  :D

Citer
tristesse -> désespoir -> colère -> frustration -> total blaze -> tristesse -> and so on my dear
Je vis ça tout le temps, je connais bien!

Assume le, va au bout et tes textes auront la force d'un tsunami.

Moi je les aimerais certainement en tous cas!

Au plaisir

 :mafio:

 


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