Boire un diabolo menthe aussi chevelu qu'un metaleux en se demandant comment la vierge Marie a pu avoir une descendance en sa qualité de non pratiquante...
Enfin la vie quoi ...
Écouter le miaulement des oiseaux, le chant des sirènes imberbes en chevauchant un anaconda privé de sa mère depuis trop longtemps.
Enfin, la vie quoi...
S’appuyer pendant des années contre l’écorce humide d’un arbre jusqu’à y prendre Racine. Et se dire que tant qu’à le prendre, autant que ça soit par le cul.
Enfin la vie quoi…
Le quotidien d’Amy-Lee était rempli de ces pensées absurdes, de ces hallucinations qu’elle arrivait tout de même à contrôler.
Folle ? Peut être, mais folle selon qui ?
Les grands décideurs de ce genre de chose sont eux aussi doués d’une certaine forme de délires. Il n’est pas aberrant de constater à ses côtés la présence de Mikérinos, et lui demander quelques éclaircissements sur le mystère des Pyramides. Si ça c’est le signe d’un trouble mental, que dire alors du père de famille qui, en temps de crise, prend un crédit sur cinquante ans pour une maison clone dans une zone pavillonnaire ?
Amy-Lee pourrait aller en HP et le joyeux créancier non ? C’est simplement dégueulasse.
L’hallucination d’un bonheur absolu par la forme la plus aboutie de consumérisme est tout aussi condamnable que celle d’un diabolo menthe chevelu.
Amy-Lee ne parlait à personne de ses visions. Elle arrivait à les cacher dans un coin de son cerveau quand le moment n’était pas propice à leur apparition. La domination de la pensée logique et rationnelle la conduirait directement en psychiatrie. Descartes maître du monde ? On n’en a jamais été très loin finalement et à Magritte de brûler en enfer avec sa foireuse histoire de pipe. Se créer son monde imaginaire simplement parce que celui imposé est d’une banalité gerbante n’est pas une forme de démence. Plutôt un repli, une barricade, une planche de surf quand le reflux de la vague tente d’absorber les plus audacieux. Les asiles sont pleins de gens dits anormaux là où la normalité nous persuade du bien fondé de choses à priori absurdes. L’écoute approfondie et répétée du répertoire à une seule note de David Guetta; Ibiza, centre culturel des manifestations les plus artistiques ou encore Marc Lévy, dieu incontesté de la littérature contemporaine. « On » n’est pas forcément un con. Il a juste par moments la paresse d’esprit d’activer ses petits neurones. Amy-Lee aimait écouter du métal et aimait remuer la tête. C’est peut être ça qui rendait les siens plus frétillants.
Petite ou grande ? Avec une mèche de cheveux qui lui tombe sur le front ? Les yeux verts coquins ou noirs profonds ? Qu’importe ce genre d’informations qui ne fait pas avancer le schmilblick. La scolarité de ce genre de descriptions lui est insupportable à avouer.
Disons qu’elle mesure dans les 1 mètre 20 au matin mais atteint facilement les 6 mètres 50 quand vient le soir, telle une plante bien arrosée. De longs bras élastiques coulent de ses épaules menues. En guise d’yeux, deux petits trous fluorescents parfument son visage d’une gentillesse printanière.
Imaginez-là comme vous voulez. Ou ne l’imaginez pas.
Amy-Lee a traversé la route sans se faire écraser, en marchant bien sur chacune des lignes du passage piéton. Au loin ou seulement dans sa tête un groupe de sirènes policières remuaient la tranquillité de la nuit.L'intellect grignotait toute substance, il était temps de rentrer chez elle. Cette journée en extérieur l’avait mentalement asphyxiée et les canards du lac n’avaient pas été bien bavards aujourd’hui. Dans la solitude de sa tête elle contemplait son univers. Créé de toute pièce pour échapper au vôtre.
A suivre...