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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jacques et les femmes

Auteur Sujet: Jacques et les femmes  (Lu 1683 fois)

Hors ligne ouimadame

  • Tabellion
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Jacques et les femmes
« le: 19 Août 2012 à 13:27:52 »
Ceci est un extrait d'une nouvelle disponible sur mon blog, elle a donc un avant et une suite. J'ai néanmoins adapté le morceau choisi pour la compréhension. Je pense que c'est, du coup, relativement digeste. ???
Merci de votre lecture et éventuels commentaires.

http://ouimadamejesuisunartiste.overblog.com/


Jacques fait taire son estomac avec grand plaisir grâce à ce camembert qui tentait vainement de s'échapper. Tout en mangeant, il pense à l'aversion qu'il ressent pour Catherine. Il essaye d'être pragmatique, et se dit qu'il y a simplement des gens avec qui ça ne passe pas. Des gens avec qui on aimerait simplement ne pas avoir à faire, ou en tous cas se contenter du minimum, comme avec certains de ses patients. Ou encore cette employée de la poste qui, Jacques sourit,  à chaque fois qu'elle a besoin de son nom, lui demande si c'est Jacques, ou Richard. Bien sûr il y a pire, mais les gens normaux, ceux qui ont un nom qui ne ressemble pas à un prénom, ne savent pas ce que c'est. Il rit et parle tout seul :  « Richard Madame, mon nom est Richard... oui, comme le prénom ! »... « comme le prénom »... cette phrase qui, chez les Richard se transmet de génération en génération...

Jacques  rassemble ses pensées, son visage s’assombrit ; pour lui, Catherine est liée à Anna, sa femme qu'il l'a très récemment quitté. Il ignore quelle était la nature exacte de leur relation, mais il l'imagine, c'est bien pire. Deux confidentes, un complot féminin, peut être que tout ça est de la faute de Catherine ?
C'est idiot, il le sait bien.
Tout ça est de sa faute à lui, c'est sa passivité qui l'a fait perdre Anna.
Il l'a toujours aimé, il aime encore follement cette femme mais n'a jamais pensé la mériter, comme s'il s'attendait depuis toujours à ce que ça s'arrête. Il se serait pris toute sa vie pour un roi ; Damoclès en l’occurrence. Un roi heureux car chaque année supplémentaire était un sursis.

Son téléphone  resté dans le couloir sonne, Jacques se lève. C'est un message. C'est Violette, Violette et son orthographe accablante.
Son regard scotche sur le mur. Il ne lui semble jamais avoir remarqué ces arabesques sur la tapisserie du couloir.
C'est la première chose qu'on remarque sur un site de rencontres, pense t-il, c'est fou ce que l'orthographe fait transparaître, et dit de la classe sociale. Il n'aime pas  se sentir jugeant, mais là il s'en fout.

Il avait déjà rencontré Violette autour d'un verre. Ça avait mal commencé ; elle s'était étalée de tout son long dans l'escalier de la brasserie. Toute l'étendue des dégâts s'offrait alors à lui. Cette grande bonne-femme, la quarantaine bien tassée,  toute dégingandée, au teint vieilli par le tabac, le soleil, et sans doute l'alcool, lui apparut comme pathétique. Une fois installée, elle ne fit que parler d'elle, sa petite vie, ses histoires avec les hommes, ses enfants. Jacques, est compréhensif, c'est plus fort que lui. La plupart du temps, il écoute, analyse, et conseille. C'est un homme intelligent, il sait pointer les réels problèmes des gens, mais il s'arrête à temps. Car personne ne veut entendre parler de ses réels problèmes, il en sait quelque chose, et les mécanismes de défense sont parfois rudes.
Violette n'avait donc aucun vrai problème, sinon que d'être une travailleuse précaire, célibataire, et d'avoir une peau de rousse.
Il avait eu droit, bien sûr, à la consultation à l’œil, puisqu'elle s'était légèrement tordue la cheville en tombant. Par chance, celle-ci n'est pas hypocondriaque, son métier attire parfois les vraies malades.
 En quittant Violette sur le trottoir, il apprit qu'elle n'avait que trente  sept ans ; encore un vrai problème qu'il ne faudrait pas aborder, se dit Jacques.
Elle lui proposait de dîner ce soir. Jacques finit par décoller les yeux du papier-peint et de ses arabesques, et se sert un grand grand verre d'eau fraîche. Est il prêt à revoir et supporter Violette ? Il avait bien senti qu'elle espérait plus avec lui, mais dans quel but, sinon que de la vulgaire et pitoyable polissonnerie ? De celle qui ne dérange qu'après l'affaire faite. Celle qu'on regrette instantanément, l'homme est ainsi fait.

Jacques a accepté et … là dans ce restaurant, il est bien incapable de dire s'il a bien fait.
A défaut de conversation intéressante, et même si, comme à son habitude, il arrive à faire illusion en étant dans l'écoute compréhensive, Jacques se sent revivre un instant, grâce au bar sauvage qu'il a dans son assiette.   
Violette a commandé une viande rouge grillée. Elle déplora que le restaurant ne proposait pas  de pizzas. Jacques eut bien envie de lui dire ce qu'il pensait de la plupart des pizzas, servies dans les  établissements français qui osaient se dénommer restaurant, mais il se tut, c'était mieux comme ça. Elle avait fait un effort en ce qui concerne sa tenue, du moins elle était un peu moins vulgaire qu'à son habitude. Elle avait épargné à Jacques de porter la ceinture très large en simili cuir noire,  sur la jupe rouge du premier rendez-vous. Ce dernier, quand il l'aperçu ce soir sur le perron de son immeuble,  en fut  inconsciemment soulagé.
Jacques fait tous les efforts possibles pour s'intéresser et paraître aimable ; après tout, cette femme n'avait pas eu sa chance, lui n'était qu'un fils unique, pour qui les parents avaient voulu une éducation complète. Et à part un père psychorigide, son enfance avait été plutôt douce et heureuse.

Violette finit néanmoins d'achever ce qu'il lui restait de philanthropie quand, elle lui dit qu'en matière de musique, elle aimait tout… « sauf la musique classique... ou alors au restaurant » Jacques se dit alors que le jazz devait sonner pour elle comme un nom de parfum.

Elle était presque touchante dans sa médiocrité.

Jon Ho

  • Invité
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #1 le: 20 Août 2012 à 01:26:46 »
Hello

La forme : C'est plutôt bien écrit. Je ne relèves pas les fautes, d'autres le font beaucoup mieux que moi.
C'est agréable à lire parce que tu as un bon sens de la ponctuation et ton paragraphage est judicieux.
Des petits soucis de temps :
Violette a commandé une viande rouge grillée. Elle déplora que le restaurant ne proposait pas  de pizzas : Le paragraphe commence au présent...  |-|

La forme : Désolé de dire ça comme ça, mais j'ai trouvé cet extrait inintéressant au possible.
Impossible de rentrer dans cette histoire puisqu'il ne s'y passe rien.
Je pense ne pas être à la base très friand de ce genre de nouvelles sentimentales, alors je suis peut être juste réfractaire au contenu pour des raisons hyper subjectives.
D'autres viendront infirmer ou confirmer mon sentiment de vide...

Au plaisir



Hors ligne ouimadame

  • Tabellion
  • Messages: 54
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #2 le: 20 Août 2012 à 01:42:44 »
merci pour le problème de temps.
A vrai dire je ne m'attendais pas à une réponse de ta part Jon, j'avais bien compris que "les histoires où il ne se passe rien" ne t'intéressent pas.
Mais ça m'intrigue tout de même ; est ce que les grands écrivains aux romans à histoires sentimentales "où il ne se passe rien" t'ennuient aussi ? (loin de moi l'idée de me comparer à un grand auteur, plutôt un petit oisif qui voudrait prendre de la hauteur en réalité) , mais donc, est ce que ces auteurs (tiens je pense à Sagan que j'adore) t'ennuient aussi ? où c'est juste les histoires d'amateurs comme moi... ç je peux comprendre.

http://ouimadamejesuisunartiste.overblog.com/

Jon Ho

  • Invité
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #3 le: 20 Août 2012 à 01:55:02 »
J'attends juste d'être surpris en fait.
Il n'y a ni amateur, ni professionnel dans l'écriture !!! Ceux qui en vivent sont bien souvent ceux qui écrivent POUR leurs lecteurs et se ce sont pas les plus à respecter... ( les auteurs pas les lecteurs )
Franchement si j'ai commenté ton texte c'est parce que je trouve que tu écris vraiment bien.
C'est juste dommage qu'il ne se passe pas grand chose.
T'es loin d'être un petit oisif comme tu dis. Ou dans ce cas on est 2  ;)

J'aime bien lire des textes où par avance je sais que je ne vais pas aimer. Juste pour le plaisir d'être surpris et de me prendre une claque.
La dernière : Running with scissors d'Augusten Burroughs. Je l'ai entamé avec un sale a priori de petit con buté et je l'ai lu en une fois, totalement pénétré.
Je pense ( et ce n'est que mon avis ) que ce genre d'histoire, à force d'avoir été racontée, a besoin de folie pour ne pas tomber dans le trop déjà lu.

Hors ligne ouimadame

  • Tabellion
  • Messages: 54
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #4 le: 20 Août 2012 à 02:06:24 »
tu aimes être surpris, ça je comprends très bien et c'est tout à ton honneur de chercher dans les textes qui à priori n'ont pas ta prime attirance. Mais tu n'as pas totalement répondu, (dsl si ça fait conversation privée)  aimes tu les "grands auteurs" de romans dit sentimentaux ou à priori il ne se passe pas grand chose sinon que des histoires de relations humaines. Je replace Sagan, oui j'insiste, peux tu prendre plaisir à lire ce genre de roman ou est ce que c'est trop plat pour toi ?
J'ai souvent (c'est relatif je suis nouveau ici) lu tes textes et j'ai été impressionné du fourmillement d'idées, mais c'est vrai que j'ai du mal à accrocher. Une histoire de sensibilité ? comme en musique, on peut reconnaître le talent d'un musicien sans être sensible à son univers.

Hors ligne Piga

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Re : Jacques et les femmes
« Réponse #5 le: 20 Août 2012 à 10:49:58 »
Citer
Des gens avec qui on aimerait simplement ne pas avoir à faire
formule un peu lourde pour mon goût

Citer
tous cas
discutable. "en tout cas" ou "dans tous les cas", le débat est ouvert

 
Citer
Jacques, ou Richard
pourquoi une virgule?

 
Citer
Bien sûr il y a pire, mais les gens normaux, ceux qui ont un nom qui ne ressemble pas à un prénom, ne savent pas ce que c'est. Il rit et parle tout seul :  « Richard Madame, mon nom est Richard... oui, comme le prénom ! »... « comme le prénom »... cette phrase qui, chez les Richard se transmet de génération en génération...
beaucoup de qui et de que

Citer
femme qu'il l'a très récemment quitté.
qui l'a quitté ou qu'il a quitté, ça dépend de ce que tu veux dire

Citer
Il l'a toujours aimé,
aimée

Citer
s'il s'attendait depuis toujours à ce que ça s'arrête
beaucoup de sonorités SSSSS

Citer
. Il se serait
sera?

 
Citer
il sait pointer les réels problèmes des gens, mais il s'arrête à temps
c'est à dire?


Citer
défense sont parfois rudes
que veux tu dire par rudes? pour qui?

Citer
avec lui, mais dans quel but, sinon que de la vulgaire et pitoyable polissonnerie ? De celle qui ne dérange qu'après l'affaire faite. Celle qu'on regrette instantanément, l'homme est ainsi fait.
beaucoup de qui et de que

Citer
Elle avait épargné à Jacques de porter
à mon sens on "épargne quelquechose à quelqu'un" et non pas "de +verbe"

Citer
Ce dernier, quand il l'aperçu
aperçue

 
Citer
une éducation complète
c'est quoi une éducation complète?

Citer
de philanthropie
je n'aurais pas utilisé ce mot

Citer
Jacques se dit alors que le jazz devait sonner pour elle comme un nom de parfum.
bien vu

Hello,

Sur la forme j'ai relevé quelques erreurs mais certaines de mes remarques sont à débattre.
Sur le fond; comme tu le dis en intro ce texte a un avant et un après, donc il est difficile à juger. Cependant ton passage de lecture agréable même si il y a beaucoup de "que " et de "qui" m'incite à découvrir le texte dans son entier.
J'aime les romans d'atmosphère, mais j'ai horreur de Sagan.
Dis bonjour à JH de ma part et surprend le dans ton prochain texte...

"Le rire a été donné aux hommes par Dieu pour les consoler d'être intelligents."

Hors ligne Kerena

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Re : Re : Jacques et les femmes
« Réponse #6 le: 20 Août 2012 à 11:06:55 »
Citer
femme qu'il l'a très récemment quitté.
qui l'a quitté ou qu'il a quitté, ça dépend de ce que tu veux dire

Euh, ya un souci de conjugaison, là. Une femme qui l'a quitté, ou une femme qu'il a quittée ^^

Citer
Ce dernier, quand il l'aperçu
aperçue

Perdu, x2 ^^ Il l'aperçut, ou bien il l'eut aperçue

Voilà voilà ^^
Comme l'a dit Jon Ho, c'est pas facile de se faire une idée sur un texte qui a un avant et un après. C'est bien joli toutes ces histoires de femmes, mais il faudrait que sa mène le lecteur quelque part ^^
J'attends donc une suite, pour ma part.

Sinon, la narration est plutôt fluide et donc ton texte est facile à lire.
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne ouimadame

  • Tabellion
  • Messages: 54
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #7 le: 20 Août 2012 à 15:58:32 »
Kerena : C'est bien sa femme qui est partie, donc "qui l'a quitté(e) " le "e" à la fin ou pas ?
Piga : il l'a toujours aimée, donc il l'a quittée ?
Il pointe les problèmes des gens" mais il s'arrête à tant car : "personne (en général) ne veut entendre parler de ses réels problèmes". Disons que discuter avec un inconnu de ses "vrais" problèmes est une chose assez rare.
Les mécanismes de défense pour ne pas parler des vraies choses sont bien rodées (y compris inconsciemment) donc parfois "rudes", agressivité par exemple ou simplement  pratiquement impossible à contourner.
éducation complète de la part d'un milieu de petit bourgeois (fils unique de commerçant travailleur pour qui ça marche bien) cathé, sport, musique. (tout ceci est très subjectif évidemment haha)
Philanthropie ? altruisme peut être est-ce mieux ?
Sinon pour les lourdeurs décrites je vais voir ce que je peux faire.

Sur Sagan je ne t'en veux pas Piga  mais j'aimerai bien savoir ce que tu n'aimes pas (je trouve ça intéressant) , je te dis ce que moi j'aime ; sa prose lyrique qui donne envie de lire à haute voix, je trouve que ça chante. Sa façon de rentrer à fond dans la psychologie des personnages. Son ton détaché, ironique et plein d'humour.

Merci de vos commentaires ça me fait avancer tout ça.

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
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  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Jacques et les femmes
« Réponse #8 le: 20 Août 2012 à 16:15:47 »
C'est sa femme qui l'a quitté. Définitivement  :mrgreen:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


 


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