Titre du roman: Hell
Auteur: Lolita Pille
Explosif, acide, pessimiste, provocant, déroutant, choquant, quelque chose de si fort et de si immature à la fois.
C'est l'histoire d'une fille, l'histoire d'une jeunesse trop riche pour avoir quelque chose à désirer. D'une jeunesse qui a tout, sauf ce qu'il lui faut réellement. Entraînée dans un amour infini, l'ombre la guette, et va la rattraper, car elle rattrape toujours. Ce ne sont plus des humains mais des zombies, qui marchent dans le vide et n'ont jamais eu les pieds sur terre. Qui tiennent debout parce que c'est la mode. Et puis, que faire d'autre après tout ? Une jeunesse dépravée, en quête de risque qui tente de jouer avec la vie, pour se faire croire qu'ils la maîtrisent. Enracinés dans la facilité de la médiocrité, ils n'osent plus croire qu'un autre monde puisse exister, et sont effrayés par ce qu'ils n'ont jamais connu… un peu de bonheur. Ce livre ne raconte pas la vie, mais la mort. Une mort douce et imperceptible dissimulée sous l'argent, le sexe et inondée d'alcool pour tenter d'oublier qu'il n'y a rien à retenir, rien d'autre que le vide. C'est l'histoire de l'espoir qui disparait dans la nuit. J'ai trouvé le livre très significatif, écrit avec beaucoup de rage et de douleur et j'ai beaucoup aimé car ça reflète terriblement la société de ce siècle. Certes, le style de Lolita Pille est à part et peut déplaire, mais les sujets abordés touchent énormément.
Citations du livre:
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Désillusionnée avant l'age je dégueule sur la facilité des sentiments. Ce qu'on nomme l'amour n'est que l'alibi rassurant de l'union d'un pervers et d'une pute que le voile rose qui couvre la face effrayante de l'inéluctable Solitude. Je me suis carapaçonnée de cynisme, mon coeur est châtré, je suis l'affreuse Dépendance, la moquerie du Leure universel; Eros planque une faux dans son carquois. L'amour, c'est tout ce qu'on a trouvé pour aliéner la déprime post-coïtum, pour justifier la fornication, pour consolider l'orgasme. C'est la quintessence du Beau, du Bien, du Vrai, qui refaçonne votre sale geule, qui sublime votre existence mesquine. Eh bien moi, je refuse. Je pratique et je prône l'hédonisme mondain, il m'épargne. Il m'épargneles euphories grotesque du premier baiser, du premier coup de fil, écouter douze fois un simple message [...]
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On vit... comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore... Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent: on mange autre chose, on dors mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustré pour l'éternité, soit on y parviens et on se rend compte qu'on s'en fous. Et puis on en crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça on a singulièrement envie de boucler a boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'a ce que le sang gicle...