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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Réflexion

Auteur Sujet: Réflexion  (Lu 1352 fois)

Hors ligne Noisette

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Réflexion
« le: 25 Octobre 2012 à 20:06:27 »
Bonjour, j'ai écrit ce texte pour un sujet d'invention donné par mon prof de français. Etant donné que j'aime bien ma rédaction et que j'ai été assez inspiré j'aimerais vos avis.

Le sujet étant " Imaginez une suite possible à cette page romanesque. Georges Duroy après le départ de Norbert de Varenne, rentre chez lui et réfléchit aux paroles du vieux poète. "
Norbert de Varenne parlait de la mort, condition humaine ainsi que des vanités, vision assez pessimiste de la vie. 
Bref, voici mon texte :

À quelque mètre de son porche, Georges Duroy aperçut une ombre furtive courir droit sur lui. C'était un jeune chat émacié et chétif que Duroy connaissait bien. Il vint se frotter contre les jambes de ce dernier, qui s'abaissa pour caresser sa petite tête poilue ronronnant déjà. En considérant attentivement cette bête innocente le jeune journaliste se rappela les paroles de Norbert de Varenne :

   "  Regardez les gens médiocres: à moins de grands désastres tombant sur eux ils se trouvent satisfaits, sans souffrir du malheur commun. Les bêtes non plus ne le sentent pas."

   Duroy se demanda, s'il faisait lui aussi partie de ces gens médiocres. S'il ressemblait bien plus qu'il ne le pensait à ce chat vagabond, indifférent à ce tout qu'il se passe dans ce bas monde. Et si comme ces gens, il n'avait pas cette conscience sur notre existence, sur notre condition humaine... Non, au fond de lui Georges Duroy connaissait déjà la réponse. Il savait que la mort attendait chaque homme, qu'elle prenait à chaque heure, à chaque minute et à chaque seconde l'essence d'une âme. Les aiguilles de sa montre le lui rappelaient également constamment. Soir après soir, elles faisaient écho à son angoisse dans le silence étouffant de la nuit, où le temps avançait, inlassablement. Rien ni personne ne pouvait l'arrêter dans son éternelle marche itérative. Il savait qu'il était impuissant, à sa merci. Ceci lui fit penser qu'il faudrait qu'il aille chez l’horloger demain, afin de récupérer sa montre qu'il avait cassée sous l'effet de cette lucidité perturbante.

   C'est à ce moment-là que les cloches  de Notre-Dame de Paris décidèrent de ramener Duroy à l'inflexible réalité. Il regarda autour de lui, surprit et inquiet de s'être égaré dans ses pensées en pleine rue, et si quelqu'un l'avait vu ? Il fit un tour sur lui-même, mais rien, personne, aucun signe de vie, même le chat avait disparu. Il était seul, seul et troublé.

   
   Tout en se déchaussant, Georges se dirigea vers la cuisine. Il s’arrêta à mi-chemin, se demandant s'il avait vraiment faim, ou était-ce seulement son cerveau qui avait besoin de s'occuper? Qu'importe, il se dirigea vers son garde manger et y trouva, avec surprise, une pomme qu'il avait délaissée depuis un bon moment à en juger par son état. Il la mangea quand même, espérant simplement, qu'il ne soit pas déjà trop tard, et qu'elle n'ait pas trop mauvais goût. Dès la première bouchée, Duroy eut une sensation étrange sur sa langue, quelque chose se tortillait. Il cracha immédiatement tout ce qu'il avait dans la bouche, plusieurs larves en ressortirent mélangées aux quelques morceaux de pommes décomposées. Duroy fut tellement écoeuré qu'il lâcha la pomme et tomba au sol. Il vomit alors, tout son repas de la veille sur la moquette de la cuisine. Les yeux larmoyant et toujours traversé de spasmes, il rampa vers le fruit putride, le prit dans ses doigts et le regarda. Ce fruit, dont l’apparence ne différait que de très peu d'un cueilli le matin même, paraissait encore vivant quelques minutes auparavant. Mais malgré son aspect habituel, cette pomme était infectée, rongée de l’intérieur par des parasites tenaces, prisonnière de cette damnation que le temps avait sur elle. Il se demanda alors si c'était ce que ressentait et vivait Norbert de Varenne. Si lui aussi avait été consumé par ses propres pensées, qu'il avaient procréées allant jusqu'à l'envahir et le submerger totalement. Des parasites qui deviennent des obsessions, des cauchemars, des phobies. Duroy fut pris d’effroi, lorsqu’il réalisa que le vieux poète l'avait peut-être contaminé à son tour. Pensant que cela changerait quelque chose, croyant avec naïveté que son geste corrigerait la situation, il lâcha immédiatement la pomme, qui roula lentement se cacher sous un beau meuble en bois vernis. Il recula précipitamment et se cogna contre une chaise. La force de l'impact la fit tomber, produisant un  bruit tonitruant, semblable à celui que fait la lame d'un bourreau lorsqu'il exécute son châtiment.

   Son pouls battait à tout rompre dans sa tête, il fallait qu'il reprenne ses esprits, et vite. Ouvrant le robinet de sa main tremblante, il s'aspergea le visage d'eau glaciale, et alla s'allonger sur sa couchette. Regardant le plafond décoloré, il remarqua que la peinture commençait à se craqueler, à s'émietter. Comme si même les murs ne pouvaient pas le protéger, comme si même dans son propre appartement, son propre chez lui, il n'était plus en sécurité. Il s'imagina alors, les infâmes rejetons de la mort essayant de traverser les couches de plâtre de sa chambre, dégageant ainsi le passe pour laisser libre place à leur souveraine. Ce tyran qui attend dans l'ombre, que l'on soit vulnérable pour s’immiscer au creux de nous et frapper fort, impitoyablement fort. Il prit une grande inspiration et se calma. En face de lui, à travers la fenêtre il vit la lune, majestueuse, éblouissante, immortelle. Il la contempla et réfléchit. Non, il n'était pas comme ce vieux sénile de Norbert de Varenne. Non, lui était jeune et en pleine possession de ses moyens, il n'avait pas le temps de se faire corrompre, ni celui de se morfondre. Il avait des objectifs à atteindre et se battrait pour cela. Dominer et dépasser ses supérieurs, pour ainsi atteindre les sommets de la société, voilà ce qui importait ! Il songea encore une fois aux balivernes du sénescent poète:

   "La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux; mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin qui est la mort."

   Duroy laissa échapper un rire sardonique, lui restera au sommet, il était prêt à tout pour ça. Norbert de Varenne si, comme il le dit, avait connu un jour le sommet dont il parle, il n'avait pas réussi à y rester. Ceci était la conséquence pure et simple de son manque de compétences voilà tout. Ce bougre reportait simplement sa frustration sur moi, pensa Duroy. Il dénigre et généralise la vie de chacun étant différent de lui, et par conséquent la mienne. Duroy se sentit fortement indigné face à cette révélation. Lui seul était maître de son destin et dicterait sa propre voie ! Et non un charlatan qui, sous prétexte de se décatir, divaguait en se proclamant prophète du soir. S'il avait de l'ambition et les convictions qui allaient avec, et ils les avaient. Rien ni personne ne pourrait l’arrêter. Norbert avait juste perdu les siennes et s'était laissé croire que tel était la fatalité de la vie, mais il se trompait. Oui, il avait tort, son jugement était faussé par son manque indéniable de croyances. Duroy lui, croyait en ses capacités et au diable les malédictions et autres contes. Il était Georges Duroy !

Merci d'avoir lu !  :)

Hors ligne Plectrude

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Re : Réflexion
« Réponse #1 le: 25 Octobre 2012 à 21:24:49 »
J'ai beaucoup aimé, en tout cas bien plus que tes textes précédents. Je n'ai pas relevé de faute flagrante, ni de syntaxe particulièrement dérangeante... Donc mon commentaire n'est pas très constructif, c'était juste histoire de dire que tu devrais avoir une bonne note. \o/

Hors ligne Noisette

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Re : Réflexion
« Réponse #2 le: 25 Octobre 2012 à 22:54:18 »
Merci !
Oui j'espère, je serais déçue sinon  :D

Hors ligne Piga

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    • C'est la rentrée!
Re : Réflexion
« Réponse #3 le: 26 Octobre 2012 à 11:47:39 »
Citer
dernier, qui s'abaissa
pourquoi une virgule?

Citer
Les aiguilles de sa montre le lui rappelaient également constamment
Cette phrase me paraît lourde

 
Citer
qu'il faudrait qu'il aille chez l’horloger demain, afin de récupérer sa montre qu'
beaucoup de "que"

Citer
l'inflexible réalité.
inflexible est il approprié?

 
Citer
surprit

surpris

Citer
Il la mangea quand même, espérant simplement, qu'il ne soit pas déjà trop tard, et qu'elle n'ait pas trop mauvais goût.
attention à la concordance des temps

 
Citer
propres pensées, qu'il avaient
qui avaient ?

Citer
fait la lame d'un bourreau lorsqu'il exécute son châtiment.
Il me semble que la lame du bourreau ne fait pas de bruit de chaise

Citer
Comme si même
bof pour la formule

Citer
le passe
le passage?

 
Citer
comme il le dit,

Citer
dont il parle
pléonasme

Citer
compétences
s'agit il de compétences?

Citer
frustration

est ce une frustration?

Citer
Il dénigre et généralise la vie de chacun étant différent de lui, et par conséquent la mienne.
mal dit

 
Citer
sous prétexte de se décatir,

je pense que le mot est inapproprié. En plus la forme pronominale du verbe décatir, si elle est admise, ne me semble pas heureuse

Citer
qui allaient avec, et ils les avaient.
mal dit

 
Citer
croyances
croyances en quoi?

Pas mal, des idées, mais tu abuses des "que" et la fin est un peu bâclée. On comprend ce que tu veux dire, mais tu l'exprime maladroitement.
Le chat, la pomme... tes images sont bonnes.
"Le rire a été donné aux hommes par Dieu pour les consoler d'être intelligents."

 


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