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Auteur Sujet: Le roman  (Lu 6878 fois)

Hors ligne OliveDuWeb

  • Calame Supersonique
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Re : Le roman
« Réponse #15 le: 30 Octobre 2012 à 15:23:44 »
Je viens de voir les réponses de l'autre côté et effectivement, on se rejoint.

Je comprends ce que tu veux dire.
J'ai aussi le même problème. Je conçois l'histoire pour moi, mais quand je rédige, je m'imagine face à mes lecteurs, et ça m'amène parfois à donner des explications inutiles (c'est flagrant dans "les ailes ardentes" que j'ai mis dans les textes longs).

Quand j'essaie de faire abstraction de ça, j'obtiens des textes à la limite de la compréhensibilité ("Pilou" ou "Charpies").

Personne n'a dit qu'écrire était facile, même si, comme jouer des notes en musique, on peut tous mettre des mots bout à bout pour faire des phrases. On est tous là pour ça, d'ailleurs.

O.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne Gros Lo

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Re : Le roman
« Réponse #16 le: 30 Octobre 2012 à 22:48:31 »
Ouh la la comment être synthétique...


1. Pour les romans planifiés (je vais parler au présent de vérité générale mais ça m'est arrivé qu'une fois hein...)

Comment construisez-vous votre roman ?
Je réfléchis aux idées que j'ai envie d'y mettre, à l'atmosphère, je fabrique un peu l'ambiance à partir de mes ambiances préférées, tout en essayant d'aboutir à quelque chose d'original. Une fois que j'ai les images en tête (les lieux surtout, et les idées principales qui se retrouveront dans l'intrigue), je me mets vraiment à réfléchir à l'histoire. Et ensuite je fais un plan bien détaillé, genre le résumé anecdotique de l'histoire en 4 ou 5 pages (au final, elle en a fait 200).
Du coup, construit à partir d'images et d'ambiances. Et ensuite cousues entre elles (en gros, le fil c'est l'intrigue).

Quand faites-vous vos corrections/reprises ?
Les reformulations, je les fais après avoir tout fini, ou quand je relis un passage pour me remettre dans l'ambiance avant d'en commencer un autre. Et une fois que tout est fini j'essaie d'élaguer un peu, toutes les phrases qui servent à rien etc.
Pour les corrections de fond, sur la structure-même, par exemple pour améliorer la crédibilité du comportement d'un personnage, j'ai rarement la motivation et j'abandonne et je finis par remiser le roman dans un coin...

Comment bâtissez-vous vos personnages (j'entends par là leur psychologie, leur complexité, leur histoire, en un mot : leur identité) ?
Du coup ils viennent souvent après avoir établi ambiances et images. Sauf quand ils sont partie prenante d'une ambiance ou qu'ils font partie de l'image. Mais la plupart du temps j'établis pas de profil psychologique. Ca vient en écrivant ; leurs réactions viennent et se nuancent, je les fais réfléchir et ça me donne une idée de qui ils sont. Mais bon j'estime avoir de mauvais personnages...

Comment surmontez-vous l'obstacle du découragement (parce que ça n'avance pas, pas assez vite, pas dans la bonne direction, parce que ça commence à trop ressembler à ce que vous êtes en train de lire ...)?
Robin Hobb (c'est pas une citation, c'est mon souvenir en gros de ce qu'elle a dit) : "votre histoire, même si vous la trouvez mauvaise, ou interminable, et surtout même si vous avez en tête une autre histoire bien plus enthousiasmante et qui vous semble de bien meilleure qualité, eh bien, votre histoire, finissez-la."
J'essaie d'avoir des chapitres pas trop longs, pour que j'aie vraiment l'impression de me voir avancer, de voir que je me rapproche de la fin... enfin c'est basique quoi...
Pour le fait que ça ressemble à ce que je suis en train de lire, ça me dérange pas en fait, je considère pas avoir un style à moi, quand j'écris je retrouve 40% de Machin, 25% de Truc, 20% de Chose et 15% de divers autres. Je pense que le style personnel, c'est ces 15%, qui se forment et s'accroissent au fur et à mesure que la kiffaison de nouveaux auteurs font perdre un peu d'influence aux autres, jusqu'à ce que leur trace devienne plus difficile à suivre. Du coup je suis d'accord pour que le style de mon texte ressemble à celui de tel auteur, parce que ça veut dire qu'il pousse les précédents, qu'il précise et nuance le souvenir que j'ai de leur style. C'est comme ça que fonctionne l'appropriation, pour moi. Bref...

C'est quoi vos principales difficultés pour les romans ? Je veux pas dire la motivation, l'organisation, tout ça. Je veux dire : quand vous rédigez ? Au niveau de la structure de l'histoire ? Par différence aux textes courts ?
Justement (t'en parlais un peu aussi je crois Mil quand tu disais "pédaler pour faire avancer la machine"), faire avancer le récit tout en s'obligeant à ne pas faire qu'avancer le récit. Parfois j'avais l'impression qu'un passage était juste un drap posé sur les câbles de mon plan/intrigue. C'était pas assez étoffé, y avait pas assez de chair, le personnage ne vivait que pour l'intrigue en gros.


2. Pour les romans on-se-lance (bon, les nanos en gros)

Comment construisez-vous votre roman ?
Le mois précédent le début, je relis le doc word qui consigne toutes les idées qui me sont venues au cours de l'année (ça va d'une idée-image, par exemple "être mendiant en habitant sur la tour de Babel (à la Brueghel)" à une idée qui touche + à la structure du récit, par exemple "dès que le narrateur meurt, c'est son assassin qui reprend la narration").
Du coup j'ai certaines idées en tête, et elles poussent comme des champignons, enfin lentement, mais elles gonflent un peu et se colorent, et j'essaie de voir comment elles pourraient se conjuguer pour aboutir à un récit plus ou moins unifié.
Donc il se construit par agglomération d'idées...
Mais cette agglomération est artificielle parce qu'elle est susceptible de bouger à la rédaction. Une idée plus ou moins prévue pour être cause d'une autre peut se retrouver comme conséquence, parce qu'en écrivant j'aurai trouvé ça plus logique, ou l'idée d'inverser me sera venue et à l'instant T de la rédaction ça m'aura davantage séduit, j'aurai trouvé ça porteur de + de sens...

Quand faites-vous vos corrections/reprises ?

Pareil que pour un roman planifié (même si je coupe un peu +, genre 1000 à 2000 mots).

Comment bâtissez-vous vos personnages (j'entends par là leur psychologie, leur complexité, leur histoire, en un mot : leur identité) ?

Pareil, ça vient à mesure. Ils se développent et se contaminent les uns les autres.

Comment surmontez-vous l'obstacle du découragement (parce que ça n'avance pas, pas assez vite, pas dans la bonne direction, parce que ça commence à trop ressembler à ce que vous êtes en train de lire ...)?

Avec une bonne feuille de stats et l'idée "je fais l'autruche tant que le point final n'est pas arrivé"

C'est quoi vos principales difficultés pour les romans ? Je veux pas dire la motivation, l'organisation, tout ça. Je veux dire : quand vous rédigez ? Au niveau de la structure de l'histoire ? Par différence aux textes courts ?

Garder de la cohérence, ne pas trop partir en sucette. Ce que je trouve difficile c'est de maintenir un axe conducteur fort, pour que le lecteur n'ait pas impression que ce texte n'est pas un roman mais un ramassis de petits passages accolés sans intérêt global. L'intérêt global, c'est difficile de le garder en tête et d'écrire dans sa perspective.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : Le roman
« Réponse #17 le: 05 Novembre 2012 à 17:40:04 »
Pour répondre à la question de départ, sur la base d'une idée et avec de la recherche documentaire. Mais un petit exemple, prévu pour une nouvelle qui n'a pas abouti, en dira plus long:

l'idée: un sapin de Noël

-Recherche documentaire: une légende

On sait par les hymnes qui nous sont
parvenus que le roi de Babylone, au Nouvel An,
s'unissait avec la grande prêtresse d'Ishtar par un
hieros gamos (= "relations sexuelles sacrées"). La
grande prêtresse représentait Ishtar et le roi
(agissant en tant que grand prêtre) Tammuz. C'était
un rite de fécondité qui devait garantir le
renouvellement des énergies dans la nature et dans
l'Etat, à l'aube de la nouvelle année.

-Les mots clés:

roi
nouvel an
unir
sacré
rite
fécondité
énergie
nature
état
aube

La légende revisitée:

bucheron
hache
dialogue des sapins
mon beau sapin
pfff vieillir
sapins de tous les pays, unissez-vous
l'union sacrée
nouveau rite sapin sur la tête
plus d'étrennes
led basse consommation sapins artificiels = robots insuffler énergie
on m'a coupé de mes racines
ils profitent jusqu'à l'aube, noces païennes
recommencer. arbres papier Ils ne m'auront pas
l'avis du tapissier et des extra-terrestres
terre mal fréquentée

Ensuite, c'est de la rédaction ...

Ca vaut ce que ça vaut, et je le répète, c'était prévu pour une short. Mais cela vous donnera peut-être des idées.

La problématique dans ce contexte est de passer des "mots-clés" à la légende revisitée. Sur ce coup-là, j'ai simplement noté ce qui me passait par la tête. Ensuite, il y a bien sur l'organisation sous forme de synopsis, et c'est encore une fois affaire d'imagination, avant, comme dit, de passer à la rédaction.
« Modifié: 06 Novembre 2012 à 12:44:02 par Ned Leztneik »
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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