Comment ne pas la décrire ?
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Elle était au départ très timide. Ou bien était-ce son naturel hautain et silencieux ? Elle aime se divertir au soleil couchant. Elle regarde par la fenêtre, à la façon d’un spectateur face à une pièce de théâtre. Elle est d’une élégance rare. Elle aime s’évader sur le balcon. Elle enfile son manteau de nuit et de terre. Elle s’étire avec la grâce nonchalante d’une danseuse au repos. Elle n’aime pas la chaleur lourde de l’été. Elle pratique, au soleil, la fainéantise comme art de vivre. Elle aime s’adonner à des rituels singuliers. Elle n’aime pas l’eau, et pourtant elle en boit. Elle est curieuse, cela se voit. Elle surveille les mouches qui traversent l’appartement. Elle s’exprime d’une note aiguë suspendue dans l’air. Elle traverse la pièce d’un pas pressé, occupée par une affaire urgente. Elle se retire dans la chambre pour se reposer. Elle cache des secrets derrière ses yeux verts. Elle s’éclipse derrière une porte entrebâillée. Elle échappe au temps par la paresse. Elle comprend tout, mais refuse de s’abaisser aux mots. Par son silence, elle marque sa présence. En son absence, elle laisse place au silence. Elle s’emporte lorsque les voisins viennent. Elle poursuit les ombres. Elle ne regarde aucunement son reflet. Elle déracine les plantes d’un coup de main précis. Elle émet une vibration sourde et régulière, une musique interne et apaisante. Elle se déplace d’une marche feutrée, dénuée du moindre bruit de pas. Elle prend soin de lisser son habit.
Sans se mettre en colère, elle montre qu’elle n’est pas d’accord.
Sans utiliser de mots, elle dit ce qu’elle veut.
Sans prévenir, elle est saisie d’une fureur joyeuse.
Sans vêtements, elle est nue.
Sans juger bon de me répondre, elle me fixe intensément.
Sans elle, j’ai froid au creux des genoux.
Sans sa vigueur, je renoncerais à tout pour me tenir à son chevet.
Sans elle, certains matins, je ne me réveillerais pas.
Sans elle, certains jours, je ne parlerais à personne.
Par son regard, elle captive mon attention. Elle m’offre une poignée de main réservée, glissant une caresse distraite au passage. Elle s’allonge près de moi. Elle me regarde écrire, non pas pour lire, mais pour explorer la page. Quand je rentre, elle m’attend dans l’entrée. Elle inspecte minutieusement mes affaires. Elle calme par sa présence. Elle se demande si je disparais lorsque je sors. Elle me méprise parfois sans raison. Elle m’accompagne préparer le café. Elle m’écoute quand je lui parle. Elle observe chacun de mes mouvements. Quand je m’approche, parfois, elle m’échappe. Elle imprime une empreinte légère sur mon bras, comme pour signer un pacte de présence mutuelle.