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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé

Auteur Sujet: [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé  (Lu 2606 fois)

Hors ligne Krapoutchniek

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[Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« le: 19 Octobre 2011 à 12:32:27 »
A mon tour  :D

Voici un de mes deux textes (l'autre je ne l'aime pas tellement...) du BT. J'ai été inspiré en écoutant deux musiques qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre (Metro 2033 - Sparta et Dvorak - Slavonic Dances 7).

Je préfère avertir tout de suite, c'est trash et glauque  ^^




--------------------------






Je marchais. Sten se tenait à mes côtés, la langue pendante. Ses yeux étaient injectés de sang, comme d’habitude. Il était aveugle - et sourd - depuis près de trois ans. Mais cela n’avait plus aucune importance. En fait, depuis la Catastrophe, plus grand-chose n’avait vraiment d’intérêt. A part le fait de rester en vie et de ne pas se livrer aux bassesses de ce nouveau monde. Nous nous arrêtâmes dans les décombres du vieux temple. Je tendis un biscuit à mon chien et il l’engloutit avec l’ardeur d’un jeune chiot.

Deux jours. C’est le temps qu’il nous restait avant de crever de faim, si je ne trouvais rien de comestible. Les dernières réserves de la ville avaient été pillées par les rares survivants et bestioles des environs. Je préférais rester dans les ruines : on ne savait jamais sur quoi on pouvait tomber en dehors. Je fouillai mon sac et en sortis une couverture trouée. Un coup d’œil vers le ciel m’indiqua que la nuit allait être fraiche. Comme toujours, une masse de nuages cachaient le firmament étoilé. Des cris lugubres me réveillaient de temps en temps mais pour une fois depuis longtemps, j’ai réussi à avoir une nuit presque complète. J’ai dormi quatre heures avant de me lever, transi de froid. Il faisait toujours aussi noir. Je poussai Sten du pied. Le cabot se mit debout avec peine et comme tous les matins, il vomit de la bile et du sang. Mon vieux compagnon n’en avait plus pour longtemps. Et au train où allaient les choses, je devrais m’en débarrasser moi-même. Il avait la peau sur les os mais je pourrais toujours récupérer de quoi faire deux repas… Enfin, au moins un.

La ville était superbe autrefois. Comme le reste du pays. Les édifices rivalisaient de beauté, les gens étaient heureux et prospéraient à vue d’œil. Même si les pays voisins n’étaient pas en reste, tout ceci attisait les convoitises et la jalousie. La guerre ne tarda pas à éclater. Son cortège de morts et de destructions transforma ce bijou pur en une fiente puante. Les plus sensés s’enfuirent vers le Sud. Il parait que cette région avait été épargnée. Mais il parait aussi qu’il y vit des mutants tellement étranges et dangereux que même les Fossoyeurs d’ici passent pour des créatures inoffensives. Et pourtant, j’ai failli laisser un bras contre une de ces saletés.

On n’avait à peine parcouru une demi lieue qu’il s’est mis à pleuvoir. Des larmes de sang tombaient du ciel. Je ne sais pas vraiment à quoi était dû ce phénomène mais il se disait que c’était le sang des victimes, qu’il rappelait aux survivants que leur séjour sur cette terre était éphémère et allait prendre fin bientôt. Conneries ! Depuis la Catastrophe, même le climat était pourri. Souvenir de la guerre. Moi je dis que c’est leurs armes et leurs machins qui a provoqué tout ça. Mais j’y voyais au moins un avantage : quand il pleuvait, je ne me rendais plus compte que mon vieux Sten dépérissait. Son sang était noyé à celui du ciel.

Durant un court instant, je vis une chose qui traversait la route. Ce n’était jamais bon signe. Mes genoux et mes dents claquaient et je n’aurais pu dire sur le moment si le froid y était pour quelque chose. Je tâtonnai ma ceinture et je m’armai de mon poignard. On ne sait jamais. Je ne sais pas exactement ce qui m’y poussa - la curiosité ou la bêtise ? - mais je m’approchai doucement. Devant moi se dressaient deux colonnes, seuls vestiges encore intacts de la grandeur du passé de la cité. Le reste du bâtiment était en ruines. Néanmoins, j’y reconnus l’hôtel de ville. Anciennement majestueux, il était aujourd’hui le témoin le plus fidèle de l’absurdité des hommes.

Ma créature était penchée sur une chose inerte. Il s’agissait d’un cadavre, comme on en trouvait beaucoup en ville. Ils ne m’intéressaient pas. Du moins, tant que je trouvais des vivres. Je n’étais pas encore nécrophage. Celui que je poursuivais était en train de le dévorer. Je glissai sur des cailloux. Il se retourna et me dévisagea. Il était petit, avait une gueule déformée et du sang coulait de sa mâchoire. Mais ce qui me glaça le sang à ce moment-là, ce n’était pas son corps difforme ni son visage hideux. Non, ce qui allait m’empêcher de dormir les trois prochains jours, c’était son regard ; sauvage et animalier mais en même temps incroyablement humain et rempli de haine. Je n’avais jamais vu de mutant d’aussi prêt. Et, comme si j’étais le responsable de tous ses malheurs, il se jeta sur moi, ses griffes tendues vers ma gorge. Je ne réagis pas. Je ne m’attendais pas à une attaque aussi vive de sa part. Heureusement pour moi, sa mutation avait commencée quelques semaines auparavant. Et ses griffes naissantes se contentèrent d’entailler ma peau. Je me dégageai d’un coup de genou et le poignardai à plusieurs reprises. En plein cœur. Je me demandai s’il en avait encore un quand je le vis détaler comme si je lui avais juste donné une mauvaise gifle. Enfin, je n’étais pas prêt de le revoir. Par contre, Sten n’avait pas supporté le combat. Même s’il n’y avait pas pris part, il était affalé, haletant. La surprise avait fatigué son vieux cœur malade. Je vidai ma dernière gourde sur sa gueule mais les trois quarts du précieux liquide se répandirent sur le sol.

Le soir, je fis un feu, en priant pour qu’aucun mutant ni bandit ne vienne nous causer des problèmes. De toute façon, je ne fermai pas l’œil de la nuit. Le matin suivant, la pluie s’est arrêtée de tomber, alors que mon compagnon poussa son dernier soupir. Je posai la main sur son torse. Il ne respirait plus. Je le contemplai quelques minutes. Je n’avais plus rien à manger. Mais le peu d’humanité qui restait en moi m’interdit faire ce à quoi je pensais. A la place, et tiraillé par la faim, je creusai un trou et y déposai mon chien. Je remis la terre en place et partis.

Les jours passèrent, plus gris et plus ternes les uns que les autres. Je découvris un coin encore vierge. Là, j’y trouvai de quoi me nourrir. Mais mes incessants allers et retours ne passaient pas inaperçus. Un jour, deux Fossoyeurs - des grandes bêtes qui ressemblent de près à des gorilles - m’en chassèrent. Je ne sais pas si c’est lié à ça ou non mais depuis lors, ma peau n’arrête pas de gratter.

Je suis allé me recueillir sur la tombe de Sten le matin suivant. L’émotion était trop forte. Je me suis évanoui après avoir vomi. Je n’y retournerai plus. Adieu, mon fidèle compagnon… Je ne savais pas ce qu’il m’arrivait. J’ai eu du mal à retourner à mon campement. Je ne pouvais plus marcher dix mètres sans m’essouffler. En plus, on m’avait volé mes affaires. Je n’avais pas le choix : je devais partir. C’est ce que je fis le lendemain. Mes cheveux tombaient et mon appétit m’avait quitté. Je me rendais bien compte que je changeais. Une guerre se déroulait à l’intérieur de mon corps. Qui de l’humain ou du mutant allait triompher ? Toutes ces années j’avais subsisté et combattu pour ne pas devenir ce en quoi je me transformais. Une infâme loque humaine tout juste bonne à croupir dans ses excréments et à dévorer ses propres compatriotes. Bien sûr, aucun remède ne pouvait inverser le processus de mutation. J’étais face à un dilemme : soit laisser faire les choses et me raccrocher à une miette de vie, si pitoyable soit-elle. Soit… Hé bien, j’avais toujours mon arme à portée de main… Un coup rapide et précis et tout cela était terminé. Les tracas, envolés. Enfin le repos.

Mais mon instinct de survie a parlé à ma place. Je fus pris d’un spasme violent, mon poignard tomba de ma main et sa lame se brisa sur une pierre. Je me levai avec peine, fis quelques pas et bus à une mare non loin. Je n’éprouvais plus le besoin de me servir d’une gourde. L’appétit me revenait doucement. Mais c’était surtout le sang qui m’attirait. Mes pensées étaient confuses et plus simples. Je ne faisais plus aucun effort pour me tenir sur mes jambes. Mes bras me servaient désormais également à me mouvoir. Je m’arrêtai et reniflai. Je me tenais au-dessus d’un cadavre. L’odeur du sang était trop forte et je ne pus m’empêcher de mordre. J’avalai un bout de chair, immédiatement suivi par un second, puis encore un autre. Je me rappelai un fugace instant où j’avais enterré mon chien. Je me souviens de m’y être dirigé.

Et puis, ce fut le vide.
« Modifié: 19 Octobre 2011 à 12:35:38 par Krapoutchniek »
It will reveal its meaning when it lives in victory...

Hors ligne Rain

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #1 le: 20 Octobre 2011 à 13:09:01 »
Il était glauque, ce texte  :D. Mais diablement bien écrit. J'ai rien d'autre à dire, j'ai beaucoup apprécié la lecture, pas mal dérangeante.
Perdu

Anlor

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #2 le: 20 Octobre 2011 à 13:51:08 »
J'aime beaucoup ce texte aussi, tu arrives très bien à nous faire ressentir l'atmosphère de désolation dans laquelle évolue ton personnage. Y'a juste quelques petits trucs qui m'ont titillée :

Des cris lugubres me réveillaient de temps en temps mais pour une fois depuis longtemps, j’ai réussi à avoir une nuit presque complète. J’ai dormi quatre heures avant de me lever, transi de froid.
là il y a un passage au passé composé assez chelou je trouve

Le cabot se mit debout avec peine et comme tous les matins, il vomit de la bile et du sang.
J'aime pas trop l'emploi de "cabot". Pour moi, soit c'est vraiment dépréciatif genre "sale cabot" soit c'est gentillet genre "mon p'tit cabotin" ; mais ici je trouve que ça sonne mal. Ton personnage est décrit comme trop proche de Sten pour que tu utilises ce mot-là. Enfin je trouve hein.

Mon vieux compagnon n’en avait plus pour longtemps. Et au train où allaient les choses, je devrais m’en débarrasser moi-même. Il avait la peau sur les os mais je pourrais toujours récupérer de quoi faire deux repas… Enfin, au moins un.
Euh bon, là, ça m'a pas titillée pour le coup, j'aime bien  ^^

La ville était superbe autrefois. Comme le reste du pays. Les édifices rivalisaient de beauté, les gens étaient heureux et prospéraient à vue d’œil.
ça fait un peu pays des bisounours...  :-¬?

Les plus sensés s’enfuirent vers le Sud. Il parait que cette région avait été épargnée. Mais il parait aussi qu’il y vit des mutants tellement étranges et dangereux que même les Fossoyeurs d’ici passent pour des créatures inoffensives. Et pourtant, j’ai failli laisser un bras contre une de ces saletés.
Je suis surement une obsédée de la concordance, mais là aussi il y a un truc qui me dérange dans l'utilisation du présent... Peut-être vaut-il mieux un "on dirait" que "il paraît", non?

On n’avait à peine parcouru une demi lieue qu’il s’est mis à pleuvoir.
on avait (pas de négation)

Des larmes de sang tombaient du ciel. Je ne sais pas vraiment à quoi était dû ce phénomène mais il se disait que c’était le sang des victimes, qu’il rappelait aux survivants que leur séjour sur cette terre était éphémère et allait prendre fin bientôt. Conneries ! Depuis la Catastrophe, même le climat était pourri. Souvenir de la guerre. Moi je dis que c’est leurs armes et leurs machins qui a provoqué tout ça. Mais j’y voyais au moins un avantage : quand il pleuvait, je ne me rendais plus compte que mon vieux Sten dépérissait. Son sang était noyé à celui du ciel.
une fois de plus, ça me titille pas, j'aime beaucoup  :)

Je tâtonnai ma ceinture et je m’armai de mon poignard. On ne sait jamais. Je ne sais pas exactement ce qui m’y poussa - la curiosité ou la bêtise ? - mais je m’approchai doucement.
la répétition fait moche, et puis t'sais quoi, je trouve le présent chelou... (oui chiante, c'est ça, c'est moi  ::) )


Devant moi se dressaient deux colonnes, seuls vestiges encore intacts de la grandeur du passé de la cité.
ça fait redite cette description, je crois que tu as suffisamment insisté sur cette grandeur pour ne pas avoir à en rajouter ici

Ma créature était penchée sur une chose inerte.
je surkiff le créature

 
Il était petit, avait une gueule déformée et du sang coulait de sa mâchoire. Mais ce qui me glaça le sang à ce moment-là, ce n’était pas son corps difforme ni son visage hideux.
redite

  Le matin suivant, la pluie s’est arrêtée de tomber, alors que mon compagnon poussa son dernier soupir. Je posai la main sur son torse.
passé composé / passé simple ...

Les jours passèrent, plus gris et plus ternes les uns que les autres. Je découvris un coin encore vierge. Là, j’y trouvai de quoi me nourrir. Mais mes incessants allers et retours ne passaient pas inaperçus.
je n'ai pas vraiment compris ce passage  ???

Je ne sais pas si c’est lié à ça ou non mais depuis lors, ma peau n’arrête pas de gratter.

Je suis allé me recueillir sur la tombe de Sten le matin suivant. L’émotion était trop forte. Je me suis évanoui après avoir vomi. Je n’y retournerai plus. Adieu, mon fidèle compagnon… Je ne savais pas ce qu’il m’arrivait. J’ai eu du mal à retourner à mon campement.
ceux-là m'ont un peu moins titillée que les autres, mais pour la cohérence de mon commentaire et de ma fixette, il faut que je relève ces passés composés  ;)

Et puis, ce fut le vide.
En fait, ce qui me gène principalement au niveau des temps de ton texte, c'est cette fin. Ton récit est à la première personne ET au passé. Du coup, ça laisse une impression assez étrange au lecteur qui lit un texte ce terminant par "et ce fut le vide" alors que pendant plusieurs paragraphe il a entendu la voix de quelqu'un qui semblait tout à fait humain. Du coup, on ne comprend pas trop comment ton récit se déroule dans le temps par rapport à la narration, et c'est peut-être ce qui te fait employer tant de passé composé à la fin de ton texte. Peut-être que justement, tu devrais te servir de cela pour basculer progressivement vers une narration au présent. Nous montrer que la transformation du narrateur est en train de se faire là, devant nous, au moment où on lit ces dernières lignes. Ça permettrait à la chute de ton récit d'être encore plus prenante pour le lecteur. Peut-être vaudrait-il mieux que tu t'arrêtes sur la dernière pensée du personnage qui va déterrer son chien, et que le vide soit figuré par l'interruption brusque de la narration.

Voilà, j'espère que je n'ai pas été trop confuse dans mes remarques...  ><
En tout cas bravo pour l'ambiance et ton style que je trouve franchement agréable à lire!   ^^
« Modifié: 20 Octobre 2011 à 13:56:01 par Anlor »

Hors ligne Zacharielle

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #3 le: 21 Octobre 2011 à 15:33:43 »
Citer
C’est le temps qu’il nous restait avant de crever de faim
c'était ?

Citer
Un coup d’œil vers le ciel m’indiqua que la nuit allait être fraiche. Comme toujours, une masse de nuages cachaient le firmament étoilé.
aie, généralement c'est quand le ciel est dégagé que les nuits sont les plus froides ^^ Donc je vois pas pourquoi le coup d’œil lui donnerait cette indication mais tu expliques peut-être ça plus tard.

Citer
Des cris lugubres me réveillaient de temps en temps mais pour une fois depuis longtemps
remplacer par "depuis je ne sais plus quand" ?

Citer
j’ai réussi à avoir une nuit presque complète.
avoir ? pas faire une nuit ?

Citer
Et au train où allaient les choses, je devrais m’en débarrasser moi-même.
ça me fait penser à Je suis une légende

Citer
Il avait la peau sur les os mais je pourrais toujours récupérer de quoi faire deux repas… Enfin, au moins un.
AH OUAIS

Citer
Les édifices rivalisaient de beauté, les gens étaient heureux et prospéraient à vue d’œil.
lol j'aime bien "prospéraient à vue d’œil" même si j'aime pas trop quand on fait l'apocalypse après un monde parfait, ben oui, c'est un peu facile x)

Citer
Ma créature était penchée sur une chose inerte.
bof bof "ma créature", j'ai cru que tu parlais du chien, pourquoi pas "la" ?

 
Citer
Il était petit, avait une gueule déformée et du sang coulait de sa mâchoire. Mais ce qui me glaça le sang à ce moment-là,
ça fait beaucoup de sang x)

Citer
Je n’avais jamais vu de mutant d’aussi prêt.
près

Citer
et le poignardai à plusieurs reprises. En plein cœur. Je me demandai s’il en avait encore un quand je le vis détaler comme si je lui avais juste donné une mauvaise gifle.
pas de description sur le couteau qui s'enfonce dans la chair molle ? Tu pourrais aller plus loin dans le glauque  :mrgreen:

 
Citer
Le matin suivant, la pluie s’est arrêtée de tomber, alors que mon compagnon poussa son dernier soupir.
pb de temps il me semble

Citer
Je n’avais pas le choix : je devais partir. C’est ce que je fis le lendemain.
pourquoi il a attendu le lendemain ??

Citer
Je me levai avec peine, fis quelques pas et bus à une mare non loin.
une mare au milieu d'une ville détruite ? Je comprends pas bien où il est lol



Je suis vachement d'accord avec ce que dit Anlor sur la narration, il y a un problème qui nuit à la compréhension de la focalisation : d'où est-ce que ton personnage nous raconte son histoire ?

A part ça il y a de bonnes idées, le personnage et son chien sont cool mais je pense que tu pourrais aller plus loin : supprimer les clichés (la ville parfaite avant la guerre par exemple, aller moins vite sur sa zombification, éviter de trop ressembler à film-type de SF...), supprimer les traces d'humour je pense (à moins que tu veuilles faire un texte au 2d degré mais j'ai plus l'impression que tu voulais une ambiance pesante) décrire plus les odeurs, la grisaille teintée de rouge, la fatigue du personnage et donc ses tensions, l'affaiblissement du chien... Des choses comme ça. Clarifier aussi un peu le décor, je n'ai pas trop compris s'il sortait de la ville ou non. Enfin bon, c'est si tu as envie d'y retoucher ! Mais il est pas mal ton texte, y'a de l'ambiance !

Hors ligne Milora

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #4 le: 27 Octobre 2011 à 17:31:25 »
Eh bé, c'est pas joyeux !
C'est assez bien mené, l'ambiance de tristesse est bien marquée (je trouve le texte plus triste que glauque en fait). On sent une sorte de résignation du personnage, qui en peu de ligne est doté de son propre caractère.
Par contre, il y a carrément un problème au niveau des temps : tu mélanges présent et passé de façon pas très correcte, ça passe mal...

Mais, par contre, Krap, fais quelque chose : regarde un Disney, lis Le Chateau de Hurle, écoute le générique des Bisounours, je sais pas, mais nous écris pas des trucs aussi désespérés, voyons ! C'est le désespoir de la recherche du boulot ?  :D

Dans le détail :
Citer
Deux jours. C’est le temps qu’il nous restait avant de crever de faim, si je ne trouvais rien de comestible.
Ben le chien, il est comestible...
*je sors  :-¬? *

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Je fouillai mon sac et en sortis une couverture trouée. Un coup d’œil vers le ciel m’indiqua que la nuit allait être fraiche. Comme toujours, une masse de nuages cachaient le firmament étoilé. Des cris lugubres me réveillaient de temps en temps mais pour une fois depuis longtemps, j’ai réussi à avoir une nuit presque complète. J’ai dormi quatre heures avant de me lever, transi de froid. Il faisait toujours aussi noir. Je poussai Sten du pied.
Je suis pas persuadée que l'alternance passé-simple/passé-composé, ce soit très français. Du moins, à moi, ça me fait bizarre...

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Et au train où allaient les choses, je devrais m’en débarrasser moi-même. Il avait la peau sur les os mais je pourrais toujours récupérer de quoi faire deux repas… Enfin, au moins un.
Ah, quand même, il il vient :mrgreen:
Je chipote mais j'aime pas ce "Et" en début de phrase, vu le ton du texte. Mais c'est tout personnel et je n'ai aucune justification, votre honneur.

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transforma ce bijou pur en une fiente puante
bien trouvé, au niveau des sonorités je trouve que ça rend vraiment bien ^^

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Il parait que cette région avait été épargnée. Mais il parait aussi qu’il y vit des mutants tellement étranges et dangereux que même les Fossoyeurs d’ici passent pour des créatures inoffensives. Et pourtant, j’ai failli laisser un bras contre une de ces saletés.
pareil : le mélange passé-présent, c'est bancal

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On n’avait à peine parcouru une demi lieue
on avait

Citer
Moi je dis que c’est leurs armes et leurs machins qui a provoqué tout ça.
ont

Citer
sa mutation avait commencée
commencé

Citer
m’interdit faire ce à quoi je pensais. A la place, et tiraillé par la faim, je creusai un trou et y déposai mon chien. Je remis la terre en place et partis.
m'interdit de
et deux fois place

Citer
Un jour, deux Fossoyeurs - des grandes bêtes qui ressemblent de près à des gorilles - m’en chassèrent.
je trouve que la précision entre tirets fait trop scolaire, trop artificielle

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Les jours passèrent, plus gris et plus ternes les uns que les autres. Je découvris un coin encore vierge. Là, j’y trouvai de quoi me nourrir. Mais mes incessants allers et retours ne passaient pas inaperçus. Un jour, deux Fossoyeurs - des grandes bêtes qui ressemblent de près à des gorilles - m’en chassèrent. Je ne sais pas si c’est lié à ça ou non mais depuis lors, ma peau n’arrête pas de gratter.
Je trouve que tu passes un peu vide sur l'épisode, alors que ça a une grande importance pour la suite

Citer
mon poignard tomba de ma main et sa lame se brisa sur une pierre
Un poignard qui se casse juste en tombant ??

Citation de: Anlor
Ton récit est à la première personne ET au passé. Du coup, ça laisse une impression assez étrange au lecteur qui lit un texte ce terminant par "et ce fut le vide" alors que pendant plusieurs paragraphe il a entendu la voix de quelqu'un qui semblait tout à fait humain.
Ah, de mon côté, je trouve que ça colle bien, ce "et ce fut le vide" : justement, après avoir entendu la voix du narrateur pendant tout le texte, à mesure que son esprit mute et s'efface, la voix se tait... Jusque au silence.
Mais je rejoins Anlor sur le problème des temps.

Et je rejoins Zach sur le fait que la grandeur passée de la ville fait un peu cliché. Mais bon, le texte - à mes yeux - fait surtout passer le sentiment de tristesse et de désespoir du personnage, c'est pas trop centré sur le contexte, donc ça passe même si c'est très classique sur ce point-là.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Loïc

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #5 le: 29 Octobre 2011 à 14:53:32 »
La fin est très attendue, je veux dire, dès qu'il s'est fait griffer je me suis dit: "bon, il est mort". Peut-être que je regarde trop de films de zombies.
Sinon je suis d'accord avec les autres sur le temps, même si ça m'a sans doute moins sauté aux yeux, et que le texte était sympa à lire.
Et en plus il est espacé, donc j'arrive à suivre malgré la longueur 8)
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Hors ligne Uranus000

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #6 le: 29 Octobre 2011 à 15:48:49 »
 :) J'ai beaucoup aimé l'idée générale et je t'assure que l'histoire est très intéressante. C'est vrai qu'il y a quelque maladresse dans la narration et l'emploi des temps ( faudra te décider certaine fois),et quelques petites erreurs d'orthographe et d'expressions aussi. Mais sinon en gros,chapeau! j'ai trop kiffé

Hors ligne Meilhac

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Re : [Blind Test 8] Les vestiges de la grandeur du passé
« Réponse #7 le: 12 Novembre 2011 à 00:04:22 »
hyper bien écrit ce texte !  :)
Je tendis un biscuit à mon chien et il l’engloutit avec l’ardeur d’un jeune chiot.
dommage ici. chien et chiot sont très proches, donc la puissance de la comparaison en est nettement limitée. il vaudrait mieux sans doute dire "je tenis un biscuit à mon compagnon, qui l'engloutit avec l'ardeur d'un jeune chiot", ou "je tendis un biscuit à mon chien qui l'engloutit avec l'ardeur d'un nouveau-né", enfin tu vois quelque chose comme ça  ^^

bravo pour le style, efficace, propre...

je profite de l'occasion pour poser une question : c'est quoi un blind test?? y en aura d'autres prochainement ? (je peux en organiser un éventuellement ? etc.)

 


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