Un texte pour nos amis les dépressifs.

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Un jour
Une trainée de viande froide longeait le chemin ; j'avançais sous des rondes de vautours, des pluies de mouches ; noyé sous mes pensées aussi loin que la mélasse puante traçait le sentier. Le sol semblait un cadavre à ciel ouvert.
L'air était acide, si lourd qu'il en était amer ; il grondait comme un moteur, moi j'avançais la salive dégueulasse, le nez qui lance, vers des inconnus globuleux.
Quelques pas, et ma voix se crève ; des morceaux de visage transpirent de la pellicule pâteuse, des silhouettes pourpres, noires, s'esquissent et flottent au gré des putréfactions.
Des bouches, des yeux se moulent dans la lymphe, des mains, des pieds se coulent, des cheveux brillants s'engluent ; ma respiration siffle au risque d'étouffer.
D'un coup je me pose une question : et demain ?