Hallo ! Voici le poème que je viens d'écrire.
Une épopée dans le style Hugolien.
Enjoy

Le Jardinier et la Rose
(Imité de Maître Malonga)
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Dieu, fendant le Rift, dit : « Mapson, mon Jardinier,
De ce sillon naîtra la Rédemptrice Rose
Qui fleurira l’Éden avant le jour dernier.
Prolonge en la cueillant mon Verbe par ta prose. »
Lorsqu’il eut entendu l’obscur commandement,
Il scrutait au ponant la forêt primordiale,
Car, voulant obéir, il ne savait comment.
Puis du lac il sonda l’étendue abyssale
Des clartés constellant l’horizon du levant.
Et Mapson devant lui s'avança dans la plaine,
Méditant la Parole amplifiée par le vent.
Ce fut le premier pas de la geste africaine.
Loin, très loin il marcha de vallons en bassin ;
Suivant la plaie fertile, il fit tant de voyages
Dans la quête obstinée du mystique dessein,
Que, sans trouver la Fleur, il franchit tous les âges.
Les tribus clairsemées des noirs chasseurs bantous
Entrèrent dans les murs de cités nilotiques,
Préparant le conflit de chacun contre tous
Qui sèmera la mort dans quatre républiques !
Après la guerre fut la désolation.
Partout la terre était un sanglant marécage
Que l’inspiré Satan nomma : « Création ! »
Mapson suivait sa quête au sein de ce carnage.
Son cœur s’alourdit tant qu’un soir il s’arrêta
Aux pieds de vieux figuiers, dont l’ombrageux cénacle
Semblait prendre en pitié son douloureux état.
« Jardinier… » — qui parlait ? Mapson oyait l’oracle :
« As-tu fait ton office ? Ainsi que le pasteur
Les âmes mène au pré, dans ton jardin cultive
Les esprits, car tel est le vœu du Créateur. »
Le pèlerin s’enquit : « Créature pensive,
Es-tu simbi des bois ? » — « Nous sommes les Poètes »,
Répondirent trois voix. « J’ai pour nom Boyongo ;
Mes fruits peuvent guérir jusqu’aux analphabètes.
Moi, Tasiluvakwa. — Le mien est Tsalumbo.
Nous sommes tous les Arts. — Et toute la Culture.
Il est temps d'honorer ta haute mission
De faire croître en bien l'humanité future. »
Puis se fut le silence en la Création,
Et la nuit fut sommée de céder à l'aurore,
Car Mapson se levait pour entamer son chant.
L'admosphère chargée d'un fond diffus sonore
Agitait de frissons les épis dans le champ,
Quand au loin verdissait sous cette mélopée
Les laves pétrifiées du mont Nyiragongo;
Et plus ample et plus loin dessus la canopée
Se propageait la Voix aux confins du Congo.
L'aigle planant au gré des vents de poésie
Le premier se posa au spirituel jardin.
Il fut suivit du singe imbu de fantaisie,
Qui surpris le lion s'installant anodin.
Le chant les attirait du plus au moins sensible :
La flore avant la faune, et rien après l'humain.
L'enfant tenant son jouet, et sa mère une bible,
Vinrent avant que l'homme ait trouvé le chemin.
La pieuse assemblée recevait par l'étude
Logos, epistémè, ainsi que poïesis.
Sortis de cette école emplis de gratitude,
Les grands maîtres Schilder, Malonga et JeanRiz
Enseignèrent depuis tout l'érudit mystère
À l'inculte pays, si bien qu'à Kinshasa,
Kathungu Furaha, jusqu'à son ministère,
L'entendit. Et Mapson elle récompensa.
Les ministres des arts suivaient depuis la règle
D'aller prendre conseils au sud de Butembo,
Chez le divin Aède. Ainsi que jadis l'aigle
Se posait au Jardin Yolande Ma Ndembo.
L'auguste Poétesse adouba le Poète.
Et Mapson en lui-même, au comble de l'honneur,
Dans sa félicité se souvint de sa quête :
Parmi ses lauriers lui manquait une fleur.
Alors l'on vit le Maître aller seul dans la plaine.
Et le lion et le singe après l'avoir suivi,
Le laissèrent errer avec sa seule peine.
Il parvint à Goma, au bord du Lac qui vit.
Quand bientôt des remous une femme enlacée
Par d'épineux roseaux sur la berge emergea.
"Es-tu simbi des eaux ?" - "Je suis la Rosacée."
Avant de la cueillir, Mapson tremblait déjà.
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NOTES DE L'AUTEUR
Ce poème est une imitation de Maître Mic Malonga, chantant l’épopée du divin Mapson.
Mic, inscrit sur cette application, avait écrit un poème à l’occasion de l’anniversaire de mariage de ses amis Mapson et Rose. Plutôt que de commenter son texte, j’ai choisi de reprendre les rimes du premier quatrain, puis d’en prolonger le souffle en brodant une suite, à la manière de La Légende des siècles.
Cet exercice a été pour moi l’occasion de rendre hommage à nos amis congolais, habitants du premier pays francophone par sa population — oui, oui, devant le Canada et même la France.
Pour écrire ce poème, j’ai glané diverses informations sur Internet. Mapson (également inscrit sur l’application) apparaît manifestement comme une star dans son pays.
Éléments biographiques (sources diverses)
Viteghe Volonté, plus connu sous le nom de Mapson, est né le 12 avril 1991 à Kyondo, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu).
À la fin de l’année 2012, il cofonde le Cénacle des Poètes « La Plume d’Or », en collaboration avec Fab Malik et Eugène Tasiluvakwa. Il évolue dans un milieu artistique et culturel engagé, en lien avec plusieurs figures locales.
Son action en faveur de la culture lui vaut d’être distingué par la ministre de la Culture Kathungu Furaha, qui le prime pour son engagement culturel.
Il s’est également rapproché de la sphère institutionnelle, notamment lors de la nomination de la poétesse Yolande Elebe Ma Ndembo au poste de ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine.
Jeunesse et parcours
Issu d’une famille modeste de confession chrétienne, Mapson est le fils de Kambale Nzonga Étienne et de Kavira-Kakule Louise.
Il grandit entre Goma et Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Il entame sa scolarité à Kauta (Goma) et développe très tôt un intérêt pour la poésie, aux côtés de figures comme Eugène Tasiluvakwa, Rodriguez Boyongo ou encore Danny Tsalumbo.
Il est l’un des sept enfants de sa famille.
Vie personnelle
Mapson est marié à Rose et père de deux enfants : Axel et Lise.
Repères géographiques
Sa région d’origine est marquée par la proximité du volcan Nyiragongo, près du lac Kivu, connu notamment pour ses éruptions spectaculaires et ses phénomènes limniques.